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Lamarck - Caulaincourt (métro de Paris)

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Lamarck - Caulaincourt
Vue des quais.
Vue des quais.
Localisation
Pays France
Ville Paris
Arrondissement 18e
Coordonnées
géographiques
48° 53′ 23″ nord, 2° 20′ 19″ est

Carte

Caractéristiques
Position par
rapport au sol
Souterraine
Voies 2
Quais 2
Nombre d'accès 1
Accessibilité Non
Zone 1 (tarification Île-de-France)
Transit annuel 1 875 717 (2021)
Historique
Mise en service 31 octobre 1912
Nom inaugural Lamarck
Gestion et exploitation
Propriétaire RATP
Exploitant RATP
Code(s) de la station 2012
Ligne(s) (M)(12)
Correspondances
Bus (BUS)RATP4080
(12)

Lamarck - Caulaincourt est une station de la ligne 12 du métro de Paris, située dans le 18e arrondissement de Paris.

Situation[modifier | modifier le code]

La station, qui se trouve au point culminant de la ligne[1], est implantée au nord de la butte Montmartre, à la limite administrative entre le quartier des Grandes-Carrières à l'ouest et celui de Clignancourt à l'est. Elle est établie en courbe sous la place Constantin-Pecqueur, selon l'axe de la rue Pierre-Dac. Approximativement orientée nord-sud, elle s'intercale entre les stations Jules Joffrin et Abbesses.

Histoire[modifier | modifier le code]

La station est ouverte le 31 octobre 1912 avec la mise en service du deuxième prolongement de la ligne A de la Société du chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud de Paris (dite Nord-Sud), depuis le terminus provisoire de Pigalle jusqu'à la station Jules Joffrin. Cette extension fut décidée par le conseil municipal du sur proposition d'Édouard Ballière[2],[3] et déclarée d'utilité publique par la loi du votée sur proposition de Louis Barthou[4].

Il était prévu dans les projets initiaux que la station soit dénommée Pecqueur, du fait de son implantation sous la place Constantin-Pecqueur. Elle est finalement baptisée Lamarck à son inauguration, car l'édicule d'accès débouche sur la rue Lamarck, ainsi nommée en hommage au naturaliste français Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829).

Puis elle porta le nom de Lamarck (Caulaincourt) en raison de sa proximité avec la rue Caulaincourt, laquelle rend hommage au général Armand de Caulaincourt, duc de Vicence (1773-1827) et défenseur du quartier en 1814. Son nom fut d'abord rajouté en tant que simple précision avant d'être intégré officiellement au toponyme de la station, ainsi devenu Lamarck - Caulaincourt. Cependant, sur les quais, la céramique entre les cadres publicitaires ne porte toujours que la dénomination originelle de « Lamarck », seule la faïence surmontant ces mêmes cadres affichant le nom complet.

Le , la ligne A devient l'actuelle ligne 12 du métro à la suite de l'absorption de la société du Nord-Sud le par sa concurrente, la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (dite CMP), qui gère la concession de l'essentiel des autres lignes du réseau.

En 1944, sous l'Occupation allemande, la station sert d'abri anti-aérien pendant une alerte[5], comme vingt-sept autres stations lors de la Seconde Guerre mondiale, majoritairement concentrées sur les lignes 7, 11 et 12 du fait de leur importante profondeur[6].

Comme l'ensemble des points d'arrêt de la ligne 12 de 1959 à 1960, les quais sont modernisés par la mise en place d'un carrossage métallique sur les piédroits, avec des montants horizontaux verts et des cadres publicitaires dorés, éclairés par le haut. Cet aménagement, alors largement utilisé sur le réseau en tant que moyen de rénover les stations rapidement et à moindre coût, est par la suite complété de sièges du style « Andreu-Motte », de couleur verte afin de s'harmoniser avec la teinte des lambris.

Dans le cadre du programme « Renouveau du métro » de la RATP, les quais de la station sont rénovés de 2000 à 2001, entraînant la dépose du carrossage au profit d'une restitution de la décoration « Nord-Sud » d'origine, puis les couloirs et la salle de distribution font l'objet du même traitement en 2006, nécessitant la fermeture de la station au public du au de l'année précitée.

Fréquentation[modifier | modifier le code]

Selon les estimations de la RATP, la station a vu entrer 2 704 202 voyageurs en 2019, ce qui la place à la 194e position des stations de métro pour sa fréquentation sur 302[7],[8]. En 2020, avec la crise du Covid-19, son trafic annuel tombe à 1 283 881 voyageurs, la reléguant alors au 199e rang[9], avant de remonter progressivement en 2021 avec 1 875 717 entrants comptabilisés, ce qui la classe à la 191e position des stations du réseau pour sa fréquentation cette année-là[10].

Services aux voyageurs[modifier | modifier le code]

Accès[modifier | modifier le code]

L'entrée de la station.

L'unique accès à la station est implanté dans la rue Lamarck au débouché de la rue Pierre-Dac. Il est entouré de deux escaliers de cette dernière, témoignant du terrain accidenté des abords de la butte Montmartre. Du fait de sa configuration à flanc de coteau limitant sa visibilité, il est orné d'une part d'un candélabre Nord-Sud original déporté sur le trottoir, et surmonté d'autre part d'un signal ordinaire de cette compagnie.

L'accès aux quais s'effectue au moyen d'un ascenseur ou d'un escalier en colimaçon.

Quais[modifier | modifier le code]

Lamarck - Caulaincourt est une station en courbe de configuration standard : elle possède deux quais, d'une longueur de 75 mètres, séparés par les voies du métro situées au centre et la voûte est semi-elliptique, forme spécifique aux anciennes stations du Nord-Sud dont la partie inférieure des piédroits était verticale et non courbée. Les quais sont établis à 25 mètres sous le niveau de l'entrée[11], selon un profil spécial caractérisé par une voûte surbaissée afin de supporter la pression considérable du gypse ; cette particularité se retrouve à la station suivante sur la même ligne : Abbesses, également enfouie à grande profondeur sous la butte Montmartre[11].

Céramique incorporant le nom d'origine de la station.

La décoration en céramique reprend le style caractéristique du « Nord-Sud » d'origine, de couleur marron comme il en est d'usage dans les stations sans correspondance, selon les codes graphiques de cette ancienne compagnie. Cette teinte s'applique aux cadres publicitaires et aux entourages du nom de la station avec motifs végétaux et lettres « NS » entrelacées, ainsi qu'aux dessins géométriques marron sur les piédroits et la voûte. Le nom est inscrit en céramique blanche sur fond bleu, de petite taille au-dessus des cadres publicitaires et de très grande taille entre ces cadres, tandis que les anciennes directions de la ligne sont incorporées dans la faïence sur les tympans. Les carreaux en céramique blancs biseautés recouvrent les piédroits, la voûte ainsi que les tympans. L'éclairage est assuré par deux bandeaux-tubes suspendus et les sièges, disposés au droit des faïences nominatives de grande taille, sont de style « Akiko » de couleur bordeaux.

Intermodalité[modifier | modifier le code]

La station est desservie par les lignes 40 et 80 du réseau de bus RATP.

À proximité[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

L'accès de la station est visible dans le film Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, mais il est présenté au bout de la rue Lepic, où se trouve en réalité la station Blanche sur la ligne 2.

Le même accès est également représenté dans le film d'animation Dilili à Paris, de Michel Ocelot. Cependant, sa présence dans le Paris de 1900 est légèrement anachronique puisque la station n'ouvrit qu'en 1912. De même, l'accès apparaît orné d'un édicule Guimard alors que la station n'en a jamais possédé, ayant été construite par la société du Nord-Sud qui appliquait son propre style décoratif à ses accès.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Clive Lamming, Métro insolite, 2001, p. 97.
  2. Fiche d'Édouard Ballière, membre nommé en 1903, de la commission du Vieux Paris, sur cths.fr (consulté le 23 juillet 2011).
  3. Paris et les élections municipales sous la Troisième République, sur books.google.fr (consulté le 23 juillet 2011).
  4. Claude Berton, Alexandre Ossadzow et Christiane Filloles-Allex, Fulgence Bienvenüe et la construction du métropolitain de Paris, Paris, Presses de l'École nationale des ponts et chaussées, , 2e éd., 222 p. (ISBN 978-2-85978-422-5, lire en ligne), p. 183.
  5. « Le métro parisien sous l'occupation », sur archivchemindefer.free.fr (consulté le ).
  6. « Paris sous terre, ces refuges oubliés de la Seconde Guerre mondiale », sur www.paris.fr (consulté le )
  7. « Trafic annuel entrant (2019) », sur data.ratp.fr, (consulté le )
  8. Le nombre de 302 stations n'inclut pas la station fictive Funiculaire de Montmartre. Cette dernière est en effet considérée comme une station de métro (et deux points d'arrêts) par la RATP et rattachée statistiquement à la ligne 2, ce qui explique pourquoi la RATP annonce 303 stations et non 302 en 2019.
  9. « Trafic annuel entrant 2020 », sur data.ratp.fr, (consulté le )
  10. « Trafic annuel entrant 2021 », sur data.ratp.fr, (consulté le )
  11. a et b Jean Robert, Notre métro, p. 88.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]