Région de l'Araucanie

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Région de l'Araucanie
Blason de Région de l'Araucanie
Blason
Drapeau de Région de l'Araucanie
Drapeau
Noms
Nom espagnol Región de la Araucanía
Administration
Pays Drapeau du Chili Chili
ISO 3166-2 AR
Capitale Temuco
Provinces 2
Communes 32
Intendant Miguel Hernández (PDC)
Président du Conseil régional Juan Carlos Beltrán (RN)
Conseillers régionaux 20
Sénateurs 5
Députés 11
Démographie
Population 957 224 hab. (2017)
Densité 30 hab./km2
Géographie
Coordonnées 38° 54′ sud, 72° 40′ ouest
Superficie 31 842,3 km2
Localisation
Localisation de Région de l'Araucanie
Localisation de la région au Chili.
Liens
Site web www.laaraucania.cl

La Región de la Araucanía au Chili est une région du pays. L'Araucanie est entourée au nord par la région du Biobío, à l'est par l'Argentine et au sud par la Région des Fleuves.

Sa capitale régionale, Temuco, est située à 670 km de Santiago et comptait 245 347 habitants en 2002. Son nom en mapudungun (langue des Indiens mapuches) veut dire eau de Temu, le Temu (en) étant un arbuste odoriférant à fruits comestibles[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette région était, à l'époque coloniale, la frontière entre le territoire contrôlé par les Espagnols et les terres des Indiens mapuches. De la même manière qu'aux États-Unis, les Indiens combattirent les Espagnols, puis le gouvernement chilien jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Antoine de Tounens (1825-1878), roi d'Araucanie et de Patagonie sous le nom d'Orélie-Antoine Ier de 1860 à 1862.

En 1860, Antoine de Tounens (1825-1878), un avoué français originaire du Périgord, débarque en Araucanie avec le projet de créer un royaume pour les Mapuches. Promettant des armes aux Indiens mapuches[2] et profitant d'une légende d'un sauveur blanc qui les mènera à la victoire[3], il gagne à ses projets l'enthousiasme de quelques chefs mapuches[2] qui voient en lui le sauveur qui les libérera des autorités chiliennes, et l'élisent toqui (chef de guerre) suprême des Mapuches[4],[5],[6],[7].

Lors d'une assemblée mapuche, Antoine de Tounens s'autoproclame[8],[9],[10],[11],[12] ou se fait proclamer[13],[14],[15],[16] ou est proclamé[17],[18] (selon ses propos)[19], roi d'Araucanie, sous le nom d'Orélie-Antoine Ier (ou Orllie-Antoine Ier). « Considérant que l'Araucanie ne dépend d'aucun autre État, qu'elle est divisée par tribus et qu'un gouvernement central est réclamé », il décrète le « une monarchie constitutionnelle héréditaire est fondée en Araucanie ; le prince Orllie-Antoine de Tounens est nommé roi »[20] et décrète le même jour la Constitution de son royaume. Trois jours plus tard, il décrète l'union de l'Araucanie et de la Patagonie.

Mais Antoine de Tounens est finalement fait prisonnier par les troupes chiliennes le . La cour de justice de Santiago le déclare fou le , et ordonne son internement dans un asile d'aliénés[21]. Grâce à l'intervention du consul général de France, il est libéré et embarque pour la France le . Là, il lance une souscription en faveur de son royaume qui ne rencontre que les moqueries de la presse. Ayant néanmoins tenté à plusieurs reprises de regagner l'Araucanie, il sera expulsé à chaque fois par les autorités chiliennes ou argentines, et mourra à Tourtoirac (Dordogne) en 1878.

Les Mapuches sont encore majoritaires dans la région, et leur langue, le mapudungun, est à présent enseignée dans les écoles. Divers journaux et radios utilisent la langue mapuche. Leur mode de vie a notamment intéressé le peintre Johann Moritz Rugendas.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La situation n'est malgré tout pas réglée, car les Indiens revendiquent des droits sur des terres qui leur appartenaient par le passé et qui sont de nos jours aux mains de grands propriétaires terriens voire de multinationales chargées d'exploiter les ressources forestières. Depuis plusieurs années, des manifestations violentes opposent les Indiens et les forces de l'ordre.

Un réveil de la culture mapuche est perceptible dans la région et au niveau du pays, un nouvel attrait pour les Indiens s'est développé, mais les lois devant les protéger ne sont pas encore toutes véritablement adaptées à leur situation.

L'exclusion est encore monnaie courante vis-à-vis des autochtones et l'administration est avant tout dirigée par les descendants des créoles.

Géographie[modifier | modifier le code]

Les parcs nationaux qui jalonnent la région d'Araucanie sont nombreux et majestueux. Mais le plus atypique est certainement celui du volcan Lonquimay. Le 25 décembre 1989, surgit des flancs nord-est du Lonquimay (2 865 m), un cône qui projeta laves et cendres durant près d'une année. La haute teneur en fluor et les propriétés abrasives des cendres qui couvraient toute la région entraînèrent la perte de quelques milliers de têtes de bétail du cheptel local. Le spectacle qui en résulte est extraterrestre. Des cônes noirs dominent des pentes de sable rouge. Des araucarias recommencent à peupler les sommets. L'eau vive coule à nouveau, creusant son chemin dans les conduits souterrains obstrués.

Plus au Sud, Melipeuco, petit centre urbain mapuche, nous replonge dans les Andes traditionnelles. Les gaúchos chiliens sillonnent la campagne à cheval dirigeant leurs petits troupeaux de vaches et de moutons, mais avec téléphone portable et Internet.

Subdivisions administratives[modifier | modifier le code]

Divisions administratives de la région de l'Auricanie
Province Capitale Commune Chef-lieu
si ≠ de la commune
Population
(2012)[22]
Superficie
Cautin Temuco 1 Carahue 10 678 1 341
2 Cholchol 10 678 428
3 Cunco 16 361 1 907
4 Curarrehue 703 1 171
5 Freire 22 148 935
6 Galvarino 12 920 569
7 Gorbea 14 259 695
8 Lautaro 35 300 901
9 Loncoche 22 388 977
10 Melipeuco 5 782 1 107
11 Nueva Imperial 31 156 736
12 Padre Las Casas 75 255 465
13 Perquenco 7 081 331
14 Pitrufquén 15 001 581
15 Pucón 22 168 1 249
16 Saavedra Puerto Saavedra 11 384 401
17 Temuco 269 992 113
18 Teodoro Schmidt 40 881 1 313
19 Toltén 10 741 460
20 Vilcún 25 766 1 421
21 Villarrica 51 511 1 291
Malleco Angol 22 Angol 50 821 1 194
23 Collipulli 23 336 1 296
24 Curacautín 16 508 1 664
25 Ercilla 8 490 500
26 Lonquimay 10 438 3 914
27 Los Sauces 7 169 850
28 Lumaco 9 650 119
29 Purén 12 016 465
30 Renaico 10 403 267
31 Traiguén 17 171 908
32 Victoria 32 890 1 256
Araucanía Comunas.png

Économie[modifier | modifier le code]

La région tire des revenus de l'agriculture (blé, avoine, production de fruits), mais principalement du tourisme (lacs et soleil en été, ski en hiver).

Région pauvre à la fin des années 1970, elle est devenue beaucoup plus prospère ce qui a permis d'améliorer les infrastructures publiques. La nouvelle autoroute Santiago - Puerto Montt a rapproché la région du principal aéroport du pays (par où sont exportés les fruits) et les ports de Valdivia et Puerto Montt.

Attraits[modifier | modifier le code]

La région dispose de plusieurs centres touristiques importants dont celui du volcan Villarrica et Pucón, particulièrement apprécié par les touristes étrangers et la jeunesse dorée de Santiago.

Référence littéraire[modifier | modifier le code]

Page 111 du tome 1 des "Enfants du capitaine Grant", décrivant la région de l'Araucanie.

La région est décrite par Jules Verne dans Les Enfants du capitaine Grant : «Arauco est la capitale de l'Araucanie, un État long de cent cinquante lieues, large de trente, habité par les Molouches, ces fils aînés de la race chilienne chantés par le poëte Ercilla. Race fière et forte, la seule des deux Amériques qui n'ait jamais subi une domination étrangère... » (tome 1 des Enfants du capitaine Grant, chapitre XI : Traversée du Chili, page 111 dans une édition de 1924 mise en référence en image ci-contre)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Monographs Details: Blepharocalyx cruckshanksii (Hook. & Arn.) Nied. », sur World Flora Online (consulté le 30 mai 2018).
  2. a et b Christian Rudel, Le Chili, KARTHALA Editions, (lire en ligne), p. 114.
  3. Bruno Fuligni, L'Etat c'est moi: histoire des monarchies privées, principautés de fantaisie et autres républiques pirates, Editions de Paris, (lire en ligne), p. 97.
  4. Marc Blancpain, Orllie Antoine Ier: roi d'Araucanie et de Patagonie, P. Fanlac, (lire en ligne), p. 63.
  5. Herbert Wendt, The Red, White, and Black Continent : Latin America, Land of Reformers and Rebels, Doubleday, (lire en ligne), p. 271.
  6. Émile Housse, Une Épopée indienne : les Araucans du Chili ; histoire, guerres, croyances, coutumes, du XIVe au XXe siècle, Plon, (lire en ligne), p. 281.
  7. Tommie Junior Hillmon, A History of the Armed Forces of Chile from Independence to 1920, Syracuse University, (lire en ligne), p. 124.
  8. Jorge Fernández Correa, El naufragio del naturalista belga, RIL Editores, (lire en ligne), p. 251.
  9. Carlos Foresti Serrano, Eva Löfquist, Álvaro Foresti, María Clara Medina, La narrativa chilena desde la independencia hasta la Guerra del Pacífico, Editorial Andrés Bello, (lire en ligne), p. 63.
  10. Procesos, Corporación Editora Nacional, (lire en ligne), p. 64.
  11. Patagonia: History, Myths and Legends, Duggan-Webster, (lire en ligne), p. 65.
  12. Fernando Devot, Pilar González-Bernaldo, Emigration politique : une perspective comparative, Harmattan, (lire en ligne), p. 13.
  13. André-Pierre Chavatte, Rendez-vous avec la veuve à Périgueux, BoD 2012, page 132 (lire en ligne).
  14. Jean Lecompte, Monnaies et jetons des colonies françaises, Editions Victor Gadoury, 2000, page 8 (lire en ligne).
  15. Axel Maugey, Les élites argentines et la France,Harmattan, 1998, page 117 (lire en ligne).
  16. Édition hebdomadaire du journal des débats, Volume 18, 1911, page 1178 (lire en ligne).
  17. Gareyte, Jean-François., Le rêve du sorcier : Antoine de Tounens, roi d'Araucanie et de Patagonie : une biographie. Tome I, La Lauze, dl 2016 (ISBN 9782352490524, OCLC 951666133, lire en ligne)
  18. Léo Magne, L’Extraordinaire Aventure d’Antoine de Tounens, Gentilhomme Périgordin, Avoué, Conquistador, roi d’Araucanie-Patagonie, préface d’André Maurois,, Paris, éditions Latino-Américaines, , 199 p.
  19. André Des Vergnes, Antoine de Tounens, 1825-1878 : le conquistador français fondateur du royaume d'Araucanie et de Patagonie, Quartier Latin, (lire en ligne), p. 104;128;135.
  20. Antoine de Tounens, Orllie-Antoine Ier: roi d'Araucanie et de Patagonie, son avénement au trône, et sa captivité au Chili, Thevelin, (lire en ligne), p. 16.
  21. Marc de Villiers du Terrage, Conquistadores et roitelets: Rois sans couronne: du roi des Canaries à l'empereur du Sahara, Perrin et cie, (lire en ligne), p. 351.
  22. (es) David Bravo, Osvaldo Larrañaga, Isabel Millán, Magda Ruiz, Felipe Zamorano, « Anexos al Informe Final Comisión Externa Revisora del CENSO 2012 », Instituto Nacional de Estadísticas,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]