Dihya (reine)

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La Kahena

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Dihya (Kahina)
Titre
Reine des Berbères
Prédécesseur Koceila
Biographie
Nom de naissance Dihya
Surnom Kahina
Lieu de naissance Aurès
Origine Berbère
Date de décès
Lieu de décès Tibest (Tébessa)
Nature du décès Morte au combat
Père Tabeta Aït Tifan (Tabeta fils de Tifan)
Enfants Kenchela (fille), Ifran (fils), Yezdia (fils)

Dihya (en berbère : ⴷⵉⵀⵢⴰ Dihya, en arabe : ديهيا), aussi connue sous le nom de Kahina ou Kahena, est une reine guerrière berbère qui a combattu les Omeyyades, lors de la conquête musulmane du Maghreb au VIIe siècle. Elle meurt au combat, à Tébessa, en 703.

Selon Zineb Ali-Benali, historienne et professeure des universités, Dihya a réussi, en son temps, à unifier le Maghreb, tout en insistant sur ses qualités de chef-militaire, qui se rallie les populations de la région, elle indique que cette reine berbère figure "parmi les rares femmes au parcours politique aussi exceptionnel"[1]

De nombreuses romancières et essayistes féministes se sont approprié la figure de la Kahina pour sa charge symbolique, la décrivant comme l’une des premières féministes de l’Histoire[2].

Les mouvements berbéristes la considère comme une icône de l'amazighité[3], elle serait la fille de Thabet, le chef de la tribu des Idjerawen. Elle est également une figure historique et identitaire majeure des Aurès, ainsi que des amazighs

Étymologie[modifier | modifier le code]

Son nom personnel est l'une de ces variations : Daya, Dehiya, Dihya (ⴷⵉⵀⵢⴰ), Dahya ou Damya (il est difficile de distinguer ces variantes à cause de l'orthographe arabe). Les sources arabes la nomment al-Kāhina (signifiant « la prophétesse » , « la devineresse »)[4],[5]. Surnom donné par ses adversaires musulmans, en raison de sa capacité à prévoir l'avenir.

Les écrivains de langue arabe du Moyen Âge, utilisent le nom de Dihya, et le surnom de Kahina, à l'exemple d'Ibn Khaldoun. La plupart des écrits historiques ou littéraires qui la mentionnent, la désignent par le surnom de Kahena ou Kahina.

M'hamed Hassine Fantar quant a lui, a avancé que le nom de Kahina serait d’origine punique (Kahena = khn, Kohenet en punique, c’est-à-dire prêtresse)[6].

Contexte[modifier | modifier le code]

Article principal : Conquête musulmane du Maghreb.

Dans un contexte général de guerres arabo-byzantines, la conquête de l'Afrique du Nord est décidée par le chef de la dynastie omeyyadeMuawiya Ier, premier calife omeyyade soufyanide, et continuée par son fils, le second calife omeyyade, Yazīd Ier. Oqba Ibn Nafi est le général arabe désigné pour conquérir la totalité de l'Afrique du Nord et y propager l'islam. Il gouverne l'Ifriqiya de 663 à 675, puis de 682 à sa mort. Vers 670, les Arabes fondent le poste militaire de Kairouan, dans le but d'en faire un point d'appui dans leur campagne de conquête du Maghreb.

Cette conquête se heurte à la résistance des populations locales et des puissances installées : l'Empire byzantin, implanté essentiellement sur les côtes et en particulier à Carthage et Septum, et les Berbères. L'Exarchat de Carthage est une province excentrée de l'Empire byzantin

Au début de la conquête musulmane du Maghreb, l'unité politique et administrative de l'Afrique du Nord orientale et centrale (les Aurès, l'est de l'Algérie) est en grande partie réalisée par Koceïla. Ce chef berbère, dont le vrai nom était probablement Caecilius, prend la tête de la résistance, de 680 à 690. Il s'oppose aux armées arabes, particulièrement au général Oqba Ibn Nafi. En 683, Koceïla prend en embuscade une armée omeyyade, à Vescera, et tue Oqba[7]. Les Omeyyades sont expulsés de la région de l'actuelle Tunisie[8]. Koceïla prend Kairouan, et dirige une grande partie du Maghreb[9]. Il meurt vers 690, près de Timgad, lors de bataille de Mamma, face aux renforts du calife Zuhair ibn Qais[10].

À Constantinople, Constantin IV (668-685) succède Justinien II (685-695, puis 705-711). À Damas, les califes se succèdent, on passe de la branche soufyanide à la branche marwanide : Muʿawiya II (683-684), Marwān Ier (684-685), ʿAbd Al-Malik (685-705). Le gouverneur de l'Ifriqiya est désormais Hassan Ibn Numan, au moins de 692 à sa mort, vers 700.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

D'après certains historiens, comme Émile-Félix Gautier[11], Charles-André Julien[12], ou Mohamed Talbi[13], il est probable que Kahina était d'ascendance métissée, byzantine, et berbère, expliquant ainsi la popularité qu'elle a pu avoir tant sur les byzantins, que les berbères[14].

Conflit[modifier | modifier le code]

La confédération aurésienne de la reine Kahina (en violet).

Kahina a succédé à Caecilius comme chef de guerre des tribus berbères en 690, contre les armées omeyyades.

Hassan Ibn Numan a quitté l'Égypte, et a capturé Carthage en 698, et d'autres villes (voir la conquête musulmane du Maghreb). Cherchant a éliminer tout ennemi potentiel, on lui a dit que le monarque le plus puissant de l'Ifriqiya était « la reine des Berbères » (en arabe: malikat al-barbar), Dihya, il est donc allé en Numidie.

Les armées berbères et arabes se sont rencontrées près de Meskiana dans l'actuelle province d'Oum el-Bouaghi, en Algérie. Dans la vallée déserte et asséchée, Dihya dissimule son armée pendant la nuit, en partie dans la montagne, en partie derrière, sa cavalerie et ses troupeaux de chameaux, pour prendre en embuscade les troupes d'Hassan. Lorsque les Arabes attaquent, ils sont accueillis par une pluie de flèches tirées entre les jambes des chameaux des Berbères. Une fois les Arabes battus, les Aurésiens les poursuivent jusqu’à Gabès[15]. Cette prestigieuse victoire appelée bataille des chameaux, permet d'expulser les omeyyades d'Ifriqyia. Ceux ci prirent la fuite, et se réfugient en Tripolitaine pendant près de 4 ou 5 années. Ils surnommèrent le lieu de la bataille Nahr Al Bala (littéralement, rivière des souffrances)[16]. Les Berbères firent un grand nombre de prisonniers, Kahina leur rendit la liberté, à l'exception d'un neveu de Hassan, nommé Yazid ibn Khalid[17].

Consciente que l'ennemi était trop puissant, et forcé de revenir, Dihya aurait pratiqué la politique de la terre brûlée en vue de dissuader l’envahisseur de s’approprier les terres, s’aliénant par là une partie de son peuple[18]. Cette politique a eu peu d'impact sur la montagne et les tribus du désert, mais a eu pour effet de perdre le soutien crucial des sédentaires, et des habitants des oasis. Au lieu de décourager les armées arabes, cette décision désespérée a accéléré sa défaite[19].

Hassan Ibn Numan demande des renforts au calife Abd Al-Malik qui lui accorde plusieurs milliers de guerriers avec pour but de reconquérir l'Ifriqiya.

Mort[modifier | modifier le code]

Dihya s'engage une dernière fois face aux Omeyyades à Tabarqa.

Ibn Khadoun décrit le combat comme particulièrement âpre, et indique que les musulmans bénéficièrent "d'une intervention spéciale de Dieu"[20]. Finalement, son armée est vaincue par celles de l'émir Moussa Ibn Noçaïr. Elle se réfugie dans l'amphithéâtre romain d'El Jem, mais est tuée après un combat, près d'un puits qui porte toujours son nom, Bïr El Kähina (à Bir el-Ater[21]). Prévoyant la déroute de son armée, elle aurait envoyé au préalable ses deux fils à l'armée arabe[22]. La défaite de ses troupes est en parti due à la trahison de Yazid, jeune captif arabe que Kahina avait épargné à la bataille de l'Oued Nini, celui ci aurait tenu une correspondance secrète avec Hassan pour le tenir au courant des mouvement des troupes berbères[23].

Selon les sources, elle serait soit morte au combat, l'épée en main, soit par suicide, en avalant du poison, afin de ne pas être capturée par l'ennemi[24]. D'après Ibn Khaldoun, Dihya est capturée et décapitée, et sa tête est envoyée au calife Abd al-Malik, toutefois cela est très probablement une invention de commentateurs arabes[20]. Cet événement s'est produit dans les années 690 ou 700 : l'année 703 est souvent retenue[25].

À la suite de cette victoire, Hassan accorda la paix (aman) aux berbères, en échange d'un contingent de 12 000 cavaliers pour conquérir la péninsule ibérique. Moussa Ibn Noçaïr, nomme Tariq ibn Ziyad, un berbère fraîchement convertis à l'islam, à la tête de l'armée berbère[26]. Les fils de Kahina, Bagay et Khanchla, se seraient convertis à l'islam, et auraient obtenu un commandement militaire, pour la conquête du Maghreb al-Aqsa (actuel Maroc)[20], l'un d'entre eux serait devenu gouverneur de la région des Aurès, et par la suite, sa tribu exercera un pouvoir sur les Zirides dans les Aurès[27].

La perte de la province d'Afrique est lourde pour l'Empire byzantin. Après la perte de l'Égypte en 642, il perd son second grenier à blé.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Ibn Ḵẖaldoun lui attribue une généalogie remontant jusqu’à sept générations en arrière : elle aurait été « fille de Tabeta (ou Mâtiya), fils de Tifan (ou Nîcan), fils de Baoura, fils de Mes-Kesri, fils d’Afred, fils d’Ousîla, fils de Guerao ». Cette famille aurait dirigé les Djeraouas, tribu alors à la tête des Botr, deux ethnonymes jusque-là jamais mis en relation avec la résistance berbère[28].

Récits médiévaux[modifier | modifier le code]

Kahena est réputée user de pouvoirs magiques : « Hassan accorda au fils de la Khahina le commandement en chef des Djerawa et le gouvernement du Mont Awres, il faut savoir que d'après les conseils de cette femme, conseils dictés par les connaissances surnaturelles que ses démons familiers lui avaient enseignées, ses deux fils s'étaient rendus aux Arabes avant la dernière bataille »[29]. Selon Ibn Khaldoun, elle été âgée de 127 ans le jour de sa mort

Parmi les tribus berbères, Ibn Khaldoun distingue :

  • les Idjerawen (ou Djerawa), tribu qui habitait les Aurès et à laquelle appartenait Kahena ;
  • les Nefousas (ou Nefzaouas), des berbères de l'Ifriqiya ;
  • les Fendelaoua, les Medîouna, les Behloula, les Ghiata et les Fazaz, Berbères du Maghreb-el-acsa (nom arabe correspondant au Maroc).

Parmi ces tribus originaires de l'actuelle Tunisie, des Aurès, de l'actuelle Algérie et de l'actuel Maroc, la tribu des Djerawa est une des plus puissantes de la confédération des Zénètes[30].

Mais, selon Gabriel Camps, les deux tribus berbères citées, Djerawa et Nefzaouas, seraient de confession chrétienne avant l’arrivée de l’Islam.

Selon Al Darisi, Dihya commande la tribu des Djerawas pendant soixante-cinq ans, vit cent vingt sept ans et gouverne l'Ifriqiya pendant cinq ans[30]. Selon d'autres, elle prend la direction de la résistance à 22 ans.

Divergences historiques[modifier | modifier le code]

Le rôle joué par Dihya a constitué un enjeu considérable pour ses commentateurs. Les sources que nous avons sur Dihya, symbole de la résistance à l'expansion musulmane, proviennent en grande partie des historiens musulmans. C'est donc pour certains d'entre eux, sur des arrière-pensées et vues politiques que sont fondées leurs affirmations. Cela est d'autant plus difficile à vérifier que les sources diverses sont rares.

Kahina, femme, Berbère, et chrétienne ?[modifier | modifier le code]

L’émergence d’une femme à la tête d’une principauté ou d’un royaume berbère a parfois surpris les historiens modernes, et a été une des sources de la thèse de la non-historicité[31]. Au XVIIIe siècle, Charles Le Beau supposait même que Kahina était « le patrice Jean lui-même (le général byzantin qui avait repris temporairement Carthage en 697), que les historiens arabes ont déguisé en femme parce qu’il était eunuque »[32]. Mais Ibn Khaldoun lui-même, dès la fin du XIVe siècle, avait manifestement aussi été gêné par ce point, et, de manière très originale, il ajoutait ceci à sa présentation de la reine[33]. :

« Cette femme avait trois fils, héritiers du commandement de la tribu, et comme elle les avait élevés sous ses yeux, elle les dirigeait à sa fantaisie et gouvernait, par leur intermédiaire, toute la tribu. »

Force est, certes, de reconnaître qu’à l’exception peut-être de la princesse saharienne Tin Hinan, on ne connaît aucun autre exemple de femme à la tête d’une tribu ou d’une confédération berbère dans l’Antiquité tardive. Mais l’unanimité des sources arabes, en dehors de ce passage d’Ibn Khaldoun, ne justifie aucune autre hypothèse, d’autant que deux faits spécifiques réduisent la singularité de ce pouvoir féminin. Le premier est le lien qu’établissent plusieurs de nos sources entre Kahina et Koceïla, et le contexte dramatique des années qui suivirent la mort de ce chef : dans d’autres sociétés, aussi peu portées jusque-là à admettre un pouvoir féminin, mais plongées dans de telles circonstances, l’émergence de fortes personnalités a souvent transcendé les préjugés et les discriminations entre les sexes. C’est d’ailleurs cette comparaison aussi, toutes différences mises à part, qui inspirait certains historiens du siècle passé lorsqu’ils n’hésitaient pas à faire de Kahina « la Jeanne d’Arc berbère ».

Dans le cas de Kahina, le phénomène a d’autant plus de chances de s’être produit qu’elle avait elle-même la réputation d’être une prophétesse, et ceci dans une société où ce don était, selon le témoignage de Procope au VIe siècle, l’apanage des femmes[34] : 

« Chez ce peuple, en effet, les hommes n’ont pas le droit de prophétiser ; et ce sont au contraire les femmes qui le font : certain rite religieux provoque en elle des transes qui, au même titre que les anciens oracles, leur permettent de prédire l’avenir ».

L’historien byzantin, témoin direct des insurrections maures des années 534-535 en Byzacène et Numidie, ajoute que c’est en fonction de leurs oracles que les chefs berbères avaient alors déterminé leur stratégie politique face à l’Empire. Et Corippe, témoin des mêmes événements, évoque à deux reprises la consultation par des chefs maures d’une prophétesse établie dans une oasis du désert libyen, probablement Augila. Il y avait là une source potentielle d’autorité. Allant plus loin, en se fondant sur l’exemple d’un autre chef évoqué par le poète Ierna, qui était à la fois roi et prêtre des Laguatan, M'hamed Hassine Fantar a avancé que Kahina, dont le nom serait d’origine punique selon lui (Kahena = khn, Kohenet en punique, c’est-à-dire prêtresse), aurait, en fait, exercé ce double pouvoir. L’hypothèse manque de preuves, mais dans tous les cas, pour exceptionnel qu’il ait été, le commandement d’une femme sur les Berbères ne peut ainsi réellement être rejeté, surtout, encore une fois, dans le contexte si particulier de la fin des années 680.

On a dit plus haut la prudence qui devrait s’imposer pour ce qui concerne l’appartenance tribale de Kahina. La seule certitude en la matière est que, quand bien même (selon Ibn Iḏẖari) un de ses deux fils aurait été un « Rûm », les Arabes virent en elle une Berbère, bien différente des Afarîqs (les Berbères romanisés) et des Byzantins. Mais force est ici de revenir à cette question parce que c’est la mention par Ibn Khaldoun des Djeraouas qui a conduit pendant plus d’un siècle les historiens à faire de la reine une princesse juive. Dans un chapitre général sur l’histoire de la conquête, juste avant de raconter l’histoire de Kahina, l’auteur du Kitâb al-Ibar ouvre en effet une curieuse parenthèse pour signaler que sept tribus berbères avaient été de religion juive, dont les Djeraouas, « tribu qui habitait les montagnes de l’Auras et à laquelle appartenait la Kahena ». 

Se fiant à la traduction De Slane, Émile-Félix Gautier bâtit sur ce passage une de ces grandioses constructions historiographiques auxquelles il était accoutumé, en le reliant, puisque Ibn Khaldoun faisait des Djeraouas des Botr, à sa théorie des migrations des grands nomades chameliers libyens. Reprenant sans le reconnaître une idée de Henri Tauxier vieille de plus d’un demi-siècle, il supposa que les juifs de Cyrénaïque, insurgés en 117 et écrasés par les armées de Trajan, s’étaient enfuis dans le désert libyen. Là, ils auraient converti des groupes nomades, qui, bientôt maîtres de l’élevage du dromadaire, commencèrent une migration dévastatrice vers l’ouest, dont l’installation des Djeraouas dans l’Aurès aurait été un des moments essentiels. Sans être acceptée dans tous ses détails, la théorie eut un immense succès au milieu du siècle dernier, et conforta la thèse d’une Kahina berbère. D’ailleurs, ajoutait-on, le nom même de celle-ci n’évoquait-il pas les Kohen, les prêtres juifs ?

Dès 1963, l’historien israélien Haim Zeev Hirschberg, en retraduisant le texte d’Ibn Ḵẖaldoun et en reprenant de manière rigoureuse l’ensemble du dossier, remit en cause cette interprétation, et de manière générale l’existence de grandes tribus berbères juives à la fin de l’Antiquité. Mais son travail, pour des raisons en grande partie extra-scientifiques, fut contesté et resta quasiment ignoré des historiens de l’Afrique byzantine et de la conquête arabe. C’est la parution d’un article de Mohamed Talbi en 1971, avec une nouvelle traduction française du passage du Kitâb al-Ibar et un commentaire détaillé, qui ébranla enfin ce mythe, assurément un des plus populaires de l’historiographie nord-africaine. Deux arguments furent ici décisifs. D’abord, Ibn Khaldoun faisait suivre son paragraphe sur les Berbères juifs par ces phrases, toujours oubliées des commentateurs :

« C’est Idris le Grand... qui, en se proclamant souverain du Maghreb, vint y effacer les dernières traces des différentes religions et confessions qui avaient subsisté (après l’islamisation). En effet, comme nous l’avons déjà mentionné, les Berbères d’Ifrîqiyya et du Maghreb étaient, avant l’Islam, sous la domination des Francs (Latins ?) et professaient le christianisme, religion qu’ils partageaient avec Byzance. Telle était la situation lorsque commencèrent les invasions musulmanes »

Et il le faisait surtout précéder de cette précision :

« De même, peut-être, certains groupements berbères avaient-ils même professé le judaïsme, empruntant cette religion aux Fils d’Israël au moment de l’apogée de l’extension de leur royaume, en raison de la proximité de la Syrie, alors toute puissante, de leur pays. Tel fut en particulier le cas des Djeraoua... »

Manifestement, ce judaïsme de certains Berbères, et des Djeraouas en particulier, était donc pour Ibn Ḵẖaldûn une réalité d’un autre temps, nés ancien, qui se situait à l’époque où, selon le mythe de leur origine palestinienne souvent mentionné dans les sources arabes, ils avaient été les voisins des Juifs, eux-mêmes alors à leur apogée (sous David et Salomon ?). Dans son article, Mohamed Talbi admettait la possibilité d’une ancienne communauté de religion entre les deux peuples. En réalité, on peut se demander s’il ne s’agit pas là seulement d’un des avatars de ce mythe d’origine, qui faisait des Berbères les descendants des Cananéens ou des Philistins. L’essentiel, notait à juste titre l’historien tunisien, restait cependant la référence au christianisme des Berbères au moment de l’arrivée des Arabes, une réalité confirmée par bien d’autres textes. Mohamed Talbi en citait certains, Gabriel Camps après lui, et l’auteur de ces lignes encore récemment en ont réuni d’autres, qui ne laissent guère de doutes sur l’ampleur de cette christianisation des populations maures à la fin de l’époque byzantine.

Le phénomène est-il cependant sûr pour Kahina elle-même ? Ibn Khaldoun ne le dit pas explicitement, et aucun autre auteur arabe avant lui. En revanche, l’un d’entre eux, Al-Maliki, ajoute un détail singulier : « elle avait avec elle une énorme idole de bois qu’elle adorait ; on la portait devant elle sur un chameau »Mohamed Talbi, suivi par Gabriel Camps, a voulu voir dans cette idole une icône chrétienne, du Christ, de la Vierge, ou d’un saint protecteur de la reine. A l’inverse, et par comparaison avec l’exemple, il est vrai troublant, de Ierna, qui en 546 portait avec lui l’idole du dieu Gurzil, M'hamed Hassine Fantar a défendu la thèse d’une divinité berbère, et donc fait de Kahina une païenne. Aucune certitude n’est possible, mais la christianisation de l’Aurès dans l’Antiquité tardive est une réalité qui n’est guère contestable, et qui atteignait aussi les Maures : l’imperator Masties de l’inscription d’Arris, contemporaine de l’époque vandale, en est le plus bel exemple. Or Masties fut probablement un des prédécesseurs de Kahina à la tête du royaume aurasien. L’appartenance de la reine à la communauté chrétienne reste donc l’hypothèse la plus vraisemblable.

Politique de la terre brûlée[modifier | modifier le code]

L'historiographie a également mis l'accent sur la politique de la terre brûlée qui aurait été pratiquée sous la Kahena, d'après Ibn Khaldoun[réf. nécessaire], Émile-Félix Gautier, Ibn El Athir dans son livre: Al-Bayan al-Mughrib, ce qui aurait motivé le mécontentement des cultivateurs de la côte. Cette version est contestée par certains historiens, comme Mohamed Talbi, ou Yves Modéran, selon lesquels, il se serait agi, pour les historiens musulmans, de discréditer la reine berbère hostile à l'expansion musulmane : des villes et des villages auraient certes effectivement été brûlés, mais cela s'expliquerait non par l'invasion arabe, mais par le fait que l'Afrique du Nord, depuis la chute de l'Empire romain d'Occident, était le théâtre d'affrontements entre Byzantins et autochtones, voire entre Berbères nomades et sédentaires.

Archéologie[modifier | modifier le code]

En Algérie, dans la région des Aurès, aucune étude sérieuse n'a été entreprise à ce jour. Mais depuis 2006, les autorités algériennes affirment entreprendre des recherches[35].

En Tunisie, le seul endroit qui témoigne de l'existence de Kahina est l'amphithéâtre d'El Djem[36].

La ville antique de Baghaï (dans la wilaya de Khenchela), où est supposé se trouver le château de Kahina (selon la légende, elle vivait dans un palais, à plusieurs reprises, les archéologues pensaient l'avoir trouvé, mais apparemment sans succès pour l'instant[37]), pourtant classée monument du patrimoine national, est en péril, ce que déplorent les spécialistes algériens sur place[38].

Postérité[modifier | modifier le code]

Statue de la reine Dihya à Khenchela en Algérie.

Elle est citée par des auteurs arabes[Lesquels ?], après l'invasion de Baghaï, comme une femme possédant une poigne de fer, tout en étant une redoutable combattante[réf. nécessaire]. Dihya est la seule femme connue de l'histoire à combattre l'Empire omeyyade[39].

Une statue a été construite en Algérie, à la mémoire de Kahina : à l’initiative de l’association Aurès El Kahina, elle a été érigée au centre ville de Baghaï, wilaya de Khenchela, et inaugurée en 2003 par le président de la république Abdelaziz Bouteflika, lors de sa visite dans la wilaya. La statue, réalisée en acier Corten, est l'œuvre de l’artiste sculpteur Ali Bouteflika, qui s’est inspiré des anciennes pièces de monnaie à l’effigie de la reine[40],[41].

Tradition orale[modifier | modifier le code]

Entre l'antique Theveste (aujourd'hui Tebessa) et l'agglomération de Bir el-Ater se trouve un puits appelé « Bïr El Kähina » (le puits de la Kahina), en référence ou en souvenir du lieu où elle aurait été tuée. À Baghaï, petit village à une vingtaine de kilomètres de Khenchela, les habitants désignent certaines ruines anciennes comme les ruines du « palais de la Kahina ».

Le nom de la rivière Meskian, où Kahina remporta sa première victoire contre le général Hassan Ibn Numan, ainsi que celui du village de Meskiana qu'elle traverse, viendrait des mots berbères Mis n Kahina qui signifie « les fils de Kahina ».

Certains Chaouis des Aurès, disent qu'ils ont le « nez de la Kahina », un nez particulier d'une grande beauté. Le nez dont il est question, veut dire le Khanchouch, c'est-à-dire "la fierté".

Dans toute la région des Aurès, le nom Diyya est assez courant chez les Chaouis. Aussi, le personnage historique de Dihya est devenu de nos jours un symbole, aux côtés de Massinissa, de Jugurtha, etc.

La tradition orale des chaouis ne donne pas beaucoup de renseignements précis sur tout le parcours historique de Kahina. Mais elle reste la reine des Chaouis.

Littérature moderne[modifier | modifier le code]

Littérature non algérienne[modifier | modifier le code]

Plusieurs femmes ont évoqué Kahina, comme Gisèle Halimi dans son livre La Kahina ou Baya Jurquet-Bouhoune dans son livre Femmes algériennes : de la Kahina au Code de la Famille, où elle dénonce le code de la famille adopté le , en Algérie.

Gisèle Halimi a déclaré pour sa part :

« J’ai voulu clore ce cycle par la Kahina. Dans son contexte historique, je l’ai fait vivre, aimer, guerroyer, mourir. Comme mon père, Édouard le Magnifique, l’aurait peut-être imaginée. La Kahina était-elle son ancêtre ? Peut-être. L’ai-je aimée en la faisant revivre. Oui. Passionnément[42]. »

Littérature algérienne[modifier | modifier le code]

Berthe Bénichou-Aboulker est la première femmes de lettres à la célébrer dans une pièce de théâtre: "La Kahena, reine berbère", en 1933[43].

Dans la littérature algérienne contemporaine, Kahena est évoquée dans les œuvres de Kateb Yacine ainsi que beaucoup d'autres écrivains :

L’originalité de Kateb Yacine, suivant l’essayiste, est d’avoir fait de Kahina une païenne au sens non idolâtre ou polythéiste, mais dont le paganisme s’apparente à un matérialisme moderne. Dans la « femme sauvage » qu'il écrit entre 1954 et 1959, Kateb présente Kahina comme une adoratrice de la terre, seule divinité qu’elle reconnaisse. Cette passion pour la terre est synonyme de patriotisme[44].

Kahina prend alors l’image de “la vierge aux abois” nommée la “Numidie”, abandonnée mourante par “Jugurtha”, comme l’évoque Rachid dans son roman Nedjma en se disant :

« Et c’est moi, Rachid, nomade en résidence forcée, d’entrevoir l’irrésistible forme de la vierge aux abois (Kahina), mon sang et mon pays; à moi de voir grandir sous son premier nom arabe la Numidie que Jugurtha laissa pour morte »[45].

Mohammed Khaïr-Eddine :

« Khaïr-Eddine, selon Zemmouri, évoque Kahina dans ses textes comme une ancêtre emblématique (…). Dans Agadir le héros reconnaît comme divinité la « Déesse Sudique Rutilante » qui semble désigner à la fois Kahina et la terre du sud (…). L’histoire devient alors mythe. Mais alors que Farès et Kateb exaltent et célèbrent en elle la femme qui symbolise la résistance aux envahisseurs arabo-musulmans, Khaïr-Eddine, lui, préfère voir en elle le symbole de la révolte. Si elle intervient dans son œuvre c'est en tant que personnage incarnant l'opposition à l'ordre établi »[46].

Dans ce même roman Kahina proclame : « Je suis Kahina La Berbère. Les Roumis m’appellent la Reine Serpent de Barbarie. Mais je suis communiste… »[46].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La Kahina, la reine amazighe qui a unifié le Maghreb », Histoire,‎ (lire en ligne)
  2. Baya Jurquet-Bouhoune, Jacques Jurquet, Femmes algériennes: de la Kahina au Code de la famille : guerres-traditions, , p. 26
  3. Guy Pervillé, « Du berbérisme colonial au berbérisme anti-colonial », la transmission du thème de l’identité berbère des auteurs coloniaux français aux intellectuels nationalistes algériens,‎ (lire en ligne)
  4. Joëlle Allouche-Benayoun, « Gisèle HALIMI, La Kahina », Clio. Femmes, Genre, Histoire, no 30,‎ , p. 265–267 (ISSN 1252-7017, lire en ligne)
  5. Mohammed El Fasi, L'Afrique du VIIe au XIe siècle, Unesco, , 962 p., p. 265
  6. J.-M. Lassère, Encyclopédie berbère, Éditions Peeters, (ISBN 274490452X, lire en ligne), p. 3939–3951
  7. (en) Amy McKenna, The History of Northern Africa, Britannica Educational Publishing, (ISBN 978-1-61530-318-2, lire en ligne), p. 40.
  8. (en) Jonathan Conant, Staying Roman : conquest and identity in Africa and the Mediterranean, 439-700, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-19697-0), p. 280–281.
  9. Geneviève Chauvel, Les cavaliers d'Allah: De l'Orient vers l'Occident, l'Islam conquérant, Archipel, , 260 p. (ISBN 9782809818253, lire en ligne)
  10. Idris El Hareir et Ravane M'Baye, The Spread of Islam Throughout the World, Series: Different aspects of Islamic culture, 3, Paris, France, UNESCO Publishing, , 309 p. (ISBN 978-92-3-104153-2)
  11. Émile-Félix Gautier, Le passé de l'Afrique du Nord : les siècles obscurs, Paris, Payot, , 457 p., p. 255-265
  12. Charles-André Julien, Livre II : De la conquête arabe à 1830 », Payot & Rivages, p. 20-23
  13. M. Talbi, Kahina (al), Encyclopédie de l’Islam, , 2e éd., p. 440-442
  14. Jacques Thiry, Le Sahara libyen dans l'Afrique du nord médiévale, Peeters Publishers, , 604 p. (ISBN 978-90-6831-739-8, lire en ligne), p. 119
  15. Gisèle Halimi, La Kahina, Plon, , 260 p. (ISBN 9782259203142), p. 125-126
  16. (ar) Mohamed Talbi, دراسات في تاريخ افريقيا في الحضارة الاسلامية في العصر الوسيط, Manshūraāt al-Jāmiʻah al-Tūnisīyah,‎ , 648 p., p. 150
  17. Alain Bertrand, L'Archémythe des Amazones, Lulu.com, 436 p. (ISBN 978-1326110642), p. 133
  18. Bernard Werber, Nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu, Albin Michel, , 592 p. (ISBN 9782226222084), p. 131
  19. Les récits arabes sont considérés comme extrêmement exagérés. Voir Talbi (1971) et Modéran (2005).
  20. a, b et c Amamra Saïd Med El Hadi, Qui dit mieux ?, Batna, , 33 p. (lire en ligne), p. 16
  21. Jugurtha Hanachi, « Le palais de Dihya à Baghaï, un important site archéologique en péril », Archéologie & Architecture,‎ (lire en ligne)
  22. L'historien Ibn al-Athir indique qu'ils sont morts avec leur mère.
  23. Le Sahara libyen dans l'Afrique du nord médiévale (1995), p. 120.
  24. Charles André Julien, Roger Le Tourneau, Histoire de L'Afrique du Nord, Praeger, , 446 p., p. 13
  25. Les auteurs arabes ont tous situé l’histoire de la reine entre deux dates : Ibn Abd al-Hakam parle ainsi de 692-93 et 695-96, Ibn al-Râqîq (suivi plus tard par Ibn Khaldoun) de 688-689 et 693-694, et Al-Mâlikî de 688-89 et 691-92 ; Al-Bakri, qui ne cite que la première bataille, la place en juillet-août 687, tandis que Ibn al-Aṯẖir retient 693-94 et 698-99. Après lui, on trouve encore 697-98 et 702-703 chez Ibn Iḏẖari, et même 688-89 et 701 chez Ubayd Allâh ibn Sâliẖ. Dès le Moyen Âge, cette imprécision était un fait admis, sur lequel certains préféraient reconnaître leur ignorance : « L’ordre chronologique des campagnes de Hassan... n’est pas bien déterminé, non plus que la conquête de Carthage et de Tunis et la mort de la Kahena », notait ainsi Ibn Iḏẖârî. Le point de référence le plus solide pourrait être la prise de Carthage, que toutes les sources arabes qui la citent considèrent comme antérieure aux combats contre la Kahena, et que les sources grecques évoquent en deux temps : une première prise en 696 ou 697, une réoccupation byzantine éphémère, et une chute définitive de la ville en 698. Si l’on admet que les auteurs arabes n’ont retenu que la victoire finale, l’aventure de la Kahena devrait donc se placer entre 698 et 702-703. Cette chronologie n’est cependant pas celle habituellement retenue par l’historiographie moderne, qui préfère insérer la défaite de Hassan contre les Berbères après la première prise de Carthage, et sa victoire définitive après la reprise de la ville, ce qui conduit donc à retenir les années 696-698 ou 699. En fait, aucun texte arabe ne justifie ce choix, et on ne voit pas réellement ce qui s’oppose aux dates données par Elie Bar-Sinaya, 698 et 702-703. (dans Opus chronologicum, éditeur//traduction. E. W. Brooks, CSCO, Script. Syr., 3e série, t. 7, Rome-Paris-Leipzig, p. 74 ; traduction française par L. J. Delaporte sous le titre Chronographie, Paris, 1910, p. 95 et 97).
  26. Mouloud Gaid, Les Berbères dans l'histoire, t. 4 : En Espagne musulmane à partir de 711, Édition Mimouni, , p. 182
  27. Mouloud Gaïd, Les Berbères dans l'histoire : De Ziri á Hammad, t. 5 : De Ziri à Hammad, Editions Mimouni, , 2e éd., 226 p. (ISBN 9789961681374), p. 94
  28. Y. Modéran, Encyclopédie berbère, Éditions Peeters, (ISBN 2744905380, lire en ligne), p. 4102–4111
  29. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale, traduction de William McGuckin de Slane, éd. Berti, Alger, 2003, version complète, p. 161. (ISBN 9961-69-027-7) édité erroné
  30. a et b Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale, traduction de William McGuckin de Slane, éd. Paul Geuthner, Paris, 1978, tome 1, p. 208-209
  31. Y. Modéran, Encyclopédie berbère, Éditions Peeters, (ISBN 2744905380, lire en ligne), p. 4102–4111
  32. Charles Le Beau, Histoire du Bas-Empire, t. XII, p. 46
  33. Ibn Khaldoun (trad. De Slane), Histoire des Berbères, t. III, p. 193
  34. Procope de Césarée (trad. D. Roques), Guerre vandale, t. II, p. 8, 13
  35. « Khenchela », Hommage à El Kahina, Le Soir d'Algérie,‎ (lire en ligne)
  36. Ch. TISSOT, « Inscriptions de l'Amphithéâtre d'El-Djem (1), (Tunisie) », Revue Africaine,‎ (lire en ligne)
  37. Amamra Saïd Med El Hadi, QUI DIT MIEUX ?, , 33 p. (lire en ligne)
  38. « Kasr El-Kahina en péril », Khenchela,‎ (lire en ligne)
  39. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères
  40. Larbi Graïne, « La Kahina est-elle connue chez elle ? », Baghaï (Oum El Bouaghi), fief de la résistance,‎ (lire en ligne)
  41. Ghania Khelifi, « La Kahina, la femme qu’ils n’aiment pas », Algérie,‎ (lire en ligne)
  42. lemague, Semmar Abderrahmane
  43. (en) Ghada Hashem Talhami, Historical Dictionary of Women in the Middle East and North Africa, Rowman & Littlefield, (ISBN 9780810868588, lire en ligne), p. 191
  44. A. Ferhat, « Ils ont marqué leur époque », Kahena (5e partie),‎ (lire en ligne)
  45. Kateb Yacine, Nedjma, Paris, PUF, , 1e éd. (lire en ligne), p. 48
  46. a et b Mohammed-Saâd Zemmouri et Muḥammad al-Yamlāḥī Wazzānī, Présence berbère et nostalgie païenne: dans la littérature maghrébine de langue française, Le Club du Livre, (lire en ligne), p. 106

Cartes repères[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères (traduit de l'arabe par le Baron de Slane), Tome I, Alger, 1852-1856, p. 208.

Essais, romans, théâtre[modifier | modifier le code]

Recherches historiques actuelles[modifier | modifier le code]

  • Abdelmajid Hannoum, « Historiography, mythology and memory in modern North Africa : The story of the Kahina », Studia islamica, 1997, 85, p. 85-130.
  • Abdelmajid Hannoum, « Historiographie et légende au Maghreb : la Kahina ou la production d’une mémoire », Annales, 1999, 54, 3, p. 667-686 lire en ligne.
  • Yves Modéran, « Kahena », Encyclopédie berbère, t. XXVII, Aix, 2005, p. 4102-4111.
  • Yves Modéran, « De Masties à la Kahina », Aouras, 3, 2006 (Actes de la première journée d’études sur l’Aurès organisée par l’Université de Khenchéla et la société Aouras), p. 159-183.
  • Bernard Lugan, Histoire des Berbères, Lugan, 2012.