Panama (chapeau)

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Panama
Panama hat.jpg
Un chapeau Panama.
Caractéristiques
Type
Matière
carludovica palmata (fibre de jeunes pousses de palmiers)
Origine

Le panama est un chapeau en fibres végétales, d'origine équatorienne — malgré son nom qui renvoie à Panamá. Il s'agit d'un chapeau masculin souple et léger, très en vogue vers 1900 (porté par les ouvriers pour se protéger du soleil avant de devenir un symbole d'élégance décontractée), qui ne s'est jamais vraiment démodé et qui connaît un regain de jeunesse en ce début du XXIe siècle. C'est un chapeau connu surtout dans sa forme à large bord style borsalino, qui se distingue par sa grande finesse. Il est traditionnellement soit de couleur ivoire garni d'un ruban marron (ou noir), soit blanc garni d'un ruban noir. Il est entièrement réalisé en fibres naturelles et confectionné à la main à partir de feuilles d'une plante palmiforme : Carludovica palmata[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les découvertes archéologiques de la culture Valdivia confirment la présence de chapeaux de paja toquilla en 4 000 av. J.-C. ; les Espagnols le découvrent au XVIe siècle à la suite de la colonisation de l'Équateur[2]. Devant une telle finesse de tissage, ils croient qu'ils sont fabriqués avec la peau des ailes de chauves-souris. L'Espagnol Francisco Delgado découvre vers 1630 que les natifs équatoriens disposent d'une habilité exceptionnelle pour le tissage de fibres végétales, et leur commande des petites toques de religieuses, d'où le nom toquilla provenant de toca, toque en espagnol[3].

Pour la première fois, en 1855, à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris, le chapeau de paille est présenté en France[4] avec une collection qui impressionne les Européens par la finesse de son tissu.

Pendant la construction du canal de Panamá, des ouvriers du monde entier acquièrent les chapeaux de paille équatoriens pour se protéger du soleil. Panama sert de vitrine commerciale à l’Amérique du Sud. Le chapeau de paille est baptisé panama malgré son origine équatorienne[5],[6]. En 1906, Théodore Roosevelt porte ce chapeau lors de sa visite aux chantiers du Canal et contribue à populariser le "Panama Hat" (chapeau Panama), auparavant traditionnellement appelé "Sombrero de Paja Toquilla" (chapeau de paille).

Au XXe siècle, l'entreprise italienne Borsalino se spécialise dans la fabrication/vente de panama et devient la marque le plus souvent associée au produit. C'est Borsalino qui donne la forme proche du fédora au panama[7]. Le panama est devenu le chapeau conventionnel porté les jours de soleil lors du tournoi de Roland-Garros. La boutique du complexe sportif en vend 2.000 modèles à chaque édition du tournoi[8].

Description[modifier | modifier le code]

Panamas équatoriens.

Le panama est une des composantes traditionnelles et séculaires des tenues vestimentaires d'un certain nombre de tribus du sud de l'Équateur. Le terme panama ne s'applique pas à une forme mais à une matière : la fibre de jeunes pousses de palmiers d'Équateur.

Ce produit, tissé entièrement à la main, se trouve à tous les prix selon la finesse de la paille. Certains panamas de qualité supérieure peuvent exiger plus de six mois de fabrication (jusqu'à dix mois de tissage). Certains modèles de panamas, très fins et haut de gamme, peuvent se plier et se rouler sans perdre leur forme. D'autres modèles, d'aussi bonne facture, reçoivent un apprêt qui les empêche d'être roulés, leur paille étant rigidifiée afin que la forme d'origine se conserve pendant plusieurs années. Le fait que ce chapeau ait été porté par de prestigieux chefs d'État et des stars de cinéma contribua au prestige et à la légende du chapeau de paille.

Il existe trois façon de tisser les panama : brisa, cuenca et montecristi ; chaque façon a son point de tissage particulier et sa position pour le confectionner ; se tisse assis à Cuenca mais debout à Montecristi, penché sur son ouvrage[9],[4].

Montecristi[modifier | modifier le code]

Panama Montecristi vendu roulé dans une boîte

Pour la confection du Panama Montecristi, confectionné dans la ville de Pile près de Montecristi (Montecristi étant la ville où le panama éponyme se commercialise et s'exporte[10]), le tisserand, debout et penché sur son ouvrage, entrecroise les fils fait deux à deux. Seuls les fils de couleur ivoire sont retenus. Le tissage ne peut être effectué que le matin et en fin d'après-midi lorsque l'humidité de l'air le permet[3].

Certains modèles comme le panama Montecristi extra fino peuvent dépasser les 25,000 euros[10].

Élaboration[modifier | modifier le code]

Le tissage traditionnel du chapeau de paille toquilla équatorien *
Image illustrative de l’article Panama (chapeau)
Panamas à différents stades de leur fabrication, en exposition à Montecristi.
Pays * Drapeau de l'Équateur Équateur
Liste Liste représentative
Année d’inscription 2012
* Descriptif officiel UNESCO

À l'origine, le panama se fabriquait exclusivement en feuilles de bombanaxa, mais cette matière fragile fut abandonnée suite à la popularisation mondiale du chapeau[11].

  1. Matière première : la carludovica palmata appelée paja toquilla est une feuille de palme poussant en Équateur. Les Équatoriens préfèrent parler de sombrero fino de paja toquilla plutôt que de panama.
  2. Après la récolte, les cœurs de palmes sont transportés à dos de mules jusqu’aux villages.
  3. Préparation : d’habiles mains séparent la palme en fibres fines.
  4. Cuisson ou séchage : à Cuenca, la paille est bouillie pour éliminer la chlorophylle alors qu'à Montecristi, elle est séchée au soleil et blanchie à la fumée de soufre.
  5. Tissage : les maîtres artisans classifient la paille et procèdent au tissage qui peut durer jusqu'à 8 mois.

En 2009, l'Institut équatorien de la propriété intellectuelle reconnait l'appellation d'origine contrôlée du panama[10]. En 2012, l'Unesco l'inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'humanité[12],[13].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Carludovica palmata », sur University of Connecticut
  2. « Tout ce qu'il faut savoir sur le Panama, le plus culte des chapeaux d'été », sur Marieclaire.fr
  3. a et b « L'histoire du chapeau Panama à Paris », sur Depuntaenblanco.fr
  4. a et b « L’artisanat en Equateur », sur Voyage-equateur.com
  5. « Panama hats »
  6. https://www.brentblack.com/pages/history.html
  7. a b et c Jean-Baptiste Noé, « Panama papers : si on parlait plutôt du chapeau ? », sur Contrepoints.org,
  8. Gilles Festor, « Le panama, l'atout chic dans les tribunes de Roland Garros », sur Lefigaro.fr,
  9. « Tout savoir sur l'histoire du chapeau panama », sur Headict.com
  10. a b et c Léonie Place, « A l'ombre des chapeaux de Panama », sur Liberation.fr,
  11. Marie Varroud-Vial, « Le panama, histoire d'un indémodable », sur Puretrend.com,
  12. « Décision du Comité intergouvernemental : 7.COM 11.12 », sur Unesco.org,
  13. « Le chapeau panama, patrimoine mondiale de l'humanité », sur Equateur.info,
  14. « Pourquoi surnomme-t-on Paris, « Paname » ? », sur Paris zig-zag (consulté le 12 novembre 2016)
  15. a et b « Qui porte le chapeau panama ? », sur Chapeau-traclet.com,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]