Mosco Boucault

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Mosco Boucault
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Biographie
Naissance
[1] (74 ans)
Nationalité
Activité

Mosco Levi Boucault est un réalisateur français, né le [2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en Bulgarie en 1946, dans une famille « juive athée »[3], Mosco Boucault arrive en France à dix ans avec sa mère, veuve depuis peu, et sa sœur. Il ne parle pas un mot de français[3] et dépend des employés de la Préfecture de Paris qui délivrent les prolongations de permis de séjour à sa famille. Lors d'une enquête de moralité à leur domicile, un fonctionnaire parle des « étrangers qui viennent sucer le sang de la France », se remémore-t-il[3]. Ancien élève du collège d’Onzain puis du lycée Augustin-Thierry de Blois dans les années 1960, Mosco Boucault étudie le cinéma à l'Idhec.

Adepte du cinéma documentaire, il réalise dans les années 1990 une série d’enquêtes sur la mémoire de la Résistance, qui le fait connaître lors de la diffusion de Des terroristes à la retraite, soutenu par l’actrice Simone Signoret. Le film raconte l'histoire d'émigrés venus de l'Est, réunis par la CGT au sein de ses sections étrangères de la M.O.I (main d'oeuvre immigrée), et qui vont prendre les armes, quand le pacte germano-soviétique sera rompu, à l'instigation du Parti communiste français, pour mener des actions de guérilla contre l'armée allemande à Paris. "L'Affiche rouge" symbolise leur combat: elle porte les photos de leurs 22 camarades arrêtés et fusillés au Mont Valérien le 21 février 1944. Parmi eux le poète arménien Missak Manouchian qui écrira dans sa dernière lettre à son épouse Mélinée: "je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal, ou qui ont voulu me faire du mal, sauf à celui qui nous a trahis pour sauver sa peau et à ceux qui nous ont vendus". Ces paroles "ceux qui nous ont vendus" se réfèrent à la direction militaire du Parti communiste clandestin en région parisienne qui n'a pas su mettre à l'abri les combattants étrangers des FTP.MOI (francs-tireurs partisans de la main-d'oeuvre immigrée) malgré des informations concordantes qui lui étaient parvenues sur les filatures de la police qui les menaçaient. [3].

Ses films suivants évoquent l’histoire du mouvement communiste en France à travers trois générations de militants exclus (Mémoires d'Ex)[3] ou des affaires criminelles à Abidjan, à Philadelphie et à Roubaix[3]. Dans Berlusconi, affaire Mondadori (2006), il démonte la manière dont le magnat italien des affaires s’est emparé de la plus grande maison d’édition italienne en achetant des magistrats[4].

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 1977 : Je veux mourir dans la patrie de Jean-Paul Sartre (court métrage)
  • 1977 : Who's Who
  • 1985 : Des terroristes à la retraite
  • 1991 : Mémoires d'Ex -Debout les damnés
  • 1991 : Mémoires d'Ex -Du passé faisons table rase
  • 1991 : Mémoires d'Ex -Suicide au comité central
  • 1993 : Ni travail, ni famille, ni patrie - Journal d’une brigade
  • 1997 : Philadelphia : fusillade de Mole Street
  • 1999 : Un crime à Abidjan
  • 2006 : Berlusconi, Affaire Mondadori
  • 2007 : Un corps sans vie de 19 ans
  • 2008 : Roubaix, commissariat central, affaires courantes, adapté en long-métrage de fiction par Arnaud Desplechin sous le titre Roubaix, une lumière (2019)
  • 2011 : Ils étaient les Brigades rouges
  • 2019 : Corleone, le parrain des parrains, documentaire sur Salvatore Riina[5]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]