Soyouz 11

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Soyouz 11
Insigne de la mission
Données de la mission
Vaisseau Soyouz
Équipage 3
Masse 6 790 kg
Date de lancement 6 juin 1971 à 04h55 UTC
Site de lancement Cosmodrome de Baïkonour LC1
Date d'atterrissage 29 juin 1971 à 23h17 UTC
Site d'atterrissage mort de l'équipage
Durée 23 jours, 18 heures et 21 minutes
Orbites 384
Inclinaison 51.5°
Photo de l'équipage
photo
Navigation
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Soyouz 11 (en russe : Союз 11, Union 11) est la première mission spatiale du programme Soyouz à s'amarrer avec succès à la première station spatiale, Saliout 1. Cependant, la mission a tourné au désastre lorsque la capsule se dépressurisa lors des préparations pour la ré-entrée, tuant les trois membres de l'équipage[1].

Équipage[modifier | modifier le code]

Mission[modifier | modifier le code]

Paramètres de la mission[modifier | modifier le code]

  • Périgée: 163 km
  • Apogée: 237 km
  • Période: 88.4 minutes

Le vaisseau fut lancé le 6 juin 1971, depuis la base de Baïkonour, Kazakhstan. Quelques mois auparavant, la première mission en direction de Saliout 1, Soyouz 10, n’avait pas réussi à s’amarrer à la station. L’équipage de Soyouz 11 y réussit et passa 22 jours à bord, établissant à l’époque un record de durée de vol qui ne sera battu qu’avec la mission Skylab 2, en mai-juin 1973.

En pénétrant dans la station, l’équipage détecta immédiatement une odeur de brûlé, qu’ils chassèrent en réparant le système de ventilation, qu’ils laissèrent tourner un jour durant alors qu’ils attendaient dans leur capsule. Leur séjour sur Saliout fut productif, incluant des retransmissions en direct à la télévision. Fait notable pour l’époque, la Pravda donna régulièrement des nouvelles du déroulement de la mission.
Après 11 jours, un départ de feu sur une installation électrique fut maîtrisé par l’équipage, faisant envisager un instant l’abandon de la station.

Mort de l’équipage[modifier | modifier le code]

Le 29 juin 1971, après une rentrée apparemment normale de la capsule, l’équipe de récupération trouva l’équipage mort lors de l’ouverture du Soyouz.

Après enquête, il apparut qu'au moment de la séparation entre le module orbital et le module de descente, les boulons pyrotechniques se sont déclenchés tous en même temps au lieu d'exploser les uns à la suite des autres. La violence de la déflagration a descellé deux valves utilisées pour égaliser la pression avec l'extérieur à faible altitude lorsque la pression atmosphérique est redevenue presque normale. L’équipage a été tué par asphyxie, alors que l’atmosphère de la cabine s’échappait dans l’espace[2],[3].

Cette valve prévue pour l’équilibrage des pressions atmosphériques quelques instants avant l’atterrissage ne mesurait qu’un millimètre de diamètre et était située sous les sièges des cosmonautes. Il a été calculé que l’air de la cabine dut s’échapper en environ 30 secondes, à une altitude de 168 km. Les cosmonautes portaient une combinaison qui les protégeait du froid mais pas de la dépressurisation. Pendant ces secondes cruciales, Patsaïev se rendit compte de ce problème et se détacha de son siège pour essayer de refermer la valve ou de l’obstruer, mais en pure perte : il lui aurait fallu disposer d’une minute pour refermer manuellement la valve, que l’on retrouva à demi fermée. Dobrovolski et Volkov, sanglés dans l’étroit espace de la capsule, n’avaient pratiquement aucune marge de manœuvre pour aider leur compagnon.

Privés d’air pendant les 15 minutes que durait la descente, ils étaient bien au-delà de tout secours quand l’équipe de récupération les découvrit et procéda aux techniques de respiration artificielle, comme en témoignent les documents vidéo de l’époque.

Il fut donné aux trois victimes de grandioses funérailles nationales, et ils furent tous trois enterrés dans les murs du Kremlin, sur la Place Rouge, à Moscou. L’astronaute Thomas Stafford fut l’un des porteurs des cercueils des cosmonautes.

Après ce dramatique accident, la capsule Soyouz fut entièrement redessinée. Afin d’éviter une répétition de ce drame, les cosmonautes revêtirent une combinaison spatiale légère lors des phases d’envol et d’atterrissage, ce qui contraignit, pour des raisons de place, à réduire le nombre des membres d’équipage embarqués de 3 à 2.
Une nouvelle version du vaisseau, Soyouz-T (T pour « Transport »), en 1980, permit à nouveau d’envoyer des équipages de 3 hommes, également en combinaison spatiale.

L’équipage[modifier | modifier le code]

L’équipage tragiquement décédé dans cet accident était l’équipage de réserve.
L’équipage initialement prévu était formé des cosmonautes Alekseï Leonov, Valeri Koubassov et Piotr Kolodine. Quatre jours avant le lancement, un examen aux rayons X laissa penser que Koubassov pouvait présenter des symptômes de tuberculose, ce qui désigna l’équipage de réserve comme équipage de vol. C’était le premier vol de Dobrovolski et Patsaïev.

Après l’échec de la mise en orbite de Saliout 2, Koubassov et Leonov furent assignés au vol Soyouz-19, lors de la mission Apollo-Soyouz en 1975.

Hommages[modifier | modifier le code]

Les astéroïdes numérotés 1789, 1790 et 1791 ont été baptisés en hommage aux trois cosmonautes. Leurs noms ont été également donnés à trois cratères lunaires et figurent sur la plaque à côté de Fallen Astronaut, sur la Lune.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Triumph and Tragedy of Soyuz 11, Time, 1971.
  2. David Portree, Mir Hardware Heritage : Soyuz p. 21
  3. R. Hall et D. Shayler, Soyuz A universal Spacecraft p.173-179

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Rex D. Hall et David J. Shayler, Soyuz A universal Spacecraft, Springer Praxis,‎ 2003 (ISBN 1-85233-657-9)
  • (en) David S. F. Portree (NASA), Mir Hardware Heritage : Soyuz,‎ 1995 (lire en ligne)
    Historique de Soyouz, description des versions et description des missions jusqu'en 1995