Erich Koch

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Erich Koch
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Erich Koch

Naissance
Elberfeld, Province Rhénane, Royaume de Prusse, Allemagne
Décès (à 90 ans)
Barczewo, Pologne
Nationalité Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Profession
Politicien, Fonctionnaire
Autres activités
Gauleiter du NSDAP pour la Prusse-Orientale, député au Reichstag, commissaire du Reich en Ukraine

Erich Koch, né le et mort le , est un criminel de guerre allemand, Gauleiter du NSDAP en Prusse-Orientale de à , dont il est l’Oberpräsident à partir de , et commissaire du Reich en Ukraine de 1941 à 1944, nomination par laquelle il est un exécuteur zélé du Generalplan Ost.

Jeunesse et Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Né à Elberfeld, incorporée aujourd’hui à la ville de Wuppertal, c'est le fils d’un contremaître. Habile commerçant, Koch est embauché par le service ferroviaire en tant qu’aspirant intermédiaire de la fonction publique. Pendant la Première Guerre mondiale, il est soldat de jusqu’en et se bat, plus tard, en tant que membre des corps francs en Haute-Silésie.

NSDAP[modifier | modifier le code]

Erich Koch adhère au NSDAP en . Pendant l'occupation de la Ruhr, il est membre du groupe d’Albert Leo Schlageter et est emprisonné plusieurs fois par les autorités françaises. En , il devient Bezirksführer[N 1] du NSDAP à Essen et plus tard, adjoint du Gauleiter du Gau de la Ruhr ; membre et acteur des réseaux mis en place par les frères Strasser, il se montre alors favorable, comme ses collègues du Nord du Reich, à la mise en place d'une forme de socialisme national, plus sérieusement argumentée que celle tirée du programme en 25 points[1].

Gauleiter de Prusse-Orientale[modifier | modifier le code]

En , il devient Gauleiter de la province de Prusse-Orientale et il est membre du Reichstag à partir de . Dans le conflit qui oppose Hitler aux frères Strasser, comme l'ensemble de ses collègues Gauleiter du Nord du Reich, il apporte son soutien aux frères Strasser contre Hitler et ses proches[2].

Après la prise du pouvoir par le parti nazi, il devient Oberpräsident dans la province prussienne de Prusse-Orientale[3]. Représentant à la fois de l'État et du parti, il bénéficie du désordre institutionnel qui sévit dans le Reich, mais, agissant en satrape indépendant, il doit cependant tenir compte des interventions ponctuelles des autorités centrales, comme en , lorsque, ne bénéficiant pas de l'appui de Hitler, il doit accepter la nomination d'un Oberfinanzpräsident dans son Gau[4].

Durant la même période, il adopte les principes partiellement socialisants du Troisième Reich, partageant avec ses employés les bénéfices du journal dont il est propriétaire, le Preussische Zeitung[5].

Rapidement, son statut de membre de longue date du parti le rend pratiquement indépendant des directives du pouvoir central de Berlin[6]. Cette tendance s'accentue à partir de . Comme les autres Gauleiter, il a ainsi tendance à gérer son Gau comme une possession personnelle, s'opposant à Bormann à partir de . En effet, vieux combattant du parti, il dispose d'un accès direct à Hitler, sans avoir besoin de passer par Bormann ou une autre instance centralisée[7] : cet accès direct lui permet de traiter directement avec Hiter, contre Himmler, pour tout ce qui a trait à la politique raciale[8], ou contre Goebbels, pour l'évacuation des civils au cours de l'été 1944[9]. Cet accès direct lui confère aussi une indépendance de fait et une très grande liberté de parole, dont il ne se prive pas de faire usage, notamment contre la politique agraire du Reich : il s'appuie sur les petits paysans, base électorale du parti dans son Gau, contre les interventions du Reichsnährstand, organisation corporative du monde agricole mise en place à partir de 1933 par Richard Darré, dont les représentants sur place soutiennent contre lui une lutte perdue d'avance[10].

En , Koch est nommé Obergruppenführer dans la SA.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Erich Koch (à droite) et Alfred Rosenberg (au centre), visitant le monastère Lawra à Kiev, Reichskommissariat d'Ukraine.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Koch est nommé Reichsverteidigungskommissar[N 2] de Prusse-Orientale. Après la fin de la campagne de Pologne, il doit céder le district de Prusse-Occidentale, le , incorporé au nouveau Reichsgau Westpreußen, rebaptisé plus tard district de Prusse-Occidentale-Dantzig. Ces nouvelles régions couvrent approximativement la zone entre les fleuves Vistule et Narew. Sitôt l'invasion de l'Union soviétique amorcée, Koch est nommé Zivilkommissar[N 3] le et plus tard, chef de l’administration publique du district de Bialystok. Le , il devient commissaire du Reich de l'Ukraine. Son domaine va de la mer Baltique à la mer Noire et englobe des régions antérieurement allemandes, polonaises et ukrainiennes.

Gauleiter dans des territoires occupés ou annexés[modifier | modifier le code]

À partir de 1939, Erich Koch voit son Gau se dilater, vers le sud en 1939, avec l'annexion de territoires polonais jusqu'alors, puis vers l'est en 1941, avec l'incorporation du district de Białystok.

Dans les territoires annexés en Pologne, souhaitant mener une stricte politique de germanisation, il se heurte aux fonctionnaires allemands et prussiens, notamment au sujet du choix des maires et des responsables administratifs, les recrutant, contre l'avis du ministre de l'Intérieur, mais soutenu par les autorisations spéciales accordées par Hitler, parmi les cadres et les militants du parti[11].

Commissaire à la défense du Reich[modifier | modifier le code]

Commissaire à la défense du Reich, il obtient de Hitler l'érection de fortifications le long de la frontière. Ces fortifications, l’Ostwall, organisées en échelons, constituent le pendant oriental du Westwall, érigé dans les années 1930[12] ; pour réaliser ces travaux — sur l'utilité desquels certains dirigeants, comme Goebbels, ne se font aucune illusion[13] — et en accord avec Guderian qui a obtenu un décret du Führer pour les mettre en place, il mobilise l'ensemble de la population masculine de la province âgée de 15 à 65 ans y compris les ouvriers agricoles, menaçant les récalcitrants de la cour martiale[14].

En outre, soutenu par Hitler, il s'oppose à partir de l'été 1944 aux évacuations des civils, ne souhaitant donner le signal de la débandade à la population allemande de l'Est : il accepte uniquement l'évacuation vers l'intérieur du Reich de 55 000 Berlinois, en la limitant aux secteurs de son Gau les plus menacés[9] ; pour lui, les civils restés sur place constituent la preuve de la détermination de la population à résister jusqu'au bout et à ne pas céder une quelconque portion du territoire du Reich. Cependant, ce refus d'évacuer la population de son Gau, malgré les demandes insistantes de l'armée, le discrédite aux yeux de cette population, qui amorce néanmoins son départ vers l'ouest[15].

En , alors que le front allemand est enfoncé et que la Prusse-Orientale devient un champ de bataille, il continue de s'opposer à l'évacuation des civils, appelant ces derniers à défendre la Prusse-Orientale jusqu'au bout, soumettant le moindre ordre d'évacuation à son accord personnel[16]. Ainsi, les ordres de retraite donnés par les officiers de la Wehrmacht lui sont soigneusement dissimulés car ces derniers ne souhaitent pas devoir se justifier, non devant lui mais devant Hitler[17].

Alors que les troupes russes avancent dans cette zone en 1945, Koch s'enfuit[18] à bord d’un avion de type Fieseler-Storch qu'il s'était attribué.

« ... il survola deux fois la poche de la 4e armée. La misère des civils le laissa insensible. »

— Thorwald 1970, p. 126

Le , il rejoint à Pillau un bunker de commandement, après avoir mis sa famille à l'abri en Bavière et encouragé ses proches collaborateurs à la fuite une semaine plus tôt[16] ; il rejoint ensuite la mer Baltique, entre le et le  ; il embarque sur le brise-glace Ostpreußen[N 4], avec sa suite et sa Mercedes[19]. Il arrive à Flensbourg le , où il réclame un sous-marin pour fuir en Amérique latine[20] ; il se cache dans la région mais est capturé quelques jours plus tard à Hambourg par les troupes britanniques.

Commissaire du Reich en Ukraine[modifier | modifier le code]

Parallèlement à ses fonctions en Prusse-Orientale, Koch exerce entre [N 5] et le printemps 1944 les fonction de Commissaire du Reich en Ukraine.

Nommé le , il est ainsi placé sous la tutelle théorique du ministre des territoires de l'Est Rosenberg[21]. Rapidement, soutenu par Hitler, Göring et Bormann, il s'oppose à son ministre de tutelle, tout d'abord sur le choix de la capitale du commissariat : Rosenberg souhaitait Kiev, il choisit Rovno[21]. Partisan de la réalisation du programme idéologique, il développe aussi une rhétorique raciste, à l'opposé des théories de Rosenberg, qui souhaite s'appuyer sur l'ensemble des populations non russes des territoires occupés, et instaure une politique d’exploitation sans limite de sa circonscription[22]. Cette politique suscite des réserves parmi les militaires, au point que Rosenberg dénonce au printemps 1943 l'attitude de Koch auprès de Hitler, mais ce dernier donne raison à Koch le [23], contre Rosenberg.

Extrêmement corrompu, et suivi en cela par ses subordonnés, il mène un train de vie luxueux : à titre d’exemple, il se serait attribué une réserve personnelle de chasse de 50 000 hectares ; et, pour créer cette réserve, il aurait fait évacuer la population de quatorze villages et ordonné la fermeture d'une scierie[24].

Proche de Bormann, il reprend les termes de ce dernier lorsqu'il développe son programme pour l'Ukraine : il souhaite limiter le développement de la population ukrainienne, notamment en restreignant les mesures d'hygiène, et impose aux Ukrainiens de ne pas être instruits au-delà de la lecture et l'écriture[22].

Procès et condamnation[modifier | modifier le code]

Koch est arrêté par les Britanniques en  ; l’Union soviétique demande son extradition, mais le gouvernement britannique décide en lieu et place de le remettre au gouvernement polonais. Il est ainsi extradé en vers la Pologne[N 6]. Son procès y débute en  : le , il est condamné à mort pour crimes de guerre contre les Polonais, mais n’est pas jugé pour les crimes commis en Ukraine. La sentence n'est jamais exécutée et certains ont prétendu qu’il avait monnayé sa grâce contre des renseignements sur les œuvres d’art pillées par les Nazis, mais aucune preuve tangible n'a été apportée pour soutenir cette thèse. Il n'est jamais libéré et meurt en de causes naturelles — à 90 ans — dans la prison de Barczewo[N 7], près de Olsztyn[N 8], au cœur de l'ancienne province allemande de Prusse-Orientale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Responsable de quartier.
  2. Commissaire à la défense du Reich.
  3. Commissaire civil.
  4. Ce nom de navire signifie « Prusse-Orientale ».
  5. Date de la conquête de la totalité du territoire dont on lui confie la charge.
  6. Pays qui est néanmoins allié de l'URSS, et qui est occupé par les troupes soviétiques, occupation ensuite formalisée par le pacte de Varsovie.
  7. Antérieurement Wartenburg.
  8. Antérieurement Allenstein.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Broszat 1985, p. 53.
  2. Schoenbaum 2000, p. 50.
  3. Broszat 1985, p. 175.
  4. Broszat 1985, p. 198.
  5. Schoenbaum 2000, p. 85.
  6. Broszat 1985, p. 74.
  7. Kershaw 2012, p. 46.
  8. Broszat 1985, p. 210.
  9. a et b Kershaw 2012, p. 47.
  10. Broszat 1985, p. 285.
  11. Broszat 1985, p. 207.
  12. Kershaw 2012, p. 128.
  13. Kershaw 2012, p. 148.
  14. Kershaw 2012, p. 146.
  15. Kershaw 2012, p. 146 et 161.
  16. a et b Kershaw 2012, p. 236.
  17. Kershaw 2012, p. 266.
  18. Thorwald 1970, p. 125-126 et 159-163.
  19. Kershaw 2012, p. 410.
  20. Kershaw 2012, p. 411.
  21. a et b Baechler 2012, p. 288.
  22. a et b Baechler 2012, p. 290.
  23. Baechler 2012, p. 291.
  24. Baechler 2012, p. 289.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]