Sonate pour violoncelle et piano (Debussy)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Sonate pour violoncelle et piano
Genre Sonate
Nb. de mouvements 3, enchaînés
Musique Claude Debussy
Durée approximative env. 10 minutes
Dates de composition juillet-août 1915[1]
Partition autographe Bibliothèque nationale de France

La Sonate pour violoncelle et piano (CD 144) de Claude Debussy fait partie des dernières œuvres du compositeur, écrite en quelques jours entre la fin juillet et le début août 1915, lors du séjour de Debussy à Pourville au bord de la mer, en dépit des premiers signes d'affaiblissement du compositeur.

Historique[modifier | modifier le code]

La création[2] de la Sonate pour violoncelle et piano eut lieu le à Londres et la première à Paris le .

Structure[modifier | modifier le code]

Le titre pressenti était Pierrot fâché avec la lune, une allusion probable au peintre Watteau, revue par le Verlaine des Fêtes galantes. La question de savoir si les commentaires descriptifs[3] utilisés par Louis Rosoor dans ses programmes de concerts sont de Debussy reste sans réponse.

En fait, tout en l'écrivant, Debussy était hanté par les arlequinades de la commedia dell'arte. La composition reste un mélange d'humour sarcastique et de poésie mélancolique. Le piano cantonné dans un rôle d'accompagnateur (de continuo) laisse la part belle au violoncelle, dont la sonorité évoque celle de la guitare ou de la mandoline.

La sonate comprend trois mouvements :

  • un Prologue qui débute dans le style d'une ouverture à la française, fière et majestueuse. Le piano revient vite à son rôle d'accompagnateur et laisse s'épanouir le violoncelle dans des épanchements solitaires. Un passage à l'agitation inquiète animando poco a poco ramène le thème initial. Le Prologue se termine en ré majeur sur une quinte à vide dans le registre aigu du violoncelle.
  • La Sérénade, à l'humeur fantasque et capricieuse, n'est pas sans évoquer le prélude pour piano Général Lavine. Sur un rythme de Habanera, le violoncelle fournit pizzicatos, portandos et harmoniques, évoquant la mandoline.
  • Le dernier mouvement Finale s'enchaîne, virtuose, évoquant encore des images d'Espagne en particulier les « Parfums de la nuit » d'Iberia.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Claude Debussy, Correspondance, 1872-1918, Paris, Gallimard, , 2352 p. (ISBN 2-07-077255-1) éditée sous la direction de François Lesure et Didier Herlin
  • Paul Landormy, La Musique française de Franck à Debussy, Paris, Gallimard, , 248 p. (ISBN 2-07-023708-7)
  • Paul Pittion, La Musique et son histoire : tome II — de Beethoven à nos jours, Paris, Éditions Ouvrières, , 574 p.

Monographies[modifier | modifier le code]

  • Jean Barraqué, Debussy, Paris, Le Seuil, coll. « Solfèges », 1962, rééd. 1994, 250 p. (ISBN 2-02-020626-9)
  • Antoine Goléa, Claude Debussy, Paris, Seghers, coll. « Musiciens de tous les temps », , 190 p.
  • Edward Lockspeiser et Harry Halbreich, Claude Debussy, Paris, Fayard, , 823 p. (ISBN 2-213-00921-X)
    Edward Lockspeiser, Claude Debussy, sa vie et sa pensée, Paris, Fayard, , p. 7-529
    Harry Halbreich, Claude Debussy, analyse de l'œuvre, Paris, Fayard, , p. 533-748
  • Gilles Macassar et Bernard Mérigaud, Claude Debussy : le plaisir et la passion, Paris, Gallimard, coll. « Découverte », , 168 p. (ISBN 2-07-053224-0)
  • Heinrich Strobel, Claude Debussy, Paris, Le Bon Plaisir, Librairie Plon, coll. « Amour de la Musique », , 238 p., préface et traduction d'André Cœuroy
  • Émile Vuillermoz, Claude Debussy, Genève, René Kister, coll. « Les grands compositeurs du XXe siècle », , 160 p.

Articles et analyses[modifier | modifier le code]

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Harry Halbreich 1980, p. 618
  2. François Lesure, Claude Debussy : Biographie critique suivie du Catalogue de l’œuvre, Fayard, 2003, p. 563.
  3. Moray Welsh. « Behind the Moon-eyed Mask ». The Strad (April - June 1992) (en)