Vigne de Montmartre

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La vigne 15 jours après les vendanges 2008.

La vigne de Montmartre, dont le nom officiel est le Clos-Montmartre, est une vigne plantée sur la butte Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Le clos vu depuis la rue des Saules.

Le vignoble pousse sur le flanc nord de la Butte Montmartre, le long de la rue Saint-Vincent et de la rue des Saules.

De part et d'autre se trouvent deux bâtiments montmartrois célèbres : le cabaret du Lapin Agile et le Musée de Montmartre.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'existence de vignes à Montmartre est attestée dès 944[1].

Au XIIe siècle, des vignes sont plantées par les Dames de l'abbaye de Montmartre fondée par Adélaïde de Savoie[2].

L'appauvrissement de l'abbaye amène celle-ci à vendre ses parcelles de vigne. Au XVIe siècle les habitants de Montmartre, localité située alors hors Paris, sont principalement laboureurs-vignerons. Les vignes sont cultivées du sommet de la Butte jusqu'aux plaines environnantes. Tour à tour vin blanc puis rouge, le vin de Montmartre est connu sous différentes appellations : « le clos Berthaud », « La Goutte d'or », « Le Sacalie », « La Sauvageonne » ou encore plus tard, « Le Picolo »[3].

Au XVIIe siècle le vin de Montmartre est un petit vin réservé à la consommation locale.

Un dicton populaire de l'époque se moque de sa qualité qui semble être ici exclusivement diurétique :

« C'est du vin de Montmartre
Qui en boit pinte en pisse quarte. »

(une pinte équivaut à 93 centilitres et une quarte à 67 litres)

Au début du XVIIe siècle, à l'emplacement actuel du Clos-Montmartre, s'élève une guinguette champêtre. Son nom, « Le Parc de la Belle Gabrielle », vient du voisinage d'une maison qui aurait appartenu à Gabrielle d'Estrées, maîtresse du roi Henri IV. Au XVIIIe siècle, la colline est recouverte aux 3/4 de vignes et le vin, non soumis aux droits d'octroi car en dehors de Paris, a favorisé l'ouverture de tavernes et cabarets[2].

A l'endroit des vignes actuelles, il y avait un jardin et une maison où habitait Aristide Bruant. Toulouse Lautrec est venu peindre dans ce jardin et dans la maison à côté Renoir (ce qui est maintenant le musée de Montmartre).

Plus tard le lieu se transforme principalement en terrain vague, asile pour les clochards et terrain de jeux pour les enfants du voisinage. Lorsque Montmartre est annexée à Paris en 1860, les habitations se développent au détriment de la vigne restante.

A la mort d'Aristide Bruant, la ville de Paris rachète le lieu. Il est prévu d'y construire des immeubles (nous sommes en 1930).
C'est sans compter sur la mobilisation des habitants du quartier qui s'opposent à ces constructions. Le préfet de l'époque les entend et rend le terrain inconstructible.

Après la disparition complète de ses vignes en 1928, Montmartre est replanté cinq ans plus tard de 2 000 pieds de gamay et de pinot noir provenant du domaine de Thomery près de Fontainebleau. Situés dans le 18e arrondissement de Paris à l'angle de la rue des Saules et de la rue Saint-Vincent, les 2 000 m2 du Clos Montmartre s'étendent à l'emplacement de l'ancien square de la Liberté, aménagé par le dessinateur Francisque Poulbot, fondateur de la république de Montmartre, en 1929. L'exposition au nord du Clos Montmartre en fait une sorte d'aberration viticole, ce qui explique que sa vendange a lieu fort tard, c'est-à-dire à la mi-octobre par les personnels publics-vignerons du service des parcs et jardins de la Ville de Paris[4].

En 1933, la ville de Paris, répondant aux vœux de la société « Le Vieux Montmartre », crée le Clos-Montmartre en plantant 2 000 pieds de vigne (0,15 hectare) au nord de la butte, afin de limiter l'expansion immobilière. La première fête des vendanges en 1934, parrainée par Mistinguett et Fernandel, a lieu en présence du président de la République Albert Lebrun[5]. Mais il n'y avait pas encore de raisin ! Donc on achète du raisin aux Halles et on accroche des grappes avec du fil afin que les parrains puissent les couper.

Cette vigne (il reste aujourd'hui 1 762 pieds selon les propos de Gilles Guillet, grand maître de la Commanderie du Clos-Montmartre dans l'émission Les Escapades de Petitrenaud) aujourd'hui « comprend les variétés les plus classiques des provinces viticoles de France, ainsi qu'une sélection d'hybrides vigoureux et fertiles ». L'ensemble est embelli par des plantations décoratives.

Actuellement, il y a 30 cépages différents, 70 % de ces cépages sont anciens. On remplace petit à petit les pieds par des vignes venant de Suisse.

Le vin a longtemps été considéré comme de la piquette mais ce n'est plus le cas actuellement car tout est fait pour que le vin soit excellent. En 2016, une œnologue et un vigneron s'occupent de cette vigne.

L'accès du public n'est pas autorisé, sauf pour des occasions exceptionnelles, comme la « Fête des Jardins », organisée chaque automne depuis 1980 par la mairie de Paris.

Chaque année, au mois d'octobre est organisée à Montmartre une Fête des vendanges de Montmartre, avec un défilé réunissant les associations montmartroises et des confréries vinicoles de provinces invitées. La récolte de l'année 2016 est de 1950 kg.

La cueillette du raisin ne donne pas lieu à une manifestation publique particulière. Il est pressé dans les caves de la mairie du 18e arrondissement.

Le vin est alors vendu aux enchères. Le bénéfice revient aux œuvres sociales de la Butte.

Les vignes ne sont pas ouvertes au public. Pendant la fête des vendanges, il est organisé des visites commentées. Il faut réserver par internet.

Source[modifier | modifier le code]

  • Document imprimé d'information, diffusé par la mairie de Paris au moment de la Fête des Jardins 2008.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, île-de-France-Paris et environs 2011-12, Petit Futé, , p. 45.
  2. a et b Romy Ducoulombier, « La petite histoire des vignes de la butte Montmartre... », sur Le Figaro, .
  3. Jehan Mousnier, Paris 18e Arrondissement : historique et pittoresque, Paris, M. Dansel, , 210 p. (ISBN 2-903547-21-1), p. 87.
  4. Kilien Stengel et Loïc Bienassis, Montmartre en 200 questions, Saint-Avertin, éditions Alan Sutton, coll. « En 200 questions », , 206 p. (ISBN 978-2-8138-0496-9).
  5. Martine Constans, Paris : Les 20 arrondissements parisiens et les environs, La Renaissance du Livre, , p. 351.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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