Kaliningrad

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Kaliningrad
Калининград
Blason de Kaliningrad
Héraldique
Drapeau de Kaliningrad
Drapeau
La cathédrale de Königsberg entourée par la nouvelle Kaliningrad
La cathédrale de Königsberg entourée par la nouvelle Kaliningrad
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
Région économique Kaliningrad
District fédéral Nord-Ouest
Sujet fédéral Flag of Kaliningrad Oblast.svg Oblast de Kaliningrad
Maire Aleksandr Iarochouk
Code postal 236010
Code OKATO 27 401
Indicatif (+7) 04012
Démographie
Gentilé Kaliningradois
Population 441 376 hab. (2013)
Densité 2 046 hab./km2
Géographie
Coordonnées 54° 44′ N 20° 29′ E / 54.733, 20.48354° 44′ Nord 20° 29′ Est / 54.733, 20.483  
Altitude 4,8 m
Superficie 21 570 ha = 215,7 km2
Fuseau horaire UTC+02:00
Divers
Fondation 1255
Statut Ville depuis 1286
Ancien(s) nom(s) Königsberg (avant 1946)
Localisation

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Kaliningrad
Liens
Site web www.klgd.ru
Sources
Liste des villes de Russie

Kaliningrad (en russe : Калининград), anciennement Königsberg en Prusse-Orientale, est une ville de Russie située dans une exclave territoriale, l'oblast de Kaliningrad, totalement isolée du territoire russe, entre la Pologne et la Lituanie. Sa population s'élève à 441 376 habitants en 2013.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Königsberg.

Kaliningrad se trouve sur le site de l'ancienne Königsberg, fondée en 1255 par les Chevaliers teutoniques autour d'un château devant les protéger contre les Prusses. La ville fit partie de la Ligue hanséatique en 1340. Suite aux défaites des Chevaliers teutoniques contre la Pologne et après la chute du château de Marienburg en 1457, Königsberg devint la capitale de l'Ordre teutonique. Lorsque, en 1525, le dernier Grand-maître de l'ordre, Albert de Brandebourg-Ansbach, sécularisa celui-ci, c'est tout naturellement que Königsberg devint la capitale du nouveau duché de Prusse qu'il venait de créer après sa conversion au luthéranisme. Lorsque le duché fut érigé en royaume par Frédéric III de Brandebourg en 1701, Königsberg devint vice-capitale royale avec Berlin. La ville est alors très majoritairement peuplée d'Allemands, et ce jusqu'en 1945. Elle fait partie du royaume de Prusse, puis de l'Empire allemand en 1871. Après la Première Guerre mondiale et la défaite allemande, elle est intégrée à l'État libre de Prusse. Comme l'ensemble de la province de Prusse-Orientale elle est séparée de l'Allemagne par le corridor de Dantzig, établi en 1919.

Fin du Troisième Reich et annexion à l'URSS[modifier | modifier le code]

Article principal : Bataille de Königsberg.
Ruines du Château de Königsberg dans les années 1950

La ville et sa population subirent à la fin de la Seconde Guerre mondiale des bombardements anglo-américains sévères. L'assaut de la ville par les troupes soviétiques, sous le commandement du maréchal Vassilievski commença le 6 avril et se termina le 9 avril 1945 par la capitulation de la garnison allemande. De cette prise témoignent encore des monuments ou des tombes communes (en russe « fraternelles ») des soldats tombés lors de la prise de la ville. Le plus grand d'entre eux est le monument à la mémoire des 1 200 combattants de la garde tombés à cet endroit. Ce monument construit sur leur tombeau constitue le point de rassemblement de la population locale à chaque anniversaire de la victoire de 1945.

Königsberg fut renommée Kaliningrad (du nom du président du Praesidum du Soviet suprême et membre du Comité central du Parti, Mikhaïl Kalinine) en 1946, lorsque l'URSS reçut ce territoire (oblast de Kaliningrad) en compensation des destructions et des pertes subies lors de la Seconde Guerre mondiale. Le partage de la Prusse-Orientale entre la Pologne et l'URSS résulte aussi d'une volonté d'empêcher la résurgence des revendications territoriales, naguère élevées par Hitler, à propos du couloir de Dantzig.

La population allemande subsistante reçut l'ordre de quitter ce territoire sous quelques jours avec le droit d'emporter seulement quelques affaires personnelles. On peut qualifier le repeuplement ultérieur de la région de russification, notamment en raison des massacres, et de l'expulsion totale de la population antérieure. En revanche, la population implantée par l'URSS était constituée des peuples composant l'URSS, et pas exclusivement des Russes. Les survivants de plusieurs villages biélorusses détruits par les nazis furent déplacés dans la région de Kaliningrad. Plusieurs villages de l'oblast en témoignent actuellement, dont le Novobobrouïsk (littéralement « Nouveau Bobrouïsk »), fondé par les rescapés de la région biélorusse de Bobruisk, ou bien Mozyri, fondé par les rescapés de Mozyr.

Deux projets de région autonome dans l'oblast de Kaliningrad ont été suggérés par des groupes ethniques, au moyen de lettres adressées au Comité central (exhumées par l'historien Nikolaï Bougaï) et rejetés. En 1956, lors de la réhabilitation des victimes de Staline, des Juifs d'URSS ont suggéré le transfert à Kaliningrad de l'arrondissement autonome des Juifs, jusque-là établi au Birobidjan, en Sibérie orientale. En 1989-1995, ce fut au tour des Allemands de la Volga, déportés par Staline au Kazakhstan, de réclamer le rétablissement de leur arrondissement autonome (supprimé en 1941), mais dans l'oblast de Kaliningrad.

Un troisième projet, économique cette fois et réclamé par les habitants actuels de l'oblast de Kaliningrad, a été rejeté par le gouvernement russe et l'Union européenne : celui d'une zone franche en union douanière avec les pays voisins.

Depuis la chute du bloc communiste[modifier | modifier le code]

Selon un article de Der Spiegel de 2010, lors la réunification allemande, des réformateurs soviétiques, anticipant des troubles à Kaliningrad, proposèrent l'idée d'un retour de la Prusse Orientale dans le giron allemand, proposition rejetée par Bonn, capitale de la RFA, à l'époque, soucieuse de concentrer la réunification entre la RFA et la RDA[1].

La ville est encore de nos jours associée à la mémoire d'un dignitaire soviétique, tandis que Stalingrad (renommée Volgograd après la mort de Staline), Léningrad, Gorki, Kalinine, Kirov ou Sverdlovsk ne sont plus employés. L'emploi du nom allemand originel Königsberg ayant été massivement rejeté par l'opinion locale et par la municipalité, bien que l'appellation familière courante soit en russe Kenig (Кениг pour König), de nombreuses propositions furent faites dans les années 1991-1995, sans qu'aucune ne soit adoptée : « Korolovets » comme le font déjà les Polonais (« Królewiec »), les Tchèques (« Královec ») ou les Lituaniens (« Karaliaučius »), rejetées comme traductions de Königsberg, « Korolevsk » ou « Korolevgrad » en hommage au « père » de l'astronautique russe Sergueï Korolev, rejetée parce qu'encore trop proche de l'idée de « roi » (Korolev est l'équivalent de Leroy en russe) et parce que Korolev était ukrainien, ou encore « Tvansk », du nom balte originel, rejeté parce que balte et non russe. Il est aussi possible que les générations élevées en Union soviétique, qui ont travaillé pour la construction de la ville ou y ont grandi, et dont beaucoup sont des familles de militaires, attachent d'autant plus de valeur à ce nom de Kaliningrad que leur ville ne porte pas de nom antérieur qui soit historiquement russe, comme les autres villes rebaptisées en Russie.

Les ports civils de Kaliningrad jouèrent un rôle important dans l'industrie de la pêche du côté occidental de la Russie. En URSS, la ville pouvait se targuer d'avoir plusieurs navires simultanément présents dans tous les océans de la planète. La ville, qui a été l'un des ports militaires les plus importants de l'Union soviétique en mer Baltique, jouait un rôle militaire de premier ordre dans le Pacte de Varsovie, et fut la base de départ des expéditions soviétiques en Antarctique (musée du Vityaz).

Une fête pour les 750 ans (700 d'histoire allemande, 50 d'histoire russe) de la ville le 2 juillet 2005 a rassemblé les présidents Poutine, Chirac et le chancelier allemand Schröder. Depuis l'adhésion de dix pays de l'Est à l'Union européenne, la ville est désormais une enclave russe au milieu de l'UE.

Il semble aussi que Dimitri Medvedev ait fait le choix d'installer à Kaliningrad une base de missiles dite « Iskander ». Il souhaite aussi y installer des brouilleurs destinés à troubler la possible installation du bouclier anti-missile américain. « Pour neutraliser en cas de nécessité le système de défense antimissile, on va déployer dans la région de Kaliningrad le complexe de missiles Iskander » […] « Depuis la même région, on va brouiller les nouveaux éléments du système de défense antimissile que les États-Unis ont l'intention de déployer »[2].

Longtemps symbole de ville détruite et d'architecture soviétique typique, Kaliningrad a vu son centre historique réhabilité à partir de la fin des années 2000, des travaux de reconstruction des anciens bâtiments ayant commencé. Un projet de reconstruction du château de Königsberg est régulièrement évoqué, soutenu par Vladimir Poutine[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Königsberg, édifiée sur l'estuaire de la Pregolia (Pregel, en allemand), occupe les deux berges de ce fleuve, ainsi qu'une île centrale, le Kneiphof. Le port est naturellement séparé de la mer Baltique par une presqu'île, la Sambie (Samland), fermant la lagune de la Vistule. Un canal de 43 km de longueur, le canal maritime de Kaliningrad (de), relie la ville au port maritime de Baltiisk (Pillau). Par voie de terre, Berlin se trouve à environ 650 km de cette ancienne capitale de la Prusse. La presqu'île de Sambie est très fréquentée l'été en raison de ses stations balnéaires : Zelenogradsk (Cranz), Svetlogorsk (Rauschen), Iantarny (Palmnicken) et Pionerski (Neukühren).

Climat[modifier | modifier le code]

  • Température record la plus froide : -33,3 °C (février 1956)
  • Température record la plus chaude : 36,5 °C (août 1992)
  • Nombre moyen de jours avec neige dans l'année : 65
  • Nombre moyen de jours de pluie dans l'année : 159
  • Nombre moyen de jours avec de l'orage dans l'année : 22
  • Nombre moyen de jours avec tempête de neige dans l'année : 11
Relevé météorologique de Kaliningrad
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −3,8 −3,2 −0,8 2,7 7,4 10,6 12,9 12,8 8,8 5,1 0,3 −1,9 4,2
Température moyenne (°C) −1,9 −1,4 1,7 6,6 12,1 15,4 17,4 17,1 12,7 8,2 3,1 −0,1 7,6
Température maximale moyenne (°C) 1,3 2,3 6,1 11,6 17,7 20,4 22 22,1 17,2 11,9 5,3 2,4 11,7
Précipitations (mm) 62 46 45 40 51 78 74 84 83 85 78 78 804
Source : Le climat à Kaliningrad (en °C et mm, moyenne mensuelles) Pogoda.ru.net


Transports[modifier | modifier le code]

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

La gare Kaliningrad-Passajirski (Калининград-Пассажирский), construite du temps de la Prusse-Orientale, connue aussi comme la gare du Sud (Южный вокзал), est la gare principale de la ville. Elle est desservie à la fois par les trains locaux (circulant dans les confins de l'oblast de Kaliningrad) et les trains longues distances. Cette gare est reliée à la fois au réseau ferroviaire russe à voie large et au réseau européen à voie normale. C'est pourquoi les trains allemands et polonais peuvent accéder à cette gare sans changer de boggies.

L'autre gare importante est la gare du Nord (Северный вокзал). Elle est seulement desservie par les trains locaux, notamment les trains électriques vers le littoral : Zelenogradsk, Svetlogorsk et Pionerski.

Il y a aussi quelques autres petites gares dans la ville.

Transport aérien[modifier | modifier le code]

L'aéroport international Khrabrovo se trouve à 24 km de la ville. Cet aéroport est aussi la base principale de la compagnie aérienne KD Avia.

Transports en commun[modifier | modifier le code]

La ville possède un réseau de tramway à voie métrique, un réseau de trolleybus et une multitude de lignes d'autobus. Les réseaux de tramway et de trolleybus sont gérés par une entreprise municipale, mais la plupart des lignes d'autobus sont exploitées par des entreprises privées.

Culture[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

C'est à Kaliningrad qu'a lieu tous les deux ans depuis 1999 le Concours international d'orgue Mikaël Tariverdiev[4].

Monuments[modifier | modifier le code]

Monuments religieux[modifier | modifier le code]

  • L'ancienne cathédrale de la ville, datant du XIVe siècle se trouve au centre-ville, sur l'île qui était appelée par les Allemands Kneiphof et qui est aujourd'hui connue comme l'île de Kant. En effet, cette île faisait partie de l'ancien quartier du centre de la ville datant du Moyen Âge, mais à la fin de la Seconde Guerre mondiale ce quartier a été détruit, puis transformé en parc. La cathédrale est le seul bâtiment qui soit resté, les Soviétiques n'ayant pas osé la détruire car le philosophe Emmanuel Kant y étant enterré à l’intérieur. Après la restauration des années quatre-vingt-dix, la cathédrale fonctionne maintenant comme un centre culturel avec un musée et des salles de concert et il existe à l'intérieur une petite chapelle luthérienne et une petite chapelle orthodoxe. Elle abrite un grand orgue remarquable[5].
  • La cathédrale du Christ-Sauveur, qui est la cathédrale moderne orthodoxe de la ville, a été achevée en 2006 et se trouve sur la place de la Victoire.
  • Il y a aussi plusieurs anciennes églises allemandes qui datent surtout de la seconde moitié du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle, comme l'église de la Sainte-Famille réputée pour son orgue.

Fortifications[modifier | modifier le code]

La Porte Royale
Fortin n° II dit Bronsart bei Mandein

Aujourd’hui, une partie de ses anciennes fortifications est encore debout.

Les fortifications du deuxième entournage

Le deuxième entournage comporte des bastions, demi-lunes, portes ville etc. et a été construit au milieu du XIXe siècle. Vers le début du XXe siècle, ce système de défense était devenu obsolète et empêchait le développement de la ville. C'est pourquoi on les[Quoi ?] a partiellement démolies en 1910.

Les parties les plus connues du deuxième entournage qui subsistent aujourd'hui sont :

  • Les sept portes de la ville néo-gothiques, dont la Porte Royale (Königstor) est la plus célèbre. Elle a d'ailleurs été choisie comme symbole des célébrations du 750e anniversaire de la fondation de la ville en 2005. La Porte Royale et la Porte de Friedland sont aujourd'hui des musées.
  • Les tours Dohna (ou se trouve le Musée de l'ambre) et Wrangel.
  • La caserne fortifiée Kronprinz.
  • Les bastions Sternwarte et Grolmann.
L'entournage des fortins

L'entournage des fortins a été construit dans les années 1870. Il consiste en douze grands fortins et cinq petits fortins. Tous les fortins ont été préservés, mais ils ne sont pas ouverts aux touristes.

Musées[modifier | modifier le code]

Bateau Vitiaz au musée océanographique.

La ville possède cinq musées et quelques filiales. Les musées sont:

  • Musée d'art et d'histoire (Калининградский областной историко-художественный музей)
  • Musée de l'ambre (Музей янтаря), situé dans la tour ancienne Der Dona
  • La galerie d'art (Калининградская художественная галерея)
  • Musée océanographique (Музей Мирового океана), avec trois bateaux et un sous-marin
  • Musée Porte de Friedland (Фридландских воротах) avec de nombreux objets anciens (couverts, récipients, plaque de nom des rues etc.)
  • Musée des fortifications et du génie militaire (Калининградский негосударственный музей фортификации и военной техники) (artillerie etc.), situé dans le Fort n° 5, une des quinze anciennes casernes de la ville.

Population[modifier | modifier le code]

Vue du quartier « historique » proche de la cathédrale de Königsberg.
date population
31 décembre 1956 188 000
15 janvier 1959 204 000
15 janvier 1970 296 962
17 janvier 1979 354 788
12 janvier 1989 401 280
9 octobre 2002 430 003
1er janvier 2006 423 651
1er janvier 2008 421 678

Pratiquement vidée de ses habitants en 1945, Kaliningrad affiche aujourd'hui presque un demi-million d'habitants, Russes à plus de 90 %. Le reste de la population est composé de Biélorusses, d'Ukrainiens et de Polonais. Il reste moins de 200 Allemands, souvent âgés.

Quelques personnalités[modifier | modifier le code]

Jumelage[modifier | modifier le code]

La ville de Kaliningrad est jumelée avec[6] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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