Lee Rogers Berger

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant une personnalité image illustrant américain
Cet article est une ébauche concernant une personnalité américaine.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Lee Rogers Berger
Archéologue
Image illustrative de l'article Lee Rogers Berger
Lee Berger et le crâne d'Australopithecus sediba en partie dégagé de sa gangue de calcite
Naissance (50 ans)
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Découvertes principales Australopithecus sediba, Homo naledi
Autres activités paléoanthropologue, professeur à l'université de Witwatersrand

Lee Rogers Berger, né le 22 décembre 1965 à Shawnee Mission (Kansas), est un paléoanthropologue et archéologue américain connu pour ses travaux sur l'Australopithecus africanus et pour les découvertes et définitions d'Australopithecus sediba et d'Homo naledi.

Biographie et formation[modifier | modifier le code]

Après avoir obtenu un baccalauréat ès arts en anthropologie de l'université de Géorgie du Sud en 1989, Lee Berger étudie la paléoanthropologie en Afrique du Sud sous la direction de Phillip V. Tobias à l'université du Witwatersrand de Johannesburg. Berger obtient en 1994 un doctorat en paléoanthropologie de l'université du Witwatersrand et devient chercheur postdoctoral au département de l'université d'anatomie et biologie humaine en 1995. Entre 1996 et 1997, il travaille comme directeur du groupe de recherche en paléoanthropologie de l'université de la Faculté des Sciences anatomiques.

À la fin des années 1990, il retourne brièvement aux États-Unis, acceptant des postes de professeur auxiliaire dans les départements d'anthropologie de l'université Duke (1997) puis à l'université de l'Arkansas (1998). En 1999, il devient le directeur de l'unité de paléoanthropologie à l'Institut de paléontologie de l'université du Witwatersrand. Il est depuis 2004 un acteur important dans la compréhension de l'étude de l'évolution humaine ainsi que de l'enseignement des sciences de la terre à l'Université et de l'évolution du genre humain.

Un chercheur actif dans la recherche de fossiles humains[modifier | modifier le code]

Il fait partie de l'équipe ayant fait la première découverte, en 1992, d'un fossile d'Australopithecus africanus dans la grotte de Gladysvale près de Sterkfontein en Afrique du Sud[1]. En 1995, avec un collègue il publie un article dans lequel il défend l'hypothèse selon laquelle l'individu surnommé « l'enfant de Taung », datant de 2,5 millions d'années, a été tué par un oiseau de proie.

En 2006, lors de vacances avec sa famille, Lee R. Berger explore la grotte de Ucheliungs aux Palaos en Micronésie et découvre des ossements fossiles d'un groupe d'hommes de petite taille[2], désignés comme l'« homme de Palaos ».

En 2008, lors d'une promenade d'observation du sol avec son fils de 9 ans, Matthew Berger, et ses deux chiens dans les plateaux qu'il nomme le "berceau de l'humanité", c'est-à-dire un ensemble de sites inscrit au patrimoine mondial, près de Johannesburg, il découvre dans un vallon calcaire autrefois exploité comme pierre à chaux par des mineurs gallois, dans la continuité de la grotte de Malapa, des débris d'os recouvert de calcite. Après une inspection de surface minutieuse puis en descendants dans une cavité, il découvre une mâchoire fossile ainsi qu'une clavicule appartenant à un hominidé mâle juvénile ; l'étude d'une canine révèle une combinaison de caractères primitifs et modernes.

Peu de temps après, Berger découvre le squelette partiel d'un individu adulte femelle de la même espèce, et probablement du même clan. Le squelette Mh2 est reconnu actuellement comme étant l'un des squelettes les plus complets d'hominidé ancien. Les os remarquablement préservés sur le site incluaient un bassin, un pied, une main droite complète et deux crânes.

Un examen plus approfondi des restes révèle qu'ils possédaient une combinaison de caractères des genres Australopithecus et Homo. Berger et ses collègues ont nommé cette nouvelle espèce Australopithecus sediba[3], sediba signifiant « source » en langue Sesotho et désignant simplement le principal ruisseau auquel mène le vallon de la grotte. La datation par l'uranium a permis de déterminer que les restes avaient un âge compris entre 1,78 et 1,95 millions d'années. Cette technique a été combinée à la technique du paléomagnétisme ; les spécimens ont été datés plus précisément d'environ 1,977 millions années. Les résultats ont soulevé l'hypothèse selon laquelle Australopithecus sediba pourrait être un ancêtre de Homo erectus. En outre, l'âge des spécimens et la combinaison de caractère partagée avec le genre Homo indiqueraient que A. sediba pourrait représenter une forme intermédiaire entre les premiers australopithèques et le genre Homo.

Conscient de la faiblesse des découvertes matérielles actuelles et des incessants débats stériles sur quelques ossements fossiles, Lee s'attache le service d'un ancien prospecteur et aventurier-baroudeur, alors au chômage et en impasse de ressources, auquel il offre une moto. Ce dernier motorisé a pour mission d'explorer et de ré-explorer inlassablement les lieux qu'il connaît le mieux, en les cartographiant de manière technique et fine. S'attachant intelligemment le concours d'anciens copains spéléologues, le puissant motard- prospecteur couvre les secteurs des grottes karstiques les plus connues. Les deux spéléologues aux fins squelettes découvrent dans le secteur des grottes de Rising Star après une descente puis une remontée déjà connu, un boyau et une anfractuosité où l'un deux assuré se laisse glisser puis chuter sans avoir prise. L'explorateur découvre une caverne constellée remarquable et très vite, y perçoit des traces incontestablement d'ossements au sol et sur les parois, insérés dans la calcite néoformée.

En 2013 et 2014, Lee Berger organise des fouilles dans les grottes de Rising Star avec des recrues étudiantes, spéléologues confirmées à taille fine, capables de se glisser dans un boyau de moins de 20 cm de large. Lee Berger de stature bien plus imposante est incapable d'y descendre et s'installe devant son poste de commandement, truffé d'écrans alimentés par des cameras de surveillance et un dense réseau filaire. La première année un grand nombre d'os de membres et surtout une tête à petit cerveau, incontestablement de genre homo, sont mis au jour. La seconde année complète le fruit de la collecte au-delà de toute espérance, au point que les chercheurs ont parfois l'impression de mettre au jour un sanctuaire mortuaire, préservant volontairement les morts du groupe des prédateurs. Au total, plus de 1 700 éléments fossiles d'hominidés sont découverts[4],[5]. En septembre 2015, l'équipe de spécialistes réunie autour du maître d'œuvre Lee Berger annonce que ces fossiles pourraient appartenir à une espèce humaine jusqu'alors inconnue et baptisée Homo naledi, en référence au nom autochtone du lieu, naledi signifiant "caverne étoilée"[6]. Homo naledi présenterait des traits pouvant le rapprocher à la fois des premiers représentants du genre Homo et des australopithèques.

D'une manière générale, la tête et les membres de genre homo et surtout le restant du corps ne dépareillant pas un australopithèque semblent indiquer un lancinant appel à un façonnement final et progressif par l'environnement. Signalons qu'une grande partie de la communauté scientifique en 2015 n'envisageait avec prudence l'homo naledi comme un cas particulier intéressant. Certains lui refusent toute descendance, prouvant par l'absurde que toute interprétation simpliste en termes de chaînon manquant ou lacunaire n'est pas encore considérée en simple idiotie.

Récompenses et instances scientifiques[modifier | modifier le code]

Berger a reçu le premier prix annuel de la National Geographic Society pour ses recherches en 1997. Il fut le secrétaire de la Société royale d'Afrique du Sud en 1996 et 1997 et administrateur fondateur de la fondation Jane Goodall en Afrique du Sud.

Il devient membre de l'American Association for the Advancement of Science en 2001.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Lee R. Berger, André W. Keyser et Phillip V. Tobias, « Brief Communication: Gladysvale: First Early Hominid Site Discorered in South Africa Since 1948 », American Journal of Physical Anthropology, vol. 92, no 1,‎ , p. 107-111 (DOI 10.1002/ajpa.1330920109).
  2. (en) Lee R. Berger, Steven E. Churchill, Bonita De Klerk et Rhonda L. Quinn, « Small-Bodied Human from Palau, Micronesia », PLoS One, vol. 3, no 3,‎ (DOI 10.1371/journal.pone.0001780).
  3. (en) Lee R. Berger, Darryl J. de Ruiter, Steven E. Churchill, Peter Schmid, Kristian J. Carlson, Paul H. G. M. Dirks et Job M. Kibii, « Australopithecus sediba : A New Species of Homo-Like Australopith from South Africa », Science, vol. 328, no 328,‎ , p. 195-204 (DOI 10.1126/science.1184944).
  4. (en) « Rising Star Empire Cave 2014 Annual Report » (consulté le 30 mai 2015).
  5. Kate Wong, « La saga humaine récrite », Pour la Science,‎ (lire en ligne)
  6. Lee R Berger, John Hawks, Darryl J de Ruiter, Steven E Churchill, Peter Schmid, Lucas K Delezene, Tracy L Kivell, Heather M Garvin, Scott A Williams, Jeremy M DeSilva, Matthew M Skinner, Charles M Musiba, Noel Cameron, Trenton W Holliday, William Harcourt-Smith, Rebecca R Ackermann, Markus Bastir, Barry Bogin, Debra Bolter, Juliet Brophy, Zachary D Cofran, Kimberly A Congdon, Andrew S Deane, Mana Dembo, Michelle Drapeau, Marina C Elliott, Elen M Feuerriegel, Daniel Garcia-Martinez, David J Green, Alia Gurtov, Joel D Irish, Ashley Kruger, Myra F Laird, Damiano Marchi, Marc R Meyer, Shahed Nalla, Enquye W Negash, Caley M Orr, Davorka Radovcic, Lauren Schroeder, Jill E Scott, Zachary Throckmorton, Matthew W Tocheri, Caroline VanSickle, Christopher S Walker, Pianpian Wei, Bernhard Zipfel, 2015, « Homo naledi, a new species of the genus Homo from the Dinaledi Chamber, South Africa », eLife 2015;4:e09560.

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • L'aube de l'humanité, documentaire TV de 98 minutes de Graham Townsley réalisé par John Bredar, USA. Diffusion par Arte samedi 6 février 2016 20h50 à 22h30 et dimanche 7 février de 15h55 à 17h35. Sur les découvertes ou la quête de fossiles, de l'équipe de l'anthropologue sud-africain Lee Berger, notamment en 2008 et en 2013. Présentation de sa dernière équipe de fouilleurs spéléologues, essentiellement féminine et gracile, à l'origine de l'exhumation de l'homo naledi. Quelques difficultés d'adaptations, de commentaires et de traductions en français.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :