Arme de l'Apocalypse

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De nombreuses armes de l'Apocalypse utilisent l'idée de bombe salée, susceptible de provoquer de grandes quantités de retombées radioactives.

Une arme de l'Apocalypse (anglais : Doomsday device) est une construction hypothétique (en général une arme ou un ensemble d'armes) qui pourrait détruire toute vie sur Terre, voire détruire la planète elle-même. La plupart de ces armes s'appuient sur la possibilité de construire des bombes H aussi grandes qu'on veut, dès lors qu'il n'est pas envisagé de les envoyer sur une cible (voir le modèle Teller–Ulam), bombes qui peuvent de plus être « salées » avec des matériaux destinées à créer des retombées radioactives de longue demi-vie (par exemple, des bombes au cobalt).

Envisagées plus ou moins sérieusement au début des années 1950, le concept en a été abandonné, les risques paraissant trop grands, et la notion de dissuasion nucléaire semblant plus appropriée.

Ces armes et l'holocauste nucléaire qu'elles entraîneraient sont fréquemment apparues dans la littérature de science-fiction, en particulier dans le cadre de récits post-apocalyptiques, mais aussi dans des ouvrages relevant du space opera, comme la saga Star Wars.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1954, le test de Castle Bravo démontra la faisabilité d'armes thermonucléaires de très grande taille dont les retombées radioactives pourraient couvrir de grandes étendues. Des théoriciens de ces armes comme Leó Szilárd conçurent alors ce qu'ils appelèrent des « machines de l'Apocalypse », consistant à entourer une bombe H massive avec des centaines de tonnes de cobalt, l'explosion produisant de grandes quantités de cobalt 60, rendant la plus grande partie de la planète trop radioactive pour que la vie subsiste. Herman Kahn, penseur de la géostratégie et théoricien des systèmes employé par la RAND, émit l'hypothèse que les décideurs américains ou soviétiques pourraient choisir de construire une machine de l'Apocalypse formée d'un ordinateur relié à un stock de bombes H, programmé pour les faire exploser en cas de détection d'une attaque ennemie.

L'effet dissuasif de ces armes est censé reposer sur leur automatisme (et l'impossibilité de les désactiver rapidement) : la menace est hautement crédible et empêche un assaillant de se livrer à une stratégie du bord de l’abîme. Cependant, dans son analyse, Kahn soulève le problème posé par une puissance secondaire nucléaire qui déclencherait une arme de l'Apocalypse, et résume sa position en déconseillant de se doter d'une telle arme[1]. À partir des années 1960, l'idée sera progressivement abandonnée.

Pour beaucoup d'observateurs, cela ne faisait que mettre en lumière la logique suicidaire de la stratégie de l'équilibre de la terreur ; l'idée en fut parodiée en 1964 par le célèbre film de Stanley Kubrick, Docteur Folamour.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

De nombreuses armes de l'Apocalypse sont apparues dans des œuvres de fiction :

Au cinéma[modifier | modifier le code]

  • Le film Docteur Folamour est une satire de la Guerre froide, dans lequel, en apprenant que les Américains ne peuvent rappeler un de leurs bombardiers nucléaires, l'ambassadeur soviétique informe le président que l'URSS a construit une arme de l'Apocalypse, qui se déclenchera inévitablement.
  • La conclusion du film Le Secret de la planète des singes implique la détonation d'une bombe salée.
  • Dans Moonraker, le film de James Bond, Sir Hugo Drax veut utiliser un poison dispersé par satellites pour éliminer toute l'humanité.
  • L'Étoile noire de la série Star Wars peut être considérée comme une arme de l'Apocalypse, étant susceptible de détruire des planètes entières grâce à son superlaser.

À la télévision[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Dans les 39 Clés (Cahill contre Vesper, livre 7), le « méchant », Damien Vesper, construit une "Machina Fini Mundi," (une machine de la fin du monde) renversant la polarité de la Terre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Kahn, Herman, On Thermonuclear War, Princeton, NJ, USA, Princeton University Press,,

Liens externes[modifier | modifier le code]