François Bon

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François Bon
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François Bon (autoportrait), octobre 2015.

Naissance (63 ans)
Luçon, Vendée, Drapeau de la France France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français
Genres

Œuvres principales

François Bon, né le à Luçon, est un écrivain et traducteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il passe son enfance et son adolescence à Saint-Michel-en-l'Herm, dans le Marais poitevin, puis à Civray dans la Vienne. Fils d'un père mécanicien et d'une mère institutrice, il se passionne très tôt pour les livres. Après des études d'ingénieur à l'ENSAM[1] (sans obtenir cependant le diplôme), il travaille plusieurs années dans l'industrie en France (Aciéries en Lorraine, Sciaky, entreprise de soudure à Vitry sur Seine) et à l'étranger, où il se spécialise en soudure par faisceau d'électrons (Moscou, Prague, Bombay, Göteborg[2]).

François Bon est aussi très actif sur les réseaux sociaux tels que Facebook et youtube .

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Il publie en 1982 son premier roman, Sortie d'usine, aux Éditions de Minuit. Reçu à la Villa Médicis en 1984, il se consacre depuis à la littérature (livres, radio, théâtre, films, ateliers d'écriture, traduction).

À partir de 1993, avec Dans la ville invisible chez Gallimard, il écrit quelques ouvrages de littérature d'enfance et de jeunesse.

François Bon est aussi dramaturge et a signé, à ce jour, plusieurs pièces de théâtre : Au Buffet de la gare d'Angoulême (1999), Bruit (2000), Quatre avec le mort (2002) ou Quoi faire de son chien mort (2004). En 2003, François Bon travaille autour de l'affaire Daewoo, qui avait vu la firme coréenne délocaliser trois de ses usines et licencier plus de 1000 salariés ; de ce travail d'enquête aboutira une pièce de théâtre, mise en scène par Charles Tordjman et jouée au Festival d'Avignon en juillet 2004[3]. Le spectacle recevra un Molière (meilleur spectacle en région, 2005) et le prix du Syndicat de la critique (meilleure création en langue française, 2004-2005). La même année, François Bon publiera cette enquête sous la forme d'un roman, également intitulé Daewoo.

Comme scripteur, il rédige des émissions radiophoniques, notamment consacrées aux Rolling Stones et à Led Zeppelin, pour France Culture, ainsi que des films documentaires (Paysage fer, La Vie par les bords). En 2007, il réalise le feuilleton Bob Dylan sur France Culture avec Claude Guerre, diffusé en février 2007[4].

Parallèlement à son travail d'écrivain, il commence en 2010 une suite de nouvelles traductions de récits et d'essais de l'écrivain américain H.P Lovecraft, qui le conduisent à la création d'un site Internet, The Lovecraft Monument[5], et en 2015, à une série de publications aux éditions Points Seuil. En juin 2016, il publie de nouvelles traductions de la nouvelle Bartleby de Herman Melville, ainsi que de quelques nouvelles de fantômes d'Ambrose Bierce.

Il propose régulièrement aussi des performances multimédia, seul ou en collaboration avec des musiciens comme Dominique Pifarély, Vincent Ségal, Kasper T. Toeplitz.

Un pionnier de la littérature en ligne[modifier | modifier le code]

François Bon crée, dès 1997, un des premiers sites web consacrés à la littérature, bientôt rebaptisé Remue.net puis tierslivre.net[6], qui devient son principal lieu d'expression et de création. Son intérêt pour la création littéraire sur et pour Internet l'amène à travailler également la photographie numérique (tumulte.net, qui deviendra par la suite un livre publié en 2006), et à participer à des tables rondes dans lesquelles il intervient sur la question du devenir de la littérature vis-à-vis du numérique. Ces activités le conduiront à lancer une plateforme d'édition de textes numériques, Publie.net (de 2008 à 2013) et à publier un essai Après le livre (éditions du Seuil, 2011), sur la mutation numérique du livre.

Le nom Tiers livre lui est venu par l'intermédiaire du livre de Rabelais Le Tiers Livre qu'il reprend sans les scanner[7].

En 2007-2009, il collabore aux éditions du Seuil pour fonder, avec Bernard Comment, la collection « Déplacements », qu'il met alors en ligne sur son blog tierslivre.net[8]. Il y édite une dizaine d'ouvrages.

En 2012, François Bon bénéficie d'une résidence d'écriture de la Région Île-de-France, rencontrant chaque semaine des scientifiques du plateau de Saclay et visitant leur laboratoire. Les portraits et descriptions issus de cette résidence sont publiés uniquement sur le web, sur son site personnel et sur le site du projet Art Science Factory.

En 2013, il contribue à la création d'un magazine de fiction qui s'intitule nerval.fr [7]

François Bon fonde en 2016 sa propre maison d'édition, Tiers Livre Éditeurs, en complément de sa plateforme web. Elle se consacre au livre papier comme au livre numérique.

Ateliers d'écriture[modifier | modifier le code]

Parallèlement à son travail d'écriture, François Bon s'est spécialisé dans les ateliers d'écriture auprès de publics en difficulté sociale (SDF, détenus, etc.), mais aussi d'étudiants (École nationale supérieure des beaux-arts, École normale supérieure) et d'enseignants (Tous les mots sont adultes, Fayard, 2005). Il commence en 1983, puis poursuit à la prison de Poitiers en 1988. En 1991, il travaille quatre mois au lycée Jacques Brel à la Courneuve ; de ces atelier sortira Sang gris (Verdier). Puis il intervient dans les collèges de Villepinte, Bagnolet, Bobigny. Entretemps, à partir de 1993 et à l'initiative de la DRAC Languedoc-Roussillon, il intervient à Montpellier, Sète, Lodève, auprès de collégiens, détenus, RMistes, chômeurs, etc.[9]

En 2005, il continue de mener des ateliers d'écriture auprès d'élèves en lycée professionnel, à Pantin[10] par exemple, ou au lycée professionnel Fernand Léger à Argenteuil, où il mènera une résidence d'une année. Dans ce lycée, il réalise un documentaire de 56 minutes avec Fabrice Cazeneuve, La vie par les bords, co-produit et diffusé par Arte le 12 janvier 2006, et dans lequel les lycéens s'expriment sur leur découverte du monde du travail. François Bon et Fabrice Cazeneuve avaient déjà réalisé ensemble Avoir vingt ans dans les petites villes (1995) et Paysage de fer (2003), toujours pour Arte[11].

En 2009-2010, il est professeur invité de création littéraire à l'université Laval (Québec, Canada) et à l'université de Montréal (Québec, Canada).

En 2011, c'est en tant qu'artiste invité qu'il intervient à l'Université catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve, Belgique) pour une masterclass d'écriture et une suite de conférences sur la mutation numérique du livre.

De 2010 à 2014, il intervient en atelier d'écriture à Sciences-Po Paris, dans le cadre des ateliers artistiques du premier cycle.

En septembre 2013, il intègre l'équipe d'enseignants de l'École nationale supérieure d'arts de Cergy-Pontoise pour la création littéraire et le lancement d'un studio d'écriture. Il y enseigne toujours l'écriture créative.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans et récits[modifier | modifier le code]

  • Sortie d'usine, Paris, Minuit, 1982 (ISBN 978-2-7073-0630-2) – nouvelles éditions en 1985 et 2011
  • Limite, Paris, Minuit, 1985
  • Le Crime de Buzon, Paris, Minuit, 1986
  • Décor ciment, Paris, Minuit, 1988
  • Calvaire des chiens, Paris, Minuit, 1990
  • L'Enterrement, récit, Lagrasse, Verdier, 1991 – repris dans la collection Folio en 1994 ; réédition Folio 2004
  • Temps machine, récit, Lagrasse, Verdier, 1992
  • Un fait divers, Paris, Minuit, 1994
  • C'était toute une vie, récit, Lagrasse, Verdier, 1995
  • Parking, Paris, Minuit, 1996
  • Voleurs de feu - Les vies singulières des poètes, récit, illustré par François Place, Paris, Hatier, 1996
  • Prison, récit, Lagrasse, Verdier, 1997
  • Impatience, Paris, Minuit, 1998
  • Tous les mots sont adultes, méthode pour l'atelier d'écriture, Paris, Fayard, 2000 – édition revue et augmentée en 2005
  • Paysage fer, récit, Lagrasse, Verdier, 2000 – réédition dans la collection Verdier poche, 2014
  • 15021, récit, photos de Jérôme Schlomoff, Coaraze, L'Amourier éditions, 2000
  • Mécanique, récit, Lagrasse, Verdier, 2001
  • Daewoo, Paris, Fayard, 2004 – réédition dans le Livre de poche, 2006
  • Tumulte, Paris, Fayard, 2006
  • L'Incendie du Hilton, Paris, Albin Michel, 2009


Ouvrages de littérature d'enfance et de jeunesse[modifier | modifier le code]

  • Dans la ville invisible, Paris, Gallimard Jeunesse, 1993
  • 30, rue de la Poste, Paris, Seuil Jeunesse, 1996
  • Autoroute ou comment rater la sortie d'un livre qu'on voulait d'aventure !, Paris, Seuil Jeunesse, 1999

Essais et biographies[modifier | modifier le code]

  • La Folie Rabelais. L'invention du Pantagruel, Paris, Minuit, 1990
  • François Place, illustrateur, Paris, Casterman, 1994 — édition revue et augmentée, sous le titre François Place, illustrateur, ou Comment s'invente un livre ?, 2000
  • Dehors est la ville, essai sur le peintre Edward Hopper, Paris, Flohic, 1998
  • Pour Koltès, essai, Besançon, Solitaires Intempestifs, 2000
  • Rolling Stones, une biographie, Paris, Fayard, 2002 ; réédition dans le Livre de Poche, 2004
  • Bob Dylan, une biographie, Paris, Albin Michel, 2007 ; réédition dans le Livre de poche, 2009
  • Rock'n roll, un portrait de Led Zeppelin, Paris, Albin Michel, 2008
  • Billancourt, sur des photos d'Antoine Stéphani, Paris, Cercle d'art, 2004
  • Petit Palais, sur des photos d'Antoine Stéphani, Paris, Cercle d'art, 2005
  • Après le livre, Paris, Seuil, 2011 (ISBN 978-2021-055344)
  • Autobiographie des objets, Paris, Seuil, 2012
  • Proust est une fiction, Paris, Seuil, 2013
  • Fragments du dedans, Paris, Grasset, 2014

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Quatre avec le mort, Paris, Verdier, 2002
  • Quoi faire de son chien mort, Besançon, Solitaires intempestifs, 2004
  • Dialogue avec ta mort, Tiers Livre éditeur, 2016

Performances[modifier | modifier le code]

  • Formes d'une guerre, performance numérique, avec Dominique Pifarély (violon, traitements numériques), Philippe De Jonckheere (images, projections), Michele Rabbia (percussions, traitements numériques), création Montbelliard 2010, joué à Lyon, Poitiers, Louvain-la-Neuve.
  • Une traversée de Buffalo, performance numérique, avec Dominique Pifarély (violon, traitements numériques), création Québec 2010, joué entre autres à Nantes (Lieu Unique), Marseille, Chambord, Tours (Petit Faucheux).

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • 1984-1985 : pensionnaire de la Villa Médicis.
  • 1987-1988 : lauréat du Deutscher Akademischer Austauschdienst (Berliner Künstlerprogramm).
  • 1991 : lauréat de la Fondation Bosch (Stuttgart).
  • 1992 : Prix Paul Vaillant-Couturier pour L'Enterrement.
  • 1992 : Prix du livre en Poitou-Charentes pour L’Enterrement.
  • 1993 : Prix Télérama pour Dans la ville invisible.
  • 2000 : Prix France Culture / revue Urbanisme « La ville à lire » pour Paysage fer.
  • 2002 : Prix Louis-Guilloux pour Mécanique.
  • 2002 : Bourse Poncetton de la Société des gens de lettres, Mécanique.
  • 2002 : Prix d'automne de la Société des gens de Lettre pour Rolling Stones.
  • 2004 : Prix Wepler pour Daewoo.
  • 2015 : Mission Stendhal (archives Lovecraft à Providence).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres :

  • Gilles Bonnet, François Bon, d'un monde en bascule, Genève, Éditions de la Baconnière, coll. « Langages », , 277 p. (ISBN 978-2-940-43107-6, OCLC 810865150).
  • Viart, Dominique, François Bon, étude de l’œuvre, Bordas, 2008.
  • Viart, Dominique et Jean-Bernard Vray (dir.), François Bon, éclats de réalité, Université de Saint-Étienne, coll. « Lire au présent », 2010[12].

Articles :

  • Adler, Aurélie, « Éclats des vies muettes. Figures du minuscule et du marginal dans les récits de vie de Pierre Michon, Annie Ernaux, Pierre Bergounioux et François Bon », Cahiers du CERACC, 5, 2012[13].
  • Bevilacqua, Luca, «L’Enterrement di François Bon», dans Lettere del Contemporaneo Francese, sous la direction de Gianfranco Rubino, Rome, Bulzoni Editore, coll. « Dipartimento di Francesistica. Università di Roma “La Sapienza”. Studi e Testi », 3, 2004, p. 53-66. (ISBN 88-8319-981-2).
  • Inkel, Stéphane, « Archéologie du politique chez François Bon », @nalyses [En ligne], Dossiers, Réel du récit/Récit du réel, mis à jour le : 20/01/2012. (ISSN 1715-9261)[14].
  • Lepage, Mahigan, « François Bon : la fabrique du présent», Montréal, Université du Québec à Montréal, thèse de doctorat en études littéraires, 2010[15].
  • Martin-Achard, Frédéric, « Figures de l’intériorité dans le roman contemporain (François Bon, Laurent Mauvignier, Jacques Serena) », Cahiers du CERACC, 5, 2012[16].
  • Viart, Dominique, « François Bon : La convocation au théâtre », Études théâtrales, no 33, juin 2005, p. 91–104
  • Viart, Dominique, « François Bon, écrire les fractures du monde » in Sjef Houppermans et alii (ed.) Territoires et terres d’Histoires, perspectives, horizons, jardins secrets dans la Littérature française d’aujourd’hui, Rodopi, Amsterdam - Pays-Bas, New-York - USA, 2004, p. 123–1
  • Viart, Dominique, « Théâtre d'images : L'esthétique de François Bon d'après Calvaire des chiens », in B. Alluin et P. Renard (éd.), Roman et cinéma, Colloques Roman 20-50, 1996, p. 103–123
  • Desailly, Lucie, "Les mots comptent. Entretien avec François Bon, romancier", Argos [CRDP de Créteil], no 17, juin 1996, p. 82-83
  • Lebrun, Jean Claude, "Rabelais en mouvement : entretien avec François Bon", Europe, no 70, 1992, p. 120-126
  • Lebrun, Jean-Claude et Prévost, Claude, "Le point de vue de l'enfer. Entretien avec François Bon", Révolution, 368, 20 mars 1987, p. 59-63
  • Lebrun, Jean-Claude, François Bon. Un écrivain en Seine-Saint-Denis, Conseil général de la Seine-Saint-Denis, juin 1987
  • Pinguilly, Yves, « Entretien avec François Bon », Pourquoi ?, no 54, janvier 1983

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annuaire des anciens élèves de l'ENSAM
  2. « françois bon | tentative d’une autobiographie malléable », sur tierslivre.net (consulté le 31 octobre 2016)
  3. « Daewoo - Festival d'Avignon », sur www.festival-avignon.com (consulté le 31 octobre 2016)
  4. Il obtient pour cette création le prix radio SACD 2007.
  5. http://thelovecraftmonument.com
  6. http://www.tierslivre.net
  7. a et b http://komodo21.fr/figures-dauteur/
  8. http://www.tierslivre.net/
  9. Jean-Louis Perrier, « François Bon, l'écrit électrochoc », Le Monde,‎ , p. V
  10. Catherine Bédarida, « Les écrivains en herbe d'un lycée professionnel de Pantin », Le Monde,‎ , p. 11
  11. Olivier Apprill et Irène Beretowitch, « A l'école du travail », Arte Magazine,‎ n°2, du 7 au 11 janvier 2006, p. 28-29
  12. « Dominique Viart | François Bon, éclats de réalité », sur remue.net (consulté le 19 février 2017)
  13. Voir le « pdf » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  14. Stéphane Inkel, « Archéologie du politique chez François Bon », @nalyses, vol. 7, no 1,‎ (ISSN 1715-9261, lire en ligne)
  15. http://www.archipel.uqam.ca/3881/
  16. Voir le pdf.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sites auxquels il participe[modifier | modifier le code]


Liens critiques[modifier | modifier le code]