Recombinaison virale

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La recombinaison virale est un processus permettant la genèse d'une nouvelle variété de virus en mélangeant le programme génétique de deux virus proches[1] ou distincts[2]. On parle de virus réassorti pour désigner le résultat de cette recombinaison.

Mécanisme[modifier | modifier le code]

La recombinaison du virus de la grippe, par réassortiment

Une recombinaison virale ne peut se produire que lorsque deux virus infectent simultanément[3] une même cellule.

Par exemple pour le virus de la grippe, le génome est composé de huit fragments d'ARN différents. Chacun d'eux peut se réassortir avec d'autres fragments, si deux virus de grippe différents infectent une même cellule. La cellule infectée va synthétiser un nouveau virus issu du brassage du génome des deux parasites. Il se produit, en fait, le même type de recombinaison génétique qu'au moment de la reproduction sexuée des eucaryotes.

Pour qu'elle soit nocive pour l'hôte, il faut encore que la recombinaison prenne les bons attributs des virus parents. Comme toutes mutations, la recombinaison virale peut donner des résultats viables ou non, produire des particules plus ou moins virulentes. Et bien plus que toutes les simples mutations ponctuelles (délétion, insertion, substitution), elle aboutit rarement puisqu'elle équivaut à des centaines de délétions, insertions, et substitutions d'allèles entiers et non de quelques nucléotides !

Dans une très large majorité de cas, le résultat est donc non viable. Cependant, plus les différents variants de virus sont proches et infectent un grand nombre d'individus, plus la probabilité qu'une recombinaison viable se produise est grande.

Le nouveau virus sera radicalement différent des deux précédents, ce qui explique d'une part que son mode d'action puisse être profondément perturbé et d'autre part que moins individus ne soit immunisé contre lui.

Dans certains cas, le résultat de la recombinaison peut permettre à un virus de passer d'une espèce à une autre, l'hôte pouvant être porteur d'un virus inactif pour son espèce et le combiner avec un virus actif. Le résultat pourrait avoir les caractéristiques nécessaires pour devenir actif chez son hôte.

Les généticiens et les éco-épidémiologues traquent des séquences particulières du génome, ici considérées comme marqueur, ou réputés correspondre à des caractéristiques de pathogénicité.

Exemple[modifier | modifier le code]

Mi-2006, après la publication du séquençage d’un virus H5N1 de la région d’Omsk (celui du village Maximovka, district de Tioukalinsk où 86 poules sont mortes récemment ?), Recombinomic estime que c’est un indice de plus plaidant en faveur de preuves que le virus se recombine activement et fréquemment : on y trouve un polymorphisme C1261T, assez commun dans un sous-ensemble d'isolats du H5N1 provenant du Lac Qinghai. Cependant, ce polymorphisme a aussi été détecté dans les isolats de deux malades en Indonésie. De même, un autre polymorphisme détecté sur ce virus n'a pas été trouvé dans d'autres isolats de Qinghai, mais avait été détecté chez un des deux patients indonésiens dont les virus présentaient le polymorphisme C1261T, et chez un patient indonésien qui avait été infecté en 2005[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. de la même famille
  2. sans parenté
  3. (fr) Application à la grippe aviaire
  4. [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]