Homo naledi

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Homo naledi est une espèce disparue dont la découverte est annoncée en par l'équipe de Lee Rogers Berger[1],[2]. Homo naledi présenterait des traits le rapprochant à la fois du genre Australopithecus et des premiers représentants du genre Homo.

Nom[modifier | modifier le code]

Naledi signifie « étoile »[3] en sesotho et fait référence au nom du site.

Découverte[modifier | modifier le code]

Schéma de la salle de Dinaledi, montrant l'emplacement des sédiments et des ossements.
La salle de Dinaledi dans les grottes de Rising Star.

Cette espèce, inconnue jusqu'alors, est définie à partir de fossiles découverts à Maropeng[4],[5], dans les grottes de Rising Star, à proximité de Johannesburg en Afrique du Sud, sur le site archéologique du « Berceau de l'humanité » classé au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO. Les fossiles furent trouvés dans la Salle de Dinaledi, située à environ trente mètres sous la surface du sol et dont l'accès est étroit et difficilement praticable[6].

En tout, plus de 1 550 os appartenant à au moins quinze individus, parmi lesquels des nouveau-nés, de jeunes adultes et des personnes plus âgées, furent trouvés en 2013 et 2014[4]. Il s'agit du plus grand assemblage de fossiles mis au jour en Afrique.

Datation[modifier | modifier le code]

Lors de l'annonce de leur découverte, les fossiles ne sont pas encore datés précisément[4]. Selon John Hawks, membre de l'équipe et paléoanthropologue à l'université du Wisconsin, « Ils pourraient avoir été là depuis deux millions d’années ou depuis cent mille ans, et ont même pu coexister avec des hommes modernes »[7].

La difficulté de la datation naît notamment de l'absence de faune fossile à proximité des spécimens d'Homo naledi et des spécificités géologiques du site, les sédiments formant un mélange trop hétérogène[8].

Une étude, basée sur une analyse bayésienne menée en comparant les restes retrouvés à ceux d'autres espèces d'hominidés, attribue un âge vraisemblable de 912 000 ans à Homo naledi. Cet âge indiquerait que les spécimens retrouvés appartiendraient bien au genre Homo et excluraient leur classification dans une variante de l'espèce Homo erectus[9],[10].

Concernant la datation, plusieurs techniques sont prévues dans 7 laboratoires différents dont les résultats sont attendus pour 2017. Pour en savoir plus, lire l'article en anglais sur Homo naledi qui est trois fois plus développé que la présente version française.

Caractéristiques physiques[modifier | modifier le code]

Photo des ossements d'Homo naledi étalés sur une table noire.
Ossements d'Homo naledi.

Selon l'étude de Berger et al., H. naledi, un adulte mesurait en moyenne 1,50 mètre et pesait 45 kilogrammes[4], avec des poids estimés allant de 39,7 à 55,8 kg selon les individus[1]. Selon l'université du Witwatersrand, la National Geographic Society et le ministère sud-africain des Sciences, les mains d'Homo naledi « laissent supposer qu'il avait la capacité de manier des outils », les phalanges des doigts étaient assez incurvées, ce qui est une caractéristique partagée avec les australopithèques et les premiers représentants du genre Homo. Par ailleurs, « il est pratiquement impossible de distinguer ses pieds de ceux d'un homme moderne. Ses pieds et ses longues jambes laissent penser qu'il était fait pour marcher longtemps »[4].

Il partage un certain nombre de caractères avec le genre Homo, comme la morphologie du crâne, des mandibules et de la dentition, mais d'autres, comme le faible volume du cerveau, le rapprochent des Australopithèques[1]. Le volume endocrânien est ainsi compris entre 465 cm3 pour le plus faible et 560 cm3 pour le plus important[1], ce qui correspond aux australopithèques, mais aussi à la variation inférieure chez Homo habilis (et le crâne 5 de Dmanissi, attribué à Homo erectus, a un volume de 546 cm3). Malgré cette petite taille, sa structure ressemble cependant aux crânes appartenant aux premiers Homo[1]. Les dents sont petites et primitives.

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Controverses scientifiques[modifier | modifier le code]

Des doutes sur la pertinence de l'attribution des ossements découverts à une nouvelle espèce ont été émis par des scientifiques dont Christoph Zollikofer, de l'université de Zurich, et Tim White, de Berkeley. Ce dernier considère qu'il pourrait s'agir d'une forme primitive d'Homo erectus[11].

Le paléoanthropologue Yves Coppens a déclaré qu'il pensait que ce n'était « bien sûr, pas un Homo, avec la petite tête qu’il a, mais un Australopithèque de plus[12] ». Ian Tattersall, du Muséum américain d'histoire naturelle, pense également que les fossiles présentent « des caractères que l'on associe plutôt aux australopithèques qu'au genre Homo »[7].

Jeffrey Schwartz, anthropologue à l'université de Pittsburgh, a indiqué à Mediapart que les fossiles recueillis appartiennent vraisemblablement à deux espèces distinctes[7]. Il émet également des doutes concernant l'hypothèse d'une accumulation de squelettes résultant d'un rite funéraire.

Interrogé sur France Inter, Laurent Bruxelles, géologue à l'Inrap, émet des doutes sur la possibilité de faire passer des corps de défunts à travers l'accès utilisé aujourd'hui par l'équipe et envisage qu'une autre entrée ait existé anciennement[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Lee Rogers Berger et al., « Homo naledi, a new species of the genus Homo from the Dinaledi Chamber, South Africa » [« Homo naledi, une nouvelle espèce du genre Homo de la chambre de Dinaledi, en Afrique du Sud »], eLife,‎ , eLife 2015;4:e09560 (DOI 10.7554/eLife.09560#sthash.avKGlWce.dpuf, lire en ligne)
    Outre Lee Rogers Berger, les coauteurs de l'article sont John Hawks, Darryl J. de Ruiter, Steven E. Churchill, Peter Schmid, Lucas K. Delezene, Tracy L Kivell, Heather M. Garvin, Scott A. Williams, Jeremy M. DeSilva, Matthew M. Skinner, Charles M. Musiba, Noel Cameron, Trenton W. Holliday, William Harcourt-Smith, Rebecca R. Ackermann, Markus Bastir, Barry Bogin, Debra Bolter, Juliet Brophy, Zachary D. Cofran, Kimberly A. Congdon, Andrew S. Deane, Mana Dembo, Michelle Drapeau, Marina C. Elliott, Elen M. Feuerriegel, Daniel Garcia-Martinez, David J. Green, Alia Gurtov, Joel D. Irish, Ashley Kruger, Myra F. Laird, Damiano Marchi, Marc R. Meyer, Shahed Nalla, Enquye W. Negash, Caley M. Orr, Davorka Radovcic, Lauren Schroeder, Jill E. Scott, Zachary Throckmorton, Matthew W. Tocheri, Caroline VanSickle, Christopher S. Walker, Pianpian Wei et Bernhard Zipfel.
  2. « Afrique du Sud : découverte d'Homo naledi, une espèce du genre humain inconnue », sur leparisien.fr,‎ (consulté le 10 septembre 2015).
  3. (en) Thando Kubheka et Tara Meaney, « Homo naledi leaves South African speechless, proud », sur Eyewitness News,‎ (consulté le 13 septembre 2015).
  4. a, b, c, d et e « Une ancienne espèce du genre humain, jusque-là inconnue, découverte en Afrique du Sud », sur francetvinfo.fr,‎ (consulté le 10 septembre 2015).
  5. « Découverte d'une ancienne espèce du genre humain jusqu'à présent inconnue », sur lefigaro.fr,‎ (consulté le 10 septembre 2015).
  6. (en) Paul HGM Dirks et al., « Geological and taphonomic context for the new hominin species Homo naledi from the Dinaledi Chamber, South Africa », eLife 2015;4:e09561,‎ (lire en ligne).
  7. a, b et c Michel de Pracontal, « Homo naledi, nouvelle star controversée de la paléontologie », sur mediapart.fr,‎ (consulté le 10 septembre 2015).
  8. Sandrine Prat, « Homo Naledi, l'homme sans âge », La Recherche,‎
  9. (en) Bruce Bower, « New dating suggests younger age for Homo naledi », sur ScienceNews,‎
  10. (en) Mana Dembo et al., « The evolutionary relationships and age of Homo naledi: An assessment using dated Bayesian phylogenetic methods », Journal of Human Evolution, vol. 97,‎ , p. 17–26 (DOI 10.1016/j.jhevol.2016.04.008).
  11. (en) Ian Sample, « Homo naledi: New species of ancient human discovered, claim scientists », sur theguardian.com,‎ (consulté le 10 septembre 2015)
  12. Hervé Morin, « Homo naledi », une découverte qui laisse perplexe, sur www.lemonde.fr,‎ (consulté le 10 septembre 2015) : « l’Homo en question n’est, bien sûr, pas un Homo, avec la petite tête qu’il a, mais un Australopithèque de plus, de même qu’il y a eu de nombreuses espèces différentes de cochons, d’éléphants, d’antilopes, en fonction des variations du climat et des niches écologiques. », Yves Coppens
  13. Nadja Viet, « Homo Naledi, à peine découvert et déjà sur Wiki », sur franceinter.fr,‎ (consulté le 10 septembre 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kate Wong, « L'incroyable Homo naledi », Pour la Science, no 464,‎ , p. 60-69.

Articles connexes[modifier | modifier le code]