Gandhara

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Bodhisattva debout, monastère de Shahbaz-Garhi, (Gandhara) Ier ‑ IIIe siècle. Musée Guimet, Paris

Le Gandhara (en sanskrit गन्धार (Gandhāra)) est le nom antique d'une région située dans le nord-ouest de l'actuel Pakistan et l'est de l'Afghanistan, incluant les vallées de la Swat et de la Kaboul jusqu'à l'Indus[1]. Ses villes principales étaient Purushapura — l'actuelle Peshawar — et, sur sa frontière orientale, Taxila, toutes deux centres commerciaux de premier plan entre l'Inde et l'Occident au début de notre ère. Cette région essentielle au commerce était aussi un riche terroir : fut occupé par de nombreux envahisseurs étrangers. Les cultures que ceux-ci apportaient se fondaient dans la culture composite et tolérante locale. Ce fut, en particulier, le cas dans les royaumes indo-grecs (IIe ‑ Ier siècle avant l'ère commune) et dans l'empire kouchan (env. IerIIIe siècles). Puis le Gandhara traversa des moments plus confus jusqu'aux Xe et XIe siècle avec l'arrivée de Turcs et d'Afghans islamisés.

Le bouddhisme du Gandhara et des régions avoisinantes, mélange d'influences indienne, perse et hellénistique, a vu la naissance du mahayana et a influencé de manière importante le bouddhisme d'Extrême-Orient ; les premiers missionnaires et traducteurs actifs en Chine, ainsi que la majorité des sûtras, provenaient des régions indo-grecques et kouchanes. L'influence du Gandhara s'exerça aussi sur le bouddhisme tibétain par l'intermédiaire de l'école yogacara, fondée par Asanga et Vasubandhu, deux frères gandharais. Les manuscrits bouddhiques les plus anciens, qui sont aussi les manuscrits indiens les plus anciens, ont été trouvés au Gandhara. Ils sont écrits en gandhari, langage en usage dans le royaume, dérivant du sanskrit et noté en écriture kharosti.

L'art du Gandhara, le plus connu des arts gréco-bouddhiques, offre l'intégration des formes artistiques la plus importante entre l'Asie et l'Europe. Aujourd'hui cet art doit être situé sur une aire précise : le district de Peshawar, de la passe de Khyber à l’Indus et de Kohat au col de Malakand [2]. C'est aussi plus ou moins le centre d'un vaste et fluctuant espace où s'est développé l'art gréco-bouddhique, à cheval sur le Pakistan et l'Afghanistan actuels. Cet art gréco-bouddhique s'est diffusé en se transformant dans les cultures qu'il rencontrait : sur les routes commerciales jusqu'en Asie centrale orientale, dans l'actuel Xinjiang et dans l'ancien royaume de Dali, au Yunnan, ailleurs en Chine et au Japon, avec des traits stylistiques caractéristiques offrant la synthèse changeante des arts indiens, hellénistiques, romains et iraniens, sur des thèmes iconographiques et architecturaux indiens où le bouddhisme a été le motif commun à tous.

C'est en effet dans la région du Gandhara - ainsi qu'à Mathura - que sont apparues les premières images du Bouddha sous forme d'un être humain. Et c'est au Gandhara qu'est supposé se trouver le lac Dhanakosha, lieu de naissance de Padmasambhava, fondateur du bouddhisme tibétain.

Carte tirée de : Alfred Foucher, Les bas-reliefs gréco-bouddhiques du Gandhâra, vol. 1, Imprimerie nationale, E. Leroux, Paris. 1905. Thèse présentée à la faculté des lettres de l'Université de Paris


Nom[modifier | modifier le code]

Le nom du royaume s'écrit dans les langues suivantes :

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte topographique de l'Hindou Kouch avec la localisation de nombreux sites archéologiques du Gandhara et de la Bactriane.

Localisation de la région du Gandhara[modifier | modifier le code]

Les habitants du Gandhara sont installés depuis l'époque védique sur les rives de la rivière Kaboul, jusqu'à son confluent avec l'Indus.

Les frontières du royaume varient suivant les époques, pouvant s'étendre jusqu'à la vallée de la Swat ou inclure des parties du nord-ouest du Pendjab, mais son centre reste situé sur le bassin de Peshawar et Taxila. D'autres cités comme Hadda en Afghanistan, sont des centres culturels importants. Ainsi le « Grand Gandhara », son aire culturelle, ne se limite pas au Pakistan, elle s'étend aussi à l'Est sur l'Afghanistan, et au Nord sur l'ancienne Route du Karakorum. Par aire culturelle il faut entendre l'espace où des populations partagent un langage ( le Gandhari ) , une écriture ( le kharosthi) , un langage artistique (l'art du Gandhara ) et une histoire distincte (le Gandhara ayant été inclus dans l'Empire achéménide )[3].

Le « Grand Gandhara » s'étend donc, au-delà du bassin de Peshawar jusqu'à Taxila, sur les nombreux sites de la vallée de la rivière Swat au Pakistan et aussi sur l'Est de l'Afghanistan, incluant en particulier les sites de Hadda (à proximité de Jellalabad ), Shotorak (près de Begram) et Ghazni (au Sud-ouest de Kaboul) ainsi que l'unique colonne subsistant encore il y a peu: celle de Minar-i Cakri, près de Kaboul. On peut aussi inclure les sites de la vallée de la Kunar, et de la région de Bajaur[4]. Par ailleurs, à l'Est, les populations du Gandhara ont laissé des monuments bouddhistes portant des inscriptions qui ont fait l'objet d'études précises par les chercheurs de l'Université de Heidelberg. Ces stupas sont situés sur la grande route du Karakoram en direction du Xinjiang (le site de Gilgit[N 1], entre autres)[5]. Enfin l'aire culturelle du Gandhara ne doit pas être étendue jusqu'à la Bactriane, en particulier dans sa partie Sud : Chaqalaq Tepe et Haïbak. De même Bamiyan ne relève pas de l'aire culturelle du Gandhara.

Situé sur la route commerciale du nord de l'Inde, le Gandhara a été et reste aujourd'hui un centre d'activités commerciales internationales et un important nœud de communication entre la Perse et l'Asie centrale.

Localisation de l'art du Gandhara[modifier | modifier le code]

Dans la région appelée dans l'antiquité « Gandhara », l'art a connu un développement florissant. Cependant la plaine du Gandhara ayant été submergée d'innombrables fois par les crues et les ruines ayant été utilisées par les paysans, les traces des anciennes villes et autres sites n'ont été découverts que sur les marges de cette plaine et sur les tepe. Pour localiser aujourd'hui cette région, deux, voire trois solutions ont été retenues aux XXe et XXI siècles.

  • Au sens strict, suivant un usage que conseillent les spécialistes (dont Gérard Fussman en 2011), il faut en rester aux frontières fixées sous les Achéménides : le district de Peshawar, de la passe de Khyber à l’Indus et de Kohat au col de Malakand (à quoi il faut adjoindre, selon la thèse d'Alfred Foucher de 1905, des territoires qui ont été rendus accessibles aux étrangers depuis : Taxila à l'Est, les vallées du Nord (du Swat, le district de Buner, du Dir), et Hadda à l'Ouest (à proximité de Jalalabad) ainsi que d'autres régions voisines, encore inaccessibles comme le Bajaour[N 2]. En fonction des inscriptions retrouvées en place, cette aire géographique correspond à la langue gāndhārī. En conséquence, elle devrait être distinguée de l'aire, bien plus étendue, de l'écriture kharoṣṭhī. Comme, en Occident, l'immense territoire où l'on utilisait l'alphabet latin est distinct des territoires plus petits où les langues de l'antiquité employaient cet alphabet latin. Cette première conception du Gandhara est souvent étendue à des territoires proches, en étroite relation avec les premiers, et concerne la vallée de la Kaboul (jusqu'à Hadda) et la vallée de la Swat[6].
  • Mais l'expansion de l'écriture kharoṣṭhī permet par ailleurs, pour certains historiens, de concevoir l'aire d'une « civilisation » (culture archéologique) correspondant à cette culture fondée uniquement sur l'utilisation commune de l'écriture kharoṣṭhī, et d'aller jusqu'à étendre le « Grand Gandhara » à la Bactriane. Un Grand Gandhara « étendu » : Greater Gandhara [7].
  • Cette extension très discutable se rapproche de la solution ancienne, aujourd'hui écartée, qui consistait à étendre l'art du Gandhara à toute l'aire gréco-bouddhique de l'Asie centrale. Selon cette convention, ce que l'on désignait comme « art du Gandhara » correspondait à une région qui débordait très largement, au cours des siècles, les frontières du district de Peshawar. Le centre ne changeant pas dans le temps, les premières zones concernées étaient situées au Pakistan et sur une partie de l'actuel Afghanistan [8], plus précisément la vallée de la Kaboul et la vallée de la Swat[9]. Mais la diffusion de cet art s'étendrait alors aussi sur une zone encore plus large en Afghanistan et au-delà. Ainsi en Asie centrale orientale, l'ensemble le plus important de la peinture gandharienne selon Mario Bussagli (1984, traduction fr. 1996) [10], a été retrouvé (et partiellement perdu peu après) à Miran, à l'est du Xinjiang.

Aujourd'hui nous possédons suffisamment de données pour distinguer plusieurs aires (gréco-bouddhiques ou indo-grecques, selon les auteurs[N 3]) aux styles différenciés, bien que leur évolution et leurs interactions soient sensibles et que toutes relèvent en partie de l'art gréco-bouddhique, avec des racines plus anciennes, antérieures aux Kouchans, souvent grecques et iraniennes. Voici les principales[11]:

    • L'aire du Gandhara proprement dit : la région de Peshawar : Ier ‑ IIIe siècle voire début IVe siècle jusqu'à Taxila (ancienne capitale du royaume indo-parthe) et son Dharmarajika stupa IIe siècle av.n.è.
    • Très proches, stylistiquement, du Gandhara : la vallée de la Swat, Butkara (Scytho-Parthe et Kouchan) : Ier ‑ IIIe siècle voire début IVe siècle.
    • Hadda : IIIe ‑ Ve siècle, son site ancien Tapa-e-shotor[N 4], chapelle du nagaraja IIe siècle, et chapelles V2 et V3 IIIe ‑ IVe siècle
    • Le Kapisa avec la région de Kaboul, inspiré de l'hellénisme, IIe ‑ IIIe siècle.
    • Le Kapisa, à Shotorak près de Begram et Païtava, près de Charikar, à l'esthétique d'une majesté un peu lourde.
    • Autour de Taxila monuments tardifs d'un style proche de celui de Hadda : avant le Ve siècle, dont les sites de Jaulian et Giri.

Au-delà de l'art du Gandhara, les autres arts gréco-bouddhiques ou indo-grecs, voire grecs ou gréco-iraniens (en particulier pour la Bactriane[12]) influencent ou sont influencés par le Gandhara en raison de sa position sur les voies de communication :

Article connexe : art gréco-bouddhique.
    • Au Turkestan chinois, près du Lob Nor, le site de Miran IIIe siècle (?).
    • La Bactriane afghane et Surkh Kotal : IIe ‑ IIIe siècle.
    • Au Turkestan chinois (Xinjiang): région de Kashgar : Tumshuq et Toqquz-saraï.
    • Au Turkestan chinois : Quca (ou Kucha) et les Grottes de Kizil : IIIe ‑ VIe siècle.
    • Bamiyan et le monastère de la vallée de Kakrak : Ve ‑ VIe siècle (?)
    • Très proches, stylistiquement, des peintures de Bamiyan : La vallée du Ghorband et le monastère de Fondukistan : VIe ‑ VIIe siècle : mouvements, ornements et modelé à la manière indienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le pouvoir dans la partie extrême-orientale de l'empire sassanide (Gandhara et Bactriane) de 200 à 650 de notre ère.

Le « royaume » de Gandhara (il n'y a jamais eu de « roi », comme nous l'entendons en Occident) existe du premier millénaire avant notre ère jusqu'au XIe siècle de notre ère, mais il prend véritablement son essor après les successeurs d’Alexandre le Grand (avec les royaumes indo-grecs) , au temps de l’empire Kouchan aux Ier ‑ IIIe siècles de notre ère. Région stratégique située au carrefour des grandes civilisations indienne, d'Asie centrale, perse et gréco-romaine, cette plaine riche et convoitée est envahie à de nombreuses reprises. Ce royaume est sous l'autorité des souverains indo-grecs jusque vers 30 avant notre ère, puis sous celle des Kouchan jusqu'en 325.

L'empire Kouchan est défait par plusieurs partis. Au Gandhara un royaume kidarite est crée qui perdura jusqu'à la fin du Ve siècle. Les Huns blancs balayent ce petit royaume et descendent profondément en Inde. Le pèlerin bouddhiste chinois Xuanzang séjourne au Gandhara avant de prolonger son périple jusqu'au Sud de l'Inde, et retourne en Chine. Le récit de son périple, « Rapport du voyage en Occident à l'époque des Grands Tang », est une très riche source de renseignement sur les pays qu'il a traversé. Les Huns sont battus en 540 par des populations turques (Turcs bleus ou Köktürks). Plusieurs souverains turcs se convertissent et le bouddhisme a encore des donateurs jusqu'au IXe siècle. Des potentats indiens, Shahiyas ou Hindu Shahi, maintiennent un certain pouvoir, depuis Kaboul, aux IXer et Xe siècles. Aux Xe et XIe siècle des perses musulmans, dans le cadre de l’expansion de la religion musulmane envahissent l'Afghanistan et l'Inde : les Saffarides (861-1003). Leurs succédèrent les dynasties Samanides (819-1005) et Ghaznévides (962-1186), et ceux-ci établissent des sultanats.

Après la conquête par Mahmoud de Ghazni (le premier des Ghaznévides) en 1021 le nom de Gandhara s'applique à une autre région. À l'époque d'Akbar le Gandhara désigne la région située entre le Cachemire et Attock [13].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Datations approchées, sujettes à révisions

  • v. 2300 - 1900 avant notre ère : civilisation de la vallée de l'Indus.
  • v 1900 - 520 avant notre ère : aucune trace. Migrations (?) aryennes. La légende du Ramayana raconte que Bharat, frère de Rama, règne depuis le Gandhara.
  • v. 520 - 326 avant notre ère : sous contrôle direct de l'Empire perse ou sous suzeraineté perse.
  • 326 avant notre ère : Alexandre le Grand occupe le Gandhara avant de conquérir la vallée du Gange.
  • v. 305 - 180 avant notre ère : contrôlé par la dynastie Maurya, fondée par Chandragupta.
  • Milieu du IIIe siècle avant notre ère : le roi Ashoka (273-232 av. n.è.) se convertit au bouddhisme. Le Gandhara dépend de Taxila[14]. Premiers grands stupas.
  • v. 185 - 97 avant notre ère : sous contrôle du royaume indo-grec, avec quelques incursions des Indo-Scythes (Saka : des steppes eurasiennes) vers 100 av. n.è. Poursuite des créations de monastères bouddhiques.
  • v. 97 - 7 avant notre ère : contrôle saka.
  • v. 7 - 75 : invasion parthe et royaume indo-parthe. Période des « plats » dédiés à la dévotion privée (?) (Parties : des steppes eurasiennes)
  • v. 75 – v. 230 : empire kouchan. (Kouchans : des steppes eurasiennes). Premier âge d'or de l'art du Gandhara.
  • v. 230 – v. 450 : Indo-Sassanides ou Kouchano-Sassanides. Ardachîr Ier (Artaxerce en grec ou en latin) est le fondateur de la dynastie Sassanide (originaire d'Iran). Deuxième âge d'or de l'art du Gandhara.
  • v. 450 – v. 565 : invasion par les Shvetahûna ou Huns blancs : des steppes eurasiennes). De nombreux bouddhistes sont massacrés. Des monastères subsistent.
  • v. 565 – v. 644 : royaume de Nezak[N 5], dirigé depuis le Kapisa (Kaboul) et Udabhandapura.
  • v. 650 – v. 870 : Turk Shahi (populations Turques des steppes eurasiennes), rois de Kaboul qui dirigent aussi le Gandhara , aussi appelés Buddhist-Shahis par les anglo-saxons. De passage, Xuanzang rencontre un roi tolérant. Derniers feux de l'art du Gandhara.
  • v. 8701021 : Hindu Shahi, dirigé depuis Udabhandapura. Rois hindous, peut-être du Cachemire.
  • v. 10321350 : conquis par l'empire de Mahmoud de Ghazni.

Langue[modifier | modifier le code]

Les textes bouddhiques du Gandhara sont les manuscrits bouddhistes et sud-asiatiques les plus anciens jamais découverts. La plupart sont écrits sur des écorces de bouleau et ont été découverts dans des pots en argiles. Dans sa grammaire du sanskrit Ashtadhyayi, Pāṇini mentionne à la fois la forme védique de la langue et ce qui semble être une forme du Gandhara.

La langue du Gandhara est un dialecte indo-aryen, un prakrit, généralement appelé gāndhārī. Les textes sont écrits de droite à gauche dans l'alphabet kharosthi, adapté de l'alphabet araméen. Le Gandhara était alors contrôlé par la dynastie achéménides de l'empire perse, qui utilisait ce dernier script pour écrire les langues iraniennes.

Le kharosthi s'éteint vers le IVe siècle. Toutefois, l'hindko et les dialectes archaïques darde et kohistani, dérivés des prakrits locaux, sont toujours parlés, bien que le pachto soit la langue principale de la région.

Prosélytisme[modifier | modifier le code]

Les « routes commerciales » au Ier siècle, mais aussi de 500 avant notre ère à 500 de notre ère. Avec la ville de Taxila
Le traducteur kouchan Lokaksema, premier traducteur d'une sutra mahayana en chinois.

Les missionnaires bouddhistes du Gandhara sont actifs, avec d'autres moines d'Asie centrale, à partir du IIe siècle dans la capitale chinoise han du Luoyang, et se distinguent par leur travail de traduction. Ils promeuvent les écritures des écoles bouddhistes anciennes, ainsi que celle du bouddhisme mahayana. Il est possible de citer :

  • Lokaksema (167-186), kouchan, premier à traduire les écritures mahayana en chinois
  • Zhi Yao (vers 185), moine jouchan, deuxième génération de traducteurs après Lokaksema
  • Zhi Qian (220–252), moine chinois dont le grand-père s'installe en Chine entre 168 et 190
  • Zhi Yueh (vers 230), moine kouchan travaillant à Nankin
  • Dharmarakṣa (265–313), kouchan dont la famille réside depuis plusieurs générations à Dunhuang
  • Jnanagupta (561–592), moine et traducteur
  • Shikshananda (652–710), moine et traducteur d'Oddiyana
  • Prajna (vers 810), moine et traducteur de Kaboul, qui enseigne les textes sanskrits au japonais Kūkai

L'art du Gandhara et le bouddhisme[modifier | modifier le code]

L'architecture[modifier | modifier le code]

Il était nécessaire aux premières communautés errantes de trouver un abri pendant la mousson, comme ce fut le cas en Inde, et pendant l'hiver : dans les régions montagneuses et plus froides du Nord, au Gandhara. Ainsi furent créés de nombreux monastères, d'abord des abris individuels disposés en carré autour d'une cour disposant d'un bassin en son centre. Ces vihara-s sont accompagnés de lieux de culte : simples stupas en plein air - plus ou moins grands, en fonction des donateurs - ou petits stupas placés dans une cour dédiée aux monuments votifs, à l'intérieurs de chapelles qui pouvaient, selon le cas remplacer le stupa par un ensemble de figures sculptées. Quelques chapelles à stupa ont pu être adossées au grand stupa, comme dans le cas du Dharmarajika.

La communauté des adeptes (sangha) étant constituée des moines et moniales, d'une part, et des laïques (riches et pauvres), d'autre part, les laïques vont devoir assurer la fondation des monastères (IIIe ‑ Ier siècle) av.n.è. - voire Ier siècle d.n.è.) et de leurs stupas ainsi que l'entretien des moines et des bâtiments. Le site de Sirkap (en), Taxila, montre les ruines d'un temple (chaitya), le stupa devant se trouver au fond de l'abside comme à Karli (en) et Bhaja (en)[16]. Sur ce site un temple contenait un stupa sur base carrée, ornée de pseudo-baies indiennes, de torana et de motifs d'origine grecs et iraniens. Quand le terrain le permet le monastère (vihara : constitué de cellules autour d'une cour carrée) est situé en contre-bas du grand stupa (lui même entouré de chapelles sur trois côtés)[17]. Au cours des siècles suivants leur extension s'accompagne de l'édification de ces chapelles pour accueillir les premières statues dévotionnelles. Les chapelles consacrées à telle ou telle image de Bouddha ou Bodhisattva pouvaient se trouver face au grand stupa ou dans les passages y conduisant[18]. Ces édifices se développent sur les constructions précédentes et s'imbriquent dans les structures anciennes. Leur taille varie en fonction de la statue voire des ensembles sculptés (pierre, pierre stucquée, ou simplement stuc) qu'ils abritent[19]. Les contraintes du terrain peuvent entraîner une dispersion des implantations mais, quand cela est possible, l'ensemble se structure sur une trame plus ou moins orthogonale.

Au Gandhara le matériau dominant est le schiste. Mais le grand stupa Dharmarajika de Taxila présente, avec ses nombreuses phases d'entretien, des appareils faisant appel à deux types de dimension dans les pierres utilisées[20]. Le schiste est le plus souvent monté en « maçonnerie diaprée »: fines lamelles de pierre empilées horizontalement[21]. Ce qui permet de réaliser des voûtes et des dômes en encorbellement. Dans certains cas (Takht-i-Bahi) les angles, à la base du dôme, sont fermés par des pièces en triangle. L'emploi de trompes ne semble pas généralisé au Gandhara mais est attesté en Afghanistan. Cet appareil diapré n'est pas propre au Gandhara mais se retrouve dans les pays de schiste, en Europe (Cornouaille, Bretagne, Alpes du Sud) ou dans les pays himalayens (Sikkim, par exemple). Le franchissement d'une porte se fait par un linteau d'une seule pierre de schiste équarrie[22]. La fenêtre gandharienne simple semble avoir été en plein cintre, éventuellement posée sur un balcon orné de croisillons obliques, voire suivant le principe des vedika-s, avec des éléments horizontaux qui traversent des éléments verticaux. les parties hautes des parois peuvent être décorées d'arcades trilobées légèrement surhaussées (Takht-i-Bahi). une grande variété de pilastres peut rythmer l'espace construit. Les éléments indiens peuvent être dominant, avec par exemple une base en forme de vase très décoré. Dans d'autres cas les références à l'hellénisme se manifestent. Ce peut être par un chapiteau à feuilles d'acanthes et palmette entre les deux volutes et la base étant alors d'un tore et un réglet (petite moulure plate et droite) sur plinthe. Le fût peut être légèrement galbé et nu ou, éventuellement, enrubanné. Il peut aussi être droit, plat, mais parfois décoré d'un fin cadre rectangulaire allongé, limité en haut et en bas par des demi-croissants ; cet ornement pouvant donner l'impression d'une porte dans le pilastre[23].

Le Dharmarajika stupa de Taxila, de forme hémisphérique, suit la tradition de l'Inde du Nord, celle subsistant aujourd'hui à Sanchi. Le tumulus (anda) structure principale du stupa, qui représente le bol à aumône retourné, a été tout d'abord construit en brique sur une terrasse basse[24]. Les éléments supérieurs (harmika , yupa et chatra) qui sont conservés à Sanchi devaient aussi couronner l'édifice de Taxila, comme tous les stupas mais avec des nuances locales quant à leurs formes et leurs matériaux constitutifs. Sous le règne des koushans la forme du tumulus s'élève plus haut, sur une base carrée (Saidu Sharif) possédant une corniche et, souvent, un décor de pilastres adossés (Takht-i-Bahi), en faible relief. Cette base pouvant devenir circulaire, comme dans le stupa de Jamal Garhi (Ier siècle - Ve siècle) et pour les stupas votifs de Mohra Moradu, encore plus tardifs.

Sculpture et objets d'art[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Art gréco-bouddhique.
  • Un art essentiellement bouddhique : Si les premiers temps de l'art du Gandhara, du Ie siècle av.n.è. au IIe siècle d.n.è., ne nous sont connus que par de très rares objets révélant la vie de ses habitants, une vie hors du contexte bouddhique (avant le développement des ensembles sculptés et peints au sein de la pratique du bouddhisme), cela tient au fait qu'aucune ville n'ait été fouillée et que seuls des sites bouddhistes l'ont été dans la période qui suit, jusqu'au VIIIe siècle. La production d'objets liés au culte bouddhique n'a pas été exclusive de toute autre production, celle de la vie quotidienne et des autres cultes, mais celle-ci ne nous est pas connue.
Selon l'acception traditionnelle, l'art du Gandhara[25], se caractérise par le style spécifique de l'art bouddhique qui s'y est développé. Des archéologues tels qu'Alfred Foucher en 1905, l'ont aussi qualifié d' « art gréco-bouddhique » (ou « gréco-romano-bouddhique »). Plus précisément, le spécialiste de l'art grec antique qu'est John Boardman reprend un point de vue consensuel largement partagé en 2015[26] selon lequel l'art du Gandhara offre l'exemple du « plus extraordinaire syncrétisme en histoire de l'art », puisant ses sources dans l'art  gréco-bactrien, l'art romain et l'art irano-hellénistique. Pour Gérard Fussman[27] cette liste devrait aussi s'étendre à l'art Indien, encore insuffisamment connu et donc mentionné par les spécialistes occidentaux, alors que les Indiens s'intéressent peu à l'art du Gandhara, issu selon eux d'une forme de colonialisme[28].
Pour John Boardman[29] l'art du Gandhara est un terme qui s'applique à un art bouddhique et selon lui il s'agit d'une invention des Kushans et des Indiens dans une ambiance classique persistante. Tandis que l'art dynastique kouchane est plus proche de pratiques venues du Nord (les Steppes) et même d'origine parthe. Dans l'art bouddhique du Gandhara on assiste à la fusion d'influences hellénistiques et romaines, iraniennes et d'Asie Centrale (gréco-bactérienne). L'impact de cet art bouddhique se faisant sentir jusqu'en Chine et au Japon[30] sur des thèmes iconographiques et architecturaux indiens. Le style du Gandhara fleurit au Ier siècle, sous la dynastie Kouchan et jusqu'à la période des Indo-Sassanides (ou kouchano-sassanides)[31] jusqu'au Ve siècle mais il ne disparaît pas totalement avec l'invasion des Shvetahûna ou Huns blancs.
L'expansion du bouddhisme au Gandhara et en Asie Centrale Occidentale commence, probablement[N 7], avec le règne d'Ashoka, dès le IIIe siècle avant l'ère commune, et perdure jusque vers 885, date de la conquête islamique[32].
Épisodes de la vie de Bouddha.
  • Premières images de Bouddha : C'est dans cette région, ainsi qu'à Mathura en Inde, qu'est apparue la première image de Bouddha au premier siècle de notre ère. Entre ces deux centres (sur la route commerciale du nord du sous-continent indien qui était aussi l'une des voies les plus empruntées par les bouddhistes, commerçants ou moines) des liens étroits ont favorisé la diffusion de cette image ailleurs au-delà du Gandhara, sur la Route de la soie et en Inde, en Asie centrale et jusqu'en Chine, en Corée et au Japon ainsi qu'en Asie du Sud-Est. Ces premières représentations humaines, dans le bouddhisme ancien, de Buddha parfois assis sur un lotus dans la pose de l'enseignement[33], témoigneraient de thèses mahayaniques bien que les distinctions entre mahayana et hinayana n'aient pas été, à cette époque, nettement tranchées [34]. Les premières représentations humaines dédiées au bouddhisme dans l'art du Gandhara semblent autant refléter certaines influences venues de l'Ouest, comme le style indo-parthe, que venues de l'Est, comme de Bharhut par exemple, dans la vallée du Gange autant que des réminiscences de l'art hellénistique. Ce dernier faisait déjà parti du milieu culturel du Gandhara au Ier siècle avant notre ère comme on peut le constater sur les plats ornés de figures provenant du répertoire méditerranéen d'alors, associés à des détails du monde parthe (voir ci-dessous).
  • Iconographie et codes de représentation : Dans les chapelles dédiées à des images ce sont des images de Bouddha qui sont les figures centrales - rarement de Bodhisattvas[35] - entouré de figures secondaires : bodhisattvas ou autres divinités, gardiens (dvarapalas) ainsi que des moines et laïcs en prière. L'échelle des figures est fonction d'une hiérarchie : la figure centrale d'une composition est toujours bien plus grande que les autres. Parmi les figures des côtés, celles qui sont sur le devant et au premier niveau, souvent des Bodhisattvas, sont plus grandes que les autres. Moines et laïcs ont la plus petites taille. La présence de gardiens (dvarapalas), à certains emplacements ont laissé penser que certains espaces (site de Thareli) n'étaient pas ouverts au public, mais réservés aux moines, à une époque tardive (IVe siècle)[36]. Les laïcs semblent avoir été traités avec un certain réalisme, dans leurs portraits, réalisme que l'on ne retrouve pas dans la représentation de Bouddha. Une terre cuite du Met. figure un homme barbu, une grappe de raisin dans les cheveux : un indice de pratiques (« dionysiaques » / « scythiques » ? ) où le vin avait sa place, longtemps après l'implantation du bouddhisme dans la région. Le reliquaire en forme de stupa du Met. indique aussi des réminiscences de l'Antiquité du monde méditerranéen avec ses griffons suspendus en vol devant les volutes d'un chapiteau corinthien qui surgit, comme Bouddha, d'une fleur de lotus.
  • Les vêtements : Ces moines du Gandhara nous sont montrés, comme l'image de Bouddha, dans un vêtement spécifique à cette région froide. Il comportait un manteau placé sur les trois pièces traditionnelles dans les régions plus chaudes. Alors que les bodhisattvas ont un costume princier[37], enrichi de bijoux et d'ornements.
Le vêtement monastique[38] : c'est aussi celui de Bouddha d'après l'Éveil. Il comporte trois pièces, c'est le trichivara, il est traditionnellement porté par tous les moines. Et cela suffit à ceux qui vivent dans des régions chaudes. Une autre pièce, la sanghâti, recouvre le tout dans les régions froides, comme au Gandhara. Les trois premières : un vêtement de dessous, comme une jupe très large, antaravâsaka. Une sorte de châle couvrant l'épaule gauche et passant sous le bras droit : sankakshika - les plis abondants sont ceux que l'on voit sur les Bouddhas de Bamiyan. Enfin la robe monastique, uttarâsanga, c'est une pièce de tissus posée sur les épaules dont le moine ou le Bouddha tient un angle, tandis qu'il aura jeté de sa main droite l'autre angle, par dessus l'épaule gauche.
  • Les matériaux : La pierre la plus utilisée pour la construction est le schiste. Mais pour pouvoir tailler le schiste, pour réaliser une sculpture, il faut en trouver d'une qualité très homogène, sans faille, ce qui est très difficile. Pour cette raison on n'a trouvé que quelques statues monolithes de taille humaine. Certains éléments pouvant être assemblés dans le même matériau (pierre avec pierre) ou éventuellement dans divers matériaux (pierre et métal)[39]. La terre crue, souvent recouverte de stuc ou la sculpture intégralement en stuc sont très largement employés, surtout dans certaines régions et à l'abris des ruissellements, comme à Hadda et ailleurs en Afghanistan. La plus haute sculpture monumentale de Takht-i-bahi, au Pakistan, devait s'élever à plus de dix mètres[40]. Des ensembles monumentaux ont pu être préservé pendant près de deux mille ans, avant d'être très souvent démembrés pour le commerce d'art illégal, ou détruit, au cours de la guerre qui dure depuis l'occupation soviétique et la première guerre d'Afghanistan.
La plupart des sculptures réalisées pendant la période de plus grande activité (IIIe siècle - mi-Ve siècle) sont modelées en terre non cuite, en stuc, et bien plus rarement en terre cuite. Ces matériaux étant moins coûteux à faire travailler que le schiste. Le corps était, surtout pour les sculptures de grande taille, réalisés en terre non cuite. Tandis que la tête et, parfois, les pieds étaient réalisés en stuc. Ce qui explique le très grand nombre sculptures de têtes qui ont survécu sans leur corps. La peinture pouvait intervenir sur le stuc (et la terre) sur certaines parties du corps, et en ce qui concerne la tête, seulement sur les lèvres, rehaussées de rouge. Parfois la couleur était bien plus présente sur les vêtements, et l'or pouvait recouvrir le manteau de Bouddha.
Le dévot qui passait commande de sculpture pouvait rechercher une plus grande récompense pour son acte s'il faisait réaliser un plus grand nombres d'images de Bouddha. On a ainsi retrouvé des moules de tête pour une production en série[41]. Mais la plupart ont été modelées sans utiliser ce processus de reproduction.

Galerie : Art du Gandhara, au sens strict[modifier | modifier le code]

  • Les objets d'art comme les plats (à libation ?), les bijoux et les objets du quotidien, les monnaies ornés de figures et de signes permettent d'évoquer l'histoire et la culture de la société du Gandhara, structurée par des pratiques sociales, religieuses ou non.
  • Comparé à l'art de la péninsule indienne, l'art du gandhara pourrait être qualifié de naturaliste[50] : dans la représentation du corps des personnages et dans le drapé des vêtements. Les statues isolées de Bouddha le représentent en costume de moine ayant eu l'illumination ou l'Éveil. Les signes essentiels de sa boudhéité sont bien visibles : urna (« troisième œil » au bas du front), ushnisha (chignon d'ascète lié par un cordon interprété comme une protubérance crânienne, signe sensible de l'Éveil). Les lobes de ses oreilles sont distendues par le poids des objets précieux qui faisaient partie de son costume de prince. Sa tête est soulignée par une auréole, thème d'origine iranienne. Ses pieds reposent sur des fleurs de lotus épanouies (symboles de pureté parce qu'elles restent immaculées bien que leurs racines plongent dans la boue). Le plus souvent le genou droit avance légèrement, comme en un léger mouvement suspendu. Les figures de divers Bodhisattvas sont rapidement très nombreuses dès leur apparition au Ier siècle : richement vêtus ils évoquent par le Bodhisattva, Bouddha Shakyamuni au moment de son détachement des valeurs temporelles, et cette image était prisée par les donateurs[51]. Par ailleurs, la bienveillance d'un Bodhisattva pouvait être sollicitée par la prière. La figure de Maitreya apparait aussi souvent. C'est le Bouddha du futur, celui qui viendra lorsque le souvenir du Bouddha Shakyamuni se sera effacé. Aussi comme on ne peut disposer d'aucune relique de son corps, la simple présence de son image est un indice important de l'évolution du bouddhisme à cette époque.
  • Le socle et le dos. Toute statue isolée repose sur un socle qui porte souvent une scène de la vie des laïcs ou des moines. On peut ainsi reconnaître leurs gestes d'adoration perpétuelle du bol de Bouddha, du futur Bouddha Maitreya ou d'un reliquaire. Le socle lui-même ou le dos de la statue pouvaient contenir une relique, quelle qu'elle soit. Ces statues étaient adossées à la paroi et le dos est à peine traité, parfois seulement en faible relief, comme dans le cas de la représentation de Maitreya, de Shahbaz-Garhi, au Musée Guimet.
  • Les plaques sculptées à scènes narratives, en relief proviennent, lorsqu'elles sont tout en longueur, de contre-marches d'escalier menant à un sanctuaire[52]. Elles peuvent porter des représentations de corporations, ou des scènes de pratiques religieuses, mais qui peuvent être, au Gandhara, liées aux mystères dionysiaques (bacchanales, ou autres). Les plaques rectangulaires plus hautes peuvent provenir de la partie basse d'un stupa ; comme la circumambulation est l'acte rituel dédié au stupa, leur caractère narratif permettait de suivre ainsi des épisodes chronologiquement disposés. Il s'agit ainsi, souvent, des scènes de la vie de Bouddha. Mais on pouvait aussi en trouver au dessus du stupa, encore plus proche du format carré, dans la harmika[N 23]. Enfin certaines plaques peuvent provenir d'une sorte de faux-gable, placé sur la face du stupa tournée vers l'ouverture du sanctuaire. D'autres figures peuvent représenter des porteurs de fleurs, car le stupa est souvent représenté couvert de guirlandes de fleurs. Leur parfum embaume la « chambre » de Bouddha.
  • La dévotion privée et les statuettes de métal. Dans les premiers monastères on voit de petits espaces dédiés à la dévotion privée (à figures isolées), pour les moines et moniales[53]. Dans les derniers temps apparaissent aussi des petites chapelles dédiés à la dévotion privée. Sur ces petites surfaces on pouvait utiliser des images (en stuc ?) obtenues par moulage. Le laiton, le bronze (à la cire perdue) ont pu donner l'occasion d'une multiplication de figures dévotionnelles de petit format. Ce sont en particulier des images de Bouddha debout en abhaya-mudrā, comme celles du Metropolitan Museum of Art[54], figures isolées ou se détachant sur deux auréoles rayonnantes, avec un traitement du drapé qui est semblable à celui que l'on rencontre dans des statuettes similaires Gupta, mais sans auréole. La grotte de Bamiyan (fin du VIe siècle) où les statuettes du Metropolitan ont été découvertes possède, elle aussi, un décor en relief en forme d'auréole tout à fait semblable à ce que l'on trouve ici. Ces statuettes ont été réalisées après l'apogée de la sculpture au Gandhara. Des commanditaires isolés, des moines de rang supérieur, ont pu ainsi continuer à les faire exécuter jusqu'à cette époque tardive, à la fin du VIe siècle, à l'époque Gupta. Celles-ci s'étaient rapidement répandues à cette époque dans le monde touché par le bouddhisme. Les petits autels portatifs[N 24], qui apparaissent à cette époque, sont aussi des objets d'enseignement et supports pour la prière. Repliés ils sont soit cylindriques, soit plats. Ils comportent, sur leurs faces externes, des images pour la prière : Bouddha ou Bodhisattva isolés, et sur les faces internes des scènes narratives de la vie de Bouddha. On en retrouve, d'un type similaire, sur la route de la soie (Behrendt 2007, p. 83) et dans la Chine des Trois Royaumes (220 - 280).

Galerie : Autres sites du « Grand Gandhara »[modifier | modifier le code]

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Pour s'expliquer le style gréco-bouddhique qui caractérise le modelage des figures bouddhiques à Hadda, le professeur Zémaryalai Tarzi[56] proposait en 2001 « d'imaginer dans la plaine de Jâlâlâbâd, dont dépendait Hadda, l'existence de foyers de civilisation hellénique en étroite relation avec la métropole régionale Dionysopolis ».

  • La présence des autres religions, qui est évidente sur les frappes monétaires, au cours de la période kouchane ne se manifeste guère sous forme de témoins archéologiques. Après l'effondrement de l'empire kouchan le Gandhara traverse une période de moins grandes commandes. En Afghanistan la dynastie des Shahi de Kaboul, apparentée à des familles du Cachemire, occupe le pouvoir jusqu'au IXe siècle et leur défaite face aux Turcs musulmans, les Ghaznévides de Ghazni (ou Ghazna ). Pendant cette période de nombreux monastères bouddhistes voient le jour en Afghanistan : les monastères du Fondukistan et ceux de la vallée du Ghorband, ainsi que l'ensemble monastique des bouddhas de Bamiyan et ses grottes peintes qui datent de cette époque. Des statuettes et des autels portatifs, trouvés sur place, signalent la progression d'une dévotion privée[57]. Mais c'est aussi au cours de cette période que l'on peut constater les indices de la présence de l'hindouisme se multiplient autour du culte de Shiva, qui peut parfois être confondu avec un dieu d'origine iranienne, Oesho. Des plaques de terre-cuite peintes représentent Shiva, Zeus et Sérapis, du VIe siècle et conservées au Metropolitan Museum[58] dans un style de peinture à la fois proche de celles d'Ajanta, en Inde, mais aussi des monastères de Miran, sur la Route de la soie, à l'extrême Est, mais réalisées par un peintre qui portait un nom romain !

Où sont les plus grandes collections ?[modifier | modifier le code]

Le musée de Peshawar détient, probablement, la plus belle collection d'objets d'art du Gandhara, avec les musées de Taxila, le Swat Museum et celui de Lahore ainsi que le Musée National du Pakistan à Karachi. Mais le Musée Guimet, le British Museum, le Musée d'art asiatique de Berlin, le Musée National d'Art Oriental de Rome et les Musées Royaux d'Art et d'Histoire à Bruxelles disposent aussi d'importantes collections sur ce sujet. Un splendide bodhisattva kushan se trouve au Musée des arts asiatiques de Nice. Les musées des États Unis, tels que le Metropolitan Museum of Art de New York et le Musée d'art asiatique de San Francisco, ainsi que les musées du Japon tel que le Musée national de Tokyo possèdent des collections de tout premier ordre.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Category:Archaeological sites in Gilgit-Baltistan (en)
  2. : Gérard Fussman, cours 8 mars 2011, sur : [3]
  3. Par le terme « indo-grec » on ouvre cet ensemble aux réalisations indépendantes du bouddhisme.
  4. Ce site a été totalement détruit. De bonne reproductions dans Béguin 2009, p. 216 et surtout Cambon 2010. Aussi photographies de Gérard Fussman dans Grousset 2007, Premier groupe de photographies.
  5. Napki Malka (en) est roi hephtalite du Vie - VIIe siècle. Sa monnaie semble correspondre au royaume de Nezak, en persan.
  6. Statues dont la taille approche l'échelle humaine. Behrendt 2007, p. 64
  7. On conserve encore des édits d'Ashoka gravés dans la roche ( à Shahbaz-garhi, non loin de Peshawar et à Mansehra, non loin de Zar dheri : Pierre Cambon 2010, p. 22) , et les stūpa de Butkara I et de Taxila, aux frontières du Gandhara, proprement dit : (Bussagli 1996, p. 506). Or Taxilla est alors la capitale du Gandhara et Ashoka en avait été le kumara, le vice-roi, dans sa jeunesse avant de devenir roi de la dynastie Maurya et converti au bouddhisme : Françine Tissot 2002, p. 30. Ce qui permet de supposer que des indices du bouddhisme de cette période n'ont pas encore été découverts au Gandhara.
  8. Serviteurs femmes et gardiennes, dont l'une tient une épée, entourent Maya qui est étendue sur un lit, les jambes repliées et recouverte d'un élégant tissus à motif floral. Maya rêve d'un éléphant à six défenses qui descend du ciel pour entrer dans son ventre par son côté droit; à l'origine un petit éléphant aurait été représenté dans le disque central aujourd'hui martelé. Cette conception miraculeuse marque la renaissance finale du Bouddha Shakyamuni et son entrée physique dans ce monde.
  9. Ce panneau, avec celui montrant le rêve de Maya (Dream of Queen Maya. Gandhara.Met.jpg), faisait partie d'un ensemble plus vaste qui aurait initialement encerclé, une séquence après l'autre, le tambour d'un petit stupa en racontant la vie du Bouddha Shakyamuni. Ici, Maya se dresse et saisit une branche d'arbre, un peu comme des représentations antérieures de ''yakshini'' ( divinités de la nature féminine ), et elle donne miraculeusement naissance à Bouddha par le côté droit.
  10. Le Bouddha est représenté dans la pose de l'enseignement, au cours du premier sermon à cinq ascètes qui sont représentés comme s'ils étaient déjà des moines ; par cet acte, il établit l'ordre monastique. Le Bouddha effectue le geste qui met en mouvement la roue de la loi, un symbole bien établi de l'enseignement bouddhiste, et qui exprime le dharma. Sur le rang du haut, à la droite de Bouddha se trouve le bodhisattva Vajrapani qui tient un vajra ( foudre ).
  11. Lorsque le Bouddha a eu quatre-vingts ans il est mort près de la ville de Kushinagara, afin de se libérer du cycle de la renaissance et atteindre le nirvana. Ce panneau, qui aurait été placé dans la harmika au sommet d'un stupa, montre le Bouddha entouré de pleureuses laïques et monastiques montrant leur chagrin sous diverses formes. Leurs réactions contrastent avec le calme parfait du moine qui nous tourne le dos, Subhadra ; il se rend compte qu'il n'y a aucune raison d’être malheureux, puisque le Bouddha a atteint le nirvana. Des représentations figuratives de la mort de Bouddha, basées sur le prototype du Gandhara, sont devenues des icônes importantes pour la vénération, à travers tout le monde bouddhiste au cours des siècles qui ont suivi.
  12. Localisation originelle probable en raison du format et du traitement des volumes en saillie, pour être vus par en dessous : Behrendt 2007, p. 41. La harmika est le bloc plus ou moins cubique qui surmonte le dôme du stupa (anda), traversé par le mât (yashti) sous les parasols (chattra), et qui est constitué de plaques illustrées sur les stupas du Gandhara. Notons que le dôme, lui même, repose sur un soubassement (medhi) dont la forme a changé au cours du temps, au Gandhara : cercle ou carré. (Voir ci-dessus l'architecture).
  13. Considérés par Henri-Paul Francfort, en 1979, comme des palettes à fard (qui tiennent dans la main), ces objets sont vus, de manière plus générale, par Behrendt 2007, p. 10, comme des plats (dishes) pour des rituels domestiques (domestic rituals) ; (cf.: Henri-Paul Francfort, « Les palettes du Gandhara », de Boccard, Paris 1979). Sur ce « plat », Apollon porte un chapeau pointu propre aux Parthes mais aussi aux populations qui occupent à cette époque l'Iran jusqu'au Xinjiang (cf. Corinne Debaine-Francfort (Dir. publ.), Idriss, Abduressul. (Dir. publ.) et Mission archéologique franco-chinoise au Xinjiang, Keriya, mémoires d'un fleuve : Archéologie et civilisation des oasis du Taklamakan, Éditions Findakly, 2001, 245 p. (ISBN 2-86805-094-8).
  14. Des palettes similaires ont été trouvées sur le site de Sirkap (Taxila) au Gandhara dans des contextes qui suggèrent qu'ils étaient utilisés dans le cadre des rituels domestiques, peut-être afin de s'assurer une vie heureuse dans l'au-delà. Des emblemata trouvés dans le trésor de Begram auraient pu servir de modèle (Behrendt 2007, p. 11). Des plats similaires et représentant des divinités ont été trouvés à Alexandrie et semblent indiquer un usage rituel.
  15. Les éléments en forte saillie, comme ici le bras droit qui manque, étaient sculptés en tant que parties séparées et, ensuite, assemblés au corps principal par des éléments emboités l'un dans l'autre. Vue prise à l'exposition: Pakistan : Terre de rencontre : Ier - VIe siècle. 2010. Musée national des arts asiatiques - Guimet, Paris. Catalogue : no 48, page 119.
  16. Reliquaire : prov. stupa de Bimaran), N-O Gandhara.
  17. Ce type de brûle-parfum était utilisé par les dévots au cours des rituels de vénération des stupas. Dans la tradition ultérieure du Gandhara ont les trouve souvent devant les images du Bouddha et des bodhisattvas. L'arbre cannelé central émerge d'une couronne décorative à laquelle sont adossées quatre figures ailées réalisées dans un style indo-parthe. Style qui peut être mis en relation avec la production d'images des premiers centres bouddhistes à Taxila.
  18. Cette statuette portative est l'un des tout premiers exemples de ce type d'objet de dévotion qui ont, en raison de leur taille modeste, pu circuler et se répandre dans l'Asie avec l'image du Bodhisattva Avalokiteshvara, sous des formes qui en sont dérivées, comme dans les bronzes dévotionnels chinois.
  19. Des figures de gardiens armés similaires ont été trouvées flanquant une porte d'un monastère sur le site du Gandhara de Thareli. Il est clair que cet exemplaire fonctionne en tant que divinité protectrice. Il est intéressant que les moines aient choisi d'intégrer ces divinités non bouddhistes dans l'embellissement de leurs résidences monastiques. L'apparition de ces protecteurs peut probablement être reliée à l'importance croissante du dieu Skanda à la fin des traditions du Gandhara. (Notice du musée.). Le site de Thareli est situé sur la limite Nord du bassin de Peshawar, à proximité des sites de Sikri et Jamal Garhi.
  20. Les couvercles de boîte sont un exemple rare au Gandhara d'art non religieux. L'animal entouré par le feuillage qui tournoie est un motif, à l'origine, d'Inde du Nord. Ces objets de luxe se trouvent le plus souvent le long des routes commerciales entre l'Afghanistan et l'Asie centrale et sont la source claire pour des images comme l'oie à la queue empennée de feuilles découverte sur le site de Pialma à Khotan (Xinjiang), du Metropolitan Museum of Art : [4].
  21. L'autel, intégral, aurait été constitué de deux plaques articulées par une charnière. :Behrendt 2007, p. 78. Le panneau supérieur montre le premier sermon de Bouddha ; celui du bas le montre entouré par des personnages avec un arbre, Mais la scène n'est pas identifiée en 2015.
  22. Sculpture destinée à la dévotion privée pour l'élite des moines. Quelques petites représentations du Bouddha dédiées à la dévotion personnelle ont survécu au Gandhara. Cette image en métal mêle des éléments que l'on peut rencontrer dans la sculpture en pierre du Gandhara avec le style Gupta du nord de l'Inde. Sa portabilité a été un moyen important pour répandre le style du Gandhara dans d'autres parties de l'Asie, comme c'est le cas avec les bronzes dévotionnels chinois des IIIe siècle - IXe siècle.
  23. La harmika est le bloc plus ou moins cubique qui surmonte le dôme du stupa (anda), traversé par le mât (yashti) sous les parasols (chattra) : ces quatre faces - tournées vers les quatre directions - réduisaient ainsi la vie de Bouddha à seulement quatre moments jugés essentiels par le commanditaire. Le choix du commanditaire montrait alors son point de vue, son point de vue de pratiquant laïque.
  24. [5] : Notice du Met. Une partie d'un autel portatif . Originellement constitué de 4 quarts d'un objet qui, refermé, forme un cylindre. Chaque quart comporte trois faces. Les faces intérieures (visibles quand l'autel est ouvert) sont des scènes de la vie de Bouddha, les faces extérieures sont composées, sur trois registres, d'images pour la prière. Cet objet est similaire à ce que l'on trouve en Chine au cours de la période des Trois Royaumes. L'autel reproduit ci-dessous, entier, aurait été constitué de deux plaques articulées par une charnière. : Behrendt 2007, p. 78
  25. Cette sculpture « provient de la niche V2 de Tape Shotor, elle faisait partie des 540 objets volés au dépôt de Saradj el E'mârat de Djâlâlâbâd et fut achetée par le Metropolitan Museum de New York. » : Zémaryalai Tarzi, Le site ruiné de Hadda, Afghanistan. Patrimoine en péril. Actes d’une journée d’étude, 24 février 2001, 2001, Paris, France. Centre de Recherches et d’Etudes Documentaires sur l’Afghanistan, pp.60-69, 2001 : [6] : page 66. Cette sculpture est encore exposée en 2016 au Metropolitan Muséum,avec la mention d'usage concernant cet achat : " Purchase, 1986 ". Son origine, pourtant bien documentée ( par exemple : [7] : monastère de Tapa-Shotor en image, Z. Tarzi), est indiquée comme incertaine : "possibly from Hadda site of Tapa Shotor"  ! [8]: Page du Metropolitan Museum of Art en 2016, et catalogue du musée : Behrendt 2007, p. 86.
  26. Hauteur probable de la statue calculée d'après celle de la tête : 1.37 m. (Behrendt 2007, p. 88).

Références[modifier | modifier le code]

  1. The Princeton dictionary of buddhism par Robart E. Buswell Jr et Donald S; Lopez Jr aux éditions Princeton University Press, ISBN 0691157863, page 311.
  2. Gérard Fussman : cours au Collège de France 2010-2011, Le Gandhara, terre de passage, d’échanges et de création cours 2010-2011 et résumés sur : [9]
  3. G. Fussman, 2004, Journal of the International Association of Buddhist Studies, Book Review, pages 237 sqq. : Kurt A. Behrendt, The Buddhist Architecture of Gandhara. Ouvrage vertement critiqué, entre autres sur une localisation du Gandhara réduit au seul Pakistan.
  4. Françine Tissot 2002: carte hors texte.
  5. G. Fussman, 2004, Journal of the International Association of Buddhist Studies, Book Review, pages 237 sqq. : Kurt A. BEHRENDT, The Buddhist Architecture of Gandhara.
  6. Musée Guimet
  7. Richard Salomon (traducteur des textes en Gandhari trouvés à Hadda [10]) propose l'appellation « Grand Gandhara » pour toutes les régions où l'on a trouvé des traces de la langue Gandhari (rédigée d'ailleurs en écriture Kharoṣṭhī) : ce que conteste Gérard Fussman : cours 2010-2011, Le Gandhara, terre de passage, d’échanges et de création (cours du 8 mars 2011, 28.13 et suivantes) : [11]
  8. Bussagli 1996, p. 29
  9. Musée Guimet
  10. Bussagli 1996, p. 43
  11. Ce découpage correspond aux informations recueillies dans les ouvrages suivants : Ouvrage collectif par les conservateurs du musée Guimet 2012, p. 55-70, Cambon 2010, Béguin 2009.
  12. Gérard Fussman, cours 8 mars 2011 au Collège de France, 48:30 sq.
  13. Bussagli 1996, p. 112
  14. Fussman cours Collège de France du 29 mars 2011 (27 min)
  15. Statues dont la taille est monumentale. Behrendt 2007, p. 64 et 72
  16. Françine Tissot 2002, p. 160-161
  17. Françine Tissot 2002, p. 168-169.
  18. Behrendt 2007, p. 51
  19. Behrendt 2007, p. 50
  20. Gilles Béguin 2009, p. 209
  21. Gérard Fussman, « Notes sur la topographie de l'ancienne Kandahar », Arts asiatiques - Année 1966 - Volume 13 - Numéro 1 - Pages 33-57 et Françine Tissot 2002, p. 172-173.
  22. Françine Tissot 2002, p. 172.
  23. Françine Tissot 2002, p. 178 : ce dernier exemple est au Musée Guimet.
  24. Louis Frédéric, L'art de l'Inde et de l'Asie du Sud-Est, Flammarion,‎ , 480 p. (ISBN 2-08-012252-5) : page33.
  25. Bussagli 1996, p. 29 sq.
  26. Il cite (John Boardman 2015, p. 167) cet auteur en particulier : Warwick Ball, The Monuments of Afghanistan 2008.
  27. Gérard Fussman : cours au Collège de France, 2011.
  28. Selon le terme employé par Gérard Fussman.
  29. John Boardman 2015, p. 168
  30. Bussagli 1996, p. 442
  31. Avec le déplacement du règne de Kanishka au IIe siècle « la période d'apogée du style du Gandhara serait peut-être associée à la période kouchano-sassanide, si du moins l'on admet ma référence kouchane comme seule option possible. » : Jacques Giès 2010, p. 25.
  32. Gilles Béguin 2009, p. 206
  33. [12] : Apothéose bouddhique, site de Mohammed Nari, Pakistan. Schiste, H 119 cm. Musée de Lahore : image Paris Match : Exposition Musée Guimet 2010 : Pakistan : Terre de rencontre : Ier - VIe siècle. Catalogue : p. 45 et cat. no 75.
  34. Gérard Fussman, cours Collège de France du 10 mai 2011 (dès les premières minutes) : [13]
  35. Behrendt 2007, p. 51
  36. Behrendt 2007, p. 75
  37. Françine Tissot 2002, p. 198-201.
  38. Françine Tissot 2002, p. 72-73
  39. Behrendt 2007, p. 72
  40. Behrendt 2007, p. 73
  41. Behrendt 2007, p. 65
  42. Page correspondante du British Museum, avec la datation approximative, le 31/01/2016 : [14]
  43. [15] Page du Musée Guimet
  44. [16] Notice Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais.
  45. Le vêtement du bouddha : Cet ensemble se compose de trois voire quatre pièces en raison du climat plus froid qu'en Inde : Francine Tissot 2002, p. 72. Un vêtement de dessous qui se présente comme une jupe très large, une sorte de châle qui couvre l'épaule gauche et passe sous le bras droit et la robe monastique, une pièce de tissus posée sur les épaules (parfois l'épaule droite est dégagée). Enfin la sanghâti, c'est le manteau que le moine ou le Bouddha revêtent pour sortir et pour les cérémonies rituelles. Ce manteau double la robe et se drape comme elle. Bien plus court que la toge romaine ou l'himation, ce manteau descend au plus à mi-mollet.
  46. [17]: Page du Los Angeles County Museum of Art.
  47. Ouvrage collectif par les conservateurs du musée Guimet 2006, p. 40.
  48. Cambon 2010, p. 84-85
  49. Notice du Metropolitan Museum of Art..
  50. Gilles Béguin 2009, p. 212
  51. Behrendt 2007, p. 53
  52. Behrendt 2007, p. 26-33. Des éléments triangulaires ornés de figures adaptées à ce format servent de protection latérale à l'escalier, franchissant la marche horizontale pour aboutir à la contre-marche.
  53. Behrendt 2007, p. 75
  54. Behrendt 2007, p. 78
  55. « Cette sculpture est un produit de la dernière période de production gandharienne. Stylistiquement, elle est liée à la sculpture de Shahi [ site ? ] du Nord du Pakistan et de l'Afghanistan ainsi qu'aux derniers ateliers du Gandhara comme ceux de Sahri-Balhol ». (Notice du musée).
  56. Zémaryalai Tarzi, Le site ruiné de Hadda, Afghanistan. Patrimoine en péril. Actes d’une journée d’étude, 24 février 2001, 2001, Paris, France. Centre de Recherches et d’Etudes Documentaires sur l’Afghanistan, pp.60-69, 2001 : [18].
  57. Behrendt 2007, p. 76 - 83.
  58. [19] et [20]: Les deux notices du musée.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources numériques et bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Ouvrage collectif par les conservateurs du musée Guimet, Musée des arts asiatiques Guimet : le guide des collections, Paris, Musée des arts asiatiques Guimet,‎ , 139 p. (ISBN 978-2-85495-511-8)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Ouvrage collectif par les conservateurs du musée Guimet, De l'Inde au Japon : 10 ans d'acquisitions au Musée Guimet. 1996-2006, Paris, Réunion des musées nationaux et Musée des arts asiatiques Guimet,‎ , 222 p. (ISBN 978-2-7118-5369-4)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Gilles Béguin, L'art bouddhique, Paris, CNRS éditions,‎ , 415 p. (ISBN 978-2-271-06812-5)
    Le Gandhara et l'Asie Centrale occidentale font l'objet d'une partie, une vue d'ensemble actualisée bien documentée, p. 205-225.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article (en) Kurt A. Behrendt, The art of Gandhara in the Metropolitan Museum of Art, the Metropolitan Museum of Art / Yale University Press,‎ , 115 p. (ISBN 978-1-58839-224-4)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article (en) John Boardman, The Greeks in Asia, Paris, Thames & Hudson,‎ , 240 p. (ISBN 979-0500252139)
  • (en) dir. Pia Brancaccio & Kurt A. Behrendt, Gandhāran Buddhism : archaeology, art, texts, Vancouver, UBC Press (The University of British Columbia),‎ , XI-313 p. (ISBN 0-7748-1080-7), en ligne : [21], et de Kurt A. Behrendt (seul), The Buddhist Architecture of Gandhara, 2004, aperçu en ligne : [22]
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Mario Bussagli, L'Art du Gandhara, LGF - Livre de Poche, coll. « La Pochothèque »,‎ (ISBN 2-25313-055-9)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Pierre Cambon (dir.), Pakistan : Terre de rencontre Ier-VIe siècle : les arts du Gandhara : exposition, Paris, Musée Guimet, 21 avril-16 août 2010, Paris, Réunion des musées nationaux,‎ , 159 p. (ISBN 978-2-7118-5731-9)
    Œuvres conservées au Pakistan. Textes de Pierre Cambon.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Pierre Cambon (dir.), Afghanistan : une histoire millénaire : exposition, Barcelone, Centre culturel de la Fundacion « la Caixa » 2001, Musée Guimet, 2002, France, Espagne, Réunion des musées nationaux,‎ , 205 p. (ISBN 2-7118-4413-7)
    Nombreux articles, entre autres sur L'art Kouchan, Hadda, Bamiyan, L'Afghanistan et le Turkestan chinois (Xinjiang).
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Emmanuel Choisnel, Les Parthes et la route de la soie, Paris, L'Harmattan,‎ , 277 p. (ISBN 2-7475-7037-1)
    L'ouvrage aborde aussi l'histoire des voisins, dont l'empire Kouchan.
  • Alfred Foucher, L'art gréco-bouddhique du Gandhâra : étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient, Paris, Leroux,‎ ( École française d'Extrême-Orient, EFEO ) : [23] , tome II, 1922.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Gérard Fussman et Anna Maria Quagliotti, L'iconographie ancienne d'Avalokitesvara = The early iconography of Avalokitesvara, Institut de civilisation indienne,‎ , 152 p. (ISBN 978-2-86803-080-1)
    Ouvrage essentiel qui actualise les connaissances et répond à la question de la première image de Bouddha.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Gérard Fussman : cours au Collège de France 2010-2011, Le Gandhara, terre de passage, d’échanges et de création cours 2010-2011 sur : [24].
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Bérénice Geoffroy-Schneiter, Gandhara : La rencontre d'Apollon et de Bouddha, Assouline, coll. « Mémoires »,‎ , 79 p. (ISBN 2-84323-243-0)
    L'histoire des premières découvertes.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Jacques Giès, Pakistan: Terre de rencontre : Ier - VIe sècle : Les arts du Gandhara : Exposition. Paris, Musée national des arts asiatiques - Guimet. 21 avril- 16 août 2010, Réunion des musées nationaux,‎ , 160 p. (ISBN 978-2-7118-5731-9)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article René Grousset, Sur les traces du Bouddha, L'Asiathèque,‎ , 382 p. (ISBN 978-2-91-525556-0)
    Édition enrichie d'une préface et d'une biographie de René Grousset, avec une carte détachée (50x80cm) et deux groupes de photos. Première édition : Plon, 1929. René Grousset raconte et commente les récits de pèlerinage de Xuanzang et Yi Xing au VIIe siècle.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Francine Tissot, Gandhara, Maisonneuve, coll. « Vie publique et privée de l'Inde ancienne »,‎ , 256 p. (ISBN 2-7200-1031-6), avec 289 photos et une carte. Première publication 1985.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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  • Un exemple de publication savante sur des inscriptions découvertes dans le Balistan (Gilgit et Skardu, Nord Pakistan) : (en) Karl Jettmar, Antiquities of Northern Pakistan, vol. 2, Mainz, Philipp von Zabern,‎  ; le contenu de cette publication en ligne : Karl Jettmar, « The Patolas , Their governors and their successors », archiv.ub.uni-heidelberg,‎ 1993