Paul Tortelier

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Paul Tortelier

Description de l'image  Paul Tortellier by Reginald Gray.jpg.
Naissance
Paris, Drapeau de la France France
Décès (à 76 ans)
Chaussy, Drapeau de la France France
Activité principale Violoncelliste
Activités annexes pédagogue

Paul Tortelier, né le à Paris et mort le à Chaussy, était un violoncelliste français réputé pour ses interprétations autant que pour ses qualités de pédagogue.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tortelier est encouragé dès son plus jeune âge par ses parents à entreprendre l'étude du violoncelle. Son père, d'origine bretonne, menuisier de métier, jouait du violon et de la mandoline. Sa mère adorait le violoncelle et voulait faire de son fils un violoncelliste. Enfant doué, il entre à douze ans au Conservatoire de Paris dans la classe de Louis Feuillard puis de Gérard Hekking qui sera son véritable maître. Il obtient un premier prix quatre ans plus tard, à l'âge de 16 ans, et passe ensuite trois ans à apprendre l'harmonie avec Jean Gallon, apprentissage d'ailleurs couronné par l'obtention du premier prix d'harmonie en 1935.

Il entre par la suite dans l'orchestre Lamoureux avec lequel il se produit pour la première fois en soliste dans le Concerto pour violoncelle de Lalo. De 1935 à 1937, il fait partie de l'Orchestre philharmonique de Monte-Carlo qui est à l'époque dirigé par Arturo Toscanini et Bruno Walter. Richard Strauss vient diriger à Monte-Carlo son poème symphonique Don Quichote et c'est Tortelier qui joue le partie de violoncelle solo. Depuis lors, le nom de Tortelier est étroitement associé à cette œuvre ; il en donnera d'ailleurs au cours de sa vie de nombreuses représentations et enregistrements). En 1939, invité par Serge Koussevitzky, il rejoint l'Orchestre symphonique de Boston comme 3e violoncelliste solo. Après la guerre, il revient en France où il est pendant deux ans (1945-1946) premier soliste à la Société des concerts du Conservatoire.

Ami, admirateur et disciple de Pablo Casals tout à la fois, il est invité par celui-ci en 1950 à être le principal violoncelliste du premier festival de Prades, pour la commémoration du 200e anniversaire de la mort de Bach. Cela contribue à le faire connaître et sa carrière de concertiste s'affirme. Tortelier, invité alors par de nombreux orchestres se produit sur les scènes du monde entier. Il forme aussi avec Arthur Rubinstein et Isaac Stern un trio resté célèbre.

Techniques de violoncelle[modifier | modifier le code]

Paul Tortelier est par ailleurs l'inventeur d'une position particulière du violoncelle qu'il tenait presque horizontalement. Cette position est obtenue à l'aide d'une pique coudée appelée « pique Tortelier ».

Le professeur[modifier | modifier le code]

Grand pédagogue, Paul Tortelier devient en 1956 professeur au Conservatoire de Paris. Il quitte en 1969 le Conservatoire pour la Folkwanghochschule d'Essen où il reste jusqu'en 1975, puis pour le conservatoire de Nice de 1978 à 1980. Dans les années 1970, il donne pour la télévision britannique une série de master-classes qui obtient un grand succès. Il est également en 1980 le premier occidental à être nommé professeur honoraire au Conservatoire de Pékin. En 1987, une nouvelle série de masterclasses donnée à Manchester fut filmée pour la télévision.

Il meurt le , terrassé par une crise cardiaque au château de Villarceaux à Chaussy (Val d’Oise) alors qu’il donnait un cours à une douzaine de jeunes musiciens. Il avait 76 ans.

Il aura notamment eu comme élève Philippe Muller, Anne Gastinel, Georg Pedersen, Hege Waldeland, Stefan Metz, Arto Noras, Frieder Lenz, Melissa Phelps, Michel Strauss, Jean Decroos, Jacqueline du Pré, Aisling Drury-Byrne, Aleth Lamasse, Gerhard Mantel, Solen Dikener, Raphaël Sommer, Renaud Fontanarosa et Jacques Bernaert.

La famille Tortelier[modifier | modifier le code]

La musique chez Paul Tortelier se faisait en famille : sa femme Maud Martin, épousée en 1946, était également violoncelliste : elle avait étudié au CNSM avec Pierre Fournier, Maurice Maréchal et Joseph Calvet et jouait avec lui dans les œuvres qui requéraient deux violoncelles. Et il avait insufflé à ses enfants la passion de la musique : son fils Yan-Pascal est aujourd'hui un chef d'orchestre réputé, sa fille aîné Maria de la Pau (née à Prades le 13 mai 1950 et filleule de Pau Casals) pianiste concertiste et la troisième, Pomone, violoncelliste. Paul Tortelier a notamment créé en 1977 avec sa fille aîné Maria de la Pau et son fils Yan-Pascal (violon) le Trio en ut mineur d’Edvard Grieg.

Bien que catholique, Tortelier a été enthousiasmé par la création d'Israël et a passé à partir de 1955 un an avec sa femme et ses enfants dans un kibboutz, Mabaroth, en Israël. Son expérience israélienne lui inspirera d'ailleurs l'écriture d'une symphonie, la Symphonie d’Israël (1956).

Le compositeur[modifier | modifier le code]

Paul Tortelier, en plus de son activité de violoncelliste, a eu également une activité notable de compositeur. Ses œuvres sont pour la plupart consacrés à son instrument. Ainsi, on lui doit deux concertos pour violoncelle, un concerto pour piano (1955), un concerto pour deux violoncelles et orchestre (qu'il jouait avec sa femme), des duos pour deux violoncelles (1954), une suite pour violoncelle seul en ré mineur (1944-1955), deux sonates pour violoncelle et piano, des variations pour violoncelle et orchestre intitulées Puisse la musique sauver la paix ainsi que de nombreux hymnes à la paix qui dénotent bien l'humanisme dont Tortelier était porteur. Lors de la masterclass donnée à La Chaux-de-Fonds, Suisse en 1987, il fit jouer à 24 violoncelles son hymne à la paix "Le Grand Drapeau" lors du concert final Le Locle. Il donna avec enthousiasme la permission que cet hymne soit traduit en espéranto, ce qui fut fait.

Il est également l'auteur d'un livre : How I Play, How I Teach publié chez Chester à Londres en 1973.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]