Bouquetin des Pyrénées

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Capra pyrenaica pyrenaica

Capra pyrenaica pyrenaica
Description de cette image, également commentée ci-après
Bouquetin des Pyrénées (illustration de 1898).
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Artiodactyla
Famille Bovidae
Sous-famille Caprinae
Genre Capra
Espèce Capra pyrenaica

Sous-espèce

Capra pyrenaica pyrenaica
Schinz, 1838

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
Répartition historique du Bouquetin des Pyrénées, aujourd'hui éteint.

Statut de conservation UICN

( EX )
EX  : Éteint

Le Bouquetin des Pyrénées (Capra pyrenaica pyrenaica) est l'une des quatre sous-espèces du Bouquetin ibérique (Capra pyrenaica).

Cette sous-espèce s'est éteinte officiellement en [1].

Description[modifier | modifier le code]

Bouquetin des Pyrénées naturalisé.

Cette sous-espèce avait la particularité d'avoir les cornes plus longues que tous les autres bouquetins d'Espagne et des marques sombres sur le pelage[2]. Elle vivait dans les Pyrénées françaises et espagnoles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Disparition[modifier | modifier le code]

Le bouquetin des Pyrénées a disparu du versant français de la chaîne dès le début du XXe siècle. Celui-ci a été victime de la chasse intensive et sportive, étant une des proies privilégiées des chasseurs de trophée. Le dernier individu a été tué près du lac de Gaube, près de Cauterets, en 1910[3].

En 1918, le parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu est créé côté espagnol. Il sert de refuge à la population relictuelle de bouquetins des Pyrénées. Mais malgré les efforts de conservation, la population ne cesse de décliner pour finalement disparaître à la toute fin du XXe siècle. La dernière femelle vivante a été retrouvée morte en janvier 2000 par des gardes du parc national d'Ordesa, la tête écrasée par la chute d'un arbre[4]. La sous-espèce disparaît ainsi officiellement avec elle.

Clonage[modifier | modifier le code]

La compagnie de biotechnologie Advanced Cell Technology (en) (ACT Inc.) a annoncé le 8 octobre 2000 que le gouvernement espagnol avait accepté leur offre d'utiliser la technologie de clonage par transfert nucléique en collaboration avec d'autres partenaires scientifiques afin de cloner le bouquetin des Pyrénées, à partir des tissus prélevés en 1999[citation nécessaire]. Les chercheurs pensaient que ce projet serait plus facile à réaliser que le clonage de l'espèce en danger Bos gaurus (le gaur), car la biologie de la reproduction des bouquetins est mieux connue et la période de gestation normale est seulement de cinq mois. ACT Inc. s'est entendu avec le gouvernement d'Aragon sur le fait que les bouquetins clonés seraient relâchés dans leur habitat naturel.

Le projet ne peut cependant avoir un réel intérêt pour la conservation de la sous-espèce que si plusieurs bouquetins peuvent être clonés afin d'obtenir un pool génétique suffisant pour pouvoir restaurer une population viable, et éviter les phénomènes de dérive génétique. Cloner un seul individu ne permettrait pas de sauver la sous-espèce.

Des tissus vivants, prélevés en 1999 sur la dernière femelle vivante, nommée Celia, avant sa mort, ont permis d'engager le processus de clonage. Néanmoins un problème majeur est apparu : s'il était possible de créer un clone de Celia, les seuls tissus en possession des chercheurs étaient des tissus femelles. Pour pouvoir espérer restaurer la sous-espèce, il est impératif de cloner également des mâles. Une solution envisageable pourrait être de croiser les clones de Celia avec des mâles d'autres sous-espèces, bien que la descendance ainsi engendrée ne soit pas de pure souche. Un plan plus ambitieux serait de remplacer un des chromosomes X de l'ADN prélevé sur Celia et de le remplacer par un chromosome Y provenant d'une sous-espèce de bouquetin encore existante, afin de créer un mâle. Mais une telle technologie n'existe pas encore et il n'est pas possible de savoir si une telle expérience serait faisable sans endommager irrémédiablement la cellule.

Deux équipes de scientifiques espagnols et une équipe française sont impliquées dans ce projet de clonage[5]. Le projet est coordonné par le Service de recherche en agriculture et alimentation du gouvernement d'Aragon (en espagnol : Servicio de Investigación Agroalimentaria del Gobierno de Aragón) et par l'Institut national de recherche sur les technologies agraires et alimentaires (Instituto Nacional de Investigación y Tecnología Agraria y Alimentaria). L'Institut national de la recherche agronomique (INRA) français est également impliqué dans le projet.

Des cellules somatiques prélevées dans les tissus de Celia ont été fusionnées avec des ovocytes de chèvres dont les noyaux ont été préalablement enlevés. L'embryon obtenu a ensuite été transféré dans une chèvre domestique (Capra hircus). En 2003, il a été annoncé que la première tentative de cloner le bouquetin des Pyrénées avait échoué. Sur les 285 embryons créés, 54 ont été transférés à 12 chèvres, mais seulement deux ont survécu durant les deux premiers mois de gestation avant de mourir également[5], une première néanmoins encourageante selon le chercheur en chef responsable du projet, José Folch[6]. Les tentatives ultérieures ont conduit en 2009 à la naissance d’un clone qui est mort quelques minutes après la naissance à cause d’un défaut physique au niveau des poumons[7]. Le projet de clonage a été arrêté depuis, peut-être en raison des coûts et des problèmes éthiques associés[8].

Réintroduction de bouquetins dans les Pyrénées françaises[modifier | modifier le code]

Plus de 100 ans après la disparition des derniers bouquetins vivant dans les Pyrénées françaises, l'Espagne et la France ont donné leur feu vert à l'introduction de bouquetins ibériques dans le parc national des Pyrénées et dans le parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises[9]. Les premiers bouquetins relâchés en 2014 proviennent de la sierra de Guadarrama en Espagne. Il ne s'agit pas exactement d'une réintroduction car la sous-espèce n'est pas exactement la même. En 2018, leur population atteint près d'une centaine d'individus[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] Plan de restauration du Bouquetin (Capra pyrenaica) dans les Pyrénées Françaises 2012-2020, 9 novembre 2012, page 16
  2. Michel CLOUET, « Le Bouquetin d'Espagne », Le Courrier de la Nature, no 51,‎ , p. 227-232
  3. « Le bouquetin », sur PNR (consulté le )
  4. « BBC News | SCI/TECH | Clone plan for extinct goat », sur news.bbc.co.uk (consulté le )
  5. a et b (es) « Fracasa la primera clonación de un animal extinto en España : Sólo dos meses de Gestación », sur El mundo, (consulté le ).
  6. (es) J. Folch et al., « Produccion de embriones de bucardo (Capra pyrenaica pyrenaica) mediante clonacion por transferencia nuclear de fibroblastos a oocitos de cabra domestica (Capra hircus) », ITEA Informacion Tecnica Economica Agraria, vol. 24, no 1,‎ , p. 282-284 (ISSN 0212-2731)
  7. (en) J. Folch et al., « First birth of an animal from an extinct subspecies (Capra pyrenaica pyrenaica) by cloning », Theriogenology, vol. 71, no 6,‎ , p. 1026-1034 (ISSN 0093-691X, OCLC 317189169)
  8. (en) J. Lopez-Saucedo et al., « Revival of extinct species using nuclear transfer : hope for the mammoth, true for the Pyrenean ibex, but is it time for "conservation cloning" ? », Cloning and stem cells, vol. 11, no 3,‎ , p. 341-346 (ISSN 1536-2302, OCLC 436875294)
  9. Emmanuelle Gayet, 5e lâcher de bouquetins ibériques dans les Pyrénées françaises, blog de France 3 Midi-Pyrénées, 9 octobre 2014
  10. France 3 Région Occitanie, Le blog des Pyrénées, consulté le 2 novembre 2018.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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