Kanishka

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Pièce d'or de Kanishka, vers 150. British Museum

Kanishka Ier est le souverain le plus connu de l'Empire kouchan. Les dates de son règne sont encore l'objet de controverses. En 2010 Jacques Giès[1] indiquait, grâce à la découverte d'une inscription à Rabatak[2] , en Bactriane Afghane, que « le règne semblerait se situer vers le IIe siècle »[3] , les dates suivantes sont donc à considérer avec réserve, soit : 127 - 147 environ . Ce règne favorisa l’expansion du bouddhisme et l'essor de l'art gréco-bouddhique du Gandhara, où le Bouddha, autrefois représenté sous forme symbolique (roue, empreinte des pieds), prit ponctuellement la forme de Zeus. Les talibans ont détruit en 2000 une statue le représentant, une pièce unique du musée de Kaboul[4].

L'art gréco-bouddhique, ou indo-grec selon certains auteurs, était né sous un autre grand protecteur du bouddhisme, Ménandre Ier du royaume indo-grec.

Kanishka, fils de Vima Kadphisès, est un grand conquérant et un sage administrateur. Il règne sur un vaste empire, de l’Asie centrale à la principauté de Bénarès. Il porte à la fois le titre indien de « maharadjah » (« grand roi »), iranien de « Roi des Rois », et chinois de « Fils du Ciel ». Sa capitale est à Purushapura (Peshawar).

Kanishka est considéré comme un protecteur du bouddhisme. C’est à cette époque que cette religion commence à se propager en Asie centrale puis en Extrême-Orient. Il honore cependant d’autres religions, comme le zoroastrisme, le mithraïsme et la religion grecque. Pour régler les conflits entre les différentes écoles bouddhistes, Kanishka convoqua un grand concile bouddhique à Kunnavala Vihara au Kashmir. Un nouveau canon allait être défini : le Mahāyāna (grand véhicule), où il faut entendre véhicule au sens de : moyen de progresser vers....

La chronologie de la dynastie kusâna a longtemps été controversée : l’ère des Shaka aurait indiqué que l’an 1 de Kanishka débutait en 78 de notre ère. L’orientaliste français Roman Ghirshman retenait la date de l’an 144, car il pensait que la dynastie kushane fut renversée par le premier roi sassanide en 241. Robert Göbl, qui s’appuyait sur des études numismatiques pour faire valoir que l’empire kusâna ne s’est effondré qu’en 325, considérait 225 comme l’an un de Kanishka. La découverte d'une inscription dans les années 1990 a permis de situer avec une marge d'erreur plus étroite l'an 1 de Kanishka entre 78 et 127 de notre ère. Mais une inscription à Rabatak, en Bactriane Afghane, permettrait à Jacques Giès de penser que « le règne de Kanishka semblerait se situer vers le IIe siècle ». Et celui-ci d'ajouter que « mathématiquement cela renverrait aux périodes postérieures l'épanouissement du style « classique » du Gandhara » en fonction des inscriptions datées sur les statues. Cet apogée se situe alors à la période kouchano-sassanide, « si l'on admet du moins la référence kouchane comme seule option possible. » [3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le docteur Jacques Giès est, en 2013, le précédent président du Musée national des arts asiatiques - Guimet
  2. Gérard Fussman, professeur au Collège de France et spécialiste des langues anciennes de cette région, en introduction à la relecture de cette inscription, au colloque de Termez en 1997, précisait que cette inscription « ne change rien aux données de la chronologie kouchane... Si rien n'impose de placer l'an 1 de Kaniska en 78 de notre ère, rien non plus ne s'y oppose ». Et cette affirmation est répétée en fin d'article, dans les actes du colloque de Termez : Leriche et al. 2001, p. 251 et 286 !
  3. a et b Jacques Giès 2010, p. 25
  4. Voir l'état du musée de Kaboul après la guerre civile, les pillages et les martelages et autres dégradations effectuées par les talibans (on voit ce qui reste, hélas, de la statue de Kanishka et aussi de la plaque de l'inscription de Surkh Kotal) : [1]
  5. Fussman et Quagliotti 2012 page 31.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Giès, Pakistan: Terre de rencontre : Ier - VIe siècle : Les arts du Gandhara : Exposition. Paris, Musée national des arts asiatiques - Guimet. 21 avril- 16 août 2010, Réunion des musées nationaux,‎ 2010, 160 p. (ISBN 978-2-7118-5731-9)
  • Pierre Leriche (dir.), Chakir Pidaev (dir.), Mathilde Gelin (dir.) et Kazim Abdoullaev (dir.), La Bactriane au carrefour des routes et des civilisations de l'Asie-Centrale : Termez et les villes de Bactriane-Tokharestan : Actes du colloque de Termez 1997, Maisonneuve & Larose - IFÉAC, coll. « La Bibliothèque d'Asie Centrale »,‎ 2001, 422 p. (ISBN 2-7068-1568-X)
  • Gérard Fussman et Anna Maria Quagliotti, L'iconographie ancienne d'Avalokitesvara = The early iconography of Avalokitesvara, Institut de civilisation indienne,‎ 2012, 152 p. (ISBN 978-2-86803-080-1)
    Ouvrage essentiel qui actualise les connaissances et répond à la question de la première image de Bouddha.
  • Gérard Fussman : cours au Collège de France 2010-2011, Le Gandhāra, terre de passage, d’échanges et de création cours 2010-2011 sur : [2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]