Hyperloop

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Schéma d'une capsule de l'hyperloop. Elle se divise en 3 compartiments : à l'avant un compresseur d'air, au centre le compartiment pour les passagers (2×14=28) et à l'arrière un compartiment pour les batteries. La capsule repose sur des skis à partir desquels de l'air est propulsé.
Illustration du double tube surélevé et couvert de panneaux photovoltaïques.

L’Hyperloop est un projet de recherche industriel, lancé en 2013 par Elon Musk. Ce dernier le définit comme un cinquième mode de transport, en plus des bateaux, des avions, des voitures et des trains.

L'hyperloop consiste en un double tube surélevé dans lequel se déplacent des capsules transportant des voyageurs. L'intérieur du tube est sous basse pression pour limiter les frictions de l'air. Les capsules se déplacent sur un coussin d'air généré à travers de multiples ouvertures sur la base de celles-ci, ce qui réduit encore les frottements. Les capsules sont propulsées par un champ magnétique généré par des moteurs à induction linéaires placés à intervalles réguliers à l'intérieur des tubes.

En théorie, un tel système installé entre le centre de Los Angeles et le centre de San Francisco permettrait de relier les deux villes en moins de 30 minutes, soit le parcours de 551 kilomètres à plus de 1 102 km/h, plus rapide qu'un avion qui parcourt cette même distance en 35 minutes à la vitesse de 885 km/h[1],[2].

Pour le développement de l'Hyperloop, Elon Musk encourage l'aspect open source et collaboratif, et il n'a volontairement déposé aucun brevet[3],[4].

En 2016, plusieurs sociétés[5] travaillent sur le développement de la technologie : Hyperloop One (anciennement Hyperloop Technologie Inc.)[6],[7], Hyperloop Transportation Technologies (HTT), lancée par l'allemand Dirk Ahlborn[7],[8] ou la société canadienne Transpod[9].

Historique[modifier | modifier le code]

Elon Musk annonce pour la première fois son projet Hyperloop en au PandoDaily tenu à Santa Monica en Californie. Les détails concernant le projet émergent peu à peu, et en , Musk évoque l'idée d'un croisement entre le Concorde et le canon à propulsion électromagnétique, en précisant que le système ne nécessite pas de rails. Il estime le coût du Hyperloop reliant San Francisco à Los Angeles à 6 milliards de dollars, ce qui représente un dixième du prix de la ligne de train à grande vitesse actuellement en développement en Californie.

Le , Elon Musk officialise son concept en publiant une version alpha qui fait l'objet d'un article posté à la fois sur le site de Tesla Motors et celui de SpaceX[10]. Contenant plusieurs schémas et visuels, le document livre de nombreux détails techniques, notamment le design et le fonctionnement de l'infrastructure, son mode de propulsion et d'alimentation énergétique, son utilisation, ainsi que son coût et sa mise en œuvre. Pour l'heure, Elon Musk a annoncé vouloir rester concentré sur Tesla et SpaceX, mais assure s'occuper du Hyperloop en personne si aucun investisseur n'engage de prototype dans les années à venir. Il encourage vivement le crowdsourcing, l'aspect open source et collaboratif, et n'a d'ailleurs déposé aucun brevet pour l'Hyperloop.

En , Elon Musk annonce qu'une piste d'essai de 5 miles, soit environ 8 km, va être construite, certainement au Texas[11]. Cette piste serait ouverte aux entreprises et projets étudiants qui souhaiteraient tester leurs capsules.

Objectifs[modifier | modifier le code]

Elon Musk a détaillé en 2012 les objectifs qu'il poursuit avec son projet Hyperloop : élaborer un moyen de transport plus sûr que l'avion, indépendant des caprices de la météo et ultra rapide. Il estime sa vitesse moyenne à deux fois celle d'un avion, permettant par exemple de se déplacer de Los Angeles à San Francisco en 30 minutes.

Elon évoque également le coût du billet, plus faible que celui d'un avion ou « tout autre moyen de transport ». Il entend également supprimer les contraintes d'horaires et l'attente pour les voyageurs, des capsules pouvant partir à n'importe quel moment.

Elon imagine même rendre le système auto-suffisant en plaçant des panneaux solaires sur les tubes, voire générer un surplus d'énergie si l'Hyperloop consomme moins que l'électricité accumulée. Il l'oppose au projet California High-Speed Rail qu'il juge catastrophique car, avec son coût de 60 milliards de dollars, il estime qu'il serait « le plus lent de sa catégorie et le plus cher au kilomètre ».

Entreprises travaillant sur le projet Hyperloop[modifier | modifier le code]

Alors que SpaceX se concentre actuellement sur un concours de design étudiant, d'autres organisations poursuivent une conception complète Hyperloop commerciale.

Hyperloop One (anciennement Hyperloop Technologies)[modifier | modifier le code]

Hyperloop Technologies (en) (ou Hyperloop Tech) [À développer]

En , HTT a procédé à une deuxième levée de fonds d'un montant de 80 millions de dollars à laquelle ont souscrit les fonds GE ventures et 137 ventures ainsi que la SNCF[5].

Hyperloop Transportation Technologies (HTT)[modifier | modifier le code]

HTT est une start-up américaine lancée par Dirk Ahlborn, entrepreneur américain d'origine allemande. Lorsqu'en 2013, Elon Musk annonce son projet Hyperloop, Ahlborn vient de créer JumpStartFund, une plate-forme Internet qui permet à des entrepreneurs de réunir une communauté de fans pour travailler en ligne sur leur start-up[7]. Il rencontre alors Musk pour lui proposer de monter une entreprise sur ce principe, Musk l'encourage, même s'il ne participe pas lui-même à la nouvelle start-up[7].

À fin 2015, l'entreprise n'emploie que 4 salariés, mais près de 450 personnes travaillent sur le projet[7], principalement à distance (seule une vingtaine sont dans les bureaux d'HTT à Los Angeles) et pour la plupart pas à plein temps[7], conservant un autre travail par ailleurs. Elles sont rémunérées en stocks options[7] et sont réparties en 47 équipes de 4 à 7 personnes devant résoudre une problématique assignée par la hiérarchie dans un temps donné[7], HTT s'inspirent des process de management de la méthode de développement informatique Scrum[7].

TransPod[modifier | modifier le code]

TransPod est une start-up canadienne, basée à Toronto. En 2016, elle a conçu un véhicule de transport en tant que prototype pour des premiers essais. En mars 2016, TransPod annonce la présentation d'un concept de véhicule à échelle 1 lors du salon ferroviaire InnoTrans de Berlin de [12].

Le véhicule de TransPod est prévu pour atteindre des vitesses supérieures à 1 000 km/h avec un système de commande piloté par ordinateur et utilisant une infrastructure pouvant être alimentée à l'énergie solaire[13]. TransPod a annoncé son plan pour produire un véhicule commercial d'ici 2020[14] et travailler avec des organismes de réglementation tels que Transport Canada, pour l'approbation de ses premières lignes Hyperloop entre 2020 et 2025[15]. Le corridor Montréal-Toronto est l'une des lignes envisagées par la société[16].

Transpod collabore avec des entreprises du secteur de l'aérospatiale, des chercheurs universitaires, et un cabinet d'architecture en Europe[12],[16],[17],[18].

Premiers tests et perspectives commerciales[modifier | modifier le code]

Californie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Quay Valley.

Quay Valley est un projet de ville du futur, durable et connectée via le dispositif Hyperloop (un circuit de 8 km), en gestation en Californie : « Nous démontrerons que cela fonctionne. Ensuite, nous proposerons le concept en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique, où ce type de concept pourrait non seulement intéresser, mais aussi être mis en œuvre plus aisément que dans les pays déjà saturés de systèmes de transports publics où il est difficile d’apporter de tels projets révolutionnaires », assure Dirk Ahlborn[8],[19],[20][réf. insuffisante], le PDG d'Hyperloop Transportation Technologies.

Le coût estimé de la mise en place est de 11 millions d’euros au km, contre 15 à 30 millions d’euros pour le TGV en France : « Ce n’est qu’un tube et quelques pylônes à installer, assure Dirk Ahlborn. L’énergie pour mouvoir les capsules sera récupérée au freinage de la capsule »[8].

Nevada[modifier | modifier le code]

La société Hyperloop One a commencé à construire début 2016, un tronçon d'essai d'environ 800 mètres (½ mile) dans le désert du Nevada, au nord de Las Vegas[21]. La société a pour ambition de pouvoir construire une ligne entre Los Angeles et Las Vegas.

Le , au nord de Las Vegas, s’est déroulé le premier test public de l’Hyperloop. Le train s'est propulsé à une vitesse de 185 km/h, sur 50 mètres[22],[23].

Slovaquie[modifier | modifier le code]

En Europe, la Slovaquie a montré son intérêt pour un projet reliant Bratislava à Vienne et Budapest, à l'horizon 2020. Selon certains médias, les deux voyages prendraient respectivement 8 et 10 minutes, contre une heure et deux heures et demi avec la ligne de train normale[24].

Un accord entre la société Hyperloop Transportation Technologies et les autorités slovaques a été signé[25].

Le communiqué de presse ne précise ni le coût, ni la date butoir du projet. L'accord vise simplement à explorer le concept[26].

Avantages et inconvénients[modifier | modifier le code]

L'Hyperloop sera un moyen de transport capable de concurrencer l'avion par sa grande vitesse en s'affranchissant du principal problème du voisinage des aéroports : la nuisance aérienne (bruit mais aussi pollution). Il ne générera pas autant de nuisances sonores qu'un aéroport du fait de l'absence de réacteur rejetant du gaz chaud, de frottements négligeables, d'une pression d'air suffisamment faible pour ne pas porter le bruit ainsi que de la structure en pipeline qui confinera le bruit. Ainsi, il ne générera pas plus de nuisance sonore qu'une installation d'éoliennes.

Par contre, contrairement à l'avion et aux trains, son principal inconvénient est qu'il faut créer un réseau dédié aujourd'hui inexistant dans des zones parfois déjà urbanisées.

L'Hyperloop est un moyen de transport à large échelle nécessitant des infrastructures similaires aux systèmes ferroviaires. Les coûts estimés pour le train à grande vitesse californien peuvent donc être utilisés comme base de comparaison. Les coûts estimés pour le tronçon initial de 300 miles (480 kilomètres), pour les droits fonciers, sont inférieurs à 7,5 milliards de dollars américains[27], alors que la proposition de Musk se limite à un milliard de dollars pour l'ensemble des coûts fonciers. Cependant, baisser la pression d'air dans les tubes consommera beaucoup d'énergie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hélène Dupuy, « “Hyperloop”, un premier pas vers la téléportation », Les Échos,‎ (lire en ligne).
  2. (en) « Données Wolfram Alpha ».
  3. (en) « Hyperloop (Tesla Motors) ».
  4. « Hyperloop : le projet de « TGV » supersonique dévoilé », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  5. a et b « La SNCF investit dans le projet de train du futur Hyperloop En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/021899838446-la-sncf-investit-dans-le-projet-de-train-du-futur-hyperloop-1219337.php?ZO2Bv284krSijwXu.99 » par Lionel Steinmann, Lesechos.fr, 3 mai 2016.
  6. Article du Courier International.
  7. a, b, c, d, e, f, g, h et i Dirk Ahlborn : «  Le défi d’Hyperloop  ? Pas la technologie, l’organisation !  », interwiew par Florian Debes, lesechos.fr, le 31 octobre 2015.
  8. a, b et c L’Hyperloop, le train futuriste ultra-rapide, le Monde, 23 octobre 2015.
  9. (en) "Hyperloop: The tube that promises to get you from Montreal to Toronto in less than 30 minutes", par Oliver Sachgau, thestar.com, 13 mars 2016.
  10. (en) « Hyperloop Alpha (PDF) » [PDF].
  11. (en) « Elon Musk is building a five-mile Hyperloop test track », sur The Verge (consulté le 24 janvier 2015).
  12. a et b (en) « Hyperloop: The tube that promises to get you from Montreal to Toronto in less than 30 minutes », sur Toronto Star,‎ .
  13. (en) « TransPod website », sur TransPod website,‎ .
  14. (en) Amy Grief, « Excitement builds for Toronto to Montreal Hyperloop », BlogTO,‎ (lire en ligne).
  15. (en) Jessica Galang, « Transpod wants to bring its Canadian-made hyperloop to the world », Betakit,‎ (lire en ligne).
  16. a et b (en) « Transpod's dream: Hyperloop high-speed travel between cities », CBC News,‎ (lire en ligne).
  17. (en) Sebastian Sjöberg, « Hyperloop Makers interview: Transpod, an infrastructure startup », 10X Labs,‎ (lire en ligne).
  18. (en) Evan Pang, « Canadian Tech Company Designing A Pod That Travels 600 KM Per Hour », The Huffington Post Canada,‎ (lire en ligne).
  19. (en) « Quay Valley: The solar-powered, self-sustaining, Hyperloop-connected city of the future », sur IB Times,‎ .
  20. (en) modèle {{Lien web}} : paramètre « url » manquant « Here’s what the people building the Hyperloop want it to look like on the Inside », sur Tech Insider,‎ .
  21. (en)"These are the first images of the Hyperloop test track being built in Nevada" par Cadie Thompson, sur techinsider.io, 1er mars 2016.
  22. « L’Hyperloop : le train du futur a passé son premier test », sur Courrier International,‎ (consulté le 12 mai 2016).
  23. (en) Bryan Clark, « Watch: Hyperloop hits 115 mph in 2 seconds flat », sur The Next Web,‎ (consulté le 12 mai 2016).
  24. (en) « Hyperloop shoots for Europe launch by 2020 », sur CNet.com,‎ .
  25. http://www.radio-monaco.com/news/high-tech/item/10138-la-slovaquie-passe-un-accord-pour-relier-l-autriche-et-la-hongrie-en-hyperloop La Slovaquie passe un accord pour relier l'Autriche et la Hongrie en Hyperloop.
  26. (en)Will The Hyperloop Arise—In Slovakia? sur Spectrum.ieee.org.
  27. « L'Hyperloop, le train qui “roulera” à 1 200 à l'heure », sur journaldunet.com,‎ .

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