Erich Koch

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Erich Koch
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Erich Koch

Naissance
Elberfeld, Province Rhénane, Royaume de Prusse, Allemagne
Décès
Barczewo, Pologne
Nationalité Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Profession
Politicien, Fonctionnaire
Autres activités
Gauleiter du NSDAP pour la Prusse-Orientale, Député au Reichstag, Commissaire du Reich en Ukraine

Erich Koch (-) est un criminel de guerre allemand, Gauleiter du NSDAP en Prusse-Orientale de 1928 à 1945, dont il est l'Oberpräsident à partir de 1933, et commissaire du Reich en Ukraine de 1941 à 1944, nomination par laquelle il fut un exécuteur zélé du Generalplan Ost.

Jeunesse et Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Né à Elberfeld, incorporée aujourd’hui à la ville de Wuppertal, c'est le fils d’un contremaître. Habile commerçant, Koch est embauché par le service ferroviaire en tant qu’aspirant intermédiaire de la fonction publique. Pendant la Première Guerre mondiale, il est soldat de 1915 jusqu’en 1918 et se bat, plus tard, en tant que membre des corps francs en Haute-Silésie.

NSDAP[modifier | modifier le code]

Erich Koch adhère au NSDAP en 1922. Pendant l'occupation de la Ruhr, il est membre du groupe d’Albert Leo Schlageter et est emprisonné plusieurs fois par les autorités françaises. En 1927, il devient Bezirksführer du NSDAP à Essen et plus tard, adjoint du Gauleiter du Gau de la Ruhr; membre et acteur des réseaux mis en place par les frères Strasser, il se montre alors favorable, comme ses collègues du Nord du Reich, à la mise en place d'une forme de socialisme national, plus sérieusement argumentée que celle tirée du programme en 25 points[1], s'en rappelant lors

Gauleiter de Prusse-Orientale[modifier | modifier le code]

En 1928, il devient Gauleiter de la province de Prusse-Orientale et il est membre du Reichstag à partir de septembre 1930. Dans le conflit qui oppose Hitler aux frères Strasser, comme l'ensemble de ses collègues Gauleiter du Nord du Reich, il apporte son soutien aux frères Strasser contre Hitler et ses proches[2].

Après la prise du pouvoir par le parti nazi, il devient Oberpräsident dans la province prussienne de Prusse-Orientale[3]. Représentant à la fois de l'État et du parti, il bénéficie du désordre institutionnel qui sévit dans le Reich, mais, agissant en satrape indépendant, il doit cependant tenir compte des interventions ponctuelle des autorités centrales, comme en 1938, lorsque, ne bénéficiant pas de l'appui de Hitler, il doit accepter la nomination d'un Oberfinanzpräsident dans son Gau[4].

Durant la même période, il adopte les principes partiellement socialisants du Troisième Reich, partageant avec ses employés les bénéfices du journal dont il est propriétaire, le Preussische Zeitung[5].

Rapidement, son statut de membre de longue date le rend pratiquement indépendant des directives du pouvoir central de Berlin[6]. Cette tendance s'accentue à partir de 1939. Comme les autres Gauleiter, il a ainsi tendance à gérer son Gau comme une possession personnelle, s'opposant à Bormann à partir de 1941. En effet, vieux combattant du parti, il dispose d'un accès direct à Hitler, sans passer par Bormann, ou toute autre instance centralisée[7]: cet accès direct lui permet de traiter directement avec Hiter, contre Himmler, pour tout ce qui a trait à la politique raciale[8], ou contre Goebbels, pour l'évacuation des civils au cours de l'été 1944[9]. Cette accès direct lui confère une indépendance de fait et une très grande liberté de parole, dont il se prive pas de faire usage, notamment contre la politique agraire du Reich : il s'appuie sur les petits paysans, base électorale du parti dans son Gau, contre les intervention du Reichsnährstand, organisation corporative du monde agricole mise en place à partir de 1933 par Richard Darré, dont les représentants sur place soutiennent contre lui une lutte perdue d'avance[10].

En 1938, Koch est nommé Obergruppenführer dans la SA.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Erich Koch (à droite) et Alfred Rosenberg (au centre), visitant le monastère Lawra à Kiev, Reichskommissariat d'Ukraine

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Koch est nommé Reichsverteidigungskommissar de Prusse-Orientale. Après la fin de la campagne de Pologne, il doit céder le district de la Prusse-Occidentale, le , au nouveau Reichsgau Westpreußen, rebaptisé plus tard district de Prusse-Occidentale-Dantzig. Ces nouvelles régions couvrent approximativement la zone entre les fleuves Vistule et Narew. Sitôt l'invasion de l'Union soviétique amorcée, Koch est nommé Zivilkommissar le et plus tard, chef de l’administration publique du district de Bialystok. Le 1er septembre, il devient commissaire du Reich de l'Ukraine. Son domaine va de la mer Baltique à la mer Noire et englobe des régions allemandes, polonaises et ukrainiennes.

Gauleiter dans des territoires occupés ou annexés[modifier | modifier le code]

À partir de 1939, Erich Koch voit son Gau se dilater, vers le Sud en 1939, avec l'annexion de territoires polonais jusqu'alors, puis vers l'Est en 1941, avec l'incorporation du district de Byałistock.

Dans les territoires annexés en Pologne, souhaitant mener une stricte politique de germanisation, il se heurte aux fonctionnaires allemands et prussiens, notamment au sujet du choix des maires et des responsables administratifs, les recrutant, contre l'avis du ministre de l'Intérieur, mais soutenu par les autorisations spéciales accordées par Hitler, parmi les cadres et les militants du parti[11].

Commissaire à la défense du Reich[modifier | modifier le code]

Commissaire à la défense du Reich, il obtient de Hitler l'érection de fortifications le long de la frontière. Ces fortifications, L'Ostwall, organisées en échelons, constituent le pendant oriental du Westwall, érigé dans les années 1930[12]; pour réaliser ces travaux, d'accord avec Guderian, qui a obtenu un décret du Führer pour les mettre en place, il mobilise l'ensemble de la population masculine âgée de 15 à 65 ans de la province pour ces travaux (sur l'utilité desquels certains dirigeants, comme Goebbels, ne se font aucune illusion[13]), y compris les moissonneurs, menaçant les récalcitrants de la cour martiale[14].

En outre, soutenu par Hitler, il s'oppose aux évacuations des civils, ne souhaitant donner le signal de la débandade de la population allemande de l'Est, à partir de l'été 1944 (il accepte l'évacuation partielle vers l'intérieur du Reich de 55 000 Berlinois, mais la limite aux secteurs de son Gau les plus menacés[9]); pour lui, les civils restés sur place constituent la preuve de l'inflexibilité de la détermination de la population à résister jusqu'au bout et à ne pas céder une quelconque portion du territoire du Reich. Cependant, ce refus d'évacuer la population de son Gau, malgré les demandes de l'armée, le discrédite aux yeux de la population de son Gau, qui commence à se réfugier plus à l'Ouest[15].

En janvier 1945, alors que le front allemand est enfoncé, que la Prusse orientale devient un champ de bataille, il continue de s'opposer à l'évacuation des civils, appelant ces derniers à défendre la Prusse Orientale jusqu'au bout, soumettant le moindre ordre d'évacuation à son accord personnel[16]. Dans le même temps, les ordres de retraites données par les officiers de la Wehrmacht lui sont soigneusement dissimulés par ces derniers, qui ne souhaitent pas devoir se justifier, non devant lui, intoxiqué par ses propres proclamations, dans lesquelles il affirme la possibilité de résister en Prusse Orientale, mais devant Hitler[17].

Alors que les troupes russes avancent dans cette zone en 1945, Koch s'enfuit[18] et s’échappe avec un avion de type Fieseler-Storch qu'il s'était attribué.

« ... il survola deux fois la poche de la 4e armée. La misère des civils le laissa insensible. »

— Jurgen Thorwald 1967, p. 126

Il rejoint à Pillau le un bunker de commandement, après avoir mis sa famille à l'abri en Bavière et encouragé ses proches collaborateurs à la fuite une semaine plus tôt[16] puis la mer Baltique, entre le et le ; il embarque sur le brise-glace Ostpreußen (Prusse orientale), avec sa suite et sa Mercedes[19]. Il arrive à Flensbourg le , où il réclame un sous-marin pour fuir en Amérique latine[20]; il se cache dans la région. Il est capturé par les troupes britanniques à Hambourg en mai 1945.

Commissaire du Reich en Ukraine[modifier | modifier le code]

Parallèlement à ses fonctions en Prusse orientale, il exerce entre juillet 1941 et le printemps 1944, date de la conquête de la totalité du territoire dont il a la charge, les fonction de Commissaire du Reich en Ukraine.

Nommé le 16 juillet 1941 commissaire du Reich en Ukraine, il est ainsi placé sous la tutelle théorique de Rosenberg[21]. Rapidement, soutenu par Hitler, Göring et Bormann, il s'oppose à son ministre de tutelle, tout d'abord sur le choix de la capitale du commissariat: Rosenberg souhaitait Kiev, il choisit Rovno[21]. Partisan de la réalisation du programme idéologique, il développe aussi une rhétorique raciste, à l'opposé des théories de Rosenberg, qui souhaite s'appuyer sur l'ensemble des populations non russes des territoires occupés, et appelle à une exploitation sans limite de sa circonscription[22]. Sa politique d'exploitation sans limites suscite des réserves parmi les militaires, au point que Rosenberg dénonce au printemps 1943 l'attitude de Koch à Hitler, mais le ministre des territoires de l'Est est désavoué par Hitler, qui donne raison à Koch le 19 mai 1943[23].

Extrêmement corrompu, à l'image de ses subordonnés, il mène un train de vie luxueux et se serait réservé 50 000 hectares de terres pour en faire une réserve de chasse; sur ces territoires il aurait fait vider de sa population les quatorze villages qui s'y trouvaient et ordonné la fermeture d'une scierie[24].

Proche de Bormann, il reprend les termes de ce dernier lorsqu'il développe son programme pour l'Ukraine: il souhaite limiter le développement de la population ukrainienne, y compris en limitant les mesures d'hygiène, et définit strictement ce que doivent apprendre les Ukrainiens, la lecture et l'écriture[22].

Procès et condamnation[modifier | modifier le code]

L'Union soviétique demande l'extradition de Koch, mais le gouvernement britannique décide de le remettre au gouvernement polonais. Il est extradé en janvier 1950 en Pologne. Son procès y commence en octobre 1958, et il est condamné à mort le pour crimes de guerre contre les Polonais. Il n’est pas jugé pour les crimes commis en Ukraine. La sentence de mort ne fut jamais exécutée et plusieurs personnes croient qu’il a monnayé sa vie contre des renseignements sur les œuvres d’art pillées par les Nazis pendant la guerre. Toutefois aucune preuve tangible n'a pu être apportée à l'appui de cette thèse. Toujours emprisonné, il meurt en 1986 de causes naturelles en prison à Barczewo (l'ancienne Wartenburg), près de Olsztyn (l'ancienne Allenstein), au cœur de l'ancienne Prusse-Orientale, désormais disparue.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]