Kodkod

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Le Kodkod ou Guiña (Oncifelis guigna ou Leopardus guigna) est un félin autochtone de l'Amérique du Sud. Sa distribution comprend la Patagonie de l'Argentine et du Chili. Son nom provient du mapudungun huyñaum, qui signifie « changement de demeure » ou « déménagement », à cause de ses habitudes errantes.

Description[modifier | modifier le code]

Kodkod.

C'est le plus petit des félins sauvages d'Amérique. Sa longueur de la tête à la base de la queue est de 40 à 52 cm, avec une longueur de la queue de 19 à 25 cm et son poids de 1,5 à 3 kg[1]. Son pelage montre des taches noires et arrondies sur fond marron. La robe est de couleur plus claire sur l'abdomen et les taches forment de bandes. Sa queue a 10 à 14 bandes noires (généralement 12) et on peut observer des exemplaires entièrement noirs. Il ressemble beaucoup au Chat de Geoffroy.

Les mères ont habituellement de un à quatre petits. Leur période de gestation est de 75 jours[1]. La longévité du kodkod est de 15 ans.

Chasseur nocturne, d'habitudes arboricoles, ses proies sont de petits rongeurs (arboricoles de préférence), des petits marsupiaux, des perdrix et des colombes. Il utilise les arbres comme tanières. Ses ennemis naturels sont le puma et le culpeo ou renard roux.

On ne connaît pas sa population actuelle. Son état de conservation est « Vulnérable » selon la liste rouge des espèces menacées de l'UICN. Actuellement il est protégé légalement tant au Chili qu'en Argentine.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Arbre phylogénétique du genre Leopardus[2]

   Leopardus   


 Leopardus wiedii - Marguay



 Leopardus pardalis - Ocelot






 Leopardus jacobita - Chat des Andes



 Leopardus colocolo - Chat des Pampas





 Leopardus tigrinus - Chat-tigre



 Leopardus guigna - Kodkod



 Leopardus geoffroyi - Chat de Geoffroy





La phylogénie s'est longtemps basée sur l'étude des fossiles d'un animal afin de préciser l'apparition et l'évolution d'une espèce. La phylogénie moderne s'appuie essentiellement sur les analyses génétiques en raison du nombre peu important de fossiles de félins. Le premier félin est apparu il y a onze millions d'années[2].

Les félins ont divergé en huit lignées distinctes. La lignée des ocelots, correspondant au genre Leopardus est la quatrième par ordre de divergence. Il y a neuf millions d'années, les félins migrent pour la première fois vers le continent américain en passant par la Béringie[Note 1],[2].

Le niveau des océans remontent à nouveau au cours du Miocène, et les précurseurs des lignées de l'ocelot, du lynx et du puma se trouvent isolés des populations du vieux continent. La lignée de l'ocelot commence à diverger il y a huit millions d'années. Elle se distingue notamment par un nombre de chromosomes différents de celui des autres lignées : 36 chromosomes au lieu de 38. Durant le Pliocène, il y a deux à trois millions d'années, le niveau des océans baisse à nouveau : l'isthme de Panama émerge et permet aux félins, et notamment à la lignée de l'ocelot, de conquérir l'Amérique du Sud[Note 2]. La diversification en espèces s'opère durant cette période et le dernier ancêtre commun du genre Leopardus est daté d'il y a 2,9 millions d'années[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Béringie correspond au détroit de Béring. Il s'agit d'un pont de terre entre l'Asie et l'Amérique qui est apparu plusieurs fois au cours des récentes périodes géologiques.
  2. Cette période est appelée Grand échange interaméricain. L'Amérique du Sud était isolée des autres continents depuis des dizaines de millions d'années. L'arrivée des félins correspond notamment à la disparition des grands prédateurs du continent sudaméricain.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Référence Animal Diversity Web : Oncifelis guigna (en)
  2. a, b, c et d Stephen O'Brien et Warren Johnson, « L'évolution des chats », Pour la science, no 366,‎ (ISSN 0153-4092) basée sur (en) W. Johnson et al., « The late Miocene radiation of modern felidae : a genetic assessment », Science, no 311,‎ et (en) C. Driscoll et al., « The near eastern origin of cat domestication », Science, no 317,‎

Annexes[modifier | modifier le code]

Aire de répartition du Kodkod.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]