Penelope Fillon

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Penelope Fillon
Penelope Fillon en 2007.
Penelope Fillon en 2007.
Épouse du Premier ministre français
 – 
(4 ans, 11 mois et 23 jours)
Prédécesseur Marie-Laure de Villepin
Successeur Brigitte Ayrault
Biographie
Nom de naissance Penelope Kathryn Clarke
Date de naissance (62 ans)
Lieu de naissance Llanover (Pays de Galles -
Royaume-Uni)
Conjoint François Fillon

Penelope Fillon, née Clarke le à Llanover au pays de Galles, est l'épouse de l'ancien Premier ministre français François Fillon. Elle est également conseillère municipale de Solesmes (Sarthe).

Restée dans l'ombre durant 35 ans, elle ne s'implique — du moins publiquement — dans la vie politique de son mari qu'après l'annonce de la candidature de ce dernier à la primaire de l'élection présidentielle de 2017.

Fin janvier 2017, Le Canard enchaîné révèle qu'elle a été employée entre 1998 et 2013 en tant qu'attachée parlementaire de François Fillon, puis de son suppléant, et comme collaboratrice à la Revue des deux Mondes. Sa distance jusqu'alors affichée avec la vie politique de son mari ainsi que la pauvreté de sa production écrite parue dans la revue — « deux ou trois notes de lecture » — provoquent l'ouverture d'une enquête pour soupçon de « détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits ».

L'affaire connaît un grand retentissement et contribue à l'échec de François Fillon à l'élection présidentielle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Penelope Kathryn Clarke, née à l’été 1955 à Llanover[1],[2] , près d'Abergavenny, est la fille de George Colin Clarke, un juriste anglais[3], et de Glenys, qui est galloise[4]. Elle se considère comme « anglo-galloise »[5].

Elle étudie le français et l'allemand à l'University College de Londres[1], et dans ce cadre effectue sa troisième année d'études comme assistante d'anglais dans un collège du Mans, en 1974. C'est là qu'elle fait la connaissance de François Fillon par un ami commun alors que son futur époux est étudiant en droit[4]. Elle retourne ensuite terminer des études de droit à l'université de Bristol[6].

Penelope et François se marient au Pays de Galles, le 28 juin 1980[7]. Cinq enfants naitront de cette union : Marie (1982), avocate[8]; Charles (1984), avocat[9]; Antoine (1985), employé de banque[10], Édouard (1989), consultant chez Roland Berger Strategy Consultants[10], et Arnaud (2001), lycéen[4]. Sa sœur, Jane Clarke, a épousé Pierre, l'un des frères de François Fillon[11].

À partir de 2002, elle vit à Paris la semaine à la demande de son mari, qui « souhaitait voir son plus jeune fils Arnaud grandir, après avoir raté l’enfance de ses autres enfants »[12].

Naturalisée française, elle déclare, en 2007, au journal The Telegraph ne jamais avoir eu le mal du pays, bien qu'elle se sente parfois un peu exaspérée par les Français, car ils ont tendance à penser qu'ils sont « supérieurs aux autres », et qu'ils « manquent de politesse sur la route »[5]. Baptisée dans l'anglicanisme, elle s'est convertie au catholicisme[13].

Carrière et engagement politique[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Penelope Fillon lors d'une cérémonie commémorative de la Première Guerre mondiale à Frelinghien, le , invitée par le maire de la ville[14].

Avocate de formation[15], elle n'a cependant jamais exercé ce métier et s'est principalement consacrée à sa famille tout en encourageant, dans l'ombre, la carrière politique de son mari[3].

Elle est élue conseillère municipale de Solesmes (Sarthe)[15] en 2014.

Par ailleurs, elle est marraine de l'association Asperger Aide, une association loi de 1901 destinée à aider les personnes avec syndrome d'Asperger[16].

Présence médiatique[modifier | modifier le code]

Peu présente dans les médias, qu'elle ne considère pas comme son « habitat naturel »[17], elle apparaît toutefois, le , aux côtés de son époux sur le perron de l'hôtel Matignon lorsque celui-ci est nommé Premier ministre par le président de la République, Nicolas Sarkozy[18] ; âgée de cinquante-et-un ans, elle devient la seconde femme d'origine étrangère mariée à un chef du gouvernement de la Ve République, la première étant l'épouse de Raymond Barre, Eva Barre, hongroise de naissance[19]. Son mari dirigeant le gouvernement durant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy, Penelope Fillon vit à Matignon de 2007 à 2012[20],[21].

Dans le cadre de la campagne de son époux pour la primaire de la droite, Penelope Fillon accepte toutefois de sortir de sa traditionnelle réserve, s'exprimant en public dans le cadre, notamment, de l'émission Une ambition intime, présentée par Karine Le Marchand et diffusée le sur M6[22].

En 2016, durant la campagne, elle s'engage notamment comme marraine du mouvement « Les Femmes avec Fillon », destiné à promouvoir les propositions de François Fillon en faveur des droits des femmes[15],[23].

Soupçons d'emplois fictifs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Fillon.

Révélations[modifier | modifier le code]

Au début de 2017, quelques mois avant l'élection présidentielle, Penelope Fillon est soupçonnée d'emplois fictifs dans une affaire qui rencontre un grand écho médiatique et qui choque l'opinion publique, ce qui suscite de nombreuses questions sur la candidature de François Fillon[24],[25],[26].

Dans son numéro daté du 25 janvier 2017, Le Canard enchaîné révèle que Penelope Fillon a été rémunérée comme attachée parlementaire et comme collaboratrice d'une revue littéraire sans traces d'un travail réel[27],[28],[29]. Penelope Fillon a été rémunérée environ 500 000 euros bruts en huit ans pour un emploi d'assistante parlementaire de son mari, de 1998 à 2002, puis de son suppléant, Marc Joulaud, de 2002 à 2007[28],[27].

Le , une enquête préliminaire est ouverte par le parquet national financier pour des chefs de détournement de fonds publics (pour le premier volet de l'affaire), abus de biens sociaux (pour le second volet) et recel de ces délits[30],[31].

Le , sur TF1, François Fillon affirme que « oui absolument », Penelope Fillon a accompli « un travail à temps complet d'assistante parlementaire ». Il indique que sa femme travaillait avec lui depuis toujours : « Depuis 1981, depuis ma première élection, elle m'a toujours accompagné dans ma vie publique ». Il précise : « [ma femme] a corrigé mes discours, [...] reçu d'innombrables personnes qui voulaient me voir et que je ne pouvais pas voir, [...] représenté dans des manifestations et des associations [et fait] la synthèse de la presse ».

Le , Le Canard enchaîné publie un nouvel article évaluant à 831 440 euros brut la somme perçue par Penelope Fillon, au lieu des 500 000 euros estimés précédemment, incluant un emploi d'assistante parlementaire entre 1988 et 1990[réf. souhaitée].

Penelope Fillon aurait, toujours selon Le Canard enchaîné, été rémunérée comme « conseiller littéraire » de la Revue des deux Mondes de à pour un montant de près de 5 000 euros mensuels en brut (environ 100 000 euros en tout). Le directeur de la revue à l'époque des faits, Michel Crépu[32], indique qu'elle n'a rédigé que deux ou trois notes de lecture pour la rédaction[33].

Le 2017, l'émission Envoyé spécial révèle l'existence d’une interview vidéo réalisée, en 2007, par la journaliste britannique Kim Willsher pour le Sunday Telegraph dans laquelle Penelope affirme à propos de son mari « je n’ai jamais été son assistante ou quoi que ce soit de ce genre[1] ».

Dans un entretien au Journal du dimanche daté du 4 mars 2017, l’épouse de François Fillon s’exprime publiquement pour la première fois depuis le début de l’affaire. Elle assure qu’elle effectuait « des tâches très variées » pour son mari : « Mon rôle était de l’aider dans sa relation d’élu avec les gens (..) Il avait besoin de quelqu’un (...) Si cela n’avait pas été moi, il aurait payé quelqu’un pour le faire. Donc on a décidé que ce serait moi »[34].

Mise en examen[modifier | modifier le code]

Le 28 mars 2017, elle est convoquée par les juges d’instruction, puis mise en examen pour « complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de bien sociaux et recel d’escroquerie aggravée »[35].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Vidéo. Envoyé spécial. "Je n'ai jamais été son assistante" : l'interview intégrale de Penelope Fillon au "Sunday Telegraph" en 2007 », sur Franceinfo.fr, (consulté le 11 février 2017)
  2. Christine Kelly, François Fillon, coulisses d'une ascension, éditions de l'Archipel, , 336 p. (ISBN 9782809822083, lire en ligne)
  3. a et b Julie Mazuet, « François Fillon candidat : Penelope Fillon, l'ultra-discrète » sur Madame Figaro, 21 novembre 2016.
  4. a, b et c "Penelope, la très discrète épouse de François Fillon" par Ronan Tésorière, leparisien.fr.
  5. a et b (en) « She'll always have Paris... » sur The Daily Telegraph, 20 mai 2007.
  6. « Les médias britanniques découvrent Penelope Fillon, leur potentielle première dame », sur Le Huffington Post (consulté le 27 janvier 2017)
  7. Christine Kelly, François Fillon, le secret et l'ambition, Du Moment, , p. 51.
  8. Dechert : arrivée de Marie Fillon en tant qu'associée
  9. Charles Fillon
  10. a et b Marie, Charles, Edouard et Arnaud : les enfants de François Fillon
  11. R.L., « Primaire à droite : ces infos inattendues sur François Fillon » sur Le Parisien, 24 novembre 2016.
  12. Quand Penelope Fillon, censée bosser pour François depuis 10 ans, voulait… "se remettre au travail" Marianne, 27 janvier 2017
  13. Jean-Marie Guenois, « François Fillon : un chrétien assumé mais sans ostentation », Le Figaro,‎ , p. 5.
  14. « Un millier de personnes et Penelope Fillon pour inaugurer la stèle de la fraternisation », sur Maville.com, (consulté le 1er février 2017)
  15. a, b et c Audrey Kucinskas, Qui est Penelope Clarke, l'épouse si discrète de François Fillon ? sur L'Express, 21 novembre 2016.
  16. Eugénie Bastié, « En affirmant, «je ne suis pas autiste», Fillon suscite la polémique », Le Figaro, (consulté le 8 mars 2017).
  17. Annabel Benhaiem, « Pénélope Fillon : les médias britanniques découvrent leur potentielle première dame » sur Le Huffington Post, 28 novembre 2016.
  18. "Adios" les Villepin, bonjour les Fillon: Matignon a changé de locataires sur La Dépêche du Midi, 17 mai 2007.
  19. Gouvernement : Penelope Fillon, une Galloise à Matignon sur le site de LCI / TF1, 17 mai 2007.
  20. Virginie Le Guay, « Penelope et François Fillon, l'union fait la force » sur Paris Match, 13 octobre 2010.
  21. Bruno Jeudy, « Penelope Fillon, l'interview exclusive de l'épouse de François Fillon » sur Paris Match, 23 septembre 2015.
  22. Audrey Kucinskas, « Penelope Fillon reçoit l'improbable soutien de Karine Le Marchand », sur lexpress.fr, .
  23. Sébastien Billard, « Penelope Fillon, l'hémisphère conservateur et thatchérien du candidat » sur L'Obs, 23 novembre 2016.
  24. « Sondage : 69% des Français pour le retrait de Fillon », Le Figaro.fr avec Reuters,‎ (lire en ligne)
  25. « La candidature de François Fillon est "très compromise", estime le député LR, Georges Fenech », sur francetvinfo.fr,
  26. « Affaire Fillon : ces élus de droite qui ont lâché leur candidat », sur francetvinfo.fr,
  27. a et b « L’épouse de François Fillon a perçu 500 000 euros comme attachée parlementaire », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  28. a et b « Selon le Canard enchaîné, Mme Fillon aurait été rémunérée comme attachée parlementaire », Le Figaro,‎ 24 janvier2017 (lire en ligne)
  29. « Révélations : L’épouse de François Fillon aurait bénéficié d’un emploi fictif, selon le "Canard enchaîné" », 20 minutes.fr avec AFP, 24 janvier 2017.
  30. Étienne Baldit, « Penelope Fillon : le parquet national financier ouvre une enquête » sur Le Lab (Europe 1), 25 janvier 2017
  31. « Penelope Fillon: la justice ouvre une enquête, son mari dénonce des "boules puantes" », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  32. « Marc Ladreit de Lacharrière s’explique sur l’embauche de Penelope Fillon à la « Revue des deux mondes » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  33. « Mme Fillon payée comme attachée parlementaire pendant 8 ans », Vosges Matin,‎ (lire en ligne)
  34. « Soupçons d’emplois fictifs : Penelope Fillon sort du silence », Le Monde.fr avec AFP et Reuters, 5 mars 2017.
  35. « Soupçons d’emplois fictifs : Penelope Fillon mise en examen », sur Le Monde, (consulté le 28 mars 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]