Jérôme Tharaud

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Jérôme Tharaud en 1923

Jérôme Tharaud, né Ernest Tharaud le à Saint-Junien (Haute-Vienne) et mort le à Paris, est un écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jérôme (1874-1953) et Jean Tharaud (1877-1952), son frère, sont nés à Saint-Junien dans la Haute-Vienne dans une région, le Limousin, à laquelle ils resteront attachés. Leurs prénoms de baptême sont Ernest et Charles, et c’est Péguy qui leur donne plus tard les prénoms de Jérôme et Jean.

Les deux frères quittent Saint-Junien à la mort de leur père en 1880 ; leur mère, jeune veuve, retourne vivre chez son propre père, alors proviseur du lycée d’Angoulême et ami de Victor Duruy.

Ils font leurs études à Angoulême, puis à Paris. Jérôme est élève à l'École normale supérieure.

En 1901, Jean devint le secrétaire de Maurice Barrès, poste qu’il occupa jusqu’à la Première Guerre mondiale. Il signa ensuite de nombreux articles pour le Figaro, dont l'un, paru après la Seconde Guerre, porte sur la révélation des camps de concentration des tziganes en France. Jérôme et Jean Tharaud vont pendant cinquante ans composer une œuvre à quatre mains, signant toujours de leurs deux prénoms. Le cadet se chargeait du premier jet, tandis que l’aîné, Jérôme, s'occupait de la mise au point du texte. Ils voyagent dans de nombreux pays, la Palestine, l’Iran, le Maroc, la Roumanie, et ramènent de leurs voyages la matière à reportages et à livres.

En 1919, de retour d’un voyage au Maroc, ils sont séduits par le charme de la vallée de la Rance et acquièrent le manoir des Auffenais en Le Minihic-sur-Rance. Ils y vécurent jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, période pendant laquelle cette demeure fut occupée par l’armée allemande. En conséquence et probablement pour des raisons pécuniaires, ils la vendirent en 1945[1]. Leur œuvre, est notamment marquée par un esprit de conformisme aux valeurs du temps et par le racisme de l'époque qui n'exclut pas l'antisémitisme[2],[3] ainsi que la célébration du colonialisme.

Le , Jérôme Tharaud est élu au 31e fauteuil de l’Académie française en remplacement de Joseph Bédier. La candidature de Jérôme Tharaud a posé aux académiciens un cas de conscience : l’écrivain, en effet, n’était que « la moitié d’un couple d’auteurs » et ils ne pouvaient pas élire simultanément les deux. Jean Tharaud y fut élu à son tour en 1946.

Le Limousin et Saint-Junien (en particulier) ont profondément marqué les deux frères. En 1939, quand Jérôme fut élu à l’Académie française, il émet le vœu que le clocher de la vénérable collégiale de Saint-Junien figure sur l’une des faces de la poignée de son épée d’académicien. Il faut dire que les deux frères ont mobilisé toute leur ardeur, en 1922, quand le clocher central de la collégiale s’est effondré par manque d’entretien. Un érudit local, Jean Teilliet, artiste peintre, avait fait appel à eux et à leur notoriété pour recueillir des fonds destinés à la reconstruction. L’église fut reconstruite dans les années qui suivirent et les frères Tharaud se réjouirent d’avoir contribué au sauvetage de l’église où ils avaient été baptisés.

Œuvres[modifier | modifier le code]

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Les frères Tharaud en 1932
Ouvrages cosignés avec son frère Jean
  • Le Coltineur débile (1898)
  • La Lumière (1900)
  • Dingley, l'illustre écrivain (1902, prix Goncourt en 1906)
  • Les Hobereaux (1904)
  • L’Ami de l’ordre (1905)
  • Les Frères ennemis (1906)
  • Bar-Cochebas (1907)
  • Déroulède (1909)
  • La Maîtresse servante (1911)
  • La Fête arabe (1912)
  • La Tragédie de Ravaillac (1913)
  • La bataille de Scutari d’Albanie (1913)
  • La Mort de Déroulède (1914)
  • L’Ombre de la croix (1917), Plon 1920
  • Rabat, ou les heures marocaines (1918 Emile-Paul, frères, éditeurs 5640-8-18 et 5642-8-18)
  • Une relève (1919 Emile-Paul, frères, éditeurs 2766-2-19 et 2768-2-19)
  • Marrakech ou les seigneurs de l’Atlas (1920)
  • Quand Israël est roi (1921)
  • L’invitation au voyage (1922)
  • La randonnée de Samba Diouf (1922)
  • La Maison des Mirabeau (1923)
  • Le Chemin de Damas (1923)
  • L’An prochain à Jérusalem (1924)
  • Rendez-vous espagnols (1925)
  • Un royaume de Dieu (1925)
  • Causerie sur Israël (1926)
  • Notre cher Péguy (1926)
  • La Semaine sainte à Séville (1927)
  • Petite histoire des Juifs (1927)
  • En Bretagne (1927)
  • Mes années chez Barrès (1928)
  • La Reine de Palmyre (1928)
  • La Chronique des frères ennemis (1929)
  • Fès ou les bourgeois de l’Islam (1930)
  • L’Empereur, le philosophe et l’évêque (1930)
  • L’Oiseau d’or (1931)
  • Paris-Saïgon dans l’azur (1932)
  • La Fin des Habsbourg (1933)
  • La Jument errante (1933)
  • Quand Israël n’est plus roi, Plon 1933
  • Versailles (1934)
  • Les Mille et un jours de l’Islam I : Les cavaliers d’Allah (1935)
  • Les Mille et un jours de l’Islam II : Les grains de la grenade (1938)
  • Le Passant d’Éthiopie (1936)
  • Cruelle Espagne (1937)
  • Alerte en Syrie (1937)
  • L’Envoyé de l’Archange (1939)
  • Les Mille et un jours de l’Islam III : Le rayon vert (1941)
  • Le Miracle de Théophile (1945)
  • Fumées de Paris et d’ailleurs (1946)
  • Vieille Perse et jeune Iran (1947)
  • Les Enfants perdus (1948)
  • Les Mille et un jours de l’Islam IV : La chaîne d'or (1950)
  • La Double confidence (1951)
Références à compléter 
  • Petite histoire des Juifs (1927)
  • Vienne la rouge (1933)
  • Le chemin de Damas
  • Les contes de la Vierge (1940)

Trois ouvrages sont présentés comme antisémites[4] :

  • L’Ombre de la Croix, Plon 1920
  • Quand Israël est roi, Plon 1921
  • Quand Israël n’est plus roi, Plon 1933

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Mahé, Jérôme et Jean Tharaud au Minihic-sur-Rance, dans Le Pays de Dinan, 1993, p. 15-45.
  2. Michèle Cointet, L'Église sous Vichy, Paris, Perrin, 1998,p. 165.
  3. Voir entre autres le chapitre « Un ghetto marocain » dans leur ouvrage de 1920, encore réédité en 1939, Marrakech.
  4. Voir entre autres Laurent Joly, Vichy et la solution finale, Paris, Grasset, 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]