Chapelle des Scrovegni
Chapelle de l’Arena
| Type | |
|---|---|
| Partie de | |
| Fondation | |
| Diocèse | |
| Dédicataire | |
| Style | |
| Commanditaire | |
| Hauteur |
18,5 m |
| Longueur |
20,5 m |
| Largeur |
8,5 m |
| Religion | |
| Occupant | |
| Propriétaire | |
| Usage | |
| Patrimonialité | |
| Visiteurs par an |
350 156 ()[1] |
| Site web |
(it + en) www.cappelladegliscrovegni.it |
| Localisation |
|---|
| Coordonnées |
|---|

La chapelle des Scrovegni est un édifice religieux déconsacré, faisant partie d'un palais construit au XIVe siècle à l'emplacement de l'ancienne arène romaine de Padoue en Italie. De style gothique, la chapelle abrite le cycle de fresques de Giotto. Ce chef-d’œuvre de la peinture aux couleurs intenses a été commandé à l'artiste en 1303 par un riche mécène, Enrico Scrovegni, banquier et homme d'affaires padouan, fils d'un célèbre usurier de Padoue, que Dante avait précipité en Enfer, au chant 17 de la première partie de la Divine Comédie.
La chapelle fait partie des Musei Civici di Padova, complexe des musées de la ville de Padoue.
Histoire
[modifier | modifier le code]De l'ancien amphithéâtre romain du Ier siècle, il ne reste qu'une partie du mur d'enceinte qui soutenait les gradins. L'empereur Henri IV fait don des arènes en 1090 à l'évêque de Padoue. Au XIIIe siècle, le site devient la propriété de la famille Dalesmanini[2].
Un acte de vente, daté du , atteste qu'Enrico Scrovegni l'achète à Manfredo Dalesmanini (it), homme politique de la ville[3]. La consécration de l'emplacement de la chapelle date du , après l'obtention de l'autorisation de construction de l'évêque de la ville Ottobono dei Razzi (it). Pour décorer la chapelle qu'il faisait construire attenante à son nouveau palais (détruit en 1827[2]), Enrico Scrovegni fait appel aux plus grands artistes de l'époque : Giovanni Pisano reçoit commande de trois statues de marbre et Giotto celle de la décoration picturale des murs. L'église est consacrée le 25 mars 1305 sous le nom de Santa Maria della Carità[4].
La propriété passe aux mains de la famille Foscari avant d'être cédée le à la commune de Padoue[2].
La chapelle
[modifier | modifier le code]La décoration de la chapelle des Scrovegni par Giotto est une des réalisations les plus magistrales de l’histoire de l’art occidental. Ce cycle de peintures murales, réalisées au début du XIVe siècle, chef-d'œuvre de la peinture du Trecento italien et européen, présente une unité cohérente, une gamme de couleurs vives et des figures dotées d'expressivité. Il est considéré comme le cycle de fresques le plus complet réalisé par le maître toscan dans sa période de maturité.
Giotto — qui a déjà peint les fresques de l'église supérieure de la basilique Saint-François d'Assise, dans la dernière décennie du siècle qui vient de s'achever — revient de Rome, où il est allé travailler à la demande du cardinal Giacomo Stefaneschi, neveu du pape Boniface VIII. De 1303 à 1306, il est à Padoue, où il peint les cinquante-trois fresques de la chapelle Scrovegni, ou chapelle Santa Maria dell'Arena, qui sont considérées comme son chef-d'œuvre et l'un des tournants de l'histoire de la peinture européenne. Il avait probablement autour de quarante ans quand il a commencé la décoration de la chapelle, où il peint des fresques relatant la vie du Christ.
Dante — exilé de Florence en 1302 — se trouvait probablement à Padoue en même temps que Giotto y effectuait ce travail et attribue à son influence le choix d'une partie des compositions dont Giotto décora la chapelle de Santa Maria dell’Arena. Dans l'Enfer de Dante se retrouvaient certains des contemporains que le poète jugeait indignes du salut mais qu'il ne nommait pas expressément, se contentant de les désigner symboliquement par leurs armoiries. Il avait ainsi précipité en Enfer, au chant dix-septième de la première partie de la Divine Comédie, Rinaldo Scrovegni, usurier célèbre de Padoue, en évoquant les armoiries de la famille figurées par « une grosse truie d'azur ».
La ville de Padoue a acquis la chapelle en 1881 pour éviter la perte des fresques, qui étaient, à cette époque, gravement endommagées. Pour assurer la protection des fresques de Giotto, les autorités italiennes ont pris des précautions draconiennes[5].
Une restauration importante des fresques a été entreprise en 2001 pour effectuer des interventions jugées urgentes sur des zones présentant de graves risques de détérioration et pour atténuer le manque d'homogénéité chromatique résultant des précédentes restaurations effectuées à la fin du XIXe siècle et dans les années 1960.
Architecture interne
[modifier | modifier le code]La chapelle Scrovegni est une chapelle à nef unique entièrement tapissée de peintures dont les couleurs sont en remarquable état de conservation. Les dimensions modestes de l’espace permettent aux spectateurs d’avoir un contact assez intime avec les peintures. Giotto a rempli un programme complexe couvrant le Nouveau Testament et deux sources apocryphes. Les scènes se déroulent sur les deux parois latérales, presque symétriques (Giotto a dû procéder à un léger décalage pour s'ajuster avec les fenêtres) de la chapelle et sont découpées en tableaux par des cadres en trompe-l’œil. Cette composition suit une logique chronologique, de la vie d’Anne et de Joachim, les parents de la Vierge Marie à celle du Christ, dans le sens horizontal et de haut en bas, dans une séquence narrative.
C'est une simple nef à voûte cintrée, terminée par un grand arc ouvrant sur l'abside. La paroi de droite est percée de six fenêtres, et une triple baie ogivale s'ouvre sur le mur de façade ; toute une large surface s'offre librement aux inventions de la fresque. Le portail est orné de voussures en briques rouges et blanches alternées. Derrière l'autel s'élèvent deux petits escaliers qui servaient de pupitres. Au-dessus du maître-autel on retrouve une Vierge à l'Enfant de Pisano. Les sièges des dignitaires sont placés le long des murs; les stalles du chœur datent du XVIe siècle. Le sarcophage d'Enrico Scrovegni, attribué à Andriolo de Santi (it), est installé au fond de la tribune[2].
Organisation des scènes peintes
[modifier | modifier le code]Les scènes sur les murs sont ainsi arrangées en quatre rangées et sont entourées par une structure qui semble former la partie de l'architecture de la chapelle. Les scènes sont séparées verticalement par de larges bandes de marbres chiquetés qui sont richement décorées. Giotto, se conformant aux antiques usages, divise les murs de la nef en larges quadrilatères étagés sur trois rangs, où il peint les histoires de la Vierge et du Christ. Il enveloppe ses compositions de bordures à feuillages variés, d'où se détachent symétriquement des médaillons avec des bustes de personnages évangéliques.
L'église étant plus petite qu'à Assise, Giotto doit diviser la surface en panneaux plus petits. Les personnages de la fresque sont peints presque en grandeur nature ce qui donne une grande unité à la fresque et une grande proximité avec les personnages. Comparés aux fresques d'Assise, la couleur et les volumes sont devenus plus doux. Les gestes des figures maintiennent un équilibre entre la « gravitas » de l'Antiquité et le côté gracieux de l'art gothique. Giotto a divisé les murs en tableaux rectangulaires, séparant ces derniers par des faux cadres. On retrouve dans cette structure tout un langage de formes et de matières. Faux marbres polychromes, entrelacs gothiques, dallages, têtes de prophètes dans des fenêtres polylobées, l’illusion visuelle est complète. Pas un seul centimètre carré n’est laissé en réserve.
Au-dessous, sur un soubassement feint, coupé de pilastres, Giotto a dessiné une bande en imitation de marbre dans laquelle s’insèrent quatorze figures allégoriques — sept de chaque côté — de Vertus et de Vices, peintes en camaïeu. Au sommet de l'arc triomphal — qui ouvre sur le chœur — trône le Sauveur adoré par les anges ; sur la paroi d'entrée se déploie le Jugement dernier. La voûte à fond d'azur semé d'étoiles d'or est divisée en deux champs, d'où ressortent dix médaillons circulaires représentant, d'un côté la demi-figure du Christ bénissant, de l'autre celle de la Vierge tenant son fils, parmi des bustes de prophètes. La série des scènes évangéliques commence à droite de l'arc triomphal, se continue sur la paroi qui fait face, recommence et se continue de même par deux fois, pour se terminer à gauche du chœur.
L'influence de Dante serait décelable dans la vaste composition du Jugement dernier et mieux encore dans les figures allégoriques en camaïeu, qui simulent à la base des fresques évangéliques deux rangées de bas-reliefs. Ces quatorze figures de Vertus et de Vices qui se font face, les Vertus à droite et les Vices à gauche, comptent parmi les créations les plus parfaites du génie de Giotto. On pourrait leur chercher quelques modèles, soit parmi les miniatures antiques (illustrations de la Psychomachie du poète Prudence), soit parmi les sculptures du Moyen Âge (statues et bas-reliefs de Nicolas et de Giovanni Pisano), mais il y a un abîme entre l'œuvre du maître et celles de ses devanciers. La simplicité, la dignité de ces figures aux draperies flottantes révèlent en leur auteur non seulement un esprit subtil, habitué aux spéculations morales et philosophiques, mais un œil de peintre et de sculpteur, instruit par la contemplation des chefs-d'œuvre de l'art antique.
Giotto met au point une formule d'Annonciation d'encadrement peinte sur l'arc d'entrée d'une chapelle et où la forme architecturale réelle, l'arc brisé, est utilisée pour la disposition significative des personnages. La formule est reprise, en termes modernes, par Masaccio dans la basilique Saint-Clément de Rome avant de l'être par le Lombard Vincenzo Foppa selon une variation encore différente, sur l'arc d'entrée plein cintre de la chapelle Portinari dans l'église San Eustorgio de Milan[6].
Les inscriptions latines
[modifier | modifier le code]Aujourd'hui presque entièrement détruites, elles éclairaient le symbolisme de ces figures, dont voici l'énumération :
- L'Espérance et, sur la paroi opposée, 2e Le Désespoir ;
- La Charité et 4e L'Envie ;
- La Foi et 6e L'Infidélité ;
- La Justice et 8e L'Injustice ;
- La Tempérance et 10e La Colère ;
- La Force et 12e L'Inconstance ;
- La Prudence et 14e La Folie.
Les fresques
[modifier | modifier le code]Les murs de la nef sont divisés en 38 tableaux : seize sur le mur droit, dix-huit sur le mur gauche, trois sur l'arc et un sur le mur d'entrée. Les scènes qui relatent les épisodes de la vie de la Vierge et du Christ se répartissent en plusieurs groupes :
- Scènes de la Vie de Joachim ;
- Scènes de la Vie de la Vierge ;
- Scènes de la Vie du Christ ;
- Les Sept Vertus ;
- Les Sept Vices.
Nombreux sont les historiens qui s’accordent à trouver en Giotto l’inventeur de la peinture italienne. Sa peinture se distingue de ce qu’on appelle la « maniera graeca », c’est-à-dire le style byzantin, dans lequel les figures flottent dans un univers céleste où baigne une lumière dorée irréelle. Les personnages de Giotto s'inscrivent dans la réalité.
On peut s'en convaincre en observant les personnages de second plan, comme la fileuse de L'Annonciation à sainte Anne, ou le buveur de vin dans les Noces de Cana.
Le peintre a cherché à camper ses scènes dans un environnement terrestre qui puisse, tant que possible, être crédible, même si la représentation des architectures semble trop petite par rapport aux personnages. Dans ces scènes, l'architecture joue un rôle de décor théâtral, comme la maison d’Anne, dans l'Annonciation citée plus haut, dont la paroi a été retirée pour en rendre l’intérieur visible.
Une des scènes les plus expressives est sans doute le Baiser de Judas, dans laquelle Giotto s’est passé de décor architectural. Une foule de personnages, qui semblent se prolonger dans le ciel par des lances, s’agite autour du Christ et de Judas. Les deux hommes, de profil, s’affrontent dans un face à face. Le Christ, grave mais serein, a le corps enveloppé par la tunique de son interlocuteur. Les personnages font groupe et non plus masse : les visages des soldats sont annulés au profit des casques, anonymes mais représentatifs. La dynamique vient de la « gestuelle » des personnages : le centre géométrique de l'ensemble est situé sur le capuchon de Judas, mais le baiser proprement dit est déplacé sur la diagonale. Il en résulte un décalage : c'est celui du mouvement criminel de Judas, synthétisé dans les plis de son vêtement, centre plastique de l'ensemble. Le Baiser de Judas apparait comme l'enveloppement physique de la trahison, auquel répondent, seuls, l'échange immatériel des regards et l'or symbolique de l'auréole[7]. Giotto ne fait pas que narrer une histoire, il transmet des émotions.
Les séries des Vices et des Vertus sont peintes sur le soubassement des murs et constituent le complément moral du cycle narratif. Elles montrent le génie de Giotto dans sa capacité à utiliser les différentes traditions figuratives. L'écho entre les figures (Vertu/Vice) « renvoie à la tradition des imagines agentes, des images actives, c'est-à-dire frappantes et inhabituelles, dont les arts mnémoniques font grand usage à l'époque. Giotto utilise cette tradition qui lui donne des « recettes » pour mettre au point des images capables d'impressionner suffisamment les esprits pour que le spectateur chrétien garde le souvenir des Vertus et des Vices qui font gagner le Paradis et éviter l'Enfer. Le style « héroïque » inventé par Giotto plonge ses racines dans les pratiques médiévales »[8].
Giotto achève de peindre les fresques de la chapelle Scrovegni dans les premiers mois de l'année 1306.
Liste des scènes
[modifier | modifier le code]Histoire de Joachim et histoire de la Vierge Marie
[modifier | modifier le code]| Image | Titre | Description | Image | Title | Description |
|---|---|---|---|---|---|
| Expulsion de Joachim | Joachim est l'époux de sainte Anne et le père de Marie. Il est expulsé par le scribe Ruben (en vert) du temple où il était venu sacrifier un agneau (qu'il tient dans les bras), car son couple est stérile. | Nativité de Marie | Anne donne naissance à Marie. | ||
| Joachim parmi les bergers | Après son expulsion, Joachim, triste, revient parmi les bergers de son troupeau. | Présentation de Marie au Temple | Selon la tradition juive, Marie est présentée à Abiatar au Temple de Jérusalem. | ||
| Annonce de l'ange à sainte Anne | L'archange Gabriel vient annoncer à Anne la naissance de Marie. | Les prétendants remettent les rameaux | Les prétendants de Marie remettent un rameau à Abiatar. Celui dont le rameau a fleuri est choisi. C'est Joseph, représenté à gauche avec une auréole. | ||
| Le sacrifice de Joachim | Joachim offre un sacrifice à Dieu. | Prière des prétendants | Après la pose des rameaux, les prétendants prient. | ||
| Le rêve de Joachim | Dans son sommeil, Joachim voit un ange qui lui annonce la naissance de Marie. | Le mariage de Marie et de Joseph | Le mariage a lieu devant le temple et est officié par Abiatar. | ||
| La rencontre devant la porte dorée | Anne embrasse Joachim à son retour. | Le Corfège nuptial | Marie se rend à Nazareth chez ses parents. | ||
| Dieu envoie l'archange Gabriel | Gabriel est envoyé vers Marie. | ||||
| L'Annonciation (Gabriel) | Gabriel annonce à Marie qu'elle aura un enfant. | L'Annonciation (Marie) |
Histoire du Christ
[modifier | modifier le code]| Image | Titre | Description | Image | Titre | Description |
|---|---|---|---|---|---|
| Visitation | Marie, accompagnée de deux servantes, visite sainte Élisabeth | Trahison de Judas | Judas Iscariote reçoit sa récompense avec Satan derrière lui. | ||
| Nativité | Marie dépose Jésus dans la crèche. Joseph se repose. | Dernière Cène | Jésus (avec l'auréole dorée) prend un dernier repas avec ses disciples. | ||
| Adoration des mages | Les mages Melchior (agenouillé), Balthazar et Gaspard offrent de l'or, de la myrrhe et de l'encens à Jésus. | Lavement des pieds | Jésus procède à un acte d'humilité auprès de ses disciples. | ||
| Présentation de Jésus au Temple | Syméon accueille Jésus au Temple de Jérusalem. Derrière lui se tient la prophétesse Anne. | Baiser de Judas | Par ce baiser, Judas désigne Jésus à ceux qui viennent l'arrêter. | ||
| Fuite en Égypte | La famille s'enfuit en Égypte pour échapper à Hérode. | Jésus devant le Sanhédrin | Jésus reçoit une gifle d'un soldat. À droite, Caïphe déchire son vêtement. | ||
| Massacre des Innocents | Hérode, dans la tour, ordonne d'assassiner tous les enfants. | Flagellation de Jésus | Jésus est tourmenté et flagellé. | ||
| Le Christ parmi les docteurs | À douze ans, Jésus s'entretient avec les docteurs du Temple. | Montée au Calvaire | Jésus porte sa croix au sommet du Golgotha. À droite est représenté de dos et déchaussé le Cyrénéen qui a aidé Jésus à porter la croix. | ||
| Baptême du Christ | Jean le Baptiste baptise Jésus dans les eaux du Jourdain. | Crucifixion | Jésus est crucifié sur la croix. À gauche, Marie est soutenue par Marie Jacobé et Jean. Marie Madeleine est agenouillée au pied de la croix. | ||
| Noces de Cana | Jésus transforme de l'eau en vin. | Lamentations sur le Christ mort | Les proches de Jésus, dont Marie qui le tient dans les bras, pleurent sa mort. | ||
| Résurrection de Lazare | Lazare, encore emmaillotté, sort de sa sépulture sur ordre de Jésus. | Résurrection | Jésus ressuscité apparaît à Marie Madeleine. | ||
| Entrée de Jésus à Jérusalem | Jésus fait son entrée à Jérusalem à dos d'âne. | Ascension | Jésus monte au ciel sous les yeux de Marie et des apôtres. | ||
| Expulsion des marchands du Temple | Jésus chasse les vendeurs qui ont profané la maison de Dieu. | Pentecôte | Le Saint-Esprit descend sur les apôtres réunis. | ||
| Chœur | Chœur |
Vertus et Vices
[modifier | modifier le code]| Image | Titre | Description | Image | Titre | Description |
|---|---|---|---|---|---|
| Prudence | Présentée de trois quarts, la Prudence tient un miroir convexe, symbole de la connaissance, et un compas. | Sottise | Figure masculine portant des plumes et une massue. Le costume se termine par une queue. | ||
| Force | La figure féminine de la force tient un bouclier et un gourdin et est revêtue d'une peau de lion. | Inconstance | La roue inclinée sous les pieds de la figure symbolise la mobilité humaine. | ||
| Tempérance | L'épée que tient la figure est enroulée avec un ruban pour la rendre inoffensive. | Colère | La figure déchire sa robe sous l'emprise de la colère. | ||
| Justice | Assise sur son trône, la Justice tient deux plateaux d'une balance; à droite, un ange couronne un sage et à gauche, un autre ange symbolise une société libre et juste. | Injustice | Les scènes de violence sous la figure symbolisent l'injustice. | ||
| Foi | La figure tient une croix de la main droite et un cartouche de la gauche. Une clef du royaume des Cieux pend à sa ceinture. | Infidélité | Une figure masculine est tenue en laisse par une idole qui offre des fleurs de l'autre main. | ||
| Charité | La couronne de fleurs sur la tête symbolise la félicité. La figure offre son cœur à Dieu en piétinant des bourses d'argent qui ne peuvent procurer le bonheur. | Envie | Le serpent renvoie aux mauvaises paroles qui se retournent contre la figure sous laquelle les flammes symbolisent l'enfer. | ||
| Espérance | Les mains tendues veulent saisir une couronne offerte par Dieu. | Désespoir | Un diable tire les cheveux de la figure pendue et s'empare de son âme. |
Autres scènes
[modifier | modifier le code]| Image | Titre | Description |
|---|---|---|
| Voûte | La voûte est divisée en deux. Dans la partie vers l'entrée, le médaillon central représente sainte Marie de la Charité à qui la chapelle est dédiée. Les autres médaillons représentent les prophètes Malachie, Daniel, Isaïe et Baruch.
Dans la partie vers l'avant, le médaillon central représente le Christ. Les autres représentent les prophètes Ézéchiel, Jean le Baptiste, Jérémie et Michée. | |
| Jugement Dernier | Sous la figure du Christ, entouré par les apôtres, les élus sont placés à droite de la croix et les damnés à gauche. Au pied de la croix, Enrico Scrovegni offre le modèle de la chapelle (soutenu par le chanoine Altegrado dei Cattanei) à la Vierge Marie, saint Jean Évangéliste et sainte Catherine d'Alexandrie. | |
| Circoncision | ||
| Crucifix | Auparavant au centre de la chapelle, maintenant exposé au Musée municipal de Padoue. |
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Indagine sui musei e le istituzioni similari (enquête statistique), .
- Giotto, Chapelle Scrovegni, Padoue, Padoue, Giorgio Deganello, , 64 p.
- ↑ (it) « La Cappella degli Scrovegni nell’anfiteatro romano di Padova: nuove ricerche e questioni irrisolte », sur padovauniversitypress.it, (consulté le ).
- ↑ (it) « La storia della Cappella degli Scrovegni »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur cappelladegliscrovegni.it (consulté le ).
- ↑ À côté de l'édifice a été greffée une structure en verre moderne rappelant l’architecture de Ludwig Mies van der Rohe. Cette boîte transparente s’ouvre toutes les trente minutes aux visiteurs ayant retiré un billet d’entrée. Ces derniers peuvent alors s’installer dans des fauteuils et patienter un quart d’heure dans un espace climatisé, aseptisé et pourvu d’écrans vidéo car toute personne souhaitant visiter la chapelle des Scrovegni doit passer 15 minutes dans ce « sas de décontamination » afin que la température de son corps s’aligne sur celle de l’intérieur de la chapelle pour préserver la conservation des fresques.
- ↑ Arasse, L'Homme en perspective, p. 141.
- ↑ Arasse, p. 82.
- ↑ Daniel Arasse, L'Homme en perspective : Les primitifs d'Italie, Paris, Hazan, , 336 p. (ISBN 978-2-7541-0272-8), page 18
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (it) Giuseppe Basile, Giotto, les fresques de la chapelle Scrovegni de Padoue,, éditions du Seuil/Skira, Monographie officielle, réalisée par l’ICI (l’Institut de restauration de Rome), sur la restauration des fresques de la chapelle Scrovegni de Padoue.
- Daniel Arasse, L'Homme en perspective : Les primitifs d'Italie, Paris, Hazan, , 336 p. (ISBN 978-2-7541-0272-8).
- André Chastel, L'Italie et Byzance, éditions de Fallois, notamment les chapitres « Rapport entre la peinture italienne et la Maniera Graeca », p. 71 et « Giotto à Padoue, l'Arena », p. 110.
- Philippe Cordez, « Les Marbres de Giotto. Astrologie et naturalisme à la chapelle Scrovegni » in Mitteilungen des kunsthistorischen Institutes in Florenz, 45/1 (2013), p. 8-25. [1]
- Francesca Flores d’Arcais, Giotto, éditions Actes Sud/Motta, .
- (it) Maurizia Tazartes, Giotto, Milan, Rizzoli, , 189 p. (ISBN 978-88-17-00448-0)
- (it) Edi Baccheschi, L'opera completa di Giotto, Milan, Rizzoli, (traduction (ISBN 9782080112194))
- Giuliano Pisani, L'ispirazione filosofico-teologica nella sequenza Vizi-Virtù della Cappella degli Scrovegni, «Bollettino del Museo Civico di Padova», XCIII, 2004, Milano 2005, p. 61–97. [2]
- Giuliano Pisani, Terapia umana e divina nella Cappella degli Scrovegni, in «Il Governo delle cose», dir. Franco Cardini, Firenze, n. 51, anno VI, 2006, p. 97–106.
- Giuliano Pisani, L'iconologia di Cristo Giudice nella Cappella degli Scrovegni di Giotto, in «Bollettino del Museo Civico di Padova», XCV, 2006, p. 45–65. [3]
- Giuliano Pisani, Le allegorie della sovrapporta laterale d'accesso alla Cappella degli Scrovegni di Giotto in Bollettino del Museo Civico di Padova, XCV, 2006, p. 67–77.
- Giuliano Pisani, Il miracolo della Cappella degli Scrovegni di Giotto, in Modernitas – Festival della modernità (Milano 22-25 giugno 2006), Spirali, Milano 2006, p. 329–57.
- Giuliano Pisani, Una nuova interpretazione del ciclo giottesco agli Scrovegni, in «Padova e il suo territorio», XXII, 125, 2007, p. 4–8.
- Giuliano Pisani, I volti segreti di Giotto. Le rivelazioni della Cappella degli Scrovegni, Rizzoli, Milano 2008, p. 1-366 (ISBN 978-88-17-02722-9) ; Editoriale Programma, Treviso, 2015, p. 1-366 (ISBN 978-88-6643-353-8).
- Giuliano Pisani, Il programma della Cappella degli Scrovegni, in Giotto e il Trecento, catalogo a cura di A. Tomei, Skira, Milano 2009, I – I saggi, p. 113–127. [4]
- Giuliano Pisani, La fonte agostiniana della figura allegorica femminile sopra la porta palaziale della Cappella degli Scrovegni, in Bollettino del Museo Civico di Padova, XCIX, 2010 (2014), p. 35-46. [5]
- Giuliano Pisani, La concezione agostiniana del programma teologico della Cappella degli Scrovegni, in Alberto da Padova e la cultura degli Agostiniani, a cura di F. Bottin, Padova University Press, Padova 2014, p. 215-268 [6].
- Giuliano Pisani, Il capolavoro di Giotto. La Cappella degli Scrovegni, Editoriale Programma, Treviso, 2015, p. 1–176 (ISBN 978-88-6643-350-7). [7]
- Giuliano Pisani, La Chapelle des Scrovegni. La révolution de Giotto, Traduit par Isabelle Baragan et Maurizia Dalla Volta, Skira, Milano 2021, p. 1-176 (ISBN 978-88-572-4531-7).
Citations
[modifier | modifier le code]« j'entrai dans la chapelle des Giotto où la voûte entière et le fond des fresques sont si bleus qu'il semble que la radieuse journée ait passé le seuil, elle aussi, avec le visiteur et soit venue un instant mettre à l'ombre et au frais son ciel pur »
— Marcel Proust dans Albertine disparue
« Il fallait être un grand sculpteur pour dessiner ces fresques, mais il fallait être un grand peintre pour qu'elles ne fussent pas des sculptures - »
— André Malraux dans les Voix du Silence
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Liste de peintures de Giotto di Bondone
- La Fuite en Égypte (Giotto)
- Renaissance padouane
- Vie du Christ dans l'art
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (it + en) Giotto agli Scrovegni, site officiel du ministère de la culture
- (it + en) Cappella degli Scrovegni, site officiel de la commune de Padoue
- (it + en + de) Visite haute définition
- (it) Site des Musei civici
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