Antiviral

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Un antiviral est une molécule perturbant le cycle de réplication d'un ou de plusieurs virus, permettant ainsi de ralentir mais rarement d'arrêter une infection virale. Avec les vaccins et la prévention, ils constituent le seul moyen connu pour lutter contre les infections d'origines virales.

Les antiviraux sont efficaces pour lutter contre les virus[1] en attendant la mise au point d'un vaccin, qui est la seule manière connue d'éradiquer un virus sur le long terme, comme l'ont montré les différentes campagnes d'éradication de la poliomyélite et surtout de la variole.

Un antirétroviral est une classe particulière d'antiviral destinée à lutter contre les rétrovirus.

Action[modifier | modifier le code]

Un antiviral agit en perturbant chimiquement un moment précis du cycle de réplication d'un virus. Il freine ainsi l'infection en limitant la multiplication des particules virales. Pour améliorer l'action des antiviraux, certains traitements prescrivent des médicaments stimulant la réaction du système immunitaire, comme c'est le cas avec la ribavirine avec laquelle on prescrit au patient des interférons.

Les périodes pendant lesquelles agissent les antiviraux permettent de les classer en trois catégories :

  • ceux qui empêchent le virus de pénétrer dans la cellule ;
  • ceux qui agissent au tout début de la réplication du matériel génétique du virus et l'empêche de se reproduire ;
  • et ceux qui interviennent au moment de l'assemblage ou de la sortie du virus des cellules infectées et font en sorte que les virus produits ne soient pas fonctionnels.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les antiviraux sont relativement récents par rapport aux vaccins, les premiers développements datent des années 1960 et sur la cinquantaine de molécules disponibles en 2007, la moitié a été mise au point après 1987.

Les premières molécules antivirales étaient difficiles d'emploi pour un traitement médical car, bien qu'elles empêchassent la réplication du virus, elles perturbaient également le fonctionnement des cellules. Mais depuis, les molécules mises au point sont de plus en plus sélectives et efficaces.

La pression de la sélection naturelle peut entraîner chez certains virus soumis à un traitement antiviral l'apparition de virus mutants rendus résistants au traitement. L'augmentation du nombre de molécules disponibles a permis de mettre au point des polythérapies qui combinent l'action simultanée de plusieurs antiviraux permettant ainsi de combattre les virus sur plusieurs fronts. Les premiers essais de trithérapie en 1996 contre le VIH/Sida ont été particulièrement concluants et ont permis de faire baisser de manière très importante la mortalité des patients ayant accès à ces traitements. Des bithérapies contre l'hépatite C sont à l'étude (2007).

Antiviraux connus[modifier | modifier le code]

En termes de nombre d'antiviraux existant, les plus nombreux sont ceux du VIH, et de l'hépatite C, ensuite viennent les médicaments antiherpétiques, antigrippaux, et les « autres ».

Antirétroviraux du VIH[modifier | modifier le code]

Inhibiteurs nucléosidiques (INTI)[modifier | modifier le code]

Inhibiteurs nucléotidiques (INtTI)[modifier | modifier le code]

Formes combinées[modifier | modifier le code]

Inhibiteurs non nucléosidiques (INNTI)[modifier | modifier le code]

Analogues nucléotidiques[modifier | modifier le code]

Associations de molécules[modifier | modifier le code]

  • Truvada (tenofovir + emtricitabine)
  • Epzicom (Abacavir + Lamivudine)
  • Atripla (efavirenz + tenofovir + emtricitabine)
  • Eviplera (rilpivirine + tenofovir + emtricitabine)
Inhibiteurs de la protéase et de l'intégrase[modifier | modifier le code]

Protéase :

Intégrase :

Inhibiteurs de la fusion[modifier | modifier le code]

  • enfuvirtide (Fuzeon, ENF), également connue sous le nom T-20

Inhibiteurs d'entrée (CCR5)[modifier | modifier le code]

maraviroc (Celsentri), également connue sous le nom Selzentry[modifier | modifier le code]
Inhibiteurs de maturation[modifier | modifier le code]

Ces antiviraux agissent sur la production des protéines qui forment l’enveloppe interne du génome viral, le core, en empêchant leur constitution correcte.

Médicaments contre l'herpès[modifier | modifier le code]

Ces antiviraux ne permettent pas la guérison de l'herpès, le virus persistant a vie [2] mais ils permettent d'espacer voir d'empêcher les poussées, d'éviter les complications et de limiter la contagiosité.

AciclovirCidofovirDocosanolFamciclovirFoscarnetFomivirsenGanciclovir • Idoxuridine • Penciclovir • Trifluridine • ValaciclovirValganciclovir • Vidarabine • Ibacitabine

Médicaments contre la grippe[modifier | modifier le code]

On compte notamment l'oseltamivir, le zanamivir, l'amantadine et la rimantadine (mais des résistances sont apparues) et les autres inhibiteurs de la neuraminidase.

Antiviraux à « large spectre »[modifier | modifier le code]

Ces médicaments agissent contre de nombreux virus, et sont moins spécifiques que les autres.

Ceux existant aujourd'hui sont la Ribavirine, le Favipiravir, et le pleconaril (agissant sur les picornavirus pour ce dernier[3]), voire l'interféron qui agit sur le système immunitaire comme stimulant (et non comme antiviral a action directe)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1055.pdf
  2. « Herpès », sur sante.lefigaro.fr
  3. (en) « Pleconaril », dans Wikipedia, (lire en ligne)