Catastrophe malthusienne

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Une catastrophe malthusienne désigne un effondrement démographique qui suit une croissance exponentielle de la population et qui est dû à l'épuisement des ressources consécutif à cette croissance.

Explication[modifier | modifier le code]

En 1798, Thomas Malthus remarque que les populations vivantes tendent à avoir une croissance géométrique (ou exponentielle : il faut un temps constant pour que la population double) alors que les ressources semblent ne pouvoir croître que de façon arithmétique (ou linéaire : chaque doublement demande un temps double du précédent). Du fait que toute croissance géométrique, aussi lente soit elle, finit toujours par dépasser toute croissance arithmétique, aussi rapide soit elle, il déduit qu'une catastrophe démographique est inévitable à moins d'empêcher la population de croître.

Ainsi à un taux de croissance annuel de seulement 1 %, une population initiale d'un seul couple donne naissance à plus de 40 000 descendants en un millénaire, à près d'un milliard de descendants en deux millénaires, et à près de 20 000 milliards d'individus en seulement trois millénaires (soit une densité de près de 400 habitants par hectare, océans compris).

Chez l'animal[modifier | modifier le code]

Des catastrophes malthusiennes ont déjà été observées et étudiées dans des populations animales[1]. Ainsi, en 1944, 29 rennes ont été introduits sur l'île de St Matthew en mer de Béring. En l'absence de prédateur, et en présence de ressources alimentaires abondantes, la population a explosé, atteignant 6 000 individus dans l'été 1963, soit une croissance de 30 % par an. Six mois plus tard, toute la population exceptées 42 femelles était morte de faim et la végétation gravement et durablement dégradée.

Dans différentes sociétés humaines[modifier | modifier le code]

Selon les contradicteurs de cette théorie les expériences menées sur des populations animales fonctionnent avec une production constante puisque les animaux (sauf les humains et quelques espèces d'animaux eusociaux telles les fourmis) ne font pas augmenter la production de leur territoire. Étant donné que l'humanité augmente constamment sa production de biens, la situation est bien différente. Malthus considérait que la production augmente selon une fonction racine carré par rapport à la population, donc que la productivité baisse avec l'augmentation de la population. En réalité, la productivité humaine a augmenté avec l'augmentation de la population, donc l'hypothèse de Malthus serait fausse.

Toutefois :

  • L'aspect semi-désertique de la région qu'on continue d'appeler le croissant fertile est aujourd'hui considéré comme partiellement la conséquence d'une catastrophe malthusienne.
  • On considère[2] aujourd'hui que la population de l'île de Pâques a subi une catastrophe malthusienne peu de temps avant sa découverte par les occidentaux[3].
  • Certains auteurs considèrent[4] que les génocides des années 1990 dans la région des grands lacs africains sont la manifestation d'une catastrophe malthusienne.
  • Les ressources naturelles sont limitées et non renouvelables, pour la plupart d'entre elles. (Voir l'article complet : Pic de Hubbert.)

Analyse[modifier | modifier le code]

Certains observateurs des sociétés humaines estiment que la notion de capacité d'accueil doit être appliquée également aux populations humaines, et qu'une croissance incontrôlée de la population humaine pourrait entraîner une catastrophe malthusienne où le nombre croissant d'humains (dans une zone ou sur la Terre) viendrait à dépasser largement la dite capacité d'accueil. Selon le World Wildlife Fund dans un rapport daté de 2006[5], basé sur la notion d'empreinte écologique, les ressources biologiques de la planète sont exploitées 25 % au-delà de leur capacité de renouvellement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Introduction, Increase, And Crash Of Reindeer On St. Matthew Island
  2. cf par exemple Diamond
  3. Robert Bériault : Le pic du pétrole et le destin de l'humanité - voir le chapitre 4 "Le destin de l'île de Pâques" et également le chapitre 5 "L'île de Pâques et notre société moderne" (présentation consultable en ligne) [1]
  4. cf par exemple Diamond ou Land relations under unbearable stress: Rwanda caught in the Malthusian trap
  5. Living Planet Report, 2006 [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]