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Prionailurus

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Chats-léopards

Prionailurus
Description de cette image, également commentée ci-après
Les espèces du genre Prionailurus dans le sens des aiguilles d'une montre : chat léopard du Bengale (P. bengalensis), chat léopard de la Sonde (P. javanensis), chat à tête plate (P. planiceps), chat viverrin (P. viverrinus).
0.129–0 Ma
5 collections
Classification
Règne Animalia
Sous-embr. Vertebrata
Super-classe Tetrapoda
Classe Mammalia
Cohorte Placentalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Felidae
Sous-famille Felinae

Genre

Prionailurus
Severtzov, 1858[1]
Description de l'image Prionailurus range.png.

Synonymes

Prionailurus est un genre de mammifère carnivore de la famille des félins, dans la sous-famille des félinés. Ce groupe comprend les Chats-léopards au sens large. On les trouvent principalement en Asie du Sud-Est[11].

Les forêts constituent leur habitat de prédilection ; ils se nourrissent de petits mammifères, de reptiles et d’oiseaux, et occasionnellement d’animaux aquatiques[12]. Plusieurs de ces félins ont la particularité d'être adaptés au milieu aquatique et d'avoir des griffes seulement partiellement rétractiles.

Le genre Prionailurus a été proposé pour la première fois par l’explorateur et naturaliste russe Nikolai Severtzov en 1858 comme nom générique pour un seul félidé présent en Asie tropicale, à savoir Felis pardachrous décrit par Brian Houghton Hodgson : le chat du Bengale. Comme variétés, Severtzov mentionne Felis nipalensis décrit par Thomas Horsfield et Nicholas Aylward Vigors, Leopardus Elliotti, Leopardus Horsfieldi et Leopardus chinensis décrits par John Edward Gray, ainsi que Felis bengalensis décrit par Anselme Gaëtan Desmarest[13].

Le zoologiste britannique Reginald Innes Pocock a reconnu la classification taxonomique de Prionailurus en 1917. En 1939, il a décrit le genre à partir de peaux et de crânes, qu’il a comparés à ceux du genre Felis. Les espèces du genre Prionailurus présentent un pelage tacheté, les marques étant souvent lancéolées, parfois en forme de rosette, et tendant parfois à se rejoindre en chaînes longitudinales, mais ne fusionnant jamais pour former des rayures verticales comme chez Felis. Les crânes des Prionailurus sont plus bas et moins bombés que ceux des Felis ; la partie faciale est plus courte que la partie crânienne, et la base de l’orbite est plus longue. Les os nasaux ne sont pas relevés au-dessus des narines antérieures, et la chambre externe de la bulle auditive est beaucoup plus petite que la chambre interne. Pocock a classé le chat du Bengale, le chat rubigineux et le chat viverrin comme appartenant au genre Prionailurus[14].

Le chat d’Iriomote (P. bengalensis iriomotensis) a été proposé comme espèce distincte sur la base de la morphologie, mais fut à la suite analyses génétiques considérée comme une sous-espèce de P. bengalensis[15], mais aujourd’hui considéré comme une population de P. b. euptilura depuis une réévaluation en 2017[16].

Les analyses moléculaires des populations de chats léopards indiquent une distinction nette entre les populations septentrionales de Tsushima, de Corée, de Sibérie, de Chine et de Taïwan, et celles d’Asie du Sud-Est. Si ces différences génétiques reflètent une divergence spécifique, P. b. euptilura pourrait constituer une espèce valide[17].

La classification de Prionailurus proposée par Pocock a été largement acceptée, et cinq espèces sont désormais reconnues[18].

Espèces actuelles

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Liste des espèces actuelles selon ITIS (11 octobre 2025)[19] et Mammal Diversity Database (11 octobre 2025)[20]
Nom binominal, vernaculaire et auteur Répartition Description Statut UICN
Prionailurus bengalensis
Chat du Bengale
(Kerr, 1792)

Asie du Sud, du Sud-Est et de l’Est continentale
Petit félin tacheté de taille comparable à celle d’un chat domestique, au pelage doré à brun clair marqué de taches sombres. Espèce très adaptable, occupant divers habitats forestiers et agricoles. (LC)
Prionailurus javanensis
Chat de Java
(Desmarest, 1816)

Îles de la Sonde (Java, Bali, Bornéo, Sumatra) et Philippines
Proche du chat léopard continental, mais généralement plus petit, au pelage plus sombre. Espèce insulaire occupant principalement les forêts tropicales et les zones marécageuses. (LC)
Prionailurus planiceps
Chat à tête plate
Vigors & Horsfield, 1827

Péninsule Malaise, Sumatra et Bornéo
Petit chat aquatique reconnaissable à sa tête allongée et aplatie, à ses yeux rapprochés et à son museau étroit. Étroitement associé aux zones humides et rivières. (EN)
Prionailurus viverrinus
Chat viverrin
(Bennett, 1833)

Asie du Sud et du Sud-Est
Félin robuste et trapu, à la tête large et au pelage tacheté. Excellente nageuse, cette espèce chasse poissons et amphibiens dans les zones marécageuses et les mangroves. (VU)
Prionailurus rubiginosus
Chat rubigineux
(I. Geoffroy Saint-Hilaire, 1831)

Népal, Inde et Sri Lanka
L’un des plus petits félins du monde. Pelage gris brun parsemé de petites taches rousses. Espèce discrète et principalement nocturne, vivant dans les forêts sèches et les zones rocheuses. (NT)

Espèces fossile

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Espèce fossile
Nom binominal, vernaculaire et auteur Répartition Description Statut
Prionailurus kurteni
(Jiangzuo et al., 2024)
Province de l’Anhui, Chine Espèce fossile décrite à partir de restes découverts dans le Pléistocène de l’est de la Chine. Présente des caractères proches du chat du Bengale (P. bengalensis)[21]. Espèce fossile

Phylogénie

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Les analyses phylogénétiques de l’ADN nucléaire effectuées à partir d’échantillons tissulaires provenant de toutes les espèces de félidés ont montré que la radiation évolutive des Félidés a débuté en Asie au cours du Miocène, il y a environ 14,45 à 8,38 millions d’années[11],[22].

L’analyse de l’ADN mitochondrial de l’ensemble des espèces de Félidés indique une radiation survenue il y a environ 16,76 à 6,46 millions d’années[23].

Les deux modèles s’accordent pour considérer que le chat rougeâtre (Prionailurus rubiginosus) fut le premier représentant du lignage Prionailurus à diverger génétiquement, suivi du chat à tête plate puis du chat viverrin[11],[23]. La divergence avec le chat du Bengale est estimée entre 4,31 à 1,74 millions d’années[11] et 4,25 à 0,02 millions d’années[23].

Le cladogramme suivant illustre leurs relations phylogénétiques d’après l’analyse de l’ADN nucléaire[11],[22] :

 Pantherinae 

 Neofelis



 Panthera



 Felinae 

 Otocolobus



 Prionailurus 

 Prionailurus rubiginosus
(Chat rubigineux)




 Prionailurus planiceps
(Chat à tête plate)




 Prionailurus viverrinus
(Chat viverrin)



 Prionailurus bengalensis
(Chat du Bengale)







Notes et références

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  1. a et b Orthographe ultérieure incorrecte de AilurinGervais, 1855.

Références

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  1. Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le 25 novembre 2015.
  2. P. Gervais, Histoire naturelle des mammifères avec l’indication de leurs mœurs et de leurs rapports avec les arts, le commerce et l’agriculture, Paris, L. Curmer, , 87 p. (lire en ligne)
  3. (ru) N. A. Severtzov, « [Article de 1858] », Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, vol. 31,‎ , p. 387–388 (lire en ligne)
  4. (ru) N. A. Severtzov, « [Article de 1858] », Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, vol. 31,‎ , p. 387, 390 (lire en ligne)
  5. (en) J. E. Gray, « Notes on the Skulls of the Cats (Felidæ) », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 1867,‎ , p. 268 (lire en ligne)
  6. (de) L. Fitzinger, « Revision der zur natürlichen Familie der Katzen (Feles) gehörigen Formen », Sitzungsberichte der Kaiserlichen Akademie der Wissenschaften. Mathematisch-Naturwissenschaftliche Classe, vol. 60, no 1,‎ , p. 249 (lire en ligne)
  7. (en) T. N. Gill, « Arrangement Families of Mammals. With analytical tables. Prepared for the Smithsonian Institution », Smithsonian Miscellaneous Collections, vol. 11, no 230,‎ , p. 60 (lire en ligne)
  8. (en) E. D. Cope, « On the Systematic Relations of the Carnivora Fissipedia », Proceedings of the American Philosophical Society, vol. 20,‎ , p. 475 (lire en ligne)
  9. É. L. Trouessart, « Catalogue des mammifères vivants et fossiles (Carnivores) », Bulletin de la Société d’Études scientifiques d’Angers, vol. 14, no Supplément à l’Année 1884,‎ , p. 100 (lire en ligne)
  10. (de) M. Kretzoi, « Materialien zur phylogenetischen Klassifikation der Aeluroïdeen », Xe Congrès International de Zoologie, vol. 10, no 2,‎ , p. 16
  11. a b c d et e (en) Johnson, W. E., Eizirik, E., Pecon-Slattery, J., Murphy, W. J., Antunes, A., Teeling, E. et O'Brien, S. J., « The Late Miocene radiation of modern Felidae: A genetic assessment », Science, vol. 311, no 5757,‎ , p. 73–77 (PMID 16400146, DOI 10.1126/science.1122277, Bibcode 2006Sci...311...73J, S2CID 41672825, lire en ligne)
  12. (en) Nowell, K. et Jackson, P., Wild Cats : Status Survey and Conservation Action Plan, Gland, Suisse, IUCN/SSC Cat Specialist Group, (ISBN 978-2-8317-0045-8, lire en ligne)
  13. M. N. Severtzow, « Notice sur la classification multisériale des Carnivores, spécialement des Félidés, et les études de zoologie générale qui s'y rattachent », Revue et Magasin de Zoologie pure et appliquée, vol. X,‎ , p. 385–396 (lire en ligne)
  14. (en) R. I. Pocock, « The Fauna of British India, including Ceylon and Burma. Mammalia. Vol. 1: Cats », London : Taylor and Francis,‎ , p. 1–463
  15. (en) M. Izawa et T. Doi, Prionailurus bengalensis ssp. iriomotensis, UICN, (lire en ligne)
  16. Kitchener, A. C.; Breitenmoser-Würsten, C.; Eizirik, E.; Gentry, A.; Werdelin, L.; Wilting, A.; Yamaguchi, N.; Abramov, A. V.; Christiansen, P.; Driscoll, C.; Duckworth, J. W.; Johnson, W.; Luo, S.-J.; Meijaard, E.; O'Donoghue, P.; Sanderson, J.; Seymour, K.; Bruford, M.; Groves, C.; Hoffmann, M.; Nowell, K.; Timmons, Z.; Tobe, S. (2017). "A revised taxonomy of the Felidae: The final report of the Cat Classification Task Force of the IUCN Cat Specialist Group". Cat News. Special Issue 11: 26–29. PDF
  17. (en) T. Tamada, B. Subramaniam, M. Hamachi, L.-K. Lin, T. Oshida, W. Rerkamnuaychoke et R. Masuda, « Molecular Diversity and Phylogeography of the Asian Leopard Cat, Felis bengalensis, inferred from Mitochondrial and Y-Chromosomal DNA Sequences », Zoological Science, vol. 25, no 2,‎ , p. 154–163 (PMID 18533746, DOI 10.2108/zsj.25.154, S2CID 16057327)
  18. (en) A. C. Kitchener, C. Breitenmoser-Würsten, E. Eizirik, A. Gentry, L. Werdelin, A. Wilting, N. Yamaguchi, A. V. Abramov, P. Christiansen, C. Driscoll, J. W. Duckworth, W. Johnson, S.-J. Luo, E. Meijaard, P. O'Donoghue, J. Sanderson, K. Seymour, M. Bruford, C. Groves, M. Hoffmann, K. Nowell, Z. Timmons et S. Tobe, « A revised taxonomy of the Felidae: The final report of the Cat Classification Task Force of the IUCN Cat Specialist Group », Cat News, Special Issue 11,‎ , p. 23–29 (lire en ligne)
  19. Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le 11 octobre 2025.
  20. ASM Mammal Diversity Database, consulté le 11 octobre 2025.
  21. (en) Q. Jiangzuo, L. Werdelin, K. Zhang, H. Tong, Y. Yan, Y. Chen, J. Ma, J. Liu et X. Wu, « Prionailurus kurteni (Felidae, Carnivora), a new species of small felid from the late Middle Pleistocene fossil hominin locality of Hualongdong, southern China », Annales Zoologici Fennici, vol. 61, no 1,‎ , p. 335–342 (DOI 10.5735/086.061.0120)
  22. a et b (en) L. Werdelin, N. Yamaguchi, W. E. Johnson et S. J. O’Brien, Phylogeny and evolution of cats (Felidae), Oxford, Oxford University Press, , 59–82 p. (ISBN 978-0-19-923445-5)
  23. a b et c (en) G. Li, B. W. Davis, E. Eizirik et W. J. Murphy, « Phylogenomic evidence for ancient hybridization in the genomes of living cats (Felidae) », Genome Research, vol. 26, no 1,‎ , p. 1–11 (PMID 26518481, PMCID 4691742, DOI 10.1101/gr.186668.114)

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Liens externes

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