Camp d'extermination de Treblinka

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Treblinka (homonymie).
Localisation des camps d'extermination nazis.
Déportation vers Treblinka du ghetto de Siedlce en 1942
Ancien arrêt de Treblinka à 4 km du camp


Treblinka est l'un des camps d’extermination nazi de l'Aktion Reinhard, situé à proximité du village polonais du même nom, à une centaine de kilomètres au nord-est de Varsovie, non loin de la ville de Malkinia. Un des symboles de la Shoah à partir du moment de l'occupation allemande.

Le site de Treblinka voit d'abord en 1941 l'ouverture d'un camp de travail pour les prisonniers polonais ayant porté atteinte aux troupes d’occupation (Treblinka I)[1]. Un peu moins d’un an plus tard, le camp d’extermination (Treblinka II) est créé à 2 kilomètres du premier.

Construit sur le modèle de Sobibor et Belzec, ce camp d’extermination a l'apparence d'une gare de transit où les Juifs devraient se présenter à la désinfection avant de repartir pour un hypothétique camp de travail. Cependant, sous la direction du premier commandant, Irmfried Eberl, la capacité des chambres à gaz est rapidement dépassée et la véritable nature du camp devient apparente dès son approche. La réorganisation du camp est confiée à Franz Stangl, ancien commandant de Sobibor, et les déportés, issus pour la plupart du ghetto de Varsovie, sont menés aux gaz avec force brutalités administrées par les SS et leurs auxiliaires Trawniki. Après une révolte des détenus en 1943 suivie de leur évasion, le camp de Treblinka est démantelé sous la direction de Kurt Franz et camouflé en ferme. Au cours de sa période d’activité, entre 700 000 et plus d'un million de déportés ont été exterminés, ce qui fait de Treblinka le second centre d’extermination en importance après Auschwitz.

Le camp d'extermination[modifier | modifier le code]

Les premiers mois de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Les travaux de construction du camp ont commencé à la fin du mois de mai 1942[2]. Le camp d'extermination est entré en activité le en même temps que les premières déportations du Ghetto de Varsovie. Ces déportations se produisaient à partir de l'Umschlagplatz, place du ghetto située juste à côté de la gare de triage de Varsovie, où étaient entassés jusqu'à 8000 personnes et d'où partaient les convois vers Treblinka, situé à 80 km. C'est le troisième camp d'extermination construit dans le cadre de l'Aktion Reinhard[3].

Le Dr Eberl, le premier commandant du camp, souhaite en faire un rival des grands camps déjà en activité, mais il est rapidement dépassé par l'ampleur des arrivées de convois de Juifs de Varsovie et du reste de l'Europe ; à la tête d'équipes constituées de supplétifs ukrainiens corrompus, il est rapidement démis de ses fonctions par Globocnik. Lors de sa première visite, son successeur, Franz Stangl est choqué par l'ampleur du désordre, de la désorganisation et du manque de discipline qui règne dans le camp[4]. Christian Wirth séjourna quelques semaines à Treblinka. Il obtint dès le 28 aout l'arrêt des convois en provenance de Varsovie le temps de remettre en ordre le camp[5]. Les nazis firent exécuter les juifs qui avaient participé à l'enterrement des corps. Ils remirent en place une nouvelle équipe et reprirent les déportations le 3 septembre 1942[5].

Le , soit après à peine 2 mois d'activité, plus de 245 000 Juifs du ghetto ainsi que de 112 000 Juifs en provenance d’autres endroits dans le district de Varsovie y avaient été assassinés.

L'organisation du camp[modifier | modifier le code]

Plan du camp de Treblinka d'après les archives fédérales allemandes.
1) Arrivée des convois
2) Fausse gare
3) Baraque où les déportés étaient obligés de se déshabiller
4) Chambres à gaz
5) Fosse où les victimes étaient brûlées
Maquette du camp.
A gauche, les rails d’arrivée des convois et la fausse gare, au centre les chambres à gaz, au premier plan les fosses où les corps étaient pendant une première période de fonctionnement du camp enterrés avant que Himmler ne donne l’ordre de les brûler.

Le camp avait la forme d'un trapèze de 400 m sur 600 m[6]. Il était entouré de barbelés. Il était divisé en trois parties : une première correspondait aux logements des gardes et aux locaux administratifs[7]. Elle était aussi appelée « camp inférieur »[6]. Une seconde, au sud et à l’ouest, contenait la gare, les baraquements pour le déshabillage et la coupe des cheveux[8], hommes et femmes séparés, les hangars de stockage des dépouilles, un chemin de 100 m de long sur 5 m de large[9] conduisant aux chambres à gaz et appelé « chemin du ciel » (« Himmelstrasse ») par les Allemands, des baraquements pour loger les prisonniers chargés d’assurer le fonctionnement de cette partie ainsi qu’une grande place d’appel. La dernière comprenait les chambres à gaz, les fosses communes pour les cadavres, et les baraquements du deuxième groupe de prisonniers. Elle était aussi appelée « camp supérieur »[9]. Le périmètre consacré à l'extermination mesurait environ 200 m sur 250 m. Il était entouré de barbelés recouverts de branchages[10]. Les chambres à gaz proprement dites mesuraient environ 5 m sur 5 m. Elles étaient alimentées par un moteur diesel qui asphyxiait les victimes par du monoxyde de carbone. Aux environs de la mi-octobre 1942, 10 nouvelles chambres à gaz entrèrent en fonction. Elles permirent d'augmenter la capacité meurtrière de 600% et d'assassiner 3000 juifs en une heure de temps[5].

L'entrée principale était située au nord-ouest du camp près de la voie de chemin de fer. Au début de l'année 1943, une fausse gare y avait été installée avec une fausse billetterie, des panneaux indiquant les correspondances et une horloge peinte indiquant toujours la même heure[9]. Non loin de là avait été construit « l'infirmerie » appelée aussi Lazarett avec devant la porte un drapeau de la croix-rouge. En fait, c'était l'endroit où les prisonniers trop faibles pour marcher jusqu'aux chambres à gaz étaient exécutés d'une balle dans la nuque.

Les déportés étaient massés dans des convois de 50 à 60 wagons, soit environ 6000 à 7000 personnes. Mais les chambres à gaz n'étaient pas assez grandes pour exterminer autant de gens en même temps. Du coup les convois étaient détachés par rames de 20 wagons pour être acheminés au camp. Les autres déportés attendaient des heures dans les wagons à l'arrêt[9]. Une fois descendus du trains, ils étaient regroupés place de la gare. On leur disait que les bagages devaient être abandonnés, qu’ils devaient prendre une douche et que leurs vêtements devaient être désinfectés avant d'aller dans des camps de travail puis les victimes étaient entraînées vers une large place du camp. Les hommes étaient séparés des femmes et des enfants[9]. Les hommes devaient se déshabiller dehors, les femmes dans un baraquement mais tous étaient ensuite poussés dans les chambres à gaz.

Les Sonderkommandos devaient nettoyer les wagons, trier les vêtements et les bagages, détruire les cartes d'identité des victimes[10]. En tout 700 à 1000 juifs, des déportés épargnés temporairement faisaient fonctionner le camp sous la férule de quelques SS et de gardiens ukrainiens[10].

Hiver 1943[modifier | modifier le code]

Contrairement aux camps d'Auschwitz, Treblinka ne disposait pas de fours crématoires. Lorsque la fermeture du camp fut envisagée, ordre fut donné de faire disparaître les corps se trouvant dans les fosses communes. Déterrés, les corps furent brûlés dans de vastes bûchers. Selon l'historien Wassili Grossman[11], après une visite d'Heinrich Himmler, l'ordre arrive de « procéder à la crémation des cadavres enterrés et de les brûler jusqu'au dernier, emporter hors du camp la cendre et les scories, les disperser dans les champs et sur les routes. » Le travail commence pour exhumer des centaines de milliers de cadavres.

Nul ne devait savoir ce qui se passait dans le camp. Certaines déportations se faisant à l’origine depuis Varsovie dans des trains normaux, les nazis faisaient croire qu’il s’agissait d’un transfert vers des terres libres à l’est. Selon l'écrivain et correspondant de guerre Vassili Grossman[12], l’un des premiers sur les lieux en 1944, « les Allemands obligeaient leurs victimes à acheter des billets de chemin de fer jusqu'à la gare d'Ober Maïdan. C'était par ce nom de code que les Allemands désignaient Treblinka. » C'est là que commence le creusement de fosses à crémation. Il y en eut trois de construites, chacune pouvait accueillir en une fois 3 500 à 4 000 corps.

« Ceux qui ont participé à ce travail racontent que ces fours faisaient penser à de gigantesques volcans : une chaleur effrayante brûlait le visage de ceux qui travaillaient là, la flamme jaillissait à une hauteur de huit à dix mètres, les colonnes d'une épaisse fumée noire montaient jusqu'au ciel et stagnaient en l'air en un lourd rideau immobile. La nuit, les habitants des villages environnants pouvaient voir les flammes à trente ou quarante kilomètres de distance ; elle s'élevait au-dessus des forêts de sapins [...]. Cet atelier monstrueux fut en activité pendant huit mois, [...] »

— Vassili Grossman, op. cit. (2005) pp. 434-435

Le travail dura 4 mois d'avril à juillet 1943[13].

Nombre de victimes[modifier | modifier le code]

Une fosse commune photographiée à Treblinka en 1943

Le nombre de victimes du camp, varie selon les sources.

Au 1er procès « Treblinka » à Düsseldorf, le tribunal avance le chiffre de 750 000 victimes, au 2e procès, celui du commandant de Treblinka, Franz Stangl, on retient 900 000 morts[14]. L'historien Raul Hilberg[15] avance le nombre de 800 000 morts. Yitzchak Arad[16] conclut que ce sont 750 000 personnes qui y furent exterminées. L'historienne Rachel Auerbach arrive à un chiffre de 1 200 000 victimes[14], qui correspond à celui avancé par Samuel Rajzman et Franciszek Zabecki des témoins survivants du camp. Le dictionnaire de la Shoah[17] parle lui de 900 000 morts au cours des 11 mois et demi d'activité de Treblinka.

La plupart des victimes sont des juifs polonais venus de Varsovie ou d'autres ghettos polonais. Durant l'été 1942, 315 000 juifs pour la plupart issus du ghetto de Varsovie sont assassinés. Plus de 337 000 Juifs du district de Radom, 35 000 du district de Lublin et 107 000 du district de Białystok y furent exterminés dans les mois qui suivirent. Des milliers de Juifs en provenance d’autres pays y furent également exterminés : 7 000 de Slovaquie, 8 000 venant du camp de concentration de Theresienstadt (Tchèques, Allemands, Autrichiens), 4 000 Juifs de Grèce, et 7 000 Juifs de Macédoine ainsi que plus de 2 000 Tziganes[18].

L'insurrection et ses conséquences[modifier | modifier le code]

Photographie clandestine de l’incendie provoqué par l'insurrection du 2 aout 1943

Un groupe de détenus pressentant la fin du camp (qui signifiait l'exécution de tous les prisonniers) décida d'organiser une insurrection. Ces résistants étaient dirigés par des juifs de différentes nationalités comme le Polonais Marcel Galewski ou le Tchèque Zelo Bloch[13]. Cette révolte éclata le . Des déportés parvinrent à s’emparer d’armes et participèrent à l’insurrection (comparable à celle qui s'est produite à Sobibor en ).

Sur le millier de prisonniers qui se trouvaient dans le camp, une centaine s'évade mais, un an plus tard, à l'arrivée de l'Armée rouge, il ne restait qu'une cinquantaine de survivants[14]. Les autres avaient été tués le jour de la révolte ou dans les mois qui suivirent par les unités spéciales de l'armée allemande.

Mais, pour les organisateurs de l'insurrection, le but était de pouvoir raconter ce qui s'était passé dans le camp. La volonté des nazis en organisant la destruction matérielle des corps par le feu était bien de cacher au monde l'extermination méthodique ayant eu lieu pendant plus d'un an.

Après le soulèvement, deux convois arrivèrent de Bialystok (18 et ). 8 000 juifs furent assassinés[13]. Après le départ de Stang pour la région de Trieste, son adjoint Kurt Franz reprit la direction du camp avec comme mission de démanteler les chambres à gaz ce qui fut fait entre septembre et novembre 1943. Le but était d'effacer toute trace d'activité criminelle[19]. À la fermeture du camp, tous les Juifs qui y avaient travaillé furent gazés à Sobibor et les corps brûlés.

La totalité du camp fut détruite et une ferme y fut implantée jusqu'à l'arrivée de l'armée rouge. Outre les rares documents d'archives et les dépositions des SS ayant travaillé à Treblinka et traduits en justice après guerre, les témoignages des survivants qui réussirent à s’enfuir lors de la révolte du permirent d'en savoir davantage sur le fonctionnement au quotidien de ce camp.

Selon le témoignage de Wassili Grossman[20] « La terre rejette des fragments d'os, des dents, des objets, des papiers, elle refuse de garder le secret. Et les objets s'échappent de la terre, de ses blessures mal refermées. ». « Des cheveux épais ou ondulés blond cuivré, les cheveux fins, légers, adorables d'une jeune fille sont là, piétinés, dans la terre, […]. C'est apparemment le contenu d'un sac, d'un unique sac de cheveux resté sur place, oublié. Tout est donc vrai. » Grossman subit un choc émotionnel violent et en tombera malade.

Témoignages[modifier | modifier le code]

Samuel Willenberg, l'un des rares survivants présente l'un de ses dessins lors du 70ème anniversaire de la révolte du camp
Mémorial de Treblinka

Il existe peu de témoignages sur Treblinka, étant donné le faible nombre de survivants.

Abraham Krzepicki a pu s'évader de Treblinka 18 jours après son arrivée à la fin du mois d'août 1942[17]. Il a rejoint le ghetto de Varsovie et rédigea le premier témoignage direct sur le processus d'extermination du camp. Son manuscrit est enterré par les membres de l'Oneyg Shabbes et retrouvé après la guerre. Lui-même a péri dans l'insurrection du ghetto de Varsovie en avril 1943[17].

Parmi les survivants, Yankel Wiernik, survivant de la révolte, accueilli par la Résistance polonaise, témoigne de ce qu'il a vécu à Treblinka dans le document Un an à Treblinka (écrit en Polonais puis traduit en anglais sous le titre A year in Treblinka[21]) en 1944. Dans les années 1950, il construit pour le Musée des Combattants des Ghettos en Galilée une maquette de Treblinka. Il est le seul survivant à avoir été dans les deux parties du camp[22]. En 1961, il témoigne au procès Eichmann[14].

Un autre survivant, Samuel Rajzman (qui a témoigné en 1946 à Nuremberg), confie à Alexandre Donat dans The death camp Treblinka (1979) : « J’ai été témoin d’une fête donnée par les SS pour célébrer l’arrivée du millionième juif à Treblinka, et ceci bien avant la fin des activités du camp ».

Franciszek Zabecki, cheminot et membre de la résistance polonaise, contrôleur à la gare ferroviaire de Treblinka pendant toute la période de fonctionnement du camp, a pris des notes détaillées sur tous les trains partant pour le camp : « Moi, je sais ; les autres font des conjectures, il n'y a pas eu de documents allemands pour servir de base à ces estimations en dehors de ceux que j'ai sauvés et cachés, et on ne peut pas conclure là-dessus. Mais je suis resté dans cette gare et j'ai noté les chiffres inscrits à la craie sur chaque wagon. Je les ai additionnés encore, encore et encore. Le nombre de tués à Treblinka a été de 1 200 000. Et là-dessus, il ne peut pas exister de doutes. »[23]

Richard Glazar est témoin aux procès des bourreaux de Treblinka en 1963 et 1971. Il publie son témoignage sur Treblinka, qu'il a traduit en allemand en 1990 sous le titre de Die Falle mit dem grünen Zaun. Il est aussi un des témoins du film Shoah de Claude Lanzmann avec Abraham Bomba[24]. Dans ce documentaire, le réalisateur interroge aussi en caméra cachée l'ancien SS Franz Suchomel préposé à la récupération de l'or, de l'argent et des valeurs des juifs déportés[25].

On compte aussi le témoignage de Chil Rajchman (1914-2004) que l'on peut lire à travers son journal autobiographique je suis le dernier Juif. Treblinka (1942-1943). Déporté en octobre 1942 depuis le ghetto de Varsovie, il devient sonderkommando (il trie les vêtements, coupe les cheveux, arrache les dents en or, transporte les cadavres issus des chambres à gaz). Il participe à l'insurrection d'août 1943 et parvient à s'échapper. Il se réfugie chez un ami jusqu'à la fin de la guerre (c'est là qu'il rédige le récit de ses dix mois dans le camp d'extermination).

Un témoignage provient aussi de Martin Gray, déporté en provenance du ghetto de Varsovie avec sa mère et ses frères, il échappe à l'extermination immédiate en devenant sonderkommando, puis parvient à s'échapper et retourne à Varsovie puis rejoint l'Armée Rouge jusqu'à la fin de la guerre. Son témoignage a été relaté dans un livre paru en 1971, Au nom de tous les miens.

Il faut aussi citer le témoignage d'Eddie Weinstein, The Story of an Escape from Treblinka publié en 2002 où l'auteur retrace sa détention à Treblinka puis son évasion le 10 septembre 1942.

Les bourreaux[modifier | modifier le code]

Le camp est commandé par l'Obersturmführer SS Irmfried Eberl, jusqu’en août 1942. L'Obersturmführer SS Franz Stangl le remplace en août 1942 et commande le camp jusqu’en août 1943. Kurt Franz lui succède jusqu'au démantèlement du camp fin 1943.

Le personnel du camp est composé d'Allemands et d'Ukrainiens. Il y avait 10 officiers SS et 100 gardes (Wachmänner). Une trentaine de SS était affectée à l'administration du camp. Une petite centaine d'autres, ainsi que 20 Ukrainiens, était affectée à la garde du camp, au personnel de sécurité ou aux équipes de gazage.

Les procès[modifier | modifier le code]

Tout de suite après la guerre, la Commission centrale d'enquête sur les crimes nazis en Pologne a recueilli 13 témoignages. Aux procès de Nuremberg, Treblinka n'est presque pas évoqué. Il faut attendre pour que le sort de victimes du camp soit mis en lumières par de nouveaux procès[17].

  • Premier procès : celui de Josef Hitreider à Francfort-sur-le-Main en 1951 ;
  • Deuxième procès : c'est celui qui est couramment appelé « procès de Treblinka », et qui s’est tenu à Düsseldorf du au [26] ;
  • Troisième procès : celui de Franz Stangl en 1970 à Düsseldorf (qui avait jusqu’alors réussi à échapper à la justice en s’enfuyant à l’étranger)[27].

Le sort des commandants[modifier | modifier le code]

Le sort des gardes et gradés SS[modifier | modifier le code]

  • Tués par les détenus : SS Unterscharführer Max Bialas, SS Unterscharführer Kurt Küttner ;
  • Tué par les gardes ukrainiens : SS Scharführer Herbert Floss ;
  • Tué par les partisans italiens : SS Oberscharführer Karl Pötzinger ;
  • Exécutés par les Soviétiques : SS Wachmann Libodenko, SS Wachmann Pinnemann, SS Wachmann Rogozin, SS Wachmann Tshernievski ;
  • Suicide : SS Oberscharführer Kurt Bolender, SS Unterscharführer Erwin Kainer ;
  • Mort avant la sentence (2e procès) : SS Scharführer Albert Rum ;
  • Peines de prison :
    • Au 1er procès : SS Unterscharführer Josef Hitreider (prison à vie) ;
    • Au 2e procès : SS Oberscharführer Heinrich Matthes, SS Rottenführer August-Wilhelm Miete, SS Oberscharführer Willy Mentz (prison à vie) ; SS Oberscharführer Gustav Müntzberger (12 ans) ; SS Oberscharführer Otto Stadie (7 ans) ; SS Unterscharführer Erwin Lambert (4 ans) ; SS Unterscharführer Franz Suchömel (6 ans) ;
  • Acquittés : SS Unterscharführer Karl Ludwig, SS Scharführer Otto Horn (2e procès) ;
  • Le cas de SS Unterscharführer Erich Fuchs[28] est particulier. Présent à Belzec, Sobibor et Treblinka, il est acquitté au procès de Belzec en 1963-64 mais condamné à 4 ans de prison au procès de Sobibor en 1966 ;
  • Destin inconnu : SS Scharführer Alfred Bölitz, SS Rottenführer Edwin Gense, SS Rottenführer Willy Grossmann, SS Scharführer August Hingst, SS Hauptscharführer Emil Ludwig, SS Oberscharführer Karl Ludwig, SS Unterscharführer Willy Post, SS Rottenführer Karl Schiffner, SS Scharführer Fritz Schmidt, SS Hauptscharführer Karl Seidel, SS Scharführer Franz Swidersky, SS Oberscharführer Eisold, SS Scharführer Lindenmuller, SS Hauptscharführer Löffler, SS Oberscharführer Mätzig, SS Rottenführer Mischke, SS Unterscharführer Schemmerl, SS Scharführer Sidow, SS Oberscharführer Paul Bredow, SS Unterscharführer Wengler.

Le sort des gardes ukrainiens[modifier | modifier le code]

  • Exécutés par les Soviétiques : SS Oberwachmann Fedor Fedorenko[Informations douteuses] [?], SS Wachmann Pyotr Goncharov, SS Wachmann Pavel Lelenko, SS Wachmann Nikolai Malagon, SS Wachmann Ivan Shevchenko, SS Rottenwachmann Sergei Vassilenko, SS Wachmann Alexander Ivanovich – Yeger ;
  • Exécuté par les SS : SS Wachmann Wasil Hermaniec ;
  • Disparus, destin inconnu : SS Wachmann Nikolay Dorofeyev, SS Wachmann Ivan Semenovich, SS Wachmann Nikolai Shalaiev, SS Wachmann Andrei Vassilega, SS Wachmann Nikolai Voronikov ;
  • Echappé à l’étranger : SS Wachmann Bronislav Hajda, SS Wachmann Luidas Kairys, SS Wachmann Dimitry Korotkikh ;
  • Tué par les détenus : SS Wachmann Ivan Marchenko.

Recherches archéologiques[modifier | modifier le code]

Durant des années, les chefs religieux de la communauté juive de Pologne et les autorités polonaises n’autorisaient pas de fouilles archéologiques sur le site du camp par respect pour les morts qui y sont inhumés. Une autorisation portant sur des fouilles archéologiques limitées a été délivrée pour la première fois en 2010 à une équipe britannique de l’université du Staffordshire qui utilisait des techniques non invasives ainsi que la télédétection par Lidar. La consistance du sol a été analysée sur site avec un radar de sol[29]. Cette analyse a permis de détecter des éléments qui étaient de nature structurelle. Les chercheurs ayant estimé que deux d’entre ces éléments pouvaient être des restes des chambres à gaz, ils furent autorisés à poursuivre leurs recherches[30].

L’équipe d’archéologues en charge des recherches a découvert trois nouvelles fosses communes. Par respect pour les victimes, les restes humains mis au jour ont été inhumés à nouveau. La seconde excavation a mis au jour la première preuve physique de l’existence des chambres à gaz. Les découvertes consistaient en carreaux estampillés avec une étoile de David rappelant les bains juifs et en un mur de fondation. L’étoile était un logo de la fabrique de céramiques fondée par Jan Dziewulski ainsi que par les frères Józef et Władysław Lange (DL depuis 1886) qui fut nationalisée par le régime communiste après la guerre[31],[32]. Comme l’explique l’archéologue Caroline Sturdy Colls (en), ces nouvelles preuves revêtent une importance essentielle car les secondes chambres à gaz étaient abritées dans la seule construction en briques du camp. La découverte constitue par conséquent la première preuve matérielle de leur existence. En outre, dans ses mémoires décrivant son séjour dans le camp, le survivant Jankiel Wiernil explique que le sol des chambres à gaz (qu’il contribua à construire) était constitué de carreaux semblables[33]. Ces nouvelles découvertes ont fait l’objet d’un reportage télévisuel en 2014 sur le Smithsonian Channel (en). D’autres recherches ont été planifiées[34].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mieczyslaw CHODZKO, Évadé de Treblinka, Paris, Éditions Le Manuscrit-FMS, 2010
  2. (en) Georges Bensoussan (dir.), Jean-Marc Dreyfus (dir.), Édouard Husson (dir.) et al., Dictionnaire de la Shoah, Paris, Larousse, coll. « À présent »,‎ , 638 p. (ISBN 978-2-035-83781-3), p. 548
  3. Dictionnaire de la Shoah, p. 548
  4. Saul Friedländer 2008 p. 538-539.
  5. a, b et c Saul Friedländer 2008, p. 551
  6. a et b Saul Friedländer 2008, p. 548
  7. United States Holocaust Memorial Museum qui précise : « The authorities at the Treblinka II killing center consisted of a small staff of German SS and police officials (between 25 and 35) and a police auxiliary guard unit of between 90 and 150 men, all of whom were either former Soviet prisoners of war of various nationalities or Ukrainian and Polish civilians selected or recruited for this purpose. »
  8. Abraham Bomba témoigne : « Nous avions des ciseaux, nous saisissions des touffes de cheveux, coupées, on jetait tout par terre juste à côté, et en deux minutes c'était fini, même pas deux minutes car il y avait une file d'attente à côté, on travaillait comme ça, c'était très pénible, très pénible car certains des coiffeurs reconnaissaient leurs proches, épouses, mères, grand-mères et qu'ils ne pouvaient rien dire. Si on avait dit qu'elles allaient être gazées dans les 5 à 6 minutes, c'était la panique générale, et on aurait été tués » sur le site de l'USHMM.
  9. a, b, c, d et e Saul Friedländer 2008, p. 549
  10. a, b et c Saul Friedländer 2008, p. 550
  11. Saul Friedländer 2008 (2005) cf. p. 433-434.)
  12. Saul Friedländer 2008 (2005) cf. p. 415 (et p. 407-443.)
  13. a, b et c Saul Friedländer 2008, p. 552
  14. a, b, c et d (fr) Michal Gans, « "L’Aktion Reinhardt" : Treblinka, 400 jours, juillet 1942-automne 1943 », sur judaicultures.inf,‎
  15. La Destruction des Juifs d'Europe de Raul Hilberg, éd. Gallimard, coll. Folio Histoire, 2006, volume III, p. 2272.
  16. La Déportation. Le système concentrationnaire nazi sous la direction de François Bédarida et Laurent Gervereau, collection des publications du Musée d'histoire contemporaine - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine BDIC, 1995, p. 154.
  17. a, b, c et d Dictionnaire de la Shoah, p. 554
  18. Dictionnaire de la Shoah, p. 553
  19. Dictionnaire de la Shoah, p. 552
  20. Saul Friedländer 2008 (2005) p. 442-443
  21. (en) « A year in Treblinka », sur zchor.org
  22. Dictionnaire de la Shoah, p. 555
  23. Gitta Sereny 2013, p. 267.
  24. Dictionnaire de la Shoah, p. 556
  25. Dictionnaire de la Shoah, p. 557
  26. (en) « Treblinka Trial », sur jewishvirtuallibrary.org
  27. (fr) « Les procès de Treblinka », sur sonderkommando.info
  28. (en) « Erich Fuchs », sur en.wikipedia.org
  29. Archaeologists Find Treblinka Gas Chambers, Gil Ronen, Israël Internationalnews.com, 30 mars 2014
  30. Revealing the hidden graves of the Holocaust, BBC News Magazine, 23 janvier 2012
  31. (pl) Jak to z opoczyńskimi „skarbami“ było, Waldemar Oszczęda, B. & Wł. Baranowski, J. Koloński – "Katalog zabytków budownictwa przemysłowego w Polsce", PAN, 1970. Opoczno.Republika.pl., 2008
  32. Towarzystwo Akcyjne Dziewulski i Lange, Dr Paweł Budziński, "Z rozwoju przemysłu ceramicznego. Dwie fabryki Tow. Akc. Dziewulski i Lange." Świat, nr 1/1908. Tygodnik Opoczyński TOP nr 51 (650), 22 décembre 2009
  33. (en) Archaeologists Delicately Dig Up Nazi Death Camp Secrets at Treblinka, Alan Boyle, NBC News, 29 mars 2014
  34. First-Ever Excavation of Nazi Death Camp Treblinka Reveals Horrors, Stephanie Pappas, Livescience.com, 27 mars 2014

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Témoignages[modifier | modifier le code]

  • Ilya Ehrenbourg et Vassili Grossman, Le Livre noir, Éditions Actes sud, 1995. Rapports de commissions, comptes rendus, témoignages et lettres.
  • Vassili Grossman (trad. Antony Beevor et Luba Vinogradova), Carnets de guerre : De Moscou à Berlin, 1941-1945 [« A Writer at War »], Paris, Calmann-Lèvy (no 30969),‎ (1re éd. 2005), poche, 512 p. (ISBN 978-2-253-12249-4)
  • Richard Glazar, Trap With a Green Fence, (existe aussi en allemand : Falle mit dem grünen Zaun). L'auteur, né à Prague en 1920 et survivant de Treblinka s'exprime par ailleurs dans le film Shoah de Claude Lanzmann (dont le texte intégral a été publié : Shoah, éd. Fayard, Paris, 1985, 254 pages).
  • Joshua Greene et Shiva Kumar (en), Témoigner - Paroles de la Shoah, , éd. française Flammarion, 2000. Témoignage de Rivka-Renée G. dont toute la famille a été exterminée à Treblinka. Traduction du livre Withnes, voices from the Holocaust, Ed. The Free Press © Joshua M. Greene Productions, Inc.
  • Chil Rajchman, Je suis le dernier juif Témoignage exceptionnel d'un évadé de Treblinka rédigé avant la fin de la guerre.
  • Samuel Willenberg (en), Révolte à Treblinka, éd. Ramsay.
  • Jankiel Wiernik, Une année à Treblinka ; préface, notes et postface de Jean-Louis Panné, Vendémiaire, 2012.

Travaux[modifier | modifier le code]

  • (en) Yitzhak Arad, Belzec, Sobibor, Treblinka the Operation Reinhard death camps, Bloomington, Ind, Indiana University Press,‎ (ISBN 0-253-21305-3 et 978-0253213051)
  • Saul Friedländer (trad. Pierre-Emmaneul Dauzat), L'Allemagne nazie et les Juifs, t. 2 : Les années d'extermination, Paris, Éd. du Seuil, coll. « L'univers historique »,‎ , 1028 p. (ISBN 978-2-020-20282-4).
  • Gitta Sereny (trad. Colette Audry), Au fond des ténèbres : un bourreau parle, Franz Stangl, commandant de Treblinka, Paris, Tallandier,‎ (1re éd. 2007) (ISBN 979-1-021-00064-3).

Fictions[modifier | modifier le code]

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