Cathédrale Santa Maria Assunta de Torcello

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Cathédrale Santa Maria Assunta de Torcello
Torcello 2.jpg

La cathédrale et son campanile, vus de la lagune

Présentation
Culte
Type
Style
Architecture vénéto-byzantine
Construction
VIIe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Pays
Région
Commune
Coordonnées

La cathédrale Santa Maria Assunta (en italien : cattedrale di Santa Maria Assunta) est une basilique située à Torcello, une île située au nord la lagune de Venise, en Italie. Exemple notable d'architecture vénéto-byzantine, la cathédrale est l'un des édifices religieux les plus anciens de la Vénétie, datant de 639.

C’est ici, à Torcello, qu’Ernest Hemingway écrivit son roman «Across the River and into the Trees» en 1950, publié en français sous le titre « Au-delà du fleuve et sous les arbres. » Mais Torcello ou « mère de Venise » est aussi la première zone de peuplement de la lagune Vénitienne à partir du VIe siècle. Torcello en devient l'île la plus peuplée et compte 10 000 habitants au Xe siècle. Entre le Ve et le VIIe siècle, à cause d’incursions barbares (lombardes et franques), le peuple Vénitien en fuite trouva refuge au sein des îles lagunaires. C’est ainsi que Torcello devint le centre le plus peuplé et le plus florissant. 

Description[modifier | modifier le code]

Extérieur[modifier | modifier le code]

Santa Maria Assunta est le principal édifice de Torcello. Elle est située près de la rive nord de l'île ; Torcello étant quasiment dépeuplée, l'édifice n'est quasiment pas entouré d'autres bâtiments. L'église Santa Fosca et les restes d'un baptistère dédié à saint Jean sont les seuls édifices situés à proximité.

La façade de l'église, très sobre, possède douze demi-colonnes reliées par des arches à leur sommet. Elle est précédée d'un narthex. Un portail de marbre est situé en son milieu. La galerie du narthex rejoint et entoure l'église voisine de Santa Fosca.

Le campanile de Santa Maria Assunta se dresse à proximité et est un point de repère caractéristique dans le nord de la lagune de Venise.

Intérieur[modifier | modifier le code]

L'intérieur, à une nef et deux bas-côté, est pavé de marbre. Il repose sur des colonnes en marbre grec à chapiteaux corinthiens. Le chœur est séparé de la nef par une iconostase formé dans sa partie supérieure de fines colonnes de marbre à chapiteaux byzantins et, au-dessous, par des sculptures de paon et de lions et une série de planches de bois peintes avec des scènes sacrées.

Le centre de l'abside héberge l'autel. Il contient les reliques de saint Héliodore. Le mur de l'abside abrite la chaire, surélevée sur une estrade.

L'élément décoratif le plus important de la cathédrale est une série de mosaïques qui couvrent le mur de la contre-façade. Elles sont inspirées de prototypes byzantins, dans l'esprit de l'art roman, et racontent l'apothéose du Christ et le Jugement dernier.

Un riche pavement de tesselles au sol finalise l'habillement de la cathédrale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon une inscription en latin gravée à gauche du chœur, Santa Maria Assunta est fondée par l'exarque de Ravenne Isaac en 639 ; il s'agit du document le plus ancien de l'histoire de Venise :

« In n(omine) d(omini) D(e)i n(ostri) Ih(es)u Xr(isti), imp(erante) d(omi)n(o) n(ostro) Heraclio p(er)p(etuo) Augus(to), an(no) XXVIIII ind(ictione) XIII, facta est eccl(esia) S(anc)t(e) Marie D(e)i Genet(ricis) ex iuss(ione) pio et devoto d(omi)n(o) n(ostro) Isaacio excell(entissimo) ex(ar)c(ho) patricio et D(e)o vol(ente) dedicata pro eius merit(is) et eius exerc(itu). Hec fabr(ica)t(a) est a fundam(entis) per b(ene) meritum Mauricium gloriosum magistro mil(itum) prov(incie) Venetiarum, residentem in hunc locum suum, consecrante s(anc)t(o) et rev(erendissimo) Mauro episc(opo) huius eccl(esie) f(e)l(ici)t(er). »

La cathédrale est extensivement restaurée en 864 et 1004. Les mosaïques et les bas-reliefs sont réalisés au XIe siècle, les peintures au XVe siècle.

Le campanile perd son sommet en 1640, après avoir été touché par la foudre.

Corpus de mosaïques[modifier | modifier le code]

L'abside (XIIe siècle):

Sur un fond de tesselles dorées est représenté une imposante Vierge Hodeghétria, (« Celle qui indique la voie ») ou Théotokos (« Mère de Dieu »). qui domine la procession des apôtres (XIIe siècle), celle-ci est représentée selon le modèle byzantin : royalement vêtue et hiératique.

L'Absidiole (XIIe siècle) :

Son style étonnement géométrique et ses figurations de taille imposantes en comparaison des autres mosaïques de l’église est très visible. Elle représente dans un registre inférieur les quatre saints docteurs de l’Église : Ambroise, Augustin, Grégoire le Grand et Martin. Un docteur de l'Église est un baptisé, dont l'Église reconnaît l'autorité exceptionnelle dans le domaine de la théologie (eminens doctrina). Ces quatre docteurs sont représentés bénissant sur un pré fleuri et de leur main gauche ils tiennent le livre sacré. Sur ce registre supérieur est représenté un Christ en gloire ou Christus Triumphans.

Au sein des voûtains de la voûte d’arêtes, les quatre fleuves du Paradis sont représentés par des bandes où alternent fleurs et grappes de fruits, et dans lesquelles apparaît tout un bestiaire miniature symbolique (lion, paon, taureau, aigle, et oiseaux au plumage blanc). On peut y voir ici une référence au tétramorphe. Le tétramorphe, ou les « quatre vivants », représente les quatre animaux ailés tirant le char de la vision d'Ezéchiel. Plus tard, les Pères de l'Église y ont vu l'emblème des quatre Évangélistes : L’homme est Matthieu. Le lion est Marc. Le taureau pour Luc et l’aigle pour Jean. Quatre anges soutiennent le clipeus (grand bouclier rond des guerriers antiques), sur lequel se détache sur un fond bleu, l’Agneau mystique. Ce motif iconographique évoque selon les historiens d’art la voûte du presbyterium de San Vitale à Ravenne (VIe siècle) que le mosaïste de Torcello avait certainement vue et qu’il adapte ici à une échelle inférieure.

Le revers de façade, le Jugement dernier (XIe et XIIe siècle) :

Cette mosaïques monumentale illustre le redouté dernier livre du Nouveau Testament : Le livre de l’Apocalypse selon Jean. Le texte, d'essence prophétique et se présente comme une « révélation de Jésus-Christ » (Ap 1,1).

Ce Jugement universel du XIe – XIIe siècle est articulé en six séquences et se lit de haut en bas : Elle se décompose en deux parties : en haut sont représentées la Mort et la Résurrection du Christ (registres 1, 2 et 3). En bas, figure le Jugement lui-même (registres 4, 5 et 6). Sous la crucifixion (refaite entièrement au XIXe siècle) est représentée la Descente du Christ aux Enfers, entouré par d’imposants archanges : Michel et Gabriel. 

Sur ce premier registre Le Christ foule aux pieds Lucifer, défonce la porte de l’enfer, tient dans sa main droite la double croix qu’indique Jean Baptiste suivi par un groupe de prophètes et, de sa main gauche, il saisit un vieil Adam accompagné d’Ève. Derrière eux se tiennent les deux rois David et Salomon, tandis que dans des grottes, les âmes des enfants attendent d’être libérés des limbes.

Plus bas au sein du troisième registre, le Christ Juge au cœur d’une mandorle d’où descend un fleuve de feu qui alimente le monde chthonien infernal. Le Christ montre les plaies de la Passion à la Vierge et au Baptiste qui intercèdent pour l’Humanité ; à ses côtés sont présents, assis, les apôtres devant une foule d’anges en toile de fond.

Dans le registre inférieur numéro quatre, domine le triomphe de la Croix avec les symboles de la Passion : la lance, l’éponge, la couronne d’épine, le livre de la Justice avec ses seaux est posé sur le trône du Jugement gardé par des archanges. Quatre anges séraphins (créatures célestes ailées à trois paires d'ailes, que l'on trouve dans la Bible autour du trône de Dieu), dont deux sans corps à la manière orientale les encadrent. Adam et Ève agenouillés implorent le pardon au nom de tous les peuples. De part et d’autre, des défunts reviennent à la vie, appelés par les sons des trompettes angéliques (« Et les sept anges qui avaient les sept trompettes se préparèrent à en sonner. » Ap. (8,6)), tandis qu’un ange tient enroulé sur lui-même le ciel étoilé.

La scène suivante dans le cinquième registre illustre la pesée des âmes avec saint Michel et les diables. Derrière le premier est accordé le Salut et derrière les autres est infligé le châtiment. En dessous encore, est représenté le Paradis. Dans la partie droite sont dépeintes les peines correspondant aux sept péchés capitaux. Les orgueilleux tourmentés par des démons, comptent des monarques et des évêques. Les luxurieux voient le riche Épulon assoiffé. Les gourmands se mordent les mains. Les pécheurs mus par la colère sont plongés dans l’eau pour calmer leur ire. Les envieux ont des crânes rongés par les vers. Les avares ont la tête couverte de bijoux. Enfin, les paresseux sont représentés par des crânes et ossements épars. Dans la représentation des damnés, la recherche d’un caractère narratif plus naturaliste, intensément expressif est manifestement radicalement vénitien. Une énième fois, une épigraphie entoure le buste de la vierge orante dans la lunette surmontant la porte.

Le pavement :

Le sol présente des motifs complexes. Des cercles qui s’entrelacent, des lignes courbes, des motifs floraux, des formes géométriques en losange, triangle, rectangle, cercle et carré. Les tons sont principalement nacrés et en marbre blanc, rouge, vert ou jaune aux motifs naturels aléatoires. Ce pavement en mosaïque est à l’image des représentations iconographiques : complexe et lié par les formes. On peut observer le même type de pavement en mosaïque dans l’église Santi Maria e Donato, à Murano où les motifs de pavement sont fortement similaires mais davantage complexes et détaillés. 

Épigraphie[modifier | modifier le code]

L'abside centrale :

Celle-ci possède deux principales épigraphies. Le bandeau supérieur : "Sum Deus atque caro Patris et sum Matris imago non piger ad lapsum set flenti proximus sum" / "Je suis Dieu et homme, image du Père et de la Mère, du coupable je ne suis pas loin, mais du repenti je suis proche". 

bandeau inférieur : «Formula virtutis, maris astrum, porta salutis, prole, maria levat, quos coniuge subdidit Eva." / "Formule de vertu, astre de la mer, porte de Salut, Marie libère avec son fils ceux qu'avec son époux, Ève conduisit au péché".

L'absidiole :

"Personis triplex Deus, est et Numine simplex. Berdidat hic teram, mare fundit, luminat aethram" / "Dieu est triple quant aux personnes, mais Un quant à l'Essence. Il recouvre la terre d'herbe, il étend la mer et illumine le ciel".

Le Jugement dernier :

Au dernier registre au niveau de la vierge orante : "Virgo divinum natum prece pulsa, terge reatum." / "O Vierge, prie le divin Né, purifie du péché".

Photographies[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]