Kanishka

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Kanishka
KanishkaCoin3.JPG

Pièce d'or de Kanishka, vers 150. British Museum

Fonction
-
empereur
 précédé par Vima Kadphisès

 suivi par Huvishka
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Informations générales
Père

Kanishka Ier est le souverain le plus connu de l'Empire kouchan. Malheureusement les dates sont encore l'objet de controverses. Toutes les autres dates des Kouchans se calent sur cette approximation. En 2002 les dates du début de son ère allaient, selon Gérard Fussman, de 78, début de l'ère indienne dite shaka, à 127[1]. Son règne étant alors situé de 98 à 101. En 2010 Jacques Giès[2] indiquait, en se référant à l'inscription découverte à Rabatak, en Bactriane Afghane, que « le règne semblerait se situer vers le IIe siècle »[3]. Les dates suivantes ont été proposées par d'autres spécialistes mais sont à considérer avec réserve. Soit : 127 - 147 environ, soit 129 - 155 [4].

Ce règne favorisa l’expansion du bouddhisme et l'essor de l'art gréco-bouddhique du Gandhara, où le Bouddha, autrefois représenté sous forme symbolique (roue, empreinte des pieds), prit ponctuellement la forme de Zeus. Les talibans ont détruit en 2000 une statue le représentant, une pièce unique du musée de Kaboul[5]. L'art gréco-bouddhique, ou indo-grec selon certains auteurs, était né sous un autre grand protecteur du bouddhisme, Ménandre Ier du royaume indo-grec.

Kanishka, fils de Vima Kadphisès, est un grand conquérant et un sage administrateur. Il règne sur un vaste empire, de l’Asie centrale à la principauté de Bénarès. Il porte à la fois le titre indien de « maharaja » (« grand roi »), iranien de « Roi des Rois », et chinois de « Fils du Ciel ». Sa capitale est à Purushapura (Peshawar).

Kanishka est considéré comme un protecteur du bouddhisme. C’est à cette époque que cette religion commence à se propager en Asie centrale puis en Extrême-Orient. Il honore ou pratique cependant d’autres religions, comme le zoroastrisme, le mithraïsme et la religion grecque. Pour régler les conflits entre les différentes écoles bouddhistes, Kanishka convoqua un grand concile bouddhique à Kunnavala Vihara au Kashmir. Un nouveau canon allait être défini : le Mahāyāna (grand véhicule), où il faut entendre véhicule au sens de : moyen de progresser vers.... Cependant, aujourd'hui, on peut affirmer que le mahāyāna était pratiqué à côté du bouddhisme hīnayāna au moins au premier siècle avant notre ère[6].

L'Empereur Huvishka lui succède.

Une chronologie controversée[modifier | modifier le code]

La chronologie de la dynastie kushâna est encore, en 2015, controversée : l’ère des Shaka (utilisée dans le calendrier national indien, elle commence le 21 mars 78 du calendrier grégorien) aurait indiqué que l’an 1 de Kanishka débuterait en 78 de notre ère. L’orientaliste français Roman Ghirshman retenait la date de l’an 144, car il pensait que la dynastie kushane fut renversée par le premier roi sassanide en 241. Robert Göbl, qui s’appuyait sur des études numismatiques pour faire valoir que l’empire kushâna ne s’est effondré qu’en 325, considérait 225 comme l’an un de Kanishka. La découverte d'une inscription dans les années 1990 a permis de situer avec une marge d'erreur plus étroite l'an 1 de Kanishka entre 78 et 127 de notre ère. Mais une inscription à Rabatak, en Bactriane Afghane, permettrait à Jacques Giès de penser que « le règne de Kanishka semblerait se situer vers le IIe siècle ». Et celui-ci d'ajouter que « mathématiquement cela renverrait aux périodes postérieures l'épanouissement du style « classique » du Gandhara » en fonction des inscriptions datées sur les statues. Cet apogée se situe alors à la période kouchano-sassanide, « si l'on admet du moins la référence kouchane comme seule option possible. » [3]

Numismatique[modifier | modifier le code]

Arts[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gandhara.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ci-dessous : Lien externe : Gérard Fussman, 2002. En 2009, Gilles Béguin, ancien conservateur au Musée Guimet et au Musée Cernuschi, et auteur de « L'art bouddhique », CNRS éditions 2009, indique (p. 206) « Les dates de ce souverain restent discutées. Son avènement qui marque le début d'un nouveau comput, est situé par certains archéologues en 78 et par d'autres en 144 ».
  2. Le docteur Jacques Giès est, de 2008 à 2011, le président du Musée national des arts asiatiques - Guimet
  3. a et b Jacques Giès 2010, p. 25. Gérard Fussman, professeur au Collège de France et spécialiste des langues anciennes de cette région, en introduction à la relecture de cette inscription de Rabatak, au colloque de Termez en 1997, précisait que cette inscription « ne change rien aux données de la chronologie kouchane... Si rien n'impose de placer l'an 1 de Kanishka en 78 de notre ère, rien non plus ne s'y oppose ». Et cette affirmation est réitérée en fin d'article : Leriche et al. 2001, p. 251 et 286. Et ci-dessous : Lien externe : Gérard Fussman, 2002.
  4. Kurt A. Behrendt 2007, p. 30 qui ne fait aucune réserve sur les dates qu'il propose, comme si l'affaire était entendue, alors qu'elle n'est toujours pas claire pour Jacques Gies en 2010.
  5. Voir l'état du musée de Kaboul après la guerre civile, les pillages et les martelages et autres dégradations effectuées par les talibans (on voit ce qui reste, hélas, de la statue de Kanishka et aussi de la plaque de l'inscription de Surkh Kotal) : [1]
  6. Ci-dessous, en lien externe : Gérard Fussman, cours au Collège de France 2011 : cours des 10 et 17 mai. Dans ce cours : Le bouddhisme Mahasanghika, implanté à Bâmiyân, à Mathura et à Termez (Bactriane), aurait servi d'intermédiaire entre ces deux autres courants du bouddhisme.
  7. Fussman et Quagliotti 2012 page 31.
  8. Cambon 2010, p. 84-85

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Kurt A. Behrendt, The art of Gandhara in the Metropolitan Museum of Art, the Metropolitan Museum of Art / Yale University Press,‎ , 115 p. (ISBN 978-1-58839-224-4)
  • Pierre Cambon, Pakistan : Terre de rencontre Ier-VIe siècle : les arts du Gandhara : exposition, Paris, Musée Guimet, 21 avril-16 août 2010, Paris, Réunion des musées nationaux,‎ , 159 p. (ISBN 978-2-7118-5731-9)
    Œuvres conservées au Pakistan. Textes de Pierre Cambon.
  • Pierre Leriche (dir.), Chakir Pidaev (dir.), Mathilde Gelin (dir.) et Kazim Abdoullaev (dir.), La Bactriane au carrefour des routes et des civilisations de l'Asie-Centrale : Termez et les villes de Bactriane-Tokharestan : Actes du colloque de Termez 1997, Maisonneuve & Larose - IFÉAC, coll. « La Bibliothèque d'Asie Centrale »,‎ , 422 p. (ISBN 2-7068-1568-X)
  • Gérard Fussman et Anna Maria Quagliotti, L'iconographie ancienne d'Avalokitesvara = The early iconography of Avalokitesvara, Institut de civilisation indienne,‎ , 152 p. (ISBN 978-2-86803-080-1)
    Ouvrage essentiel qui actualise les connaissances et répond à la question de la première image de Bouddha.
  • Gérard Fussman : cours au Collège de France 2010-2011, Le Gandhāra, terre de passage, d’échanges et de création cours 2010-2011 sur : [2].
  • Jacques Giès, Pakistan: Terre de rencontre : Ier - VIe sècle : Les arts du Gandhara : Exposition. Paris, Musée national des arts asiatiques - Guimet. 21 avril- 16 août 2010, Réunion des musées nationaux,‎ , 160 p. (ISBN 978-2-7118-5731-9)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]