Adrien de Gerlache de Gomery

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Adrien de Gerlache
Image illustrative de l'article Adrien de Gerlache de Gomery

Nom de naissance Adrien de Gerlache de Gomery
Naissance 2 août 1866
Hasselt (Belgique)
Décès 4 décembre 1934 (à 68 ans)
Bruxelles (Belgique)
Nationalité belge
Famille père de l'explorateur Gaston de Gerlache

Pays employeur(s) Belgique
Bâtiments Belgica
Première expédition 16 août 1897
Dernière expédition 1909

Le baron Adrien de Gerlache de Gomery (né à Hasselt le 2 août 1866 et mort à Bruxelles le 4 décembre 1934) est un marin belge, fondateur de la tradition polaire belge. Il a été explorateur de l'Antarctique, y dirigeant une véritable expédition scientifique qui passera le premier hivernage connu d'un navire de recherches, puis dirigeant encore trois expéditions, mais vers le pôle Nord. Son fils Gaston de Gerlache a repris le flambeau de l'exploration polaire. Adrien de Gerlache repose dans le caveau familial à Gomery (près de Virton) où sa famille possédait un château.

Biographie[modifier | modifier le code]

Abandonnant ses études à l'École polytechnique de Bruxelles, Adrien de Gerlache de Gomery s'embarque comme mousse en 1883. Il passe à l'école navale et devient lieutenant dans la marine de l'État. Il est déterminé à monter sa propre expédition d'exploration scientifique du pôle Sud.

Première expédition[modifier | modifier le code]

La Belgica dans la glace

Il avait préparé l'expédition avec le célèbre docteur Arthur Tacquin, mais craignant que les compétences scientifiques de ce dernier ne le supplantent[1] dans l'expédition, il s'en débarrassa ensuite sous un prétexte fallacieux[2].

Le 16 août 1897, la Belgica (trois-mâts originellement construit en Norvège pour la chasse au phoque, puis reconditionné pour l'expédition) quitte le port d'Anvers avec une vingtaine de personnes à son bord, dont cinq scientifiques.

À bord, deux hommes qui, plus tard, deviendront célèbres, le jeune Norvégien Roald Amundsen, dont c'est la première expérience polaire, engagé à Anvers comme second lieutenant et qui deviendra, plus tard, le conquérant du pôle Sud, et l'Américain Frederick Cook, médecin et photographe, qui rejoint l'expédition à l'escale de Rio de Janeiro et qui, lui aussi, s'illustrera dans l'épopée de la conquête des pôles.

Mais plusieurs matelots font défection au début de l'expédition, de sorte que ce sont 19 hommes qui s'élanceront depuis la Terre de Feu vers l'Antarctique.

Adrien de Gerlache et son équipage sont les premiers à passer un hiver en Antarctique et à en ramener des données scientifiques essentielles pour la connaissance de ces régions. Après un séjour de treize mois en Antarctique dont un hivernage complet dans les glaces de la banquise, le navire regagne la mer libre le 28 février 1899.

Le retour de la Belgica suscite une explosion d'enthousiasme populaire à Anvers, le 5 novembre 1899. Dans son livre Quinze mois dans l'Antarctique, Gerlache raconte l'extraordinaire aventure scientifique et humaine de cette expédition polaire.

Expéditions au pôle Nord[modifier | modifier le code]

En 1905, 1907 et 1909, Adrien de Gerlache dirige sur la Belgica trois expéditions du duc d'Orléans vers les latitudes du pôle Nord.

Gaston de Gerlache fils, puis Alain Hubert assument la tradition[modifier | modifier le code]

En 1957, lors de l'Année géophysique internationale, le fils d'Adrien de Gerlache, Gaston de Gerlache, reprend le flambeau et dirige l'expédition belge en Antarctique qui fonde la base Roi Baudouin qui sera utilisée pendant des années par diverses expéditions belges, dont celle du colonel Bastin. Ensuite, viendra la fondation, en 2011, de la Station Princesse-Élisabeth, conçue sur une base écologique par l'explorateur Alain Hubert.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Scarnière, "Le docteur Tacquin", dans: Le Lothier roman, 1/2005, p. 20 : « J'avais l'équipage avec moi et la Société royale de géographie...Ce Gerlache, pas encore "baron" craignait pour sa position dominante et que je la lui enlève pendant l'expédition. Je ne désirais qu'une chose : utiliser ma formation de médecin, d'accord, mais également celle de zoologiste et d'océanographe. »
  2. Gerlache, pour se débarrasser du docteur Arthur Tacquin dont les compétences scientifiques et maritimes risquaient de le supplanter, avait accusé cet homme sobre d'être un ivrogne. Charles-Emmanuel Schelfout, reprend sans examen critique ces propos non fondés aux pages 54-55 de son livre Les Gerlache. Trois générations d'explorateurs polaires, Aix-en-Provence-Sint-Martens-Latem, Éditions de la Dyle, Gand, 1996. Lire également pour plus de détails concernant cette affaire : Claude Scarnière, « Le docteur Tacquin », dans Le Lothier roman, Revue d'histoire publiée par le Cercle d'histoire et d'archéologie du Pays de Genappe, Genappe, no 1, 2005, p. 1 à 73.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules Cardot, Résultats du voyage du S.Y. Belgica en 1897-1899 sous le commandement d'A. de Gerlache de Gomery, 1901, rééd. Kessinger LLC, 2010, ISBN 9781168028525

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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