Temple protestant de la rue Maguelone

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Temple protestant de la rue Maguelone
Image illustrative de l’article Temple protestant de la rue Maguelone
Façade
Présentation
Culte Protestant
Type Réformé
Rattachement Église protestante unie de France
Début de la construction 1862
Fin des travaux 1870
Architecte Louis Corvetto
Style dominant néo-roman
Protection  Inscrit MH (2003)
Site web eglise-protestante-unie-montpellier-agglo.orgVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays France
Région Occitanie
Département Hérault
Ville Montpellier
Coordonnées 43° 36′ 21″ nord, 3° 52′ 49″ est

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Le temple de la rue Maguelone est un édifice religieux situé 25 rue Maguelone, à Montpellier. Il est inauguré le . La paroisse est rattachée à l'Église protestante unie de France.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première Église réformée de Montpellier est implantée en 1560, Guillaume Rondelet, professeur à la faculté de médecine, est l'un de ses dirigeants[1]. Le premier Grand temple est construit en 1583. De plan rectangulaire, il est situé sur l'actuel place Chabaneau. Le Petit temple est construit place Saint Côme (1603)[2]. Le Petit temple est détruit, sur ordre de l'intendant Basville, en 1670. Le Grand temple, quant à lui, est détruit en 1682, sur ordre de Louis XIV[3], peu avant la révocation de l'édit de Nantes[4]. Les protestants doivent procéder eux-mêmes à la destruction, dans les vingt-quatre heures qui suivent l'ordre royal[2]. Plusieurs pasteurs sont exécutés sur l'esplanade, notamment Claude Brousson en 1698, et Pierre Durand, frère de Marie Durand, en 1732[5]. Les cultes sont d'abord interdits en ville, les protestants devant se rendre à Saint-Jean-de-Védas ou Pignan[5]. Puis ils sont tolérés à partir de la deuxième moitié du XVIIIe siècle et Jacques-Antoine Rabaut-Pomier, fils de Paul Rabaut y est pasteur de 1772 à 1792[6].

La vie paroissiale ordinaire reprend sous le Directoire, grâce à l'activité de Daniel Encontre, pasteur et professeur à la faculté des sciences de Montpellier. Le pasteur Honoré Michel est nommé en 1798[7],[8]. Des œuvres protestantes sont créées, notamment une école de garçons en 1820, une école de filles en 1826 et une maison de retraite en 1842[9]. Les cultes, rétablis après la Terreur, se déroulent d'abord dans la salle du manège couvert, jusqu'en 1803[10]. L'Église recherche ensuite un lieu de culte pour une communauté estimée à 2 120 protestants, 6 % de la population montpelliéraine[11]. Les protestants achètent le l'ancien couvent des Cordeliers, alors rue de l'Observance, l'actuelle rue de Verdun. Ils procèdent à quelques réparations et aux aménagements nécessaires et dédicacent le temple le [12].

Assez rapidement, il s'avère que le temple est trop petit et son mauvais état nécessite d'importants travaux. La communauté protestante s'est considérablement accrue, passant à 3 324 protestants en 1851[13]. La question de la construction est abordée régulièrement dans les conseils presbytéraux, à partir de 1850[14].

La ville de Montpellier met en œuvre des travaux d'urbanisme, sur le modèle des transformations de Paris sous le Second Empire entreprises par le préfet Haussmann, connus comme les « grands travaux Lazard », du nom de l'architecte Omer Lazard[15]. Les premiers aménagements se font aux abords de la nouvelle gare concernent la rue Maguelone, qui doit relier la gare et la Place de la Comédie et rejoindre la rue de la Loge. Le maire de Montpellier, Jules Pagézy, nommé en 1852 par Napoléon III, est un homme d'affaires protestant, engagé avec toute sa conviction dans les projets urbains qu'il met en œuvre. Il est membre du conseil presbytéral de l'église de Montpellier, est présent aux réunions et se montre un personnage influent de la communauté. Un de ses alliés est le sénateur Gaston Bazille, père du peintre Frédéric Bazille, et auteur d'un rapport sur les constructions du temple et des églises catholiques[16].

Les protestants veulent un terrain assez vaste pour réunir le temple, les écoles de filles et de garçons, le logement du pasteur, un hospice et un asile[17]. Le terrain retenu est sur la rue Maguelone, destinée à être l'un des axes majeurs de communication de la ville dans le projet urbanistique[17]. Les ressources proviennent de deux souscriptions lancées auprès des protestants montpelliérains, en 1860 et 1867, de la vente de l'ancien temple, auxquels s'ajoutent une promesse de participation de la ville. L'État est sollicité, dans le cadre du régime concordataire et promet une participation. L'église prévoit un budget de 56 000 F pour l'achat du terrain et de 200 000 F pour les travaux, ce budget sera largement dépassé, la construction revient finalement à près de 350 000 F[18].

Dépenses et recettes.
Type/Année(s) 1860 1867 1868-1871 1871 1872 1875
Dépenses
Achat du terrain 52 000
Travaux de construction 294 886
Recettes
Vente de l'ancien temple 30 000
Participation de l'État 25 000 20 000 non-renseigné
Subvention de la mairie 100 000
Souscription 57 000 42 553


L'église lance un concours d'architecture en mars 1862. Les demandes concernent le coût, qui ne doit pas dépasser les 200 000 F initialement prévus[18]. Quarante-deux projets sont réceptionnés. Deux architectes voient leur projet retenu, William Bouwens et Francisque Estibot, mais c'est finalement Louis Corvetto, architecte montpelliérain d'adoption et protestant, membre du jury, qui réalise le projet, peut-être bénévolement[19].

Le temple est inauguré officiellement le [20]. Quelques modifications ultérieures sont faites, notamment l'ablation en 1885, d'un clocher qui ne figurait pas sur le plan originel et qui menaçait de tomber, par manque d'assise[20]. Le temple est inscrit aux monuments historiques le [21].

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dubief & Poujol 2006, p. 343.
  2. a et b « Montpellier (Hérault) », sur museeprotestant.org, Musée virtuel du protestantisme (consulté le 18 août 2018).
  3. Louise Guiraud, « Une relation inédite de la démolition du grand temple [de Montpellier], en 1682 », Mémoires de la société archéologique de Montpellier, vol. 2e série, t.1,‎ , p. 385-392.
  4. Philippe Corbière, « Démolition du grand temple des réformés de Montpellier (1682) », Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme, vol. 25,‎ , p. 21-36.
  5. a et b Dubief & Poujol 2006, p. 344.
  6. Dubief & Poujol 2006, p. 345.
  7. Jacques Godechot, La vie quotidienne en France sous le Directoire, Hachette, 1977 chap. X [lire en ligne]
  8. Honoré Michel (1766-1861), pasteur protestant, en poste à Montpellier à partir de 1798, épouse Marguerite Arnaud, fille d'un « ancien » de l'église de Montpellier.
  9. Dubief & Poujol 2006, p. 346.
  10. Laurent Gambarotto, « Le cadre institutionnel et théologique du protestantisme languedocien 1789-1824 », in Jean-Paul Chabrol et Laurent Gambarotto (dir.), Éclairer le peuple. Jean-Louis Médard (1768-1841), négociant, mécène, protestant, languedocien, Publications de l'université de Provence, 2004, (ISBN 9782821882911), p. 83-104.
  11. La Barbe 2002, p. 386.
  12. Henri Bosc, Les Grandes heures du protestantisme à Montpellier, Montpellier, J. Reschly, , p. 122.
  13. André Encrevé, Protestants français au milieu du XIXe siècle : les réformés de 1848 à 1870, Genève, Labor et Fides, coll. « Histoire et société no 8 », , p. 1071.
  14. La Barbe 2002, p. 387.
  15. Omer Lazard, architecte, notice sur le site www.pss-archi.eu, [lire en ligne], consultée le 17 août 2018.
  16. Gaston Bazille, « Rapport sur les églises Sainte-Anne, Saint-Denis, le temple protestant, la rue Impériale », lu le au conseil municipal, Montpellier, Impr. Gras.
  17. a et b La Barbe 2002, p. 390.
  18. a et b La Barbe 2002, p. 393.
  19. La Barbe 2002, p. 397.
  20. a et b La Barbe 2002, p. 398.
  21. Notice no PA34000038, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Franck La Barbe
    • « La Construction du temple de la rue Maguelone à Montpellier (1862-1870) », Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, no 148,‎ avril-mai-juin 2002, p. 385-402 (lire en ligne, consulté le 16 août 2018). Document utilisé pour la rédaction de l’article
    • Le Grand temple de Montpellier, (coll. de Thierry Lochard), Montpellier, Association pour la connaissance du patrimoine en Languedoc-Roussillon, 1998, 15 p. (ISBN 2-907276-10-7)
  • Henri Dubief et Jacques Poujol, La France protestante, Histoire et Lieux de mémoire, Montpellier, Max Chaleil, [1992], rééd. 2006, 450 p..

Liens externes[modifier | modifier le code]