Djerawa

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Les Djerawa, en berbère les Idjerawen, forment une tribu Berbère faisant partie de la confédération des Zénètes qui auraient, comme toutes tribus Zénètes d'Afrique du Nord-Ouest, Medghassen pour ancêtre commun[1].

Cette dernière aurait presque été exterminée par les attaques arabo-musulmanes [2].

Actuellement, plusieurs tribus Chaouies sont issues de cette confédération dans l'est de l'Algérie actuelle et dans les Aurès.

Selon Ibn Khaldoun, Kahena est issue de cette tribu.

Membres célèbres[modifier | modifier le code]

  • La Dihya que les arabes ont nommé "la reine des berbères" et que certains berbères nomment "la reine des Aurès" serait selon Ibn Khaldoun issue de l'arbre généalogique suivant : « fille de Tabeta (ou Mâtiya), fils de Tifan (ou Nîcan), fils de Baoura, fils de Mes-Kesri, fils d’Afred, fils d’Ousîla, fils de Guerao » (trad. De Slane, t. III, p. 193)[2]. Cette femme a probablement régné sur une zone géographique située entre les Aurès et une partie Est de l'Ifriqiya. Elle aurait rassemblé une majorité de tribus diverses Berbères pour lutter contre les troupes arabo-musulmanes dirigées par des Omeyades. Dihya aurait été tuée dans un endroit dans les Aurès qui correspondrait à l'actuel (Bir el kahina) , un puits portant le nom de "Kahina". Toutefois cet emplacement est réfuté par les historiens ; de plus d'autres emplacements de sa mort ont aussi été évoqués. Cette chef de tribus aurait gouverné pendant 65 ans et elle aurait vécu 127 ans selon Ibn Khaldoun, qui nomme sa source (Hani b. Bakur Ad Darisi).
  • Le fils aîné de Dihya aurait été le chef responsable des Idjerawen. Il aurait été désigné par Hassan, un chef militaire Omeyade. Hassan aurait proposé une amnistie générale aux Berbères à condition d'embrasser l'Islam et de reconnaître l'autorité Omeyades et de livrer des soldats qui seront capables de faire la guerre en Espagne. L'armée Omeyyade a augmenté son contingent avec une partie des nouveaux berbères convertis pour aller vers l'Est convertir d'autres peuples.

Leur religion avant l'avènement de l'Islam[modifier | modifier le code]

Selon l'historien Ibn Khaldoun, à la veille de la conquête musulmane du Maghreb, plusieurs tribus berbères pratiquaient le judaïsme [3].

Il rapporte : « Une partie des Berbères professait le judaïsme, religion qu'ils avaient reçue de leurs puissants voisins, les Israélites de la Syrie. Parmi les Berbères juifs, on distinguait les Djeraoua, tribu qui habitait l'Auras et à laquelle appartenait la Kahena, femme qui fut tuée par les Arabes à l'époque des premières invasions. Les autres tribus juives étaient les Nefouça, Berbères de l'Ifrikïa, les Fendelaoua, les Medîouna, les Behloula, les Ghîatha et les Fazaz, Berbères du Maghreb-el-acsa [4] ».

Ibn Khaldoun distinguait donc :

  • les Djeraoua (ou Dejrawa), tribu qui habitait les Aurès et à laquelle appartenait la Kahena, une reine guerrière berbère qui fut tuée par les Arabes à l'époque des premières invasions
  • les Nefousas (ou Nefzaouas), les berbères de l'Ifriqiya
  • les Fendelaoua, les Medîouna, les Behloula, les Ghîatha et les Fazaz, Berbères du Maghreb-el-acsa (nom arabe correspondant au Maroc).

Les tribus citées sont donc originaires de l'actuelle Tunisie (ancienne Ifriqiya), des Aurès et de l'actuel Maroc. Mais Ibn Khaldoun ne donne pas plus de précisions sur ces tribus. Dans d'autres chapitres de son Histoire des Berbères, Ibn Khaldoun traite de la résistance de la Kahena à la conquête arabe ou de l'histoire des tribus citées mais sans plus mentionner leur religion.

Mais d'après Gabriel Camps, les deux tribus berbères, Dejrawa et Nefzaouas, étaient de confession chrétienne avant l'arrivée de l'Islam [5].

Il est à noter que, pour Ibn Khaldoun, tous les berbères sont directement ou indirectement liés entre eux, point sur lequel des historiens anciens (comme Hérodote, Ibn Hazm, Salluste) et contemporains tels qu'entre autres Émile Félix Gautier ou Gabriel Camps divergent. D'une façon plus globale, les récits historiques font l'objet de désaccords ou de discussions.

Histoire pendant les Zirides[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, partie Zénètes
  2. a et b Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères
  3. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale, traduction de William McGuckin de Slane, éd. Paul Geuthner, Paris, 1978, tome 1, pp. 208-209
  4. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale, traduction de William McGuckin de Slane, éd. Paul Geuthner, Paris, 1978, tome 1, pp. 208-209
  5. Gabriel Camps, Les Berbères – Aux marges de l'histoire.