Église Notre-Dame-de-Valfrancesque

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Église Notre-Dame-de-Valfrancesque
Temple de la Boissonnade
Temple de la Boissonnade (02).jpg
Présentation
Destination initiale
Église catholique
Destination actuelle
Temple protestant
Propriétaire
Eglise protestante unie des hautes vallées cévenoles
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées

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L'église Notre-Dame-de-Valfrancesque est une ancienne église catholique située dans le département français de la Lozère, sur la commune de Moissac-Vallée-Française au lieu-dit la Boissonnade. Sa reconversion en lieu de culte protestant lui vaut également d'être appelée temple de la Boissonnade.

La nef

Description[modifier | modifier le code]

C'est une église de style roman, construite en fraidonite sombre, une sorte de granite proche de la kersantite. Orientée ouest/est, elle mesure 23 m par 6 m. On y accède, sur le flanc sud, par un portail, abrité par un porche saillant comportant des chapiteaux sculptés, bien qu'il y ait aussi une porte dans le mur ouest. Construit selon le plan basilical, le bâtiment est formée d'une nef unique à trois travées voûtées en berceau plein cintre, d'une seule travée de chœur et d'une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four percée d'une fenêtre haute. La nef est creusée par des arcs en plein cintre, deux aveugles au nord, deux percés de deux fenêtre hautes au sud. À l'ouest, un petit clocher, datant de la transformation en temple protestant, surmonte le pignon mouluré[2] de la façade. Celle-ci présente un grand arc engagé. Une porte et une fenêtre haute, de style roman, complètent cette élévation de la façade.

À l'exception du clocher, qui a été ajouté tardivement, l'ensemble du bâtiment ne semble pas avoir été modifié et est remarquablement bien conservé.

Historique[modifier | modifier le code]

Ce serait la plus ancienne église du diocèse encore debout[3]. Une église de valfrancesque est mentionnée dès 935, lorsque le pape Jean VI la donne à l'évêque de Nîmes. Cependant, elle n'est consacrée qu'en 1063. La tradition, elle, fait remonter sa construction à la bataille qui se serait déroulée à la Boissonnade entre les Francs et les Sarrasins au VIIIe siècle[4] d'où un premier nom de «  Notre Dame de la Victoire ». Cependant le bâtiment actuel daterait du XIIe siècle[1].

Brûlé une première fois en 1702 par les Camisards, ce solide bâtiment en granite est alors restauré[3] par le curé du lieu malgré le manque d'assiduité et d'enthousiasme des paroissiens, ceux-ci étant composés essentiellement de NC (protestants « Nouveaux Convertis » après la révocation de l'édit de Nantes). Avec la liberté religieuse reconnue par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, l'église est alors quasiment désertée. En 1793, elle est à nouveau dévastée. Bien national, elle est alors vendue à un particulier qui l'utilise comme bâtiment à usage agricole[5]. En 1832, malgré l'opposition des autorités catholiques, elle est achetée par l'association cultuelle protestante locale qui la transforme en temple de l'église réformée. Aujourd'hui, c'est toujours un temple protestant[6].

La façade vue de l'ouest

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1929[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Les deux principales hypothèses sur l'origine du nom de la vallée sont : soit que le village et la vallée se seraient trouvés dans une enclave franque entourée par des terres wisigothes ; soit qu'elle aurait été appelée ainsi à l'issue de la légendaire bataille de la Boissonnade[7]. Vallis Franscisca et Val franciscus signifiant vraisemblablement vallée franque ou francesque.

L'hypothèse que cela signifierait que c'était une vallée « franche », c'est-à-dire exemptée d'impôts est peu probable[7].

Pendant la durée de la Révolution, les communes des alentours aux noms trop religieux furent rebaptisées de façon laïque. Avec l'Empire, on retourna aux noms précédents, mais « Valfrancesque » fut transformé en « Vallée Française », seule l'église de la Boissonnade conserva ce nom.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Notice no PA00103884, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. ce pignon mouluré est très bien conservé, ce qui est exceptionnel
  3. a et b Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 553-554
  4. N. Bastide, Gévaudan, 1974, p. 85-98
  5. Selon le dépliant historique distribué sur place
  6. (fr) Index des temples protestants de France
  7. a et b Lucien Goillon, Si m'était conté Saint-Étienne en Cévenne : Notes d'histoire sur Saint-Étienne-Vallée-Française, Nîmes, Lacour, coll. « Colporteur », (ISBN 2-9503675-0-X)