Piero San Giorgio

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Piero San Giorgio
PIERO SAN GIORGIO.jpg
Piero San Giorgio en 2016.
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Piero FalottiVoir et modifier les données sur Wikidata
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Piero San Giorgio, de son vrai nom Piero Falotti, né en à Milan (Italie), est un auteur survivaliste suisse proche de certains milieux d'extrême droite[1],[2], connu pour son livre Survivre à l'effondrement économique, paru en 2011.

Biographie[modifier | modifier le code]

Homme d'affaires, expert en marketing et consultant en informatique, Piero San Giorgio a été successivement cadre chez Oracle, fondateur de la société Andiamo[3],[4], cadre chez Salesforce.com et, entre autres, membre du conseil d'administration de Business Investigation avant que cette dernière ne s'en sépare en 2014 suite à l'ébruitement de sa double vie[5]. Il est officier de réserve en Suisse[6].

Théories survivalistes[modifier | modifier le code]

En 2011, il publie Survivre à l'effondrement économique, dans lequel il développe la thèse d'un effondrement énergétique, écologique, financier, politique, social et économique[7] menant à un état de guerre généralisée d'ici 2025[8],[9]. Il utilise le concept de « Base Autonome Durable » (BAD), tel que défini par Don Stephens (en), comme moyen de survie[10]. Pour lui, un prochain effondrement économique est inévitable et il faut développer des zones rurales autosuffisantes pour pouvoir y survivre. Le livre s'est écoulé à plus de 20 000 exemplaires dès sa première année de publication[11], traduit en anglais (publié par Washington Summit Publishers, une maison d'édition classée « nationaliste blanche »[12]), italien, russe, arabe et roumain. En 2016, la journaliste Ellen Salvi indique que l'ouvrage s'est écoulé à plus de 30 000 exemplaires, « hors des circuits habituels »[13].

Il publie ensuite d'autres livres à ce sujet et donne de nombreuses conférences, notamment auprès de l'association Égalité et Réconciliation, fondée par le polémiste d'extrême droite Alain Soral, ou du Centre royaliste d'Action française[13].

Dans un entretien avec le youtubeur d'extrême-droite Daniel Conversano, Piero San Giorgio soutient que, mis sous pression, la véritable nature des Européens « c’est d’être un waffen SS, un lansquenet, un conquistador... », ajoutant qu'« on fait en sorte que des gens qui n'auraient pas dû exister existent… on sauve les malades, les handicapés… c'est très bien, ça donne bonne conscience, mais c’est pas comme ça qu'on construit une civilisation, c'est comme ça qu’on la détruit[14],[15] ».

Il a assuré la promotion d'articles de survivalisme[16] sur le commerce en ligne prenons le maquis d'Alain Soral[17], dont il a été partenaire et actionnaire[18].

Controverses[modifier | modifier le code]

Le politologue Stéphane François le présente comme « un vieux militant d'extrême droite, ancien collaborateur de Synergies européennes »[10] ; l'universitaire Zoé Carle, comme « le chantre d’un survivalisme racialiste blanc »[19]. Selon Mediapart, il est « à l'origine de [la] régénérescence » de l'activisme suprémaciste blanc en France, en particulier à travers son ouvrage Survivre à l'effondrement économique, affirmant que « certains militants veulent s'inspirer de son mode d'emploi pour créer des groupes de survie, sorte de « Tarnac de droite »[6].

En 2016, le chef du département valaisan de la formation et de la sécurité Oskar Freysinger (UDC) l'engage comme consultant externe dans la gestion des risques[20],[2],[21],[22],[23],[24]. Cette nomination suscite de nombreuses réactions de la part du monde politique valaisan. Alors que la présidente du gouvernement se dit « profondément choquée par des propos indignes de notre civilisation »[14],[25], tous les partis à l'exception de l'UDC s'étonnent et condamnent ce choix[26] « gravissime »[27]. Dans les heures qui ont suivi la conférence de presse du 29 novembre 2016, Piero San Giorgio aurait lui-même[14] tenté de retirer de sa page Wikipédia les informations lui prêtant des relations avec les milieux de l'extrême-droite radicale française[28]. .

Le 1er décembre 2016, une pétition en ligne[29] est lancée pour demander la démission de Piero San Giorgio, « figure radicale et très controversée de l'extrême-droite ultra‐nationaliste », « très proche des milieux néo‐nazis »etc. Esther Waeber Kalbermatten, « profondément choquée », a dénoncé « un appel à la haine » et « un retour inquiétant vers les heures les plus sombres de l'histoire européenne ». Le 2 décembre 2016, le Conseil d'Etat valaisan renonce définitivement à ses services[30] « suite à ses propos tenus sur les réseaux sociaux »[8]. À la suite de cette controverse, Piero San Giorgio publie une vidéo sur sa chaîne YouTube[31] où il évoque la tempête sur les médias provoquée par les courts extraits de son entretien de deux heures et demie avec Daniel Conversano. Piero San Giorgio a nié, notamment dans une interview dans Le Matin Dimanche, être néo-nazi, contre les handicapés et regrette que ses propos aient été mal compris et sortis de leur contexte[32].

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Survivre à l'effondrement économique, éditions Le Retour aux sources, 2011
  • Rues barbares : survivre en ville (coécrit avec Vol West), éditions Le Retour aux sources, 2012
  • Femmes au bord de la Crise, éditions Le Retour aux sources, 2014
  • NRBC : survivre aux évènements Nucléaires, Radiologiques, Biologiques et Chimiques (coécrit avec Cris Millennium), éditions Le Retour aux sources, 2016

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • Préface de Too Much Magic, l'Amérique désenchantée, de James Howard Kunstler, éditions Le Retour aux sources, 2014
  • Préface de La Voie Virile de Jack Donovan, éditions Le Retour aux sources, 2015
  • Préface de Désolé Jean-Pierre de Daniel Conversano, éditions Petit Jean, 2018
  • Préface de L'éveil des consciences ou comment devenir un homme libre, de Frédéric Delavier, éditions Human Evolution, 2018
  • Préface de Devenir un Barbare de Jack Donovan, éditions Le Retour aux sources, 2018

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1] L'OBS : Ces inquiétants stages « commandos » qui remplissent les poches d'Alain Soral
  2. a et b « Valais: Freysinger engage un consultant d'extrême droite », Le Matin,‎ (lire en ligne)
  3. « Andiamo ou comment attirer les Américains en Europe », sur lesechos.fr, (consulté le 5 décembre 2016)
  4. Robin D'Angelo et Mathieu Molard, Le Système Soral, Calmann-Lévy, (ISBN 9782702158418, lire en ligne)
  5. « L’ombre d’un survivaliste plane autour de SGS », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  6. a et b Matthieu Suc et Marine Turchi, « En France aussi, les services de renseignement s’inquiètent de l’activisme des suprémacistes blancs », sur Mediapart, (consulté le 17 mars 2019).
  7. « Portrait de Piero San Giorgio, genevois qui se prépare à survivre à un effondrement économique qui entraînerait un chaos social », RTS Info « 19h30 »,‎ (lire en ligne [vidéo])
    « Pour survivre à ce scénario catastrophe, ce survivaliste s'est organisé un repaire où il compte emmener ses proches en cas de coup dur. »
  8. a et b « Sous pression, Oskar Freysinger renonce aux conseils du survivaliste », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  9. Migros Magazine : survie, mode d'emploi
  10. a et b Stéphane François, « L’extrême droite française et l’écologie. Retour sur une polémique », Revue française d'histoire des idées politiques, L'Harmattan, vol. 2/2016, no 44,‎ , Pages 187 - 208 (ISBN 9782343104799, lire en ligne, consulté le 28 décembre 2016)(inscription nécessaire) – via Cairn.info
  11. [2] L'OBS : « Il faudra survivre dans le chaos, envers et contre tout »
  12. [3] SPLCenter.org : Active White Nationalist Groups.
  13. a et b Ellen Salvi, « La droite extrême à l'assaut du livre », Revue du crieur, no 4,‎ , p. 123
  14. a b et c « Le survivaliste indigne la présidente du gouvernement valaisan », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  15. « Oskar Freysinger renonce à consulter le survivaliste Piero San Giorgio », RTS Info,‎ 2-3 décembre 2016 (lire en ligne)
  16. « Alain Soral, petit idéologue et grand épicier », Article11,‎ (lire en ligne)
  17. Robin d'Angelo et Mathieu Molard, Le Système Soral, enquête sur un facho business, Calmann-Lévy, 2015, Lire en ligne.
  18. L'OBS : Ces inquiétants stages « commandos » qui remplissent les poches d'Alain Soral
  19. Zoé Carle, « Les contre-révolutions écologiques des droites dures », Revue du crieur, no 8,‎ (lire en ligne, consulté le 23 octobre 2017)
  20. « Le survivaliste qui murmure à l’oreille d’Oskar Freysinger », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  21. « Etat du Valais: Qui est Piero San Giorgio? », Le Nouvelliste,‎ (lire en ligne)
  22. « Le nouveau consultant survivaliste de Freysinger », 20 Minutes,‎ (lire en ligne)
  23. « Oskar Freysinger engage un survivaliste comme consultant », RTS,‎ (lire en ligne)
  24. « Piero San Giorgio : « Je ne comprends pas pourquoi on l’associe à l’extrême droite » », Le Nouvelliste,‎ (lire en ligne)
  25. « Piero San Giorgio: Esther Waeber-Kalbermatten dénonce le choix d'Oskar Freysinger », Le Nouvelliste,‎ (lire en ligne)
  26. « L’expert «survivaliste» de Freysinger fait jaser », 24 Heures,‎ (lire en ligne)
  27. « Le choix «gravissime» d’Oskar Freysinger », Arc Info,‎ (lire en ligne)
  28. « Piero San Giorgio: la guerre des mots sur Wikipedia », Le Nouvelliste,‎ (lire en ligne)
  29. Pétition en ligne : Conseil d'Etat valaisan: nous exigeons la démission immédiate de Piero San Giorgio
  30. « Affaire San Giorgio: le Département de la formation et de la sécurité ne fera plus appel au consultant externe », sur www.lenouvelliste.ch (consulté le 2 décembre 2016)
  31. [vidéo] Piero San Giorgio - Polémique récente Freysinger + Facebook sur YouTube
  32. Lucien Christen, « «Oskar Freysinger a vite botté en touche» », lematin.ch,‎ (lire en ligne, consulté le 5 décembre 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]