François Guiguet

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François Guiguet
Guiguet-Selfportrait2.jpg
François Guiguet, Autoportrait (1886),
Dépôt mairie de Corbelin, Maison Ravier à Morestel.
Naissance
Décès
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IsèreVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Maîtres
Élève
Fratrie

François Joseph Guiguet est un peintre français, portraitiste, né à Corbelin (Isère) le et mort dans la même ville le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Les Ouvrières (1892), musée des beaux-arts de Lyon.

Fils de Joseph Guiguet, menuisier, et de Marie Françoise Garnier son épouse, François Guiguet est le cinquième d'une famille de douze enfants. Il fait ses études primaires à l'école communale. Son père lui apprend la menuiserie, métier auquel il le destine. Sa vocation artistique s'affirme dès ses années de jeunesse, essentiellement rurales, avec l'éveil de son goût pour le dessin sans que son entourage y fasse obstacle.

En 1876 , un jour de visite, le docteur Gauthier, qui est le médecin de la famille, est surpris par la qualité de ses dessins. Il conseille alors à ses parents de demander l'avis du peintre Auguste Ravier (1814-1895) qui réside à Morestel, un village voisin[1]. Aussitôt il reconnaît dans les œuvres du jeune Guiguet un sûr talent. Pendant trois ans, il donnera à son jeune disciple de précieux conseils : l'emploi et l'usage de la variété des outils du dessin, le respect des valeurs, le sens de la composition, l'usage et l'avantage du pastel que Ravier ne pratique pourtant pas, pour obtenir des notations rapides et lumineuses, la pratique de la peinture à l'huile, etc. Cet enseignement va permettre à Guiguet d'arriver déjà formé à l'École des Beaux-Arts de Lyon.

En 1879, sur la recommandation de Ravier, Guiguet y entre dans la classe de Michel Dumas (1812-1885) où ce dernier a été nommé professeur l'année précédente. Cet ancien élève d'Ingres, avec qui il a séjourné plus de 16 ans en Italie, est un fidèle gardien de la tradition artistique de son maître. Spécialiste des sujets religieux et des grandes décorations murales des églises, il confirme Guiguet dans son goût et dans la nécessité du pur dessin, en même temps qu'il lui enseigne l'organisation du travail de la peinture décorative classique.

En 1882, Guiguet obtient le prix de Paris qui lui permet de poursuivre ses études à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de la capitale. Il lui permet d'obtenir une allocation annuelle de 1200 francs [2]

  1. Cet ancien ami et disciple de Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875), artiste solitaire, vit retiré dans sa grande maison de pierre au sommet du village. Contemporain des peintres de l'École de Barbizon qu'il connut et fréquenta, Ravier applique en Dauphiné la conception lyrique propre à la sensibilité néo-romantique. À la suite d'Eugène Delacroix, des peintres aquarellistes anglais Turner (1775-1851), Constable (1776-1837), et de Gustave Moreau (1829-1898), il recherche des effets de lumière dont la manifestation la plus spectaculaire est le coucher de soleil, un thème qu'il peindra constamment à la fin de sa vie. Une mélancolie certaine se dégage de ses paysages de solitude, éclairés par un dernier soleil.
  2. Nathalie Lamberton Lebrun, Etude du fonds François Guiguet (1860-1937), Mémoire Master II Histoire de l'art (non publié) - Université Grenoble Alpes 2017-2018, Arrêté du Ministère de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts, 12 octobre 1882, archives François Guiguet conservées par la Maison Ravier à Morestel. Cette allocation est valable 3 ans.

Soutenu par Édouard Aynard, directeur de la Commission d'administration des musées et par Antonin Dubost, député de l'Isère, Guiguet s'installe donc à Paris. Il est admis dans l'atelier d'Alexandre Cabanel (1823-1889).

Il débute au Salon en 1885 avec Le Retour du jeune Tobie.

A partir de 1889, il habite au 13 rue Ravignan, qui s'appellera plus tard le Bateau-Lavoir, où il a aussi son atelier, jusqu'en 1905. Ce sera aussi l'époque de ses fiançailles avec Juliette Dubois, fille d'un marchand de biens parisien, qu'il portraitura souvent à cette époque.

François Guiguet se lie d'amitié avec Pierre Puvis de Chavannes, Edgar Degas et Luigi Chialiva (1842-1914), lequel lui révèle les techniques des anciens maîtres. Fort de ses rencontres et soutiens, de son amitié avec Félix Thiollier, il s'est forgé une personnalité.

En 1905, il quitte le Bateau-Lavoir, pour le 21 rue de Navarin, Paris 9°, où il jouit d'un plus grand atelier qu'il conservera jusqu'à sa mort.

En 1914, il regagne sa maison natale, à Corbelin, et loue à Lyon, au 8 cours Lafayette, une chambre chez sa belle-soeur Emilie Champetier, veuve de son frère Joanny. Il travaille essentiellement au domicile de ses clients pour la préparation de portraits de commande ou dans l'atelier du peintre Lyonnais Léon Garraud.

François Guiguet est très apprécié comme portraitiste ; de très nombreuses études préparatoires, et de nombreuses séances de poses, mènent patiemment à l'oeuvre achevée. En plus des portraits de commande, il peint la vie des artisans (forgeron, menuisier, couturière, etc.), et dans une bien moindre mesure des paysages et des natures mortes variées. Il trouve une source d'inspiration dans sa maison natale.

Il meurt en 1937 ab intestat, sans dispositions testamentaires. A la suite d'un différend familial, les peintres Paul Marie Urtin (1874-1962) et Léon Garraud (1877-1961) sont chargés du partage de sa succession en lots. Le partage au sein de la famille se fera par tirage au sort.

En 1985, Louis Guiguet, neveu du peintre, donne à la ville de Corbelin la part revenue à sa famille pour la création d'un musée. En plus du cachet de la succession, est appliqué un cachet ovale "collection maison natale" sur l'ensemble des oeuvre qui constitue ce fonds (78 huiles sur toile, 13 aquarelles et plus de 3 500 dessins de l'artiste). Situé dans l'ancienne chapelle du Couvent du XVIIème siècle, le musée est inauguré le 1er juillet 1989. L'association François Guiguet, créée la même année, et aidée par Jean-Pierre Michel, assure le fonctionnement de l'établissement jusqu'à sa fermeture par la Municipalité en 2011[1].

Depuis la fermeture du musée, la commune de Corbelin (toujours propriétaire de la collection) a déposé les œuvres du peintre à la Maison Ravier à Morestel (Isère) où elles sont conservées et exposées.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

  • Le sculpteur Joseph Belloni (1898-1964) réalise son portrait.
  • En 2018, Jean-Pierre Michel, créateur du Musée François Guiguet commande au sculpteur Paul-Clément Neumann un portrait en hommage au peintre.[2]
" Hommage à François Guiguet " - Bronze argenté - Paul-Clément Neumann - 2018

Publications et monographies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. corbelin.fr.
  2. « Paul-Clément Neumann – Sculpture », sur TousAzimuts, Art et Joaillerie, (consulté le 25 janvier 2019)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Michel, François Guiguet 1860-1937, Musée de Corbelin, 1996 (ISBN 2-9510826-06).
  • Pierre Cabanne et Gerald Schurr, Dictionnaire des petits maîtres de la Peinture (1820-1920), Éditions de l'Amateur, 2003 (ISBN 2-85917-378-1).
  • Maurice Wantellet, Deux siècles et plus de peinture dauphinoise, Grenoble, édité par l'auteur, , 269 p. (ISBN 2-9502223-0-7).
  • Hubert Thiolier, Guiguet, Garraud, Degabriel, peintres lyonnais intimistes, Lyon, Imprimerie des Beaux-Arts, J. Tixier et fils, 1987.

Liens externes[modifier | modifier le code]