Ouchanka

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Gerald Ford et Léonid Brejnev à Vladivostok en 1974, portant respectivement une ouchanka de fourrure qui semble être de rat musqué et un papakha (toque d'astrakan).

L'ouchanka (russe : уша́нка, de ouchi, « oreilles ») est un chapeau traditionnel russe ou nordique, en fourrure, muni de parties rabattables qui peuvent couvrir les oreilles et la nuque, ou être relevées et nouées sur la coiffe. Dans le langage courant, on le désigne souvent sous le simple nom de chapka qui provient du mot signifiant « chapeau ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Ouchanka grise.

L'ouchanka est portée dans les contrées au climat continental ou polaire de pays comme le Canada, les États-Unis, la Russie et les autres pays issus de l'Union soviétique, la Mongolie, la Chine, la Corée du Nord, en Europe de l'Est, en Scandinavie et en Finlande[1].

Mode[modifier | modifier le code]

La chapka est devenue un phénomène de mode pour les jeunes. De nombreux rappeurs portent la chapka à la place de leurs casquettes. De nombreuses marques fabriquant des casquettes se sont laissé séduire par la chapka, comme New Era Cap Company ou Dsquared2.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce couvre-chef a probablement évolué à partir de chapeaux empruntés aux turco-mongol durant les invasions du Moyen Âge, au milieu du XIIIe siècle[2].

L'ouchanka fait partie de l'uniforme d'hiver des forces armées et des polices russes, finlandaises, canadiennes, ainsi que des unités de police de certains États des États-Unis (comme l'Alaska).

Fabrication[modifier | modifier le code]

URSS[modifier | modifier le code]

Les ouchankas pouvaient autrefois être faites de peau d'ours ou de castor. Elles sont aujourd'hui typiquement faites de fourrure de lapin ou de rat musqué (espèce introduite en Europe, notamment pour produire des fourrures) ; les articles de luxe se trouvent en renard, martre ou fourrure de mouton de qualité. Les dirigeants soviétiques, les apparatchiks et les personnes appartenant à une élite (ou prétendant à une telle appartenance) portaient les chapkas en fourrure de faon de renne qu'on appelait les « pijik » (russe : Пыжик). La fabrication des « pijik » était déterminée par le standard « ГОСТ 11026-64 »[3].

Les modèles militaires soviétiques étaient en fourrure synthétique, que les Russes appellent par dérision « fourrure de poisson ».

Modèle de l'armée soviétique en fourrure synthétique[modifier | modifier le code]

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Sociologie[modifier | modifier le code]

En Russie, le port de l'ouchanka avec les pans rabattus sur les oreilles est considéré comme peu « viril » tant qu'il ne fait pas « vraiment froid » (à Moscou, on voit des porteurs d'ouchanka, oreilles à l'air, par -30°C).[4] Toutefois, l'imagerie stéréotypée de l'éboueur russe le montre avec son ouchanka dénouée, une oreille en l'air et l'autre rabattue vers le bas [5].

Dans les arts[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

  • Capitaine Marleau, série française où l'héroïne porte très souvent une chapka qui donne son originalité au personnage jouée par Corinne Masiero. La réalisatrice Josée Dayan dénomme cet accessoire, le « bonnet à oreilles de cocker ». Il s'agit d'un hommage au film des frères Coen Fargo[6].

Dans la peinture[modifier | modifier le code]

De nombreux tableaux généralement russes présentent des personnages portant des chapkas

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]