Hrodna

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Hrodna / Grodno
Гродна / Гродно
Blason de Hrodna / Grodno
Héraldique
Image illustrative de l'article Hrodna
Administration
Pays Drapeau de la Biélorussie Biélorussie
Subdivision Voblast de Hrodna
Code postal BY 230000 — 230030, 231700
Indicatif téléphonique +375 15
Démographie
Population 352 485 hab. (2013)
Densité 2 480 hab./km2
Géographie
Coordonnées 53° 40′ N 23° 49′ E / 53.67, 23.817 ()53° 40′ Nord 23° 49′ Est / 53.67, 23.817 ()  
Altitude 90-147 m
Superficie 14 211 ha = 142,11 km2
Divers
Première mention 1128
Statut Ville
Localisation

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Hrodna / Grodno

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Liens
Site web http://grodno.gov.by/
Sources
Liste des villes de Biélorussie

Hrodna (en biélorusse : Гро́дна ou Гаро́дня, Harodnia) ou Grodno (en russe : Гро́дно ; en polonais : Grodno ; en lituanien : Gardinas ; en yiddish : גראדנא ) est une ville de Biélorussie et la capitale administrative de la voblast de Hrodna. Sa population s'élevait à 352 485 habitants en 2013.

Géographie[modifier | modifier le code]

Hrodna/Grodno est située à une quinzaine de kilomètres de l'actuelle frontière polonaise & à peine un peu plus de celle avec la Lituanie. La ville est divisée en deux raïons : le raïon Leninski et le raïon Kastrychnizki. La ville est construite sur le fleuve Niémen.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les fouilles archéologiques ont révélé que les premiers groupes de Slaves se sont installés près du Niémen avant le Xe siècle. La ville était à l'origine une petite forteresse et un avant-poste marchand des princes riourikides, à la limite des terres des tribus baltes de parler yotvingien (sudovien). Le nom de la ville vient de l'ancien verbe slave oriental gorodit', signifiant « entourer, clôturer », et du mot grad, « ville ». Mentionnée sous le nom de Goroden en 1127 elle est située au carrefour de plusieurs routes marchandes. La ville est devenue la capitale d'une principauté indépendante.

Hrodna/Grodno et Navahroudak/Novogroudek étaient considérées comme les villes principales de la Ruthénie noire (la Russie noire), situées dans une région frontalière au Duché de Lituanie. Elle fut donc souvent envahie, notamment par les chevaliers Teutoniques. Dans les années 1250, les alentours de Hrodna/Grodno furent envahis par les Lituaniens encore païens qui y formèrent ensuite le Grand-duché de Lituanie. À la suite de soulèvements en Prusse, beaucoup de Prussiens s'installèrent dans la ville. Le célèbre grand-duc Vytautas fut prince de Hrodna/Grodno entre 1376 et 1392 et il y séjourna pendant les préparatifs de la bataille de Grunwald (1410). En 1413, Grodno devint chef-lieu de district de la voïvodie de Troki.

Église de l'Annonciation

Le patrimoine : l’héritage baroque[modifier | modifier le code]

La cathédrale Saint-François-Xavier, dédiée au premier martyr jésuite, François Xavier, est une église construite par la Compagnie de Jésus entre 1678 et 1705. Elle est située sur la place Batory. Le monument a plus de 50 mètres de hauteur. Des fresques décorent l'église depuis 1752.

La République des Deux Nations[modifier | modifier le code]

Dans le but de permettre un meilleur développement du commerce, les grands-ducs ont favorisé le développement de la population juive (création de la communauté en 1389). C'était l'une des premières communautés juives du Grand-Duché. En 1441 la ville a reçu sa charte, fondée sur le droit de Magdebourg. Après la première partition de la Pologne, Grodno est devenue le chef-lieu de la voïvodie homonyme en 1793.

Grodno/Hrodna a également été un centre culturel et politique. Le vieux et le nouveau châteaux ont souvent servi de résidence aux souverains de la République polono-lituanienne.

Le Nouveau Château de Grodno, résidence d'été des rois de Pologne.
L'église de Kaloskaya

L'Empire russe[modifier | modifier le code]

En 1793, le Sejm de Grodno (la dernière Diète dans l'histoire de la Première République) a lieu dans la ville. Deux années plus tard, en 1795, la Russie annexe la ville à la suite du Troisième Partage de la Pologne. Et c'est dans le nouveau château que le dernier roi de Pologne et Grand-duc de Lituanie Stanislas-Auguste Poniatowski abdiqua le 25 novembre 1795. Incorporée dans l'Empire russe, la ville devint le centre du gouvernement de Grodno en 1801. Des activités industrielles, implantées à la fin du XVIIIe siècle par Antoni Tyzenhaus poursuivirent leur essor.

Pendant la Première Guerre mondiale, Grodno/Hrodna fut occupée par l'armée allemande en 1915. Elle fut ensuite cédée par la Russie bolchévique au traité de Brest-Litovsk (). Le gouvernement allemand toléra alors la création d'un État « biélorusse », la République populaire biélorusse, qui proclama son indépendance vis-à-vis de la Russie le , à Minsk, mais la Rada dut quitter Minsk et s'installer à Hrodna/Grodno, sous la protection de l'armée allemande.

Vue de Grodno en Bélarus

Après le début de la guerre entre les bolchéviques et la Pologne, les autorités militaires de Ober Ost ont craint la possibilité que la ville puisse tomber entre les mains de la Russie soviétique. Le 27 avril 1919 les Allemands en ont passé le contrôle à la Pologne. Le jour suivant l'armée polonaise s'est emparé de la ville et y a établi une administration polonaise.

Grodno est passée sous le contrôle de l'Armée rouge le pendant l'offensive de Kiev. Le gouvernement lituanien avait également revendiqué la ville, qui lui a été promise le 12 juillet lors des négociations à Moscou. Cependant, la défaite soviétique lors de la bataille de Varsovie ont rendu les revendications lituaniennes sans réponse, et l'autorité de la Lituanie n'a jamais été installée à Grodno. L'Armée rouge a organisée une dernière poche de résistance dans la ville et la bataille du Niémen y a eu lieu. Le 23 septembre l'armée polonaise a repris Grodno. La signature de traité de paix de Riga a laissé Grodno à la Pologne.

Seconde Guerre mondiale [1][modifier | modifier le code]

Article général Pour des articles plus généraux, voir Holocauste en Biélorussie et Partisans juifs.

Dans les premiers jours de l’Opération Barbarossa – le nom allemand pour l’invasion de l’Union soviétique – les Allemands atteignirent Grodno, le 22 juin 1941.

Arrivée des Nazis[modifier | modifier le code]

Au fur et à mesure que les Nazis entraient dans la ville, ils contraignaient les juifs mâles âgés de 16 à 60 ans au travail forcé. Dans les mois qui suivirent, 80 Juifs appartenant à l’intelligentsia furent assassinés.

Organisation nazie[modifier | modifier le code]

Les Nazis installent un bureau de la Gestapo (Nebenstelle) à Grodno. Ils vont s'appuyer sur un Judenrat et imposent aux juifs de Grodno toutes les restrictions habituelles, y compris le recensement, l’inscription sur les cartes d’identité, le port du badge Juif à partir du 30 juin 1941. Ils annexent ensuite Grodno à la Prusse-Orientale sous l’autorité du Gauleiter Eric Koch. Les Juifs sont soumis au travail forcé. Pour pouvoir mener la politique d'extermination, le 1er novembre 1941, ils installent deux ghettos, le ghetto A pour le travailleurs qualifiés et le ghetto B pour les Juifs improductifs.

Le Judenrat travailla dur pour approvisionner en nourriture et créer de nombreuses entreprises travaillant pour l’effort de guerre dans l’intérêt des Allemands. Les Juifs adoptèrent le slogan “le salut par le travail” avec l’espoir qu’à travers leur travail les Allemands épargneraient leurs vies. Cependant, la clandestinité juive s'organise. C’est un des premiers endroits où sont connus les massacres à grande échelle de massacre de Poneriai (Ponary).

La résistance juive[modifier | modifier le code]

Au début de 1942, un mouvement clandestin fut créé dans le ghetto de Grodno à partir des mouvements de jeunesse sionistes et non-sionistes, de l’Alliance (Bund) et des communistes. Les mouvements pionniers sionistes voulaient combattre à l’intérieur du ghetto tandis que les communistes voulaient s’échapper d’urgence du ghetto vers les forêts. Mordechai Tenenbaum (Tamaroff) vint deux fois de Bialystok à Grodno voir s’il pouvait mettre en place une force clandestines qui pouvait fédérer la mosaïque de mouvements, depuis les révisionnistes sionistes en passant par les communistes. Il réussit son objectif et quelques activistes furent transférés au ghetto de Bialystock qui grandira en 1943 contre les forces d’occupation.

Persécutions, massacres, déportations[modifier | modifier le code]

Des camps de regroupement pour juifs aux camps de concentration, les déportations commencent en novembre 1942 vers Auschwitz, se poursuivant en octobre, décembre et les premiers gazages.

Lors de l'insurrection de Treblinka (2e semaine de décembre 1942) les jeunes juifs s'organisent, se révoltent et les Nazis (Allemands et auxiliaires ukrainiens) tirent dans le tas et massacrent les survivants[2].

Les 17 et 18 janvier 1943, les transports reprirent. 10 000 personnes furent parquées dans la Grande Synagogue. Pendant les acheminements vers la gare de chemins de fer de Lossosna, des fuyards étaient régulièrement abattus. La tension monte dans le Ghetto, celui-ci est vidé vers celui de Bialystock.

Libération[modifier | modifier le code]
Article connexe : Opération Bagration.

Grodno fut libérée par le deuxième front biélorusse de l'Armée rouge le , dans le cadre de l'offensive de Bialystock. Quelque 200 Juifs avaient survécu, soit dans les rangs des partisans soit en se cachant sur place..

Après la libération[modifier | modifier le code]

En 1945, la ville intègre la république socialiste soviétique de Biélorussie, l'actuelle Biélorussie.

Population[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Recensements (*) ou estimations de la population[3] :

Évolution démographique
1789 1794 1860 1887 1897* 1913 1939* 1959*
5 653 6 431 20 100 46 900 46 919 65 500 49 000 72 943
1970* 1979* 1989* 1999* 2009* 2011 2012 2013
132 471 194 775 270 535 301 622 327 540 338 287 346 601 352 485


Nationalités[modifier | modifier le code]

Hrodna est en majorité peuplée de Biélorusses (62,3 %), de Polonais (24,8 %), de Russes (10,1 %), d'Ukrainiens (1,8 %), de Lituaniens (0,4 %) et de Tatars (0,2 %). Les autres nationalités constituent 0,4 % de la population.

Religions[modifier | modifier le code]

Grande synagogue chorale de Hrodna en cours de restauration en 2012-2013
Grodno christ.jpg

La ville, située près des frontières polonaises, a la plus large concentration de catholiques romains en Biélorussie. La culture polonaise y joue un rôle important. Par exemple, les messes catholiques sont dites en polonais.

Jusqu'à la période de la Shoah et l'installation du ghetto de Grodno la population juive de la ville représentait plus de 40 % du nombre d'habitants. Ce ghetto et l'envoi des juifs à Treblinka et Auswitch firent disparaître la quasi-totalité de cette population durant les années 1941 à 1943.

Grodno est l'une des villes de Biélorussie les plus anciennes et les mieux conservées. Elle est mentionnée pour la première fois en 1005. Son histoire est solidaire de celle de la Pologne. En effet, cette terre a été témoin d'incursions de tribus païennes de Lituanie (Jadzwingi, Jacwingi, etc.) dans la Coronae Poloniae. Puis, à la conversion de la Lituanie, cette grande expression de la foi catholique s'est enracinée. Les franciscains, carmélites, dominicains, jésuites, bernardins et brigittines ont établi dans la cité des couvents, après le concile de Trente, en réaction au calvinisme, qui était la religion dominante en Biélorussie au XVIe siècle.

Elle fut de nouveau restituée à l'État polonais vers 1920, après 123 ans d'occupation prussienne et russe.

Économie[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

Jumelage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette section est presqu'entièrement traduite et résumée de l'article publié sur le site marqué de la Document utilisé pour la rédaction de l’article1
  2. Témoignage de Kalman Teigman, un escapé, voir op. cite. le Ghetto de Grodno
  3. (ru) Recensement de 1897 sur demoscope.ru(ru)(en) Office national de statistique de la République de Belarus, Recensement de la population 2009, Population de la République de Belarus, taille et composition, t. II, pp. 22-23. « Population de Pinsk aux recensements de 1959 à 2009 », sur belstat.gov.by(en) « Population depuis 1979 », sur www.citypopulation.de

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en)Carmelo Lisciotto, Chris Webb, « Le ghetto de Grodno », sur Holocaust Education & Archive Research Team, H.E.A.R.T,‎ 2006 (consulté le 5 juin 2012)Document utilisé pour la rédaction de l’article1