Planay (Savoie)

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Planay
Planay (Savoie)
Un chalet de Planay.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Savoie
Arrondissement Albertville
Canton Moûtiers
Intercommunalité Communauté de communes Val Vanoise Tarentaise
Maire
Mandat
Jean-René Benoît
2014-2020
Code postal 73350
Code commune 73201
Démographie
Gentilé Planerains
Population
municipale
412 hab. (2015 en augmentation de 0,24 % par rapport à 2010)
Densité 18 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 25′ 26″ nord, 6° 41′ 57″ est
Altitude Min. 860 m
Max. 3 365 m
Superficie 22,41 km2
Localisation

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Planay est une commune française de montagne située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

La commune est située dans le parc national de la Vanoise, dans le massif des Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située à l'est de Moûtiers, en amont du doron de Bozel, la commune de Planay s'étend de part et d'autre du lit du doron de Pralognan, depuis le Villard du Planay jusqu'au pont de Pierra Crêpa. Le territoire de la commune se caractérise par sa forte amplitude altitudinale, de 870 m à l'entrée de la commune au droit du doron de Bozel à 3 398 m au sommet du Grand Bec. Située à la confluence des dorons de Champagny et de Pralognan, la vallée du Planay est le point de départ du doron de Bozel, qui sillonne jusqu'à sa confluence avec l'Isère, la vallée du doron de Pralognan s'élève rapidement jusqu'au sommet de la Vanoise.

Pralognan et le Planay ont formé pendant longtemps une seule et même entité et ce n'est qu'en 1893 que deux communes distinctes ont vu le jour. En effet, ces deux villages ayant pris des orientations politiques différentes (Pralognan vers le tourisme et le Planay vers l'industrie), ces derniers ont décidé de se séparer. De ce fait, c'est en date du 21 janvier 1893 que la partition des deux communes est décidée. Cette même année voit le partage des biens immobiliers entre les deux communes au prorata du nombre de feux (foyers). Après recensement ces derniers se sont révélés équivalents. De cette scission le Planay a conservé des terres sur les étendues suivantes sur la commune de Pralognan : le cirque du grand Marchet, la Valette, les Nants, les Planes et le Plan d'amont. De plus, en acte du 4 mai 1900, la commune du Planay est devenue propriétaire de diverses parcelles sur les terrains et montagnes suivants : une montagne à gruyères dite Ritord, les fonds de Ritord, Frétarbé, les Planettes, la Bruche, Rosoire, La Grande Riondaz, la Petite Riondaz, la Rubetière. Le Planay dispose donc de au total de 1 662 hectares sur la commune de Pralognan.

La commune du Planay comprend quatre villages tous de formes et de conceptions différentes les uns des autres :

- Le Villard altitude 860 m : situé au confluent du Doron de Champagny et du Doron de Pralognan, le Villard est un site étroit coincé entre « La Dent du Villard » et la « Tour du Merle ». Il a abrité pendant près d'un siècle l'usine (de 1898 à 1984). La disparition de l'usine Péchiney a laissé place à une zone de constructions artisanales et d'habitations. Le village ancien du Villard bien groupé, se trouve relégué au second plan, scindé en deux de part et d'autre du Doron de Champagny.

- Le Planay (Chef-lieu) altitude 1 151 m : construit de part est d'autre du C. D. 915 qui mène à Pralognan-la-Vanoise. L'histoire de ce village mériterait un regard approfondi plus qu'il n'est aujourd'hui.

- Le Chambéranger altitude 1 200 m : village très groupé classé en Zone de Protection du Patrimoine Architectural et Urbain par arrêté préfectoral du 20 novembre 2000. Perché sur son éperon rocheux, ce village aux ruelles abruptes faites de pierre debout, parcourues de maisons accrochées à la pente a conservé toute son authenticité.

- La Novaz altitude 1 100 m : ce village ne conserve aucune habitation permanente, c'est le dernier village que l'on rencontre en quittant la commune pour se rendre à Pralognan-la-Vanoise. Ce village qui est bâti à l'ubac bénéficie d'une durée d'ensoleillement relativement courte, aujourd'hui, il est principalement occupé l'été.

Planay est entouré par les communes de Bozel, La Perrière, Champagny-en-Vanoise, Pralognan-la-Vanoise et Saint-Bon-Tarentaise. La grande ville la plus proche, Albertville, est distante d'environ 37 kilomètres.

Hydrographie : la commune reçoit principalement les ruisseaux de la Vuzelle, du Gorret, et de Ballandaz.

Le climat est subarctique avec des étés courts et frais.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Planay
Bozel Champagny-en-Vanoise
Planay
Courchevel Pralognan-la-Vanoise

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • 1789 : le nom de la commune était La Vanoise.
  • 1893 : Planay est détachée de Pralognan.

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit L Plané, selon la graphie de Conflans[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Industrie[modifier | modifier le code]

Le sort de l'usine du Villard sur la commune de Planay pourrait être considéré comme un cas d'école pour illustrer une stratégie en retraite dans l'histoire des industries de la houille blanche.

En 1898, la Compagnie générale d'électrochimie de Bozel décide d'implanter une usine sur le territoire de cette commune à 860 mètres d'altitude et à 17 km de la gare de chemin de fer de Moûtiers, la plus proche. Mais on ne perdait pas espoir d'un prochain raccordement au réseau. En fait, la vallée du doron de Bozel ne sera jamais desservie que par un électrobus (nom local) dont les principaux usagers devaient être les curistes de la station thermale de Brides-les-Bains. Ce handicap pour une industrie lourde tributaire de moyens de transports de masse n'est cependant pas apparu rédhibitoire car il semblait compensé par la disponibilité sur place d'une énergie électrique gratuite grâce à l'équipement de deux centrales hydroélectriques, toujours en service aujourd'hui, sur ce site de confluence. Celle de Ballandaz, sur le doron de Pralognan, fonctionne sous une haute chute de 230 mètres avec un débit de 2,5 m3/sec, une puissance installée de 4,5 MW et un productible de 24 GW. Celle de Champagny sur le doron homonyme fonctionne sous une chute de 554 mètres avec un débit de 3 m3/sec, une puissance installée de 13 W et un productible de 50 GWh. Tout aussi décisive a été la possibilité d'extraire des mines et carrières locales les matières premières nécessaires à l'alimentation des fours[2].

L'usine a bien sacrifié à la mode du carbure de calcium mais elle était destinée plus particulièrement à la production du ferrosilicium. On s'approvisionnerait en quartzite, cet oxyde de silicium, à la carrière de Champ-Béranger, sur le territoire même de la commune ; le carbone réducteur serait extrait des mines d'anthracite de Tincave, sur la commune de Bozel, et de Montagny. Seules les ferrailles devraient être acheminées de l'extérieur et on y employa de longues théories de chevaux. Ce ferrosilicium était vendu aux aciéristes pour la production d'alliages c'est-à-dire d'aciers auxquels l'incorporation d'un pourcentage significatif de silicium confère des qualités appréciées pour des usages spécifiques. A partir de 1925, la fusion avec une société normande donna naissance à Bozel-Maletra. Sans doute la contrainte des approvisionnements en ferrailles a-t-elle joué un rôle déterminant dans la décision de créer un deuxième établissement au lieu-dit Château-Feuillet, sur la commune de Petit-Coeur, en basse Tarentaise, en bordure de la voie ferrée et d'y transférer la production de ferrosilicium en 1928[3].

Désormais l'usine du Villard pourrait se consacrer entièrement à celle qui était dès l'origine sa deuxième spécialité : le silico-calcium obtenu dans le même type de fours. La fourniture locale en calcaire ne faisant pas problème, on se trouvait libéré des lourdes importations de ferrailles. Si le silicium reste toujours l'élément utile grâce à cette cuisine qui l'associe au calcium, les aciéristes l'utilisent non plus comme élément d'alliage mais comme agent d'affinage : le silicium n'est plus du tout incorporé à l'acier mais, mêlé à lui dans le convertisseur, il va lui conférer une pureté totale en éliminant les risques d'une ré-oxydation de l'acier pendant l'opération ; il formera lui-même avec le calcium un laitier évacué sur un crassier. Cette vocation a été parfaitement assumée et l'usine du Villard devait prospérer au point d'employer 500 personnes en 1939 tandis que la population de la commune passait de 508 habitants en 1901 à 845 en 1945[4].

On assiste pendant les Trente Glorieuses à la répétition du même scénario que celui observé entre les deux Guerres mondiales. Le prodigieux essor de la sidérurgie mondiale induit une demande de forts tonnages de silicocalcium et l'usine du Villard ne peut se développer pour la satisfaire. Le silicocalcium est donc, à son tour, transféré à Château-Feuillet. Le problème est alors d'imaginer sur les bords du doron une nouvelle vocation : ce sera celle des alliages ternaires. Rien de trop compliqué cette fois à comprendre. Prenons l'exemple, parmi d'autres, du silico-calcium-zirconium. Introduit dans le convertisseur, il va jouer pour les aciers à la fois le rôle d'affinage que nous lui connaissons déjà et celui d'alliage en zirconium. Il s'agit, cette fois, d'un marché de niche, satisfaisant des commandes ponctuelles, en quantité limitée : à quoi peuvent faire face les petits fours d'une petite usine. Moyennant quoi, cahincaha, l'effectif se maintient encore à 204 en 1974[5].

Le miracle ne se renouvellera pas en basse conjoncture et, sans plus de chance de surmonter le handicap de l'enclavement, l'usine du Villard, intégrée depuis 1957 au groupe Nobel-Bozel, fermera ses portes en 1984. Mais à cette date, la recherche d'un nouvel emploi ne fera plus problème. Il suffit de lever les yeux depuis le site de l'usine pour apercevoir les champs de neige de Courchevel. Après le temps des ouvriers-paysans est venu celui des moniteurs de ski[6]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2008 Christian Gros ... ...
mars 2008 en cours Jean-René Benoit ... ...
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1896. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[8].

En 2015, la commune comptait 412 habitants[Note 1], en augmentation de 0,24 % par rapport à 2010 (Savoie : +3,19 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946
509508587526604643711750845
1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011
796627564526364347412428401
2015 - - - - - - - -
412--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Sports[modifier | modifier le code]

Près de la commune, se trouvent :

  • la station de ski Les Allues (qui appartient aux Trois Vallées) est à 11,8 km ;
  • la via ferrata Plan du Bouc, à Champagny-en-Vanoise, à 4,4 km. Elle est d'un niveau difficile ;
  • la cascade de la Fraîche, à Pralognan-la-Vanoise, à 4,9 km. Elle est d'un niveau extrêmement difficile ;
  • la via ferrata Croix du Verdons, à Saint-Bon-Tarentaise, à 5 km. Elle est d'un niveau difficile ;
  • Le lac de Rossière, à Saint-Bon-Tarentaise, à 5 km. Il est d'un niveau d'initiation[11].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

On compte à proximité la forêt de la Dent, la Dent de Villard[12], la pointe de la Vuzelle, la pointe de la Vazelle, la crête du Mont Charvet, le mont Chevrier et la Forêt Noire. La cascade La Vuzelle a été classée au patrimoine national en novembre 1935.

Près de la commune, on trouve également :

  • l'église de Champagny-en-Vanoise est située à 3,5 km de la commune[13] ;
  • la cathédrale Saint-Pierre de Moûtiers se situe à 14,8 km, à Moûtiers. Détruite par les Sarrasins puis lors de la Révolution, elle a été plusieurs fois reconstruite et modifiée aux XIe, XIIe, XVe et XIXe siècles. Elle est classée monument historique depuis 1862[14].

Musées les plus proches[modifier | modifier le code]

  • La Galerie Hydraulica au Villard du Planay. Ce musée est ouvert été et hiver.
  • Le musée du Costume à Bourg-Saint-Maurice. Ce musée est fermé.
  • Le musée de l'Académie de La Val d'Isère à Moûtiers. Ce musée est ouvert.

Appellations d'Origine Contrôlée[modifier | modifier le code]

Planay se trouve sur le territoire des AOC pour le gruyère et le beaufort. La commune est réputée pour son beaufort d'alpages.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lexique Français - Francoprovençal du nom des communes de Savoie - Lé Kmoune in Savoué, Bruxelles, Parlement européen, , 43 p. (ISBN 978-2-7466-3902-7, lire en ligne), p. 19
    Préface de Louis Terreaux, membre de l'Académie de Savoie, publié au Parlement européen à l'initiative de la députée Malika Benarab-Attou.
  2. Chabert Louis, Les grandes Alpes industrielles de Savoie, , 559 p., p. 159-160
  3. Chabert Louis, Les grandes Alpes industrielles de Savoie, , 559 p., p. 160
  4. Chabert Louis, Les grandes Alpes industrielles de Savoie, , p. 163-164
  5. Chabert Louis, Les grandes Alpes industrielles de Savoie, , 559 p., p. 165
  6. Chabert Louis, L'électrochimie et l'électrométallurgie en Savoie, , 36 p., p. 34
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  11. http://www.annuaire-mairie.fr/mairie-planay-73.html
  12. http://www.cartesfrance.fr/carte-france-ville/photos_73201_Planay.html
  13. http://www.les-villes.fr/planay_savoie.html
  14. http://www.annuaire-mairie.fr/edifice-religieux-cathedrale-saint-pierre-de-moutiers.html