Naval Strike Missile

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Naval Strike Missile (NSM)
image illustrative de l’article Naval Strike Missile
Maquette du NSM présenté en 2008.
Présentation
Type de missile Missile de croisière anti-navire et d'attaque terrestre
Constructeur Drapeau de la Norvège Kongsberg Defence & Aerospace
Déploiement depuis 2012[1]
Caractéristiques
Moteur accélérateur à carburant solide
(accélération)
turboréacteur Microturbo TRI 40
(vol de croisière)
Masse au lancement 410 kg
Longueur 3,95 m
Vitesse haut-subsonique
Portée NSM : > 185 km
JSM : > 290 km
Altitude de croisière ras des flots
Charge utile 125 kg HE
(souffle + fragmentation)
Guidage navigation inertielle, GPS, TERCOM, imagerie thermique, Infrarouge, base de données sur la cible
Détonation fusée programmable
Plateforme de lancement navires et véhicules

Le Naval Strike Missile, ou NSM (en français : « missile d'attaque naval »), est un missile anti-navire et d'attaque terrestre, conçu et produit par la compagnie norvégienne Kongsberg Defence & Aerospace (KDA).

Le nom norvégien initial du missile était « Nytt sjømålsmissil » (littéralement « Nouveau missile pour cibles marines »), indiquant qu'il était le successeur du missile Penguin. Le nom anglais de Naval Strike Missile fut par la suite adopté, essentiellement pour des raisons de marketing.

Développement[modifier | modifier le code]

Système NSM de défense côtière de la marine polonaise. Sur la gauche est visible le radar tri-dimensionnel TRS-15M Odra.

Le contrat initial de production en série du NSM fut signé en [2]. Il avait été choisi par la marine royale norvégienne pour ses nouvelles frégates de classe Fridtjof Nansen et ses patrouilleurs de classe Skjold. En , le NSM fut également choisi par la marine polonaise, qui en commanda 50 exemplaire de sa version côtière (dont deux utilisé pour des tests), après des accords passés entre 2008 et 2011. Leur livraison était prévue dans l'intervalle 2013 - 2016[3],[4],[5].

L'étape finale fut achevée en , avec des tests effectués à la base aéronavale américaine Point Mugu[6]. Le , le ministre de la Défense norvégien annonça le lancement de la seconde phase du développement[7]. Le , la marine norvégienne tira pour la première fois le NSM, depuis le patrouilleur HNoMS Glimt[8]. Le premier test avec une charge militaire réelle fut effectué le , contre la frégate HNoMS Trondheim, un navire de classe Oslo déclassé servant de cible. Le navire fut touché et le missile fonctionna correctement[9],[10].

En , la Pologne créa la division missile côtière, équipée au début de 12 NSM et 23 véhicules sur châssis Jelcz, incluant 6 lanceurs, 2 radars TRS-15C, 6 véhicules de contrôle et de mise à feu et 3 véhicules de commandement[11]. Lorsqu'elle sera à son potentiel maximal, cette unité sera équipée de 48 missiles et de 6 lanceurs. Une seconde division du même type serait peut-être en cours de planification pour un avenir proche.

Lancement du NSM depuis l'USS Coronado (LCS-4), en .

Fin , l'US Navy confirma que le NSM serait testé à bord du Littoral combat ship (LCS - navire de combat du littoral) USS Coronado (LCS-4). Bien qu'il n'y ait eu aucune requête concernant ce missile pour les navires de cette classe, la Navy cherchait à évaluer ses capacités, afin de voir si le missile pouvait étendre les capacités anti-surface de ses LCS[12]. Le test se déroula avec succès le , même si ça ne signifie pas forcément que le missile soit un jour intégré sur les LCS[13].

Au cours des exercices militaires RIMPAC 2014, la frégate Fridtjof Nansen effectua un tir réussi du NSM lors d'une opération SINKEX (tir sur un navire-cible). Le missile toucha la cible et explosa comme prévu[14].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La conception moderne et l'emploi de matériaux composites procurent au missile des capacités de furtivité évoluées. Sa masse est légèrement supérieure à 400 kg et sa portée est d'au-moins 185 km (100 nautiques). Il est étudié aussi bien pour les scénarios se déroulent en eaux peu profondes que pour les attaques en pleine mer. Comme son prédécesseur Penguin, le NSM est également capable de survoler et de contourner les éléments du relief, voler au ras des flots et effectuer des manœuvres aléatoires pour tromper les systèmes de défense de sa cible lors de sa phase d'attaque finale. Alors que le Penguin tourne autour de son axe de lacet pour se diriger, le NSM s'incline sur l'aile pour le faire, à la manière d'un avion.

La technologie employée pour la sélection de la cible apporte au NSM des capacités indépendantes évoluées de détection, reconnaissance et discrimination des cibles en mer ou sur les côtes. Ce résultat est rendu possible grâce à la combinaison d'un autodirecteur à imagerie infrarouge et d'une base de données décrivant précisément la cible, intégrée à la mémoire interne du missile. Le NSM est capable de naviguer en se référant au GPS, à la navigation inertielle et en employant un TERCOM.

Après avoir été propulsé dans les airs par un accélérateur à carburant solide, qui est largué après avoir été consumé, le missile est propulsé vers sa cible par un turboréacteur Microturbo TRI 40. Il délivre ensuite sa charge militaire à emplois multiples de 125 kg sur sa cible, en allant l'impacter juste au-dessus de sa ligne de flottaison.

Joint Strike Missile[modifier | modifier le code]

Une variante multi-rôle du NSM est en cours de développement. Ce missile, désigné « Joint Strike Missile », sera doté d'options pour l'attaque terrestre et sera également équipé d'une liaison de données bi-directionnelle, lui permettant de communiquer en vol avec la salle d'opérations centrale du navire ou avec d'autres missiles en vol. Il sera intégré au chasseur Lockheed Martin F-35 Lightning II, aussi surnommé Joint Strike Fighter, à la suite d'études montrant qu'il pouvait en emporter deux dans ses soutes à armements (les missiles additionnels seraient alors emportés sur des pylônes externes).

D'après la firme Kongsberg, ce « NSM multi-rôle » serait l'unique missile anti-navire pouvant être inséré dans les soutes internes du F-35[15]. Lockheed Martin et Kongsberg ont signé un accord de marché commun pour cette version aérienne du NSM, en parallèle à un autre accord engageant les deux parties à intégrer le système sur le F-35[16],[17]. Ce projet, fondé par la Norvège et les États-Unis[18], pourrait être prochainement rejoint par l'Australie, dont les besoins en missiles sont assez similaires[19]. Kongsberg a signé un contrat pour la première phase du développement du JSM en , qui devait être honoré en dix-huit mois.

Les modifications apportées au JSM comprennent :

  • Modifications du gabarit du missile afin de pouvoir l'emporter dans les baies d'armement du F-35[20],
  • Capacités d'engagement de cibles navales ou terrestres,
  • Portée améliorée par rapport au NSM, étant désormais de 280 km[21],
  • Il sera également équipé d'unités de calcul à processeurs multi-cœurs Integrity opérant en temps réel, de la société Green Hills Software[22],
  • Démarrage de la production en série en 2013.

Kongsberg est également en train d'étudier des méthodes permettant d'adapter le JSM à l'emploi depuis les sous-marins[23].

Le , Kongsberg et Raytheon ont annoncé qu'ils s'étaient associés afin d'offrir le JSM à l'US Navy pour leurs besoins offensifs anti-surface (Offensive Anti-Surface Warfare - OASuW)[24],[25]. Raytheon produira les JSM pour le marché américain[26].

Les Australiens ont également exprimé leur intérêt d'acheter le JSM pour en équiper leurs F-35. Le missile a également été proposé à la Corée du Sud et au Japon, et Kongsberg devrait tenter de réaliser des ventes vers d'autres pays ayant acheté le F-35A.

Le missile devrait entrer en service opérationnel vers 2025[27]. Les vols de tests commenceront en 2015 à bord d'un F-16, et le développement devrait théoriquement être terminé vers 2017, avec une capacité opérationnelle initiale (IOC : Initial Operational Capability) prévue pour 2021, en parallèle avec l'apparition du logiciel du F-35 Block 4. Les tests permettant de s'assurer de la possibilité d'emporter le missile de manière externe, ont été effectuées sur tous les modèles du F-35. Les vérifications de gabarit pour les soutes internes ont elles été effectuées sur les versions A et C de l'appareil. Les pays employant d'autres chasseurs que le F-35 ont également exprimé un vif intérêt pour le JSM, et des tests de gabarit ont également été effectués sur des F-15 et des F-18. Cependant, l'intégration sur d'autres plateformes ne sera effectuée que si des commandes fermes et confirmées sont effectuées[28].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (no) Per Erlien Dalløkken, « Naval Strike Missil - Dette er Norges nye storselger », Teknisk Ukeblad, (consulté le 29 octobre 2014)
  2. (en) « Contract for serial production of the new Naval Strike Missile », Kongsberg Defence & Aerospace,
  3. (pl) « Finał zakupu NSM », Altair.pl, (consulté le 29 octobre 2014)
  4. (pl) Marcin Górka, « Superrakiety w starej marynarce », PortalMorski.pl, (consulté le 29 octobre 2014)
  5. (en) Jaroslaw Adamowski, « Poland to boost coastal security with Naval Strike Missile system », Defence News, (consulté le 29 octobre 2014)
  6. (en) « Kongsbergs NSM Naval Strike Missile completes final milestone », ASD News, (consulté le 29 octobre 2014)
  7. (no) « Utvikling av trinn to, Joint Strike Missile », Regjeringen.no, (consulté le 29 octobre 2014)
  8. (en) « Royal Norwegian Navy fires NSM missiles from Skjold class corvette and Nansen class frigate », Naval Open Source INTelligence, (consulté le 29 octobre 2014)
  9. (no) Snorre Schjønberg et Brede Lie Reime, « Her sprenger Forsvaret sitt eget skip : Se den unike videoen av missiltesten », Dagbladet, (consulté le 29 octobre 2014)
  10. (no) « Testet missil på gammel fregatt », Forsvaret, (consulté le 29 octobre 2014)
  11. (pl) « Ukompletowanie NDR », altair.com.pl, (consulté le 29 octobre 2014)
  12. (en) « LCS to conduct test of Norwegian missile », Militarytimes.com, (consulté le 29 octobre 2014)
  13. (en) Sam LaGrone, « Norwegian missile test on Littoral Combat Ship successful », News.USNI.org, (consulté le 29 octobre 2014)
  14. (en) « Missiles sink two retired Navy ships », Military.com, (consulté le 29 octobre 2014)
  15. (no) Lars Magne Sunnanå, « Lager Joint Strike Missile : Lockheed Martin og Kongsberg skal sammen markedsføre flyversjonen av Kongsbergs sjømålsmissil, NSM », E24 Næringsliv, (consulté le 29 octobre 2014)
  16. (en) « Sign joint marketing agreement », Kongsberg, (consulté le 29 octobre 2014)
  17. (en) « Important cooperative agreement with Lockheed Martin », Kongsberg, (consulté le 29 octobre 2014)
  18. (en) « Norway and the USA agree to collaborate on integration of Joint Strike Missile (JSM) on F-35 », Kongsberg, (consulté le 29 octobre 2014)
  19. (en) « Norway pushes naval strike missile for JSF », Jane's Defence Weekly, (consulté le 29 octobre 2014)
  20. (en) Dominic Perry, « Norway pushes for further assurances over JSM integration on F-35 », Flight Global, (consulté le 29 octobre 2014)
  21. (en) Robert Wall, « Norway's JSF deal bolsters JSM missile - International F-35 customer base grows, but program concerns persist », Aviation Week & Space Technology, (consulté le 29 octobre 2014)
  22. (en) « Kongsberg selects Integrity for missile programme », The engineer supplying network, (consulté le 29 octobre 2014)
  23. (en) Richard Scott, « Kongsberg studies JSM for submarine launch », IHS Jane's, (consulté le 29 octobre 2014)
  24. (en) John B. Patterson et Tara Wood, « Raytheon and Kongsberg team to provide air-launched Offensive Anti-Surface Warfare solutions », Marketwatch.com, (consulté le 29 octobre 2014)
  25. (en) « Prolongation of co-operation agreement with Raytheon », Kongsberg, (consulté le 29 octobre 2014)
  26. (en) Andrew Chuter, « Raytheon to produce US variant of Kongsberg's JSM », sur www.defensenews.com, Gannett Government Media, (consulté le 29 octobre 2014)
  27. (en) Colin Clark, « Norway's Joint Strike Missile tempts Aussies; Raytheon likes it too », Breakingdefense.com, (consulté le 29 octobre 2014)
  28. (en) Dominic Perry, « Kongsberg plans JSM flight tests in 2015 », Flightglobal.com, (consulté le 29 octobre 2014)

Articles connexes[modifier | modifier le code]