Ghiata

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Les Ghiata (variantes : Ghyata, Rhiata ou Rhyata ; en tamazight ⵖⵉⵢⴰⵟⵟⴰ, en arabe : غياثة) sont une tribu arabophone d'origine berbère du nord-est du Maroc, occupant un territoire qui entoure la ville de Taza.

Géographie[modifier | modifier le code]

En longeant la National N 6 Entre Fès Et Oujda, le pays Ghiata va de Bouhlou jusqu'à Msoun en passant par Taza; Contrôlant ainsi la vallée de l'Oued Inaouen, ou ce qu'on appelle la trouée de Taza. Le territoire ne s'éloigne guère au nord, à peine 2 km à 10 km de l'oued Inaouen, au sud de la vallée, les Ghiata occupent une large partie du massif de Tazzeka, ils sont voisins des Beni Ouaraïn.

Ce territoire est très diversifié, on y trouve les vallées verdoyantes de l'oued Inaouen, l'oued Dfali, l'oued El haddar. Mais également un paysage dénudé au niveau de la plaine de Fahama (est de la ville de Taza), et aussi le pays prérifain et le massif de Bouchfaâ-Tazekka.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon l'historien Ibn Khaldoun, à la veille de la conquête musulmane du Maghreb, plusieurs tribus berbères pratiquaient le judaïsme [1].

Il rapporte : « Une partie des Berbères professait le judaïsme, religion qu'ils avaient reçue de leurs puissants voisins, les Israélites de la Syrie. Parmi les Berbères juifs, on distinguait les Djeraoua, tribu qui habitait l'Aures et à laquelle appartenait la Kahena, femme qui fut tuée par les Arabes à l'époque des premières invasions. Les autres tribus juives étaient les Nefouça, Berbères de l'Ifrikïa, les Fendelaoua, les Medîouna, les Behloula, les Ghiata et les Fazaz, Berbères du Maghreb-el-acsa [2] ».

Avec l'arrivée de Idris Ier à l'actuel Maroc en l'an 788. il a été accueilli par les Awraba à Volubilis, ils ont fait de lui leur Imam en 789/709 [3]. Les autres tribus Branès, Ghomara et Tsoul ont suivi, mais aussi des Botr comme les Meknassa, les Zouagha et autres[4].

Le sultan Hassan Ier décida de châtier les Ghiata qui refusait de payer les vivres réclamées par le sultan, Le 20 juillet 1876, il lance ses troupes contre la fraction Ghiata des Ahel Chekka mais éprouva un grave échec. Ses troupes furent embusquées dans un terrain difficile, le sultan a failli y perdre ses femmes, il y perdit par contre ses bagages et la plus grande partie de son équipement[5].

En 1902, les Ghiata apportèrent leur soutien à Jilali ben Driss Al Yousfi Az-Zerhouni, plus connu sous le nom de rogui Bou Hamara ou Bouhmara (l'Homme à l'ânesse) proclamé sultan à Taza, l'amenant à une grande victoire sur l'expédition du sultan formée par 15 000 hommes le 22 décembre 1908[6].

Le territoire des Ghiata fut peu à peu occupé par l'armée française. Dès 1914, le col de Touaher est pris puis abandonné avant d'être occupé de nouveau en 1916. Le colonel Aubert (devenu général par la suite) mène une compagne contre les Ghiata de septembre à novembre 1917 qui se solde par la soumission de plusieurs fraction Ghiata et le contrôle du couloir de Taza par les français[7]. Les Ghiata furent entièrement soumis en 1925 dans le cadre de ce que l'armée colonial appelait "tâche de Taza"[8]

Fractions[modifier | modifier le code]

Actuellement, la tribu est composée des fractions suivantes :

  • Les Hel Doula : occupant les montagnes de Tazekka, Bab boudir, Ras el ma vers le sud de la ville de Taza.
  • Les Hel Oued : occupant la vallée de l'oued Inaouen sur une quinzaine de kilomètres de la sortie Ouest de Taza jusqu'à au-delà du col de Touaher.
  • Les Beni Oujjan : occupant l'arrière pays sud de Bab marzouka.
  • Les Hel Tahar : concentrés autour de la ville de Oued Amlil.
  • Les Mterkat : occupant l'est de la ville de Taza (Gueldaman).
  • Beni bouquitoun : occupant le territoire autour de la ville de Taza (Sidi Hamou mftah, Choqqa, Jaâouna, Kardoussa, Asdor…).
  • Bechchiyyin : la seule fraction des Ghyata encore Amazighophone, son emplacement géographique en plein moyen atlas orientale pourrait expliquer ceci.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C. Agabi, « Ghiata », dans: Encyclopédie berbère, vol.20 (Edisud 1998), p. 3107-3109 [1]