Résistance intérieure française au cinéma

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La résistance française vue par le cinéma à la fin de la Seconde Guerre mondiale témoigne d'un large consensus sur une représentation héroïque de la France résistante, quand celle-ci était le fait d'une minorité.

Analyse[modifier | modifier le code]

Tant que l'officiel Service Cinématographique aux Armées (SCA) que le pro-communiste Comité de Libération du Cinéma Français (CLCF) défendent leurs thèses, parfois notamment au temps de la Guerre froide en instrumentalisant le passé, mais toujours dans la glorification de la résistance[1]. L'adaptation du Silence de la mer de Vercors gomme la référence au fait qu'il existait des officiers allemands non nazis.

Les traîtres, incarnés par Pierre Brasseur dans Jericho ou Serge Reggiani dans Les portes de la nuit ont un masque haïssable et semblent l'exception. Le STO est peu évoqué, la Milice jamais[2]. Ultérieurement, Robert Bresson donne parfois une image moins reluisante de certains FFI, alors que Claude Autant-Lara ne se gêne pas pour illustrer le marché noir et la médiocrité générale dans La Traversée de Paris (1956).

Le résistant fait un retour en force sur les écrans après le retour de De Gaulle en 1958, alors que la France est elle-même confrontée à la résistance du FLN, parfois au prix de quelques accommodements ; ainsi dans Paris brûle-t-il ?, le rival de De Gaulle Georges Bidault est-il éclipsé. Tout juste peut-on souligner une timide réapparition de l'image de Vichy, comme dans La Traversée du Rhin dans lequel la foule acclame successivement le Maréchal puis le Général. La forme comique de films comme La Grande Vadrouille élargit la France résistante des héros au Français moyen et entretient un unanimisme qui sera battu en brèche après mai 68 et le retrait de De Gaulle.

L'Armée des ombres, film de Jean-Pierre Melville sorti sur les écrans en 1969 met l'accent sur l'aspect psychologique. Sont notamment mis en avant la solitude des personnages due à la clandestinité de leur action & les états d'âme qu'instiguent la confrontation avec la mort. Ce film sobre, mais puissant est adapté du roman éponyme de Joseph Kessel.

De manière concomitante aux travaux de Robert Paxton sur Vichy, Le Chagrin et la pitié (1971) pointe le doigt sur l'antisémitisme en France et dénonce la confiscation des idéaux de la Résistance par l'histoire officielle. Cassenti, Gilson et Mosco braquent les projecteurs sur des résistants moins mis en valeur comme la MOI. Scandale et polémique sont totaux au moment de la sortie de Lacombe Lucien (1974), où le personnage devient un dénonciateur et entre dans la Gestapo, qui ébranle définitivement les mythes de la période de l'Occupation.

Sélection de films[modifier | modifier le code]

Tout comme la seconde guerre mondiale au cinéma, la résistance inspira bon nombre de fictions. Libération en donna une liste dans la critique qui éreinte Lucie Aubrac[3].

Pour une liste plus exhaustive, voir Catégorie:Film sur l'Occupation allemande en France.

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Sylvie Lindeperg, Les résistants, leur temps et le nôtre, in Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, 2006, p. 1002
  2. Variations sur l'occupation, par Joseph Daniel, in Manière de voir n°88 page 20 (réédition d'un article du Monde diplomatique de septembre 1974)
  3. « Papy Berri fait de la résistance », sur Libération,

Compléments[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]