Gaston Prunier

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Gaston Prunier, né au Havre le , et mort à Paris le , est un peintre et graveur post-impressionniste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

La Seine au pont de Grenelle (vers 1904), Paris, musée Carnavalet.

Gaston Prunier entre à l'École des beaux-arts du Havre où il est l'élève de Charles Lhullier, puis il est admis à l'École des beaux-arts de Paris dans l'atelier d'Alexandre Cabanel.

L'atelier de Gaston Prunier est situé au no 24 rue Dombasle dans le 15e arrondissement de Paris[1]. Dès 1891, il expose à la galerie parisienne Le Barc de Boutteville. Il présente ses gravures au Salon de 1893 et, l'année suivante, il est admis au Salon des Cent et au Salon des indépendants, où il exposera jusqu'en 1907. Entre 1898 et 1925, Gaston Prunier participe parallèlement chaque année aux expositions de la Société nationale des beaux-arts. Il expose également ses œuvres au Havre et dans de nombreuses galeries parisiennes.

En 1907, on trouve Gaston Prunier au sein du Groupe des XXX, réunion de trente artistes indépendants d'avant-garde initiée par Pierre Dumont et comptant également dans ses rangs les noms de Raoul Dufy, Henri Matisse, André Derain, Albert Marquet, Maurice Louvrier, Charles Duhamel, Robert Antoine Pinchon, Charles Frechon, Pierre Girieud, Gaston Gosselin, Tristan Klingsor, Eugène Tirvert, Georges Bradberry, Charles Angrand, Marcel Couchaux, André Allard, Ernest Morel et Maurice de Vlaminck. Après une exposition commune à la galerie Legrip à Rouen (1907), le groupe prendra rapidement (1908) le nom demeuré historique de Société normande de peinture moderne (en)[2].

En 1917, Gaston Prunier fait partie, avec Maurice Asselin, Louis Charlot, Henri Lebasque, Jules-Émile Zingg, des Missions d'artistes aux armées instituées par le général Niox, directeur des musées des armées, aux fins de représentations picturales de documentation de la guerre[3].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Gaston Prunier peint le monde du travail, les usines et les activités portuaires. On lui doit de nombreuses vues de Paris, du Havre, de Londres et des Pyrénées (en particulier, pour cette dernière région, des environs de Saint-Palais, ville dont son épouse est native).

Ami de Jean Jaurès[4], il a peint la Manifestation pacifiste du Pré-Saint-Gervais[5] (dimanche 25 mai 1913[6]) qui « donne une représentation colorée du meeting, avec ses nombreux drapeaux rouges, les habits endimanchés, les vendeurs de journaux, le vert d'une campagne pourtant si proche de Paris, et, au loin, Paris et ses fumées d'usine. La banlieue, souvent rejetée, espace incertain, est alors au centre de l'histoire et de ses représentations »[4].

Ouvrages illustrés[modifier | modifier le code]

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

En France
En Roumanie

Expositions[modifier | modifier le code]

Personnelles
  • Galerie Samuel Bing, Paris, 1899[10].
  • Gaston Prunier : paysages de Paris, de la Bretagne, du Havre, des Pyrénées, galerie Serrurier, no 37 boulevard Haussmann, Paris, janvier-février 1905.
  • Gaston Prunier : vues de la Tamise, galerie Allard, Paris, 1908.
Collectives

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « ...Et si j'ai réservé pour la dernière ligne le nom de Gaston Prunier, c'est afin qu'il y prenne tout le relief qu'il mérite à mes yeux. On admire en lui l'âpreté de la couleur, surprenante à ce degré chez un aquarelliste. Elle imprègne le papier. Elle y pénètre comme un acide. Par une simplification naturelle, il obtient dans ses paysages un caractère éminent de généralité. Une beauté cosmique s'en dégage. Certaine uniformité dans le sombre et le tourmenté, qui lui est familière, rend plus sensibles "quelques vifs mouvements vers la lumière"., d'une délicatesse subtile. Gräce au "sens primordial de la construction" que Claude Roger-Marx a reconnu en lui, Gaston Prunier suggère l'ossature du monde. Les solitudes où se plaît sa contemplation ont une taciturnité primitive. » - Jacques Copeau[14]
  • « Peintre de Paris et de Londres, de la Bretagne et de l'Auvergne, son humeur voyageuse l'a souvent amené aux pics casqués de neige, aux arbres séculaires, aux petites villes, aux bourgades du Béarn, et c'est une image infléchie, habilement coordonnée de tous les éléments étudiés par lui, qu'il présente en une force d'unité impressionnante […] Gaston Prunier, paysagiste classé, savant constructeur des terres, des collines, des vallées, harmoniste des ciels, se révèle observateur d'humanité, sans pour cela que l'expression dépasse le but de la tapisserie qui doit sans cesse rester un art de décoration; mais il ne lui est pas interdit de suggérer le drame et la comédie par ses groupements de personnages et les particularités des physionomies. » - Gustave Geffroy[9]
  • « […] Un schéma très élaboré, une composition souple, un graphisme précis et une matière dense, nourrie, d'où surgissent des formes indiquées dans leurs volumes essentiels. » - Gérald Schurr[16]
  • « Gaston Prunier s'est fait le peintre des quartiers populaires, des scènes sur les fortifications, et en même temps des architectures naturelles ou artificielles : il aime les cathédrales et les montagnes, les maisons en construction ou en démolition et les rochers à pic. Ce goût des verticales, des lignes ascendantes qui amène l'artiste à placer la ligne d'horizon très bas dans le tableau est l'une des caractéristiques de son talent. » - Dictionnaire Bénézit[17]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Salon de la Société nationale des beaux-arts Le livre d'or des artistes exposants
  2. a et b Books LLC, La Société normande de peinture moderne
  3. [PDF] François Robichon, Les missions d'artistes aux armées, 1917, CERMA - Musée de l'armée.
  4. a et b Vincent Duclert, Jaurès 1859-1914 : la politique et la légende, Éditions Autrement, Flammarion, 2013.
  5. a et b Alain Boscus, Gaston Prunier, “La manifestation pacifiste du Pré-Saint-Gervais, 1913”, sur histoire-image.org.
  6. Assemblée nationale, 'La manifestation pacifiste de Pré Saint-Gervais, le tableau dans son contexte historique.
  7. a et b Joconde, portail des collections des musées de France, Département des arts graphiques du Musée du Louvre et musée des beaux-arts de Chambéry, les œuvres de Gaston Prunier
  8. L'inventaire du patrimoine de Rhône-Alpes, “Les glaisières de Vanves” de Gaston Prunier, collection Mairie de Jassans-Riottier.
  9. a et b Gustave Geffroy, Les Gobelins, collection « Les musées d'Europe », Éditions Ligaran,, 1906-1908.
  10. a et b Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, t.3, Les Éditions de l'Amateur, 1979, p.140.
  11. Denis Milhau, « Misérabilisme de l'art ou la rigueur de l'inertie », in Toulouse, Autrement, 1991.
  12. Gaston Prunier, Paysage, notice sur photo.rmn.fr.
  13. Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Éditions Arts et Images du Monde, 1992, p. 75, 86 et 364.
  14. a et b Jacques Copeau, « Exposition de la Société internationale d'aquarellistes à la Galerie Georges Petit », dans L'art et les artistes, revue d'art ancienne et moderne, tome II, octobre 1905-mars 1906.
  15. « Maison des Traouiero, les peintres exposés », Ouest-France, juin 2012.
  16. Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Paris, éditions de l'Amateur, , 1069 p., p. 631
  17. Dictionnaire Bénézit, t.11, Gründ, 1999, p.283.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel de Vénancourt, « À Gaston Prunier », La Croisade, revue d'art et de littérature, no 1, Le Havre, janvier 1892.
  • « Gaston Prunier », Revue des beaux-arts et des lettres, 1er mai 1899.
  • Société nationale des beaux-arts, « Gaston Prunier », in Livre d'or des artistes exposants.
  • Gaston Prunier, Paris, Éditions Galerie Serrurier, 1905.
  • Charles Morice, « Enquête sur les tendances actuelles des arts plastiques, réponse de Gaston Prunier », Mercure de France, 1er août 1905, pp.346-359, réédité par Les Lettres modernes, 1986.
  • G. Jean Aubry, « Un aquarelliste : Gaston Prunier », L'Art et les Artistes, no 21, 1er décembre 1906.
  • Gustave Geffroy, Les Gobelins, collection « Les musées d'Europe », Éditions Ligaran, 1906-1908.
  • Charles du Bousquet et Camille Mauclair, « Gaston Prunier », L'art décoratif, revue de l'art ancien et de la vie artistique moderne, no 139, avril 1910.
  • Tristan Kingsor, La peinture (l'art français depuis vingt ans), Paris, Éditions Rieder, 1921.
  • Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, t.3, Les Éditions de l'Amateur, 1979.
  • Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Éditions Arts et Images du Monde, 1992.
  • Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Paris, éditions de l'Amateur, , 1069 p.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Valérie Perlès, Le Pré entre Paris et banlieue - Histoire(s) du Pré-Saint-Gervais, Éditions Créaphis, 2004.
  • (en) Martin Wolpert et Jeffrey Winter, Figurative paintings - Paris and the modern spirit, Schiffer Publishing Ltd., 2006.
  • Gérard Bonnin, Salons et expositions - Le Havre (1833-1926) - Catalogue des exposants et liste de leurs œuvres, collection « Les salons de province », Éditions L'Échelle de Jacob, 2013 (présentation en ligne).
  • Vincent Duclert, Jaurès 1859-1914 : la politique et la légende, Éditions Autrement, Flammarion, septembre 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]