Environnement en Espagne

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L'Environnement en Espagne est l'environnement de l'Espagne, à savoir l'ensemble des composants naturels du pays, et l'ensemble des phénomènes et interactions qui s'y déploient. Le territoire espagnol, méditerranéen, héberge une biodiversité importante, du fait de la présence de relief, d'archipels, et de l'influence océanique. L'Espagne est le 29e pays le plus peuplé sur Terre, avec plus de 47 millions d'habitants. C'est également un pays très touristique. Les projets de construction se sont multipliés au cours du XXe siècle, avec une consommation importante de ressources et un impact majeur pour les paysages littoraux. Plus de 3 millions de logements sont pourtant vides en 2011. En 2007, l'Espagne était le 19e pays le plus émetteur de dioxyde de carbone, avec 344 millions de tonnes de CO2 émises. L'empreinte de la pêche est également importante. Les énergies renouvelables se développent, notamment le solaire.

La biodiversité espagnole[modifier | modifier le code]

Principaux milieux naturels[modifier | modifier le code]

Paysage volcanique à Lanzarote.

L'Espagne, sous influence océanique (Océan Atlantique) et méditerranéenne, s'étend au nord jusqu'à la chaine montagneuse des Pyrénées, et comprend des archipels (Baléares, îles Canaries) et deux enclaves en Afrique (Ceuta et Melilla).

Les milieux naturels sont diversifiés, certaines régions étant relativement arides, avec parfois un sol volcanique (par exemple l'île de Lanzarote aux Canaries). La garrigue et le maquis forment l'essentiel de la végétation naturelle.

Faune et flore espagnole[modifier | modifier le code]

Littoral d'El Hierro.
Groupe de trois loups ibériques.

On compte 155 espèces de mammifères en Espagne, dont des mammifères marins (baleines, rorquals...), de montagne (bouquetins, isards...), ou encore des loups gris, Loups ibériques (près de 2 200 individus), ours bruns, lynx, mammifères de milieux humides, etc. Par ailleurs, des espèces endémiques (lézards géants) se sont conservées sur les îles (par exemple sur El Hierro, La Gomera).

Parcs naturels[modifier | modifier le code]

L’Espagne compte 119 parcs naturels. C'est par ailleurs l'un des pays au monde qui compte le plus de réserves de biosphère (plus de trente). De 2004 à 2011, 8 Parcs ont été inclus à la liste des géoparcs reconnus par l'UNESCO.

Impacts sur les milieux naturels[modifier | modifier le code]

Activités humaines[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Agriculture en Espagne.
Serre en Espagne
Élevage ovin dans la Meseta
La Palmeraie d'Elche, la plus grande palmeraie d'Europe.

L'agriculture espagnole a un impact environnemental important, de par :

  • l'importance des surfaces agricoles dédiées à l'exportation (France, Allemagne), y compris en agriculture biologique,
  • la monoculture intensive (fraises, tomates...),
  • la consommation d'eau. En 2004, elle représentait 80 % du total d'eau consommée en Espagne, en raison d'une irrigation par submersion et de pertes[1]).

En 1999, la production de blé était de 5,084 millions de tonnes sur une superficie de 2,242 millions d'hectares, celles de l'orge de 7,399 millions de tonnes sur 3,119 millions d'hectares. L'Espagne a produit 36,6 millions d'hectolitres de vins en 2015[2].

17 % des surfaces cultivées espagnoles sont irriguées et plus de la moitié d'entre elles sont cultivées avec du mais ou des cultures de maraichage. Les autres cultures présentes dans l'irrigation sont le coton, la betterave à sucre, le raisin, les pommes de terre, les oliveraies, etc …

Le cheptel ovin s’élevait en 2009 à 19,7 millions de têtes dont 17 % de brebis laitières[3].

Pêche[modifier | modifier le code]

L'empreinte de la pêche (environ 0,3 gha) est cinq fois plus élevée que la capacité en poisson[4]. L'Espagne est pénalisée par l'Europe pour un dépassement de quota de capture de maquereau (Scomber scombrus) qui en 2010 a atteint 19 621 tonnes (dépassement de 79,7 % du quota)[5].

Transports[modifier | modifier le code]

Les autoroutes espagnoles.

Depuis l'inauguration de la première autoroute dans la région de Madrid en 1942, le réseau autoroutier s'est bien développé. Le transport routier représentait, dans les années 2000, 90 % des différents moyens de transport, Le train seulement 5 %. Le transport routier de marchandises a connu une hausse de puis l'adhésion de l'Espagne à l'Union européenne[6].

Le nombre d'aéroports et le trafic aérien sont également importants.

En Espagne, le transport utilise près de 40 % de la totalité de l’énergie consommée. Ce chiffre augmente jusqu’à 50 % en considérant le cycle productif du transport dans sa totalité. On comptabilise alors non seulement le combustible qu’utilisent les véhicules pour bouger, mais aussi l’énergie consommée pour la fabrication du véhicule, la construction des infrastructures routières, son entretien et, finalement, la destruction du véhicule[6].

Industrie[modifier | modifier le code]

L'industrie est développée. Elle utilise 7 % de la ressource en eau consommée au total (2004)[1].

Pollutions[modifier | modifier le code]

Émissions de gaz à effet de serre[modifier | modifier le code]

Émissions de CO2 en Amérique du Nord et au Canada[7]
En millions de tonnes de CO2[Note 1] 1990 % 1990 2005 2006 2007 2009 2010 % 2010  % var.
2010/1990
Drapeau de l’Union européenne Union européenne à 27 4050 19,3 3979 3988 3926 3571 3660 12,1 -9,6
dont : ex-Union européenne à 15 3081 14,7 3270 3264 3200 2912 2972 9,8 +3,6
Drapeau de l'Espagne Espagne 205 1,0 339 332 345 282 268 0,9 +30,7

En 2007, l'Espagne était le 19e plus gros émetteur de CO2 au monde, avec environ 1,1 % du total des émissions.

Pollution de l'air[modifier | modifier le code]

Près de 80 % de la pollution atmosphérique en Espagne est due au trafic routier[6].

Les poids lourds ne représentent que 10 % des véhicules. Ils émettent néanmoins entre 30 et 40 % des oxydes d’azote (NOx) et des particules en suspension. Ils sont aussi responsables de la plus grande part des émissions d’anhydride sulfureux[6].

L'industrie est le deuxième secteur responsable de la pollution de l'air. Les émissions, notamment d'oxydes d’Azote, proviennent des centrales thermiques de production d’électricité, mais aussi des raffineries et d'autres industries polluantes.

Pollution des eaux[modifier | modifier le code]

La marée noire du pétrolier Prestige a eu lieu en 2002.

La désalinisation produit un litre de saumure (deux fois plus salée que l'eau de mer, et contenant du chlore) pour un litre d'eau douce. Le saumure rejeté à la mer perturbe les écosystèmes[8].

Impacts de l'urbanisation[modifier | modifier le code]

L'urbanisation a profondément modifié et artificialisé les façades littorales. Les projets de constructions touristiques se sont multipliés, entrainant une consommation de ressources non renouvelables, dont le sable utilisable dans le BTP. La vacance de logement est dans les années 2010 extrêmement importante. On compte 3,4 millions de logements vides en 2011, d'après l'INSEE[9].

La mobilisation des ressources naturelles[modifier | modifier le code]

Énergies[modifier | modifier le code]

Carte de la puissance PV installée par habitant dans les communautés autonomes d'Espagne.
source données : EPIA[10]
  •      <1 watt
  •      1—10 watts
  •      10—50 watts
  •      50—100 watts
  •      100—200 watts
  •      200—350 watts
  •      350—500 watts
  •      500—750 watts
  •      >750 watts

En 2012, la principale source d'énergie produite dans le pays était le nucléaire (48 %), suivi de près par les énergies renouvelables (44 %). L'Espagne a joué un rôle pionnier dans le développement de l'énergie éolienne. Le solaire est également très développé.

En 2006, l'Espagne, compte 1 070 grands barrages. C'est le pays au monde qui, proportionnellement à sa superficie, compte la plus importante surface recouverte par de l'eau des barrages[11].

Ressource Eau[modifier | modifier le code]

La ressource est inégalement répartie, du fait des différents climats et du relief, et souffre de déperditions estivales importantes : 68 % des volumes sont perdus par évapotranspiration, alors même que l'été est déjà sec[1]. L'Ebre et le Tage font l'objet de transvasements, générateurs de tension entre l'amont et l'aval des bassins hydrauliques[11]. Le bassin hydrographique du Segura souffre de l'absence de contrôle et de régulation des prélèvements d'eau souterraine pour l'agriculture irriguée[12].

L'Espagne est le premier producteur européen d'eau par dessalement, le 4e au monde. L'usine de Barcelone produit 200 000 m3 d'eau par jour, 73 millions de m3 par an). Elle a été financée à 75 % par l'Europe et construite par une entreprise française[8].

L'exposition aux risques[modifier | modifier le code]

Les risques naturels[modifier | modifier le code]

Arbres arrachés à Güímar (Tenerife)

L'Espagne est exposée à de multiples aléas naturels, notamment : inondations, tempêtes, incendies (liés à la sécheresse chronique du climat), glissements de terrain, séismes, volcanisme (Tenerife aux îles Canaries)...

Les risques technologiques[modifier | modifier le code]

Il existe des risques technologiques en Espagne, liés à la présences d'usines chimiques, de centrales nucléaires, etc.

Une usine chimique a explosé en février 2015, avec émission d'un nuage toxique qui s'est déplacé à proximité de Barcelone[13].

Accident de Palomares[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accident nucléaire de Palomares.

En 1966, un avion américain percute l'avion, équipé de quatre bombes H, qu'il ravitaillait au large de Palomares. Les explosifs conventionnels de deux bombes explosent, dispersant environ 4,5 kg de plutonium sur 250 hectares jusqu'aux fermes situées à 1,6 km des côtes.

Durant la décontamination, 1 400 tonnes de sol légèrement contaminé sont expédiées vers le centre de retraitement de Savannah River Site à Aiken en Caroline du Sud. Les plants de tomates contaminés sont enterrés ou brûlés. L'Espagne n'ayant pas édicté de mesures en cas d'accident nucléaire, les États-Unis, en concertation avec l'Espagne, appliquent les recommandations utilisées au site d'essais du Nevada concernant le plutonium et les autres substances radioactives. En 2008, on estimait que certaines zone étaient encore contaminées.

Politique environnementale en Espagne[modifier | modifier le code]

Traités internationaux et engagements nationaux[modifier | modifier le code]

L'Espagne a signé le protocole de Kyoto.

Dans le cadre de la COP 21, l'Espagne s'est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % d'ici à 2030 par rapport au niveau de 1990, conformément à l'engagement de l'Union européenne[14].

Politique mise en œuvre[modifier | modifier le code]

La politique des transports a privilégié la construction d'infrastructures (routes et autoroutes), incitant aux déplacements individuels, polluants [6].

Depuis le début du XIXe siècle, plusieurs gouvernements ont soutenu le développement des technologies éolienne et solaire. En 2011, le gouvernement espagnol a approuvé un Plan National des Énergies Renouvelables. Mais le nouveau gouvernement espagnol de Mariano Rajoy, après son arrivée au pouvoir fin 2011, a suspendu les dispositifs de soutien aux nouveaux projets d'énergies renouvelables : le ministère de l'Industrie a annoncé le 27 janvier 2012 la clôture temporaire du programme de tarifs d'obligation d'achat d'énergies renouvelables, en raison de la crise économique.

Le gouvernement a lancé en 2000 un vaste plan hydrologique national (PHN) destiné à atténuer les disparités régionales par une meilleure répartition de l'eau sur l'ensemble du territoire. Le plan préconise la modernisation de l'irrigation et la remise en état des canalisations[1].

Politique locale[modifier | modifier le code]

Pontevedra est la première ville sans voiture au monde.

Évaluation environnementale globale[modifier | modifier le code]

En 2015, l'organisation Global Footprint Network (GFN) indique que l'Espagne a un déficit en biocapacité. La biocapacité s'élève à environ 1,5 gha (hectare global par habitant), l'empreinte écologique à environ 3,5 gha. C'est notamment l'empreinte de la pêche (environ 0,3 gha) qui est cinq fois plus élevée que la capacité en poisson ; le bilan carbone est également négatif (-1,3 gha)[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. et non en T Eq.Carbone

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Laurent Carroué, « Gestion de l'eau en Espagne : les canaux de la discorde », alternatives économiques,‎ (lire en ligne).
  2. « L’Italie devient le premier producteur de vin, devant la France », Le Monde Economie,‎ (lire en ligne).
  3. « Les ovins dans l'union européenne », sur http://www.buvettedesalpages.be,‎ (consulté le 25 avril 2016).
  4. a et b Nicolas Enault, « CARTES. Cinq planisphères pour comprendre pourquoi l'humanité vit au-delà des capacités de la Terre », francetvinfo.fr,‎ (lire en ligne).
  5. RÈGLEMENT (UE) N° 165/2011 DE LA COMMISSION du 22 février 2011 prévoyant des déductions applicables à certains quotas attribués à l'Espagne pour le maquereau pour 2011 et les années suivantes en raison de la surpêche pratiquée en 2010 Règlement de la Commission
  6. a, b, c, d et e « Les causes de la pollution de l’air », sur ecologistasenaccion.org,‎ (consulté le 30 octobre 2015).
  7. (en)Trends and projections in Europe 2013, site de l'EEA (Agence européenne de l'environnement), p. 16.
  8. a et b Agnès Rougier, « Dessaler l'eau de mer: la pollution comme prix de l'eau douce », sur rfi.fr,‎ (consulté le 30 octobre 2015).
  9. Edouard de Mareschal, « L'Europe a près de trois fois plus de logements vacants que de sans-abri. », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  10. (en) "Global Market Outlook for Photovoltaics 2014-2018", page 24
  11. a et b Claire König, « Géopolitique et guerre de l'eau », sur futura-sciences.com,‎ (consulté le 31 octobre 2015).
  12. OCDE, Coût de l'inaction sur des défis environnementaux importants, (lire en ligne), p.197.
  13. « Nuage toxique en Espagne : Barcelone menacé », sur http://www.risques.gouv.fr,‎ (consulté le 31 octobre 2015).
  14. Pierre Le Hir, « Les engagements des Etats encore insuffisants pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C », Le Monde,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Organisation de coopération et de développement économiques, Espagne 2015, OCDE, coll. « Examens environnementaux de l'OCDE », , 260 p. (ISBN 978-92-64-23503-8).

Liens externes[modifier | modifier le code]