Littoral combat ship

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Le chef des opérations navales Michael Mullen posant avec les parrains du USS Freedom (LCS-1) en arrière plan le 23 septembre 2006.
Le LCS-2 le 28 mai 2008. Ce navire utilise le concept du trimaran.

La classe de frégates légères furtives Littoral Combat Ship (LCS) est un programme en cours de développement depuis la fin des années 1990.

A l'origine le programme visait à déployer à partir de 2008-2010 52 frégates légères furtives modulaires pour, comme le nom l'indique, le combat en zone littorale de l’US Navy[1]. Le programme, qui a changé plusieurs fois de nom, Littoral Warfare Ship (LWS), puis Focused Mission Ship (FMS), et Streetfighter avant de devenir Littoral Combat Ship (LCS) est en cours de développement depuis la fin des années 1990. Finalement deux types de LCS ont été développés, qui constituent deux classes de navires, la classe Freedom (LCS) et la classe Independence (LCS). Les États-Unis ont considéré cette classe Freedom comme un nouveau type de navire et les navires de ce type prendront comme numéro de coque LCS xx, rajoutant un nouveau sigle à la classification de leurs navires et les bâtiments de la classe ont été rebaptisés frégates en 2014.

En février 2014, dans le cadre de restrictions budgétaires, il est annoncé que le nombre de navires sera limité à 32 pour un coût de 29 milliards de dollars [2]. Chuck Hagel dit craindre que la protection et la puissance de feu de ces frégates soient insuffisantes face à des marines modernes, « surtout en Asie-Pacifique »[3]. De nombreuses critiques se font en effet entendre face à un programme initialement prévu pour être à faible coût mais qui n'a pas tenu ses promesses, les modification successives ont fait exploser les coûts et menacent le programme de ce qui devait être à l'origine un navire de faible coût. En décembre 2014, une remise à plat du programme a été décidée et les 20 derniers des 52 navires de celui-ci devront avoir des capacités de combat renforcées et des capteurs améliorés les faisant cataloguer comme frégates[4].

Le sénateur John McCain a ainsi déclaré le 10 février 2014 qu'il s'agit d'un « dangereux gaspillage de l'argent du contribuable » et demande l'arrêt du programme à 24 unités. La marine américaine a mis en place un groupe de travail pour étudier des solutions de rechange pour un nouveau petit navire de guerre qui doit formuler des recommandations d'ici le 31 juillet 2014[5].

En 2015 seuls 10 Freedom et 10 Independance ont été commandés en 2010 [2]'[6] [7]. Le 14 janvier 2016, le secrétaire à la Défense américain, Ashton Carter, demande à Ray Mabus, secrétaire de l'US Navy, d’étudier la réduction du programme de 52 à 40 unités, et de faire un choix à partir de l’année fiscale 2019 entre les deux classes : LCS Freedom produite par Lockheed Martin et Fincantieri Marine Group ou LCS Independence produite par General Dynamics et Austal[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Cette classe devait compter à l’origine 56 unités. Des six consortiums rivaux au départ, il n'en restait que deux en 2006 : General Dynamics-Bath Iron Works/Austin avec un trimaran de près de 3 200 tonnes, long de 127,1 mètres pour une largeur de 31,6 mètres, capable de filer 40 nœuds et Lockheed Martin/Gibs & Cobs/Marinette Marine avec un monocoque semi-planant baptisé SeaBlade de 3 000 tonnes, d'une longueur de 115,5 mètres et d'une largeur de 17 mètres pouvant filer 45 nœuds.

L'USS Freedom (LCS-1) dans l'embouchure de la rivière Buffalo le 16 novembre 2008.

Deux navires de chaque concept devaient être construits avant la prise de décision finale de construction en série. L'USS Freedom (LCS-1), de l'équipe Lockheed Martin, est commissionné le et l'USS Independence (LCS-2), de l'équipe General Dynamics, baptisé le . Mais, après la décision d'arrêter la construction du deuxième exemplaire de Lockheed en janvier 2007, l'US Navy annonce le la fin de son contrat avec cette firme à cause des dépassements de budget. En effet, alors que le deuxième navire n'est construit qu'à hauteur de 75 %, il a déjà coûté 350 millions de dollars pour un prix total initial annoncé de 270 millions[8]. Le LCS-4, deuxième navire de General Dynamics connaît le même sort le 1er novembre 2007[9]. À l'automne 2008, l'US Navy a demandé des compléments d'information aux équipes Lockheed Martin et General Dynamics sur l'augmentation du prix unitaire du LCS à 560 millions de dollars l'unité, alors que le Congrès américain avait calculé son budget sur un LCS à 460 millions de dollars[10]. En 2009, on découvre que le LCS-2 classe Independence était évalué à 704 M$.

Le LCS-3 sera, selon une annonce faite le 6 mars 2009, baptisé Fort Worth[11]. Il est construit par le groupe italien Fincantieri, au travers de sa filiale aux États-Unis et réalisé aux chantiers Marinette Marine, comme son aîné, l'USS Freedom. Ce navire est conçu par un consortium emmené par le groupe américain Lockheed Martin, qui dispose d'une participation minoritaire dans Fincantieri Marine Group, regroupant Marinette Marine, Bay Shipbuilding, Cleveland Shiprepair et Ace Marine[12]. La mise sur cale a eu lieu le 11 juillet 2009 et la livraison est prévue en 2012[13]. Le USS Coronado (LCS-4) est lancé le 9 janvier 2012[14].

Le 29 décembre 2010, Lockheed Martin et la filiale américaine de l'australien Austal signent un contrat de 7 milliards de dollars pour la construction de 20 LCS d'ici 2015[15] alors que, en janvier 2012, 11 ont été effectivement commandés par le Congrès des États-Unis.

Entre 2013 et 2017, 4 LCS seront basés à Singapour[16].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

L’USS Independence (LCS-2) le 26 avril 2008.

Classe Freedom[modifier | modifier le code]

Les LCS Freedom sont des monocoques de 115.5 mètres de long pour un déplacement de 3090 tonnes en charge. Leur vitesse maximale est de 45 nœuds. Leur armement est constitué d'un hélicoptère Seahawk, d'un système surface-air RAM, d'une tourelle de 57 mm et quatre mitrailleuses de 12.7 mm.

Classe Independance[modifier | modifier le code]

Les LCS Independance sont des trimaran en aluminium de 127.6 mètres de long, larges de 30.6 mètres pour un déplacement de 2785 tonnes en charge. Leur vitesse est aussi de 45 nœuds. Leur armement est constitué de deux hélicoptères Seahawk ou trois drones Fire Scoude, d'un système surface-air RAM, d'une tourelle de 57 mm et quatre mitrailleuses de 12.7 mm. En mars 2011, en dépassant les 50 nœuds, le USS Independence (LCS-2)

Navire expérimental Stiletto utilisé pour ce programme le 2 mai 2006; l'équipage se prépare à lancer un drone.

a battu le record de vitesse des bâtiments de combat de plus de 2 500 tonnes. Le précédent record était détenu depuis 1935 par le contre-torpilleur français Le Terrible de la classe Le Fantasque, à 45 nœuds. À noter qu'il ne faut que 4 mécaniciens pour s'occuper des deux turbines à gaz[17].

La configuration trimaran a été expérimentée par la Royal Navy ; le concept SeaBlade provient du bateau de record italien Destriero. La grande furtivité multispectrale (radar, infrarouge, acoustique, magnétique…) est une donnée devenue classique en architecture navale depuis les frégates La Fayette.

Equipage[modifier | modifier le code]

L'équipage devait être à l'origine relativement réduit grâce à l'automatisation, 40 marins pour le navire lui-même pour le LCS-1, 50 pour le LCS-2, 15 marins pour le module de mission et 25 marins pour s’occuper de la partie hélicoptères et drones mais, en 2012, on annonce que l'équipage est augmenté de 50 % soit 60 marins pour le LCS-1[18]

Les LCS 1 et 2 sont des prototypes construits pour la recherche et développement. Il y a environ 250 modifications de conception entre les LCS 1 et 3, et LCS 2 et 4, qui sont considérés comme navires de transition. Les premières versions de production réelles, LCS 5 et 6, verront encore 70 modifications de conception par rapport aux LCS 3 et 4[19].

Motorisation[modifier | modifier le code]

Lockheed Martin a choisi des turbines à gaz MT30 Rolls-Royce plc pour ses navires[20].

Polyvalence[modifier | modifier le code]

Construction de l’USS Independence (LCS-2) sur le chantier naval Austal USA à Mobile (Alabama) le 9 mars 2007.

La modularité commune aux deux projets semble plus avant-gardiste. Les LCS seront gréés avant de partir en mission, voire au large même des côtes visées, par des bâtiments-base. Ils recevront des modules de missions conteneurisés dédiés au rôle requis : module de déminage avec hélicoptère MH-60S, équipé de l’AWS-2 RAMICS (Rapid Airborne Mine Clearance System) et de drone RMS WLD-1(v)1 et/ou LMRS BLQ-11.

Des drones-hélicoptères et des drones de surface recevront aussi des modules de déminage.

Des modules de lutte anti-sous-marine sont également prévus, essentiellement mis en œuvre par les mêmes moyens (hélicoptères MH-60S, drones).

Sept modules au total sont prévus.

Les LCS devraient également servir à des projections de forces spéciales (avec hélicoptères), Zodiac et véhicules sous-marins, voire au transport d'une à deux douzaines de blindés légers (avec toutefois la nécessité de trouver un port avec un quai pour leur débarquement).

Armement[modifier | modifier le code]

Le seul armement standardisé prévu pour l'instant se limite à une tourelle d'artillerie navale Mk 110 BAE Systems (anciennement 57 Mk3 Bofors) de 57 mm, qui est aussi installée sur les nouveaux navires de l'United States Coast Guard, pouvant tirer jusqu'à 220 coups par minute à 9 milles marins et à un système de missile surface-air de défense rapprochée SeaRam.

Des modules de missiles Netfire-15 missiles LAM (Loitering Attack Missile) ou PAM (Precision Attack Missile) (3 modules de commande de lancement emballés dans deux conteneurs maritimes, transportant un total de 45 missiles.)[21] ainsi que des canons automatiques de 30 mm et d'autres équipements doivent être installés selon les missions, mais le programme Netfire a été annulé. En remplacement, l'US Navy prévoit des missiles Grifin de 20 kg et, en janvier 2012, présente un nouveau projet de missile polyvalent, le Joint Air-Breathing Multi-Role Missile (JABMM) étudié par Phantom Works[22]. En 2014, on projette d'installer des missiles Hellfire.

La défense très rapprochée est assurée par 4 mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm.

Stratégie d'engagement[modifier | modifier le code]

On serait tenté d'écrire que les LCS semblent particulièrement sous-armés et bien impuissants face à un patrouilleur lance-missile nouvelle génération mais la réponse (du moins en théorie) tient dans la façon dont seront mises en œuvre ces unités : en Network Centric Warfare ou réseau infocentré (nom de la version naval : Naval Fires Network), via le Cooperative Engagement Capability.

Les LCS n'opéreront jamais seuls en zones de menaces, mais en groupe de plusieurs d'entre eux, chacun dédié à une menace précise. Plus au large, à l'abri des menaces littorales susceptibles de les mettre en danger, évolueront les destroyers et les croiseurs qui déploieront au-dessus des LCS, via des AWACS, des satellites et des drones, leur parapluie de missiles longue portée.

Export[modifier | modifier le code]

Une version plus grande (115 mètres pour 3 000 tonnes) et plus puissamment armée de l'USS Freedom (LCS-1) de l'équipe Lockheed Martin est proposée à l'exportation, notamment à l'Arabie saoudite en 2015[23]. Quatre navires sont commandés par les Saoudiens pour la somme de 11,5 milliards de dollars[24].

Liste des navires[modifier | modifier le code]

Classe Freedom Mise à l'eau Livraison Classe Independence Mise à l'eau Livraison
USS Freedom (LCS-1) 2009 USS Independence (LCS-2) 2010
USS Fort Worth (LCS-3) 2012 USS Coronado (LCS-4) 2013
USS Milwaukee (LCS-5) 21 novembre 2015 [7] USS Jackson (LCS-6) août 2015
USS Detroit (LCS-7) USS Montgomery (LCS-8) 2015
USS Little Rock (LCS-9) USS Gabrielle Giffords (LCS-10) août 2015
USS Sioux City (LCS-11) USS Omaha (LCS-12) 20 novembre 2015 [7]
USS Wichita (LCS-13) USS Manchester (LCS-14) Prévue en 2016[25]
USS Billings (LCS-15) USS Tulsa (LCS-16) mise sur cale le 10 janvier 2016[25]
USS Indianapolis (LCS-17) USS Charleston (LCS-18) en construction en janvier 2016
USS St Louis (LCS-19) USS Cincinnati (LCS-20)
USS Minneapolis/St. Paul (LCS-21) USS Kansas City (LCS-22)
USS Cooperstown (LCS-23) USS Oakland (LCS-24)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Michael Barkoviak, « Navy Completes LCS Trials », Daily Tech,‎ (lire en ligne)
  2. a, b et c « LCS : Le programme de nouveau menacé », sur Mer et Marine (consulté le 14 janvier 2016)
  3. AFP, « Orientations budgétaires du Pentagone : les principales mesures », sur Boursorma,‎ (consulté le 25 février 2014)
  4. (en) « Up Gunned LCS Hulls Picked for Navy’s Next Small Surface Combatant », sur U.S. Naval Institute,‎ (consulté le 26 septembre 2015).
  5. (en) Andrea Shala, « McCain blasts Navy's LCS ship plan; urges cut to 24 vessels », sur Reuters,‎ (consulté le 10 février 2014)
  6. https://www.fas.org/sgp/crs/weapons/RL33741.pdf
  7. a, b et c « US Navy : Le 3ème Freedom en service et le 6ème Independence à l'eau », sur Mer et Marine (consulté le 14 janvier 2016)
  8. http://www.chron.com/disp/story.mpl/ap/fn/4710508.html
  9. (en) Navy Terminates Fourth Littoral Combat Ship, 2 novembre 2007,
  10. (fr) « US Navy : Le LCS vraiment trop cher », Défense et Sécurité internationale, no 41,‎ , p. 14 (ISSN 1772-788X)
  11. 3rd U.S. Navy LCS to be Named Fort Worth, Defense News Staff, 6 mars 2009
  12. (fr) Fincantieri construira le troisième LCS de l'US Navy, Mer et Marine, 1er avril 2009
  13. (fr) « US Navy : Mise sur cale du troisième Littoral Combat Ship », sur Mer et marine,‎ (consulté le 17 août 2009)
  14. « Austal lance le quatrième LCS américain », sur Mer et Marine,‎ (consulté le 18 janvier 2012)
  15. « Lockheed Martin et Austal décrochent un gros contrat américain », sur La Tribune,‎ (consulté le 21 janvier 2011)
  16. « L’US Navy va renforcer sa présence dans le Pacifique, malgré les coupes (chef d’état-major) », sur Liberation,‎ (consulté le 10 mai 2013)
  17. Laurent Célérier, « Marine de guerre : le retour des navires à grande vitesse ? », sur Marine et océans,‎ (consulté le 10 avril 2012)
  18. (en) http://www.defensenews.com/article/20120702/DEFREG02/307020001/U-S-Navy-Boosting-LCS-Core-Crew-Up-50-
  19. (en) « CBO on 2013 Shipbuilding Plan: Snort, Giggle, Harumph, réponse du sous-secrétaire à la Marine Robert Orton Work », sur CDR Salamander,‎ (consulté le 17 août 2012)
  20. (fr) Europétrole, le portail de l'industrie du pétrole, du gaz et de l'énergie
  21. (en) « Army NLOS Dead. Will the Navy Keep it Alive? », sur Defense Update,‎ (consulté le 20 août 2011)
  22. (en) « Boeing’s New Missile for Littoral Combat Ships », sur Defense Tech,‎ (consulté le 18 janvier 2012)
  23. « Arabie saoudite : Ce que les Américains proposent face aux Français », sur meretmarine.com, Mer et Marine,‎ (consulté le 6 novembre 2008)
  24. Anthony Capaccio, « U.S. Approves $11 Billion Saudi Buy of Lockheed Littoral Ships », Bloomberg.com,‎ (consulté le 24 novembre 2015)
  25. a et b « Austal met sur cale le huitième LCS du type Independence », sur Mer et Marine (consulté le 14 janvier 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]