Adolphe Léon Willette

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Adolphe Léon Willette
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Adolphe Léon Willette en 1913,
photographie de l'Agence Meurisse.
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Adolphe Léon Willette, né à Châlons-sur-Marne le et mort à Paris le (à 68 ans), est un peintre, illustrateur, affichiste, lithographe et caricaturiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Adolphe Willette jeune homme, v. 1870.

Fils du colonel Henri-Léon Willette, qui, depuis la campagne du Mexique, fut aide de camp du général puis maréchal François Achille Bazaine[1], il est élève en 1867 de l'institut Boniface, 18 rue de Condé à Paris, puis, son père étant muté à Dijon, du lycée de cette ville en 1868. Adolphe Léon Willette est en 1875 radié du lycée du fait de l'implication de son père dans l'évasion de Bazaine de l'île Sainte-Marguerite[2] et devient alors l'élève d'Alexandre Cabanel - il tiendra de ce maître, analyse Claude Roger, « le mélange d'audace et de classicisme que révélera son tempérament »[3] - à l'École des beaux-arts de Paris[4]. Il y fait la connaissance d'Antonio de La Gandara dès 1875. Il réalise ses premiers dessins de presse (notamment pour La Jeune Garde et La France illustrée) sous le pseudonyme de Nox en 1877[5] puis débute au Salon en 1881 avec une Tentation de Saint Antoine qui y est remarquée, affirmant « une personnalité qui ne devait pas tarder à se dégager des formules d'école » qui se confirmera dans son envoi de 1886, La veuve de Pierrot[1].

Il s'installe à Montmartre en 1882 et loue avec son frère, le docteur Willette, un atelier au 20, rue Véron[6].

Il illustre Victor Hugo, peint des fresques et des vitraux, dessine des cartes postales, des affiches publicitaires[7], des couvertures de livres et, en échange d'un repas, des menus de brasserie. Ses représentations de Pierrot et Colombine lui valent une certaine popularité.

« En rupture totale avec l'académisme à la mode de Bonnat et autre Bouguereau, Willette ignore tout autant la révolution impressionniste. Sa palette est pauvre et se cantonne le plus souvent dans des harmonies de gris et d'ocres. […] À partir de 1886, il s'éloigne de plus en plus de la peinture, qu'il ne retrouvera qu'à l'occasion de grandes décorations, pour se consacrer au dessin[8]. »

Avec Rodolphe Salis et Émile Goudeau, il participe à la création du cabaret parisien « Le Chat noir » du boulevard Rochechouart où il expose d'abord une toile refusée au Salon, puis qu'il décore ensuite de panneaux, notamment celui du Parce Domine (1884)[9], et d'un vitrail, Le Veau d'or ou Te Deum laudamus (1885), alors perçu par John Grand-Carteret comme « un curieux mélange de souvenirs, d'ornements classiques et de conceptions modernes »[10]. Au Chat Noir, il retrouve Antonio de La Gandara et fréquente également Henri Rivière, Maurice Donnay, Maurice Rollinat, Henri de Toulouse-Lautrec, Paul Signac, Camille Pissarro, Vincent van Gogh, Louis Anquetin ou Georges Seurat.

Parce Domine (1884), huile sur toile, Paris, musée de Montmartre.

En 1888, à Paris, a lieu sa première exposition de peintures et de dessins au 34 rue de Provence : Jules Chéret lui fait une affiche.

Il décore de nombreux cabarets et restaurants de la Butte Montmartre : l’auberge du Clou, la Cigale, le hall du bal Tabarin, la Taverne de Paris, ainsi qu'un salon de l’Hôtel de ville de Paris. En 1889 il décore le Moulin Rouge, et dessine le célèbre moulin.

Willette, en pierrot noir, estampe par Marcellin Desboutin, parue dans L'Artiste en mai 1896.

Polémiste ardent, Willette collabore tour à tour à de nombreux périodiques illustrés comme Le Chat noir, puis Le Courrier français (une relation qui, à compter de sa brouille avec Rodolphe Salis, durera 23 ans[1]), Le Triboulet, Le Rire, sans oublier, dès 1901, L'Assiette au Beurre dont il compose la lettre de présentation. Il fonde plusieurs publications comme Le Pierrot (1888-1891 ?), La Vache enragée (1896-1897), Le Pied de nez (1901), Les Humoristes (avec Steinlen en 1901).

Adolphe Willette, candidat antisémite.
Affiche pour les élections législatives du .

En 1889, en pleine affaire Boulanger, et sans écarter ici l'hypothèse d'une « blague », dans le style du Chat noir, d'un goût exécrable[11], Willette se présente comme unique « candidat antisémite » aux élections législatives du , dans la 2e circonscription du 9e arrondissement de Paris. Une affiche est produite, laquelle fut récupérée en 1942-1943 sous l'Occupation, selon Laurent Gervereau[12]. À l'issue du premier tour du scrutin, Willette n'a obtenu que 19 voix sur 11 371 votants (0,17 %), en cinquième position derrière le socialiste possibiliste F. Dandreux (2,36 %), le radical Paul Strauss (25,16 %), l'opportuniste Georges Berger (26 %) et le député sortant boulangiste Louis Andrieux (44,37 %)[13]. Il obtient encore une voix au second tour.

En 1891, il prend la défense du Montmartrois et communard Jean-Baptiste Clément condamné pour ses activités syndicalistes et militantes à deux ans de prison et cinq ans d'interdiction de séjour.

Un dessin qui parait dans Le Courrier français montre une jolie et aguichante jeune fille qui chante avec insouciance. Elle marche enchaînée et encadrée par deux antipathiques gendarmes. L'un d'eux s'est emparé du panier de cerises qu'elle avait au bras. Une légende accompagne le dessin, en forme de nouveau couplet de la célèbre chanson de Jean-Baptiste Clément, Le Temps des cerises[14] :

Quand il reviendra, le temps des cerises
Pandore idiot, magistrats moqueurs
Seront tous en fête !
Gendarmes auront la folie en tête
À l'ombre seront poëtes chanteurs
Quand il reviendra le temps des cerises
Siffleront bien haut les chassepots vengeurs !

« Démolir la Bastille... et aboutir à Fourmies... », dessin, Almanach du Père Peinard, 1891.

Durant l'affaire Dreyfus, à partir de 1894, il se range du côté des antidreyfusards avec d'autres artistes proches comme Caran d'Ache[15] ou Forain. Par ailleurs, il collabore au journal La Libre Parole illustrée (1893-1897) dirigé par le nationaliste antisémite Édouard Drumont[16].

Une partie de la troupe de pierrots et colombines que Willette, costumé en pierrot noir, conduisait à la Promenade de la Vache enragée 1896[17].

En 1896, Willette participe à l'organisation du premier cortège carnavalesque montmartrois de la Promenade de la Vache enragée. Il y défile costumé en pierrot noir, à la tête d'une joyeuse troupe de pierrots et colombines[17]. Il est responsable de la deuxième édition de la fête qui a lieu l'année suivante. Ce sera la dernière édition de ce défilé du vivant de Willette.

Il est également membre de la goguette du Cornet[18].

Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1906, il est ensuite élevé au rang d'officier de ce même ordre en 1912.

En 1914, l'architecte Pierre Regnault, fondateur de l'Union des catholiques des beaux-arts, invite ses membres à une messe en mémoire des membres défunts. Willette répond à l'invitation et suggère de faire cette messe « pour ceux qui vont mourir dans l'année en cours, et que cet office soit fait dans une vieille église de Paris, historique, par exemple l'église Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris, le Mercredi des Cendres »[19]. Cette première messe eut lieu le dans la dite église avec lecture de la prière de Willette[20] et elle deviendra annuelle après la mort de Willette, soit à compter de 1926. Une dalle en pierre scellée dans le mur de l'église y commémore l'événement[21].

À partir de 1915, un groupe de jeunes artistes de Coutances dans la Manche, est parrainé par Willette. Ils fondent Le Pou qui grimpe. Ce groupe se propose de « rénover l'art populaire » et de « faire connaître et aimer Coutances, non seulement en Normandie, mais encore dans tous les milieux de lettrés et d'artistes du pays » (Georges Laisney).

Willette publie ses souvenirs en 1919 sous le titre Feu Pierrot chez Henri Floury.

Guillaume Apollinaire comptait parmi ses plus fervents admirateurs, qui écrit en 1911 : « L'art de Willette consiste surtout en une alliance charmante de l'esprit et de la poésie, de la peinture et de la chanson, de l'allégorie et de la vie même. S'il y a beaucoup de gaieté et d'insouciance sur tous les visages de ses tableaux, l'on y découvre aussi de la mélancolie. »[22]

En 1920, avec Forain, Neumont, Guérin et Poulbot il fait partie des fondateurs de la République de Montmartre[23]. Il en sera le premier président jusqu'au .

En 1923, il pose la première pierre du dispensaire des Petits Poulbots à Montmartre.

Adolphe Willette meurt d'une congestion pulmonaire en son domicile, le petit hôtel du 28, rue Lacroix dans le 17e arrondissement de Paris, le [1],[24], « ne laissant à sa femme et à ses trois filles, évoque Jean-Paul Crespelle, que quelques billets de mille, bien marri de partir aussi démuni, malgré sa célébrité, que l'un de ses Pierrots noceurs »[25]. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse, 2e division où l'oraison funèbre est prononcée par Jean-Louis Forain[4].

"Monsieur Isaac et son œuvre", dessin antisémite de Willette, 1891.

Postérité[modifier | modifier le code]

En 1927, le nouveau square inauguré au pied du Sacré-Cœur est baptisé en son honneur « square Willette ». Il porte ce nom jusqu'en 2004[26]

Le , à la suite d'une délibération[27] du Conseil de Paris souhaitant à la fois qu'Alfred Willette, connu pour son engagement antisémite des années 1889-1895, ne soit plus ainsi glorifié, et honorer la mémoire d'une femme engagée et liée à l'histoire des combats de la Commune de Paris (1871), ce square est rebaptisé square Louise-Michel, du nom de la communarde montmartroise Louise Michel[28],[29].

Œuvre[modifier | modifier le code]

L'œuvre graphique de Willette est à ce jour difficilement mesurable en termes de quantité et un catalogue raisonné relève de la gageure selon Laurent Bihl, outre les dessins de presse, les tableaux et les gravures, on compterait des éventails, boîtes de friandises, menus, images scolaires ou religieuses, tracts, enseignes de boutique, cartes postales, faire-part de naissance, affiches, décorations murales de lieux publics, chansons illustrées, mais aussi chars carnavalesques, déguisements, costumes de scène, bannière religieuse, etc.[30]

Affiches[modifier | modifier le code]

Willette est un affichiste prolifique reconnu de son temps pour son talent de lithographe par Jules Chéret, Henri Beraldi ou encore John Grand-Carteret et Armand Lods[31].

Réclame Van Houten, Willette, 1893 (reproduite dans Les Maîtres de l'affiche).
  • Le Petit National : transformation complète , révolution dans la presse[32], lithographie en rouge et noir, Imprimerie des Arts et Manufactures (Paris), 1888.
  • Élection législative du ... Ad. Willette candidat antisémite..., lithographie en noir signée « A. Willette directeur du Pierrot » avec son adresse de domicile, Paris, 1889, musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, Marseille[33] ; Musée d'Art et d'Histoire du judaïsme, Paris.
  • Le Courrier français illustré[34], Lithographie Vieillemard & ses fils, Paris, 1890.
  • L'Enfant prodigue, 1890, affiche pour la pantomime de Michel Carré fils au Théâtre des Bouffes-Parisiens, Paris, lithographie sur papier, musée des arts décoratifs de Paris.
  • Salle des Capucines, Lithographie Sicard et Farradesche (Paris), 1890.
  • Exposition Internationale des produits du commerce et de l'industrie, Palais des Beaux-Arts & Galerie Rapp, Imprimerie Charles Verneau (Paris), 1893.
  • Exposition des œuvres de Charlet et de lithographies modernes, Imprimerie Belfond, 1893, citée dans Les Maîtres de l'affiche, no 194.
  • Prenez du cacao Van Houten, Imprimerie Belfond (Paris), 1893.
  • La Revue déshabillée de Mr Jean d'Arc. Tous les soirs aux Ambassadeurs, Imprimerie du Courrier Français (Paris), 1894.
  • Demandez chez votre épicier le cacao Van Houten, Imprimerie Charles Verneau (Paris), 1894.
  • Grande matinée artistique organisée par la Patrie et la Presse, le dimanche ... au profit des blessés grecs et crétois, Imprimerie de la Presse, 16, rue du Croissant (Paris), 1897.
  • Fer Bravais contre l'anémie, Imprimerie Delanchy (Paris), 1897.
  • Salon des Cent, XXVIe exposition d'ensemble, lithographie sur papier, Paris, 1897, Museum of Modern Art, New York[35] .
  • Fer Bravais contre l'anémie, imprimerie Delanchy & Cie, Paris, 1898, musée de l'histoire du fer, Jarville-la-Malgrange[36].
  • Ligue volontaire contre l'alcoolisme - L'esclave volontaire, 1905[37].
  • Journée du poilu, 25-, organisée par le Parlement, imprimerie Devambez (Paris), 1915.
  • Journées de l'Hérault au profit exclusif des œuvres de guerre du département, imprimerie Devambez, 1916.
  • Hâtez la Victoire en souscrivant à l'Emprunt de la Défense nationale - On souscrit sans frais chez tous les notaires, imprimerie Devambez, 1916.
  • Journées de Seine-et-Marne 1917, Paris, imprimerie Devambez, 1917[38].

Estampes et caricatures[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

Vitraux[modifier | modifier le code]

  • Le Veau d'or ou Te deum laudamus (1885), vitrail pour le cabaret du Chat Noir de la rue de Rochechouart, Paris, Musée Carnavalet ;
  • Vitrail pour l'église de Plougasnou (Finistère) (1914)[49].

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Pauvre Pierrot, 1888.
  • Émile Vitta, Farandole des Pierrots, quinze dessins d'Adolphe Léon Willette, Paris, Vanier, 1890.
  • Arsène Alexandre, La sœur de Pierrot, dessins d'Adolphe Léon Willette, Delagrave, 1893.
  • Jules Lemaître (ill. A. Willette), « La Vierge aux anges », L'Illustration,‎ , p. 6-9 (lire en ligne)
  • Henry Detouche, Les peintres de la femme intégrale, illustrations de Félicien Rops et Adolphe Léon Willette, Librairie Blaizot, 1906.
  • Henry Detouche, Les grains du sablier (Sous la dictée de la vie, 2e partie), frontispice d'Adolphe Léon Willette, 1908.
Affiche d'exposition des œuvres de Willette par J. Chéret, 1888.

Éventails[modifier | modifier le code]

Ombre chinoise[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Feu Pierrot, 1857-19?, autobiographie, avec dessin de l'auteur, Paris, Henri Floury, 1919 (consulter en ligne) ;
  • Pauvre Pierrot, recueil de poèmes, précédé de Pierrot ressuscité, 1925.

Expositions[modifier | modifier le code]

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Adolphe Willette est aussi un poète et ses dessins, toujours mystiques, voilent, par leurs formes gaies, souvent légère, une idée de philosophie naïve. » - Paul Leclercq[64]
  • « Willette, c'est d'abord la petite femme aux yeux limpides, au nez mutin, blonde, maigre, mais fausse maigre, avec un corsage et une croupe offrant à la curiosité sensuelle des chairs lourdes et des finesses d'attaches. Sa toilette change avec sa fortune, mais elle a toujours les mêmes dessous, que Willette excellait à représenter : la chemisette, le pantalon bouffant et brodé, le corset noir qui lui amenuise la taille et lui ballonne les reins, les bas rayés qui collent à son mollet au placé et à sa cheville sèche. » - Gustave Geffroy[65]
  • « L'œuvre de Willette frappe par sa vivacité, ses contrastes et l'abondance de la vie qu'elle exalte. Elle veut réagir contre la tristesse dont fut saisie la génération qui suivit la guerre de 1870. Willette a montré, se prenant pour modèle, la joie de respirer librement, de jouir du monde avec franchise. Et si, comme on le verra, sa muse s'est parfois révélée violente, c'est au nom du bonheur refusé? S'il égare, oh pas longtemps, ses héros dans les cimetières, où seulement est la vraie égalité, c'est pour qu'ils sentent mieux ensuite le prix de l'existence ; au reste vite ils se consolent ; de nouvelles amours fleurissent sur les tombes et des danses fleuries se mêlent aux sombres cortèges (Parce Domine)... Les femmes que volontiers il représente ont la souplesse des vierges, leurs délicieuses mutineries ; leurs torses sont minces et blonds ; bergères, princesses ou trottins, leurs seins rieurs jaillissent avec une égale jeunesse. Vous révolterez-vous au nom de la pudeur et n'aimerez-vous pas des spectacles si aimables ? Vous indignerez-vous si l'ouvrière aux jambes nues presse un lys ironique contre sa poitrine, si l'amour qui demain naître se devine chez la communiante aux yeux baissés, si la candeur pas une minute n'abandonne la Veuve de Pierrot que consolent les croque-morts ? » - Claude Roger[3]
  • « Les innombrables dessins humoristiques de Willette resteront sans doute son meilleur titre de gloire. Ils ont charmé toute une génération par leur grâce alerte, leur gaieté satirique mais sans aigreur. Ses amours malicieux et ses jolies filles descendent en ligne directe des enfants et des bergères de Boucher. Il fut moins heureux dans son carton de tapisserie qui reste une vignette agrandie... Son Parce Domine restera comme un témoignage d'un moment de fantaisie parisienne et d'un Montmartre qui n'est plus. » - Léon Deshairs[1]
  • « Willette était le Français qui n'a pas voyagé. Il tournait comme un hanneton autour de sa colline sacrée. Mais là est sa saveur et aussi son génie. Il ne doit rien à personne. Il a vu peu de choses dans le vaste monde. Il a tout tiré de son propre fonds. Derrière la butte sacrée s'étendaient de vastes plaines où vivaient les Barbaresques comme sur les mappemondes de la Renaissance. » - Ferdinand Bac[66]
  • « Voisin de Steinlen, aussi célèbre que lui, Willette n'a eu aucune influence sur l'art moderne. Il fut d'ailleurs l'ennemi acharné des jeunes novateurs, particulièrement des cubistes, qui lui inspirèrent de nombreuses charges. On doit lui rendre ce qui lui revient : d'avoir été le principal artisan de la légende montmartroise. Ses Arlequins, ses Pierrots lunaires, ses Colombines, ses fillettes folles de leur corps ont à jamais marqué Montmartre du sceau d'un certain érotisme romantique. Avec lui Montmartre devint la terre des amoureux, des solitaires en quête de bonnes fortunes. Concédons-lui qu'il n'y avait rien de vulgaire dans son petit monde de bohèmes et de modèles gambillant au clair de lune. Il fut le chantre de l'époque du Chat Noir, de Bruant, du Lapin Agile plus que du Moulin-Rouge et des boîtes que fréquentait Lautrec. » - Jean-Paul Crespelle[25]
  • « C'est la Parisienne effrontée qui se moque des agents, scandalise M. Prudhomme, fait la joie et l'admiration des spectateurs du café-concert ; c'est la marquise, la soubrette ou la bergère Louis XV ; c'est Colombine qui tourmente son Pierrot ; c'est la cantinière espiègle et faubourienne, compatissant aux guerriers sevrés d'amour ; c'est encore la République, Marianne aiguë et clairvoyante. On retrouve aussi dans tout son œuvre le Pierrot généreux et sentimental, rêveur mais aussi rusé, mystificateur et gavroche, auquel Willette s'identifie totalement ; les Amours joufflus, avec ou sans ailes, avec ou sans carquois ; les huissiers, les croque-morts et enfin la Mort elle-même, trop souvent présente, comme l'obsession du fêtard ou la menace effroyable qui pèse sur le guerrier. L'artiste affectionne également lesn chats, qu'il peint au clair de lune, sous la neige ou près des moulins... Représentant typique des grands illustrateurs humoristes de la fin du XIXe siècle, Adolphe Willette a contribué plus que tout autre à donner à Montmarte sa légende. » - Les Muses, encyclopédie des arts[67]
  • « Absorbé par l'image publicitaire, par le dessin et par la gravure, Willette reprit rarement ses pinceaux après la trentaine. C'est sans doute dommage puisqu'on retrouve dans ses toiles et ses pastels ce sentiment de grâce, de poésie légère qui a dicté quelques-unes des affiches les plus convaincantes de la Belle Époque. » - Gérald Schurr[68]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Léon Deshairs, « Chronique - Willette », Art & Décoration, mars 1926, p. 1.
  2. Henri-Léon Willette, L'évasion du maréchal Bazaine de l'île Sainte-Marguerite, collection « Présence de l'histoire », Librairie académique Perrin, 1973.
  3. a et b Claude Roger, « Adolphe Willette », Art & Décoration, vol.XXIX, janvier-juin 1929, pp. 13-26.
  4. a b c d e f g h i j k l et m Laurence Bihl, « Adolphe Willette, chronobiographie », Prelia - Petites revues de littérature et d'art, 10 janvier 2014
  5. Adolphe Léon Willette, Feu Pierrot, éditions Henri Floury, 1919, p. 70.
  6. André Roussard, Dictionnaire des artistes à Montmartre, éditions André Roussard, 1999
  7. Cinq de ses œuvres sont reprises dans Les Maîtres de l'affiche.
  8. Luc Willette, Adolphe Willette Pierrot de Montmartre, Éditions de l'Armançon, 1991.
  9. Émile Goudeau, Dix ans de bohême, Champ Vallon, 2000, pp. 255-264 (lire en ligne)
  10. John Grand-Carteret, Raphaël et Gambrinus, ou l'art dans la brasserie, Louis Westhausser, Paris, 1886, p. 92.
  11. Outre Michel Dixmier, Didier Pasamonik et Laurent Bihl, Jacques Benoist suggèrent que cette affiche témoigne non pas d'un engagement politique réel de Willette mais d'une forme de provocation — cf. [PDF] « Léon Adolphe Willette dit Pierrot (1857 - 1926) », p. 14-15. Point de vue que ne partage pas le Musée d'Art et d'histoire du Judaïsme qui expose et analyse d'autres dessins antisémites de Willette, lire en ligne.
  12. Laurent Gervereau, La propagande par l'affiche, 1991, p. 58.
  13. Le Rappel, 24 septembre 1889, p. 1.
  14. Tristan Rémy, Le temps des cerises (Jean Baptiste Clément), Paris, Les Éditeurs Français Réunis, 1968, p. 355. Le dessin est reproduit en page 1 de couverture.
  15. [PDF]Jacques Benoist, « Léon Adolphe Willette dit Pierrot (1857 - 1926) », 1998, p. 14.
  16. « Adolphe Willette, un dessinateur engagé à contresens », La Dionyversité, 4 mai 2014
  17. a et b La Mi-Carême à Paris, La Vache enragée, Le Petit Journal, 13 mars 1896, page 1, 5e colonne.
  18. Dans le numéro de mars 1906 de la revue Le Cornet, compte rendu de l'hommage rendu à Willette au dîner du Cornet du 13 mars 1906 à l'occasion de sa nomination au grade de chevalier de la Légion d'honneur.
  19. Robert Christophe, « Henry et Adolphe Willette, ou la messe des artistes qui ne verront pas le 1er janvier », Le Monde, 3 mars 1949
  20. a et b Jacques Benoist, « Adolphe Léon Willette dit Pierrot », étude pour la revue Catholicisme, octobre 1998
  21. La Messe de Willette.
  22. Guillaume Apollinaire, « Adolphe Willette - On expose ses œuvres au Louvre, dans le musée des arts décoratifs », L'Intransigeant, n°11152, p. 2, 26 janvier 1911, repris dans Chroniques d'art, Paris, 1960, p. 143 — citation rapportée par Janine Bailly-Herzberg, Dictionnaire de l'estampe en France (1830-1950), Paris, Arts et métiers graphiques / Flammarion, 1985, p. 345.
  23. Association Les Amis de L'Isle-Adam, Adolphe Willette
  24. Archives de Paris 17e, acte de décès no 363, année 1926 (page 3/31)
  25. a et b Jean-Paul Crespelle, Montmartre vivant, Hachette, 1964, pp. 49-51
  26. « Montmartre. Adolphe Willette »., Montmartre secret, 6 mars 2011
  27. [PDF] Relevé de conclusions du conseil de quartier Montmartre du 25 mars 2003, en ligne.
  28. « Adolphe Willette frappé d'indignité », ActuaBD, 28 février 2004.
  29. [PDF] 18 Le Journal, no 11, février 2004.
  30. « Adolphe Willette ou l’impossible exhaustivité d’un catalogue raisonné » par Laurent Bihl, 8 novembre 2015, dans Fabula / Les colloques, Les éphémères, un patrimoine à construire — page consultée le 23 décembre 2016.
  31. « Les Affiches de Willette » par A. Lods, dans Le Livre et l'image, 15 mai 1894 — sur la base PRELIA.
  32. Catalogue générale de la BNF, en ligne.
  33. Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, Adolphe Willette dans les collections
  34. Catalogue général de la BNF, en ligne.
  35. Museum of Modern Art, Adolphe Willette dans les collections
  36. Musée de l'histoire du fer, Adolphe Willette dans les collections
  37. Myriam Tsikounas, « Adolphe Léon Willette : Promotion et dénonciation de l'alcool », Histoire par l'image, janvier 2006
  38. Collections privées : les régions dans les affiches de la Grande Guerre, sur le site centenaire.org.
  39. Œuvres graphiques sur la base arts-graphiques.louvre.fr
  40. Catalogue général de la BNF, en ligne.
  41. National Gallery of Art, Adolphe Léon Willette dans les collections
  42. Catalogue des collections du musée d'art et d'histoire du judaïsme.
  43. Musée Rodin, Adolphe Willette dans les collections
  44. a et b Musée de Montmartre, Artistes à Montmartre - Lieux et ateliers mythiques, présentation de l'exposition, 2018
  45. « "Passage de Vénus devant le soleil" d'Adolphe Willette fait son entrée au musée de L'Isle-Adam », De belles choses, 8 avril 2014
  46. « L'œuvre disparue de Willette de retour à L'Isle-Adam », Le Parisien, 21 avril 2014
  47. Musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq, "La Princesse nue" dans les collections
  48. Petit Palais, Adolphe Willette dans les collections
  49. a et b Diocèse de Quimper, Maison de Ker-Maria (Plougasnou) du patronage du Bon conseil, archives de l'église catholique en Finistère
  50. Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, Adolphe Willette dans les collections
  51. Georgina Letourny-Bordier, « Un vent de folie ou les éventails de Willette », Adolphe Willette, 1857-1926, Lienart, 2014 (consulter en ligne)
  52. Musée de Châtellerault, Adolphe Willette dans les collections
  53. Musée de Montmartre, Le dessin de presse à la Belle Époque, présentation de l'exposition, 2010
  54. Musée de Montmartre, Autour du Chat Noir - Arts et plaisirs à Montmartre (1880-1910), présentation de l'exposition, 2012
  55. Musée de la Résistance, Limoges 14-18 - Être artiste dans la Grande Guerre, présentation de l'exposition, 2015
  56. « Fin de Siècle et Belle Époque vous donnent rendez-vous au musée de Montmartre », Cultures J, 2019
  57. Musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq, Adolphe Willette - "Jétais bien plus heureux quand j'étais malheureux", présentation de l'exposition, 2014
  58. « Adolphe Willette à L'Isle-Adam : "J'étais bien plus heureux quand j'étais malheureux" », De belles choses, 23 août 2014
  59. Musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq, Adolphe Willette : "J'étais bien plus heureux quand j'étais malheureux, clip (source : YouTube ; durée : 1'02")
  60. Damien Thévenot, « Exposition Adolphe Willette à L'Isle-Adam », Télé-Matin, France 2, 6 septembre 2014 (source : YouTube ; durée : 4'55")
  61. Musée Félicien-Rops, Adolphe Willette, dossier de presse, 2014
  62. « Adolphe Willette au musée Félicien-Rops à Namur », Brussels Star, 10 janvier 2015
  63. « Adolphe Willette, LM Magazine - Art et culture Hauts-de-France/Belgique, 27 octobre 2014
  64. Paul Leclercq, « Adolphe Willette », La Revue blanche, n°4, 15 janvier 1890, p. 27.
  65. Gustave Geffroy, Adolphe Willette, peintre lithographe, Paris, 1907.
  66. Ferdinand Bac, Intimités de la IIIe République - De Monsieur Thiers au président Carnot, Hachette, 1935.
  67. Les Muses, encyclopédie des arts, Grange Batelière, 1974, vol.15, pp. 5014-5018.
  68. Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996, p. 969.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]