RIM-174 Standard ERAM

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RIM-174 Standard ERAM
Standard Missile-6 (SM-6)
Image illustrative de l'article RIM-174 Standard ERAM
Le destroyer USS John Paul Jones lance un RIM-174, juin 2014.
Présentation
Type de missile Missile sol-air multi-usages à très longue portée
Constructeur Drapeau des États-Unis Raytheon
Coût à l'unité 4,54 millions de Dollars[1]
(année fiscale 2014)
5,1 millions de Dollars[2],[Note 1]
(année fiscale 2013)
Déploiement Depuis 2013
(total prévu de 1 200 exemplaires)
Caractéristiques
Moteur 2 étages, moteurs fusée à carburant solide
(accélération + vol de croisière)
Masse au lancement 1 500 kg
Longueur 6,55 m
Diamètre 53 cm
Envergure 1,57 m
Vitesse Mach 3,5
Portée antiérien : estimé à de320 km à 400 km, antinavire : estimé à plus de 370 km
Altitude de croisière maxi : 33 000 m
Charge utile HE, à souffle + fragmentation de 140 livres (63,5 kg)
Guidage navigation inertielle + radar actif + radar semi-actif
Détonation impact ou proximité
Plateforme de lancement navires de guerre

Le RIM-174 Standard ERAM (Extended Range Active Missile), ou SM-6 (Standard Missile 6), est un missile sol-air en cours de production pour l'US Navy. Il a été conçu à des fins de lutte anti-aérienne à longue portée (Extended Range Anti-Air Warfare - ER-AAW), pouvant apporter une protection contre les hélicoptères, les avions, les drones ainsi que les missiles anti-navire, que ce soit au-dessus de la mer ou au-dessus des terres. Une capacité antinavire a également été démontrée, en 2016[3].

Généralités[modifier | modifier le code]

Le missile utilise la structure de l'ancien SM-2ER Block IV (RIM-156A)[4],[5], en remplaçant le radar semi-actif de ce dernier par le radar actif de l'AIM-120C AMRAAM. Cette solution technique améliore les capacités du missile Standard, contre les cibles à haute mobilité et celles qui sont au-delà de la portée visuelle des radars de contrôle de tir des navires porteurs du système[5]. La capacité opérationnelle initiale était prévue pour l'année 2013 et fut atteinte avec succès le de cette année, lorsque quelques missiles furent embarqués à bord de l'USS Kidd, à San Diego, en Californie[6].

Pour autant, le SM-6 n'est pas destiné à remplacer définitivement la série des SM-2, qui continueront plutôt leur service en parallèle avec leur descendance. Le SM-6 est en fait surtout destiné à étendre le domaine de tir des navires porteurs[5], tandis qu'il améliore grandement leur puissance de feu[7].

Historique[modifier | modifier le code]

Raytheon signa un contrat en 2004 pour développer ce missile pour l'US Navy, après l'abandon d'une version Block IVA du RIM-67 (RIM-156B). Le développement commença en 2005, suivi par des tests en 2007. Sa désignation officielle « RIM-174A » lui fut donnée en , suivi d'une autorisation de production à faible cadence en 2009[8]. Cette production, démarrée en septembre 2009, faisait suite à l'obtention d'un contrat de 93 millions $US[9], concernant la production de 19 missiles, de pièces détachées pour leur entretien, de conteneurs de lancement, et d'une livraison des premiers exemplaires pour 2011[9], afin de procéder à des tests de développement[2]. Le premier missile fut bien livré en 2011, au mois de mars[10], et l'autorisation de production en série à grande échelle fut accordée en , avec une livraison prévue de ces missiles pour avril 2015[11]. Cette autorisation de production avait été retardée d'un an, à la suite d'une décision de 2012 du sous-secrétaire à la politique de Défense James N. Miller[2], à la suite de nombreux échecs consécutifs aux tests de développement, puis aux tests opérationnels effectués en . En effet, lors de ces derniers, le missile fit face à cinq échecs sur douze tirs, essentiellement causés par l'autodirecteur radar hérité de l'AMRAAM[2].

En 2013, le programme prévoyait la fabrication de 1 200 missiles, pour un coût total de 6 167,8 millions $US, dépassant de 301,2 millions $US les prévisions effectuées en 2004[2]. Le , Raytheon signa un contrat avec l'US Navy, pour la fabrication de 89 missiles SM-6 Block I, leurs pièces détachées, leurs conteneurs et les services liés[12].

Lors d'une série d'exercices, effectués du au , le destroyer USS John Paul Jones (DDG-53) tira quatre missiles SM-6. Une partie de l'exercice, désignée « NIFC-CA AS-02A », donna lieu au plus long engagement sol-air de toute l'histoire navale américaine[13]. Cependant, la distance exacte parcourue par le missile pour son interception n'a pas été divulguée. Elle devrait être voisine ou légèrement supérieure aux 240 km habituellement annoncés[14].

Le , un SM-6 a été testé avec succès contre un missile de croisière-cible, volant à basse altitude et à vitesse subsonique au-dessus des terres[7]. Un des éléments clés du test était la vérification de ses capacités à discerner une cible lente de petites dimensions parmi le terrain environnant[15]. En mai 2015, plus de 180 SM-6 ont été livrés sur 1 800 commandés à cette date[16].

Le , un SM-6 modifié à coulé la frégate retiré du service USS Reuben James (FFG-57) de la classe Oliver Hazard Perry démontrant une capacité de frappe antinavire à plus de 200 milles marins (370 km)[17].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Profil du SM-6.
Le système de lancement vertical Mark 41, de la frégate HMNZS Te Kaha, de la marine néo-zélandaise. Ces silos sont également employés par tous les autres missiles de la série Standard, ainsi que les Tomahawk, Sea Sparrow et autres.

Le Standard ERAM est un missile à deux étages, assez similaire en apparence au missile RIM-156A. Le premier étage, plus large, est destiné à accélérer rapidement le missile à son lancement (booster), tandis que le second assure son vol de croisière. Le radar employé pour son guidage est une version agrandie et adaptée de celui qui équipe à l'origine le missile air-air AIM-120C AMRAAM (34,3 cm contre 17,8 cm sur l'AMRAAM).

Comparé aux autres systèmes de la série SM-2, le SM-6 offre une portée étendue, étant essentiellement capable d'atteindre des cibles volant à très haute altitude ou des missiles anti-navires croisant au ras des flots. Il peut distinguer les cibles grâce à son autodirecteur à double mode de fonctionnement, avec un comportement semi-actif se basant sur le radar d'un navire pour éclairer la cible, puis un comportement actif permettant au missile d'accrocher et de verrouiller la cible par ses propres moyens, lors d'une phase d'attaque finale par exemple. Ce capteur actif possède la capacité à détecter un missile de croisière terrestre volant à basse altitude au-dessus de n'importe quel terrain, même derrière une montagne. Le missile est constitué avec les éléments aérodynamiques du SM-2, le booster du SM-3 et l'extrémité avant dérivée de celle de l'AMRAAM[15].

Le missile peut être employé selon plusieurs mode différents :

  • Guidage inertiel pendant le vol de croisière jusqu'à la cible, avec acquisition de cette dernière grâce au radar actif, lors de la phase d'attaque terminale,
  • Guidage par radar semi-actif pendant toute la durée du vol du missile
  • Tir au-delà de l'horizon (BVR : Beyond Visual Range), en utilisant des capacités d'engagement en coopération (Cooperative Engagement Capability)[5], notamment grâce à des radars embarqués sur aéronefs ou sur hélicoptères.

Le missile est également capable de fournir une défense de dernier recours contre les missiles balistiques, en complément du missile SM-3 (RIM-161)[7].

Le Standard ERAM, contrairement aux autres missiles de la famille Standard, peut être contrôlé périodiquement sans être sorti de son silo de lancement vertical (VLS : Vertical Launch System), le Mark 41.

Utilisateurs prévus[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Incluant le développement et la mise au point.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) United States Department of Defense fiscal year 2015 budget request : Program acquisition cost by weapon system, Office of the Under Secretary of Defense (comptroller) / Chief Financial Officer, (lire en ligne [PDF]), p. 64 (consulté le 11 octobre 2014)
  2. a, b, c, d et e (en) Gene L. Dodaro, Report to congressional committees : Defense acquisitions - Assessments of selected weapon programs (GAO-13-294SP) : Standard Missile-6, United States Government Accountability Office (GAO), , 184 p. (lire en ligne [PDF]), p. 123 (consulté le 11 octobre 2014)
  3. (en) Ben Ho, « Fixing the US Navy's Anti-Surface Warfare Shortfall », The Diplomat, (consulté le 8 février 2017)
  4. (en) « Standard Missile-6 », Raytheon Missile Systems (consulté le 29 octobre 2014)
  5. a, b, c et d (en) John Pike, « RIM-174 SM-6 Extended Range Active Missile (ERAM) », Global Security.org, (consulté le 29 octobre 2014)
  6. (en) « Standard Missile 6 (SM-6) achieves Initial Operational Capability », NAVSEA, (consulté le 29 octobre 2014)
  7. a, b et c (en) Sydney J. Freedberg Jr., « Non-Standard : Navy SM-6 kills cruise missiles deep inland », Breakingdefense.com, (consulté le 29 octobre 2014)
  8. (en) Andreas Parsch, « Raytheon RIM-174 ERAM (SM-6) », Designation-Systems.net, (consulté le 29 octobre 2014)
  9. a et b (en) « U.S. Navy awards Raytheon $93 million contract for Standard Missile-6 », Raytheon Media Center, (consulté le 29 octobre 2014)
  10. (en) « Raytheon delivers first Standard Missile-6 to U.S. Navy », Raytheon Media Center, (consulté le 29 octobre 2014)
  11. (en) « Defense Acquisition Board approves Standard Missile-6 full-rate production », Raytheon Company, (consulté le 29 octobre 2014)
  12. (en) « Raytheon awarded Standard Missile-6 contract », Space Daily, (consulté le 29 octobre 2014)
  13. (en) « US Navy destroyer conducts longest ever surface-air engagement with new SM-6 missiles », Defense-Update.com, (consulté le 29 octobre 2014)
  14. (en) « Air Defense : SM-6 goes long », Strategypage.com, (consulté le 29 octobre 2014)
  15. a et b (en) Kris Osborn, « Navy missile hits subsonic target over land », Defensetech.org, (consulté le 29 octobre 2014)
  16. (en) Sam LaGrone, « Successful SM-6 Ballistic Missile Defense Test Set To Expand Capability of U.S. Guided Missile Fleet », sur https://news.usni.org/, 4 out 2016 (consulté le 1er juillet 2016).
  17. (en) Ben Ho, « Fixing the US Navy's Anti-Surface Warfare Shortfall », sur http://thediplomat.com/, (consulté le 1er juillet 2016).
  18. (en) Australian government : Department of Defence, Defence white paper 2009 : Defending Australia in the Asia Pacific century - Force 2030, Commonwealth of Australia, , 140 p. (ISBN 978-0-642-29702-0, lire en ligne [PDF]), p. 71 (consulté le 11 octobre 2014)
  19. (en) Paul Kallender-Umezu, « Japan plans more aggressive defense », Defense News,‎ (lire en ligne) (consulté le 11 octobre 2014)
  20. (en) Kim Eun-jung, « S. Korea to deploy new surface-to-air missiles for Aegis destroyers », sur Yonhapnews.co.kr, (consulté le 29 octobre 2014)

Articles connexes[modifier | modifier le code]