Bouquetin des Pyrénées

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Capra pyrenaica pyrenaica

Le bouquetin des Pyrénées (Capra pyrenaica pyrenaica) est l'une des quatre sous-espèces du bouquetin d'Espagne (Capra pyrenaica).

Cette sous-espèce s'est éteinte officiellement en 2000[1].

Description[modifier | modifier le code]

Cette espèce avait la particularité d'avoir les cornes plus longues que tous les autres bouquetins d'Espagne et des marques sombres sur le pelages[2]. Elle vivait dans les Pyrénées françaises et espagnoles. Il existe déjà des zones protégées dans les Pyrénées où pourraient être réintroduites d'autres sous-espèces de bouquetins[3].

Réintroduction de bouquetins[modifier | modifier le code]

Plus de 100 ans après la disparition des derniers bouquetins vivant dans les Pyrénées françaises (tués en 1910 aux environs du lac de Gaube, près de Cauterets), la France a donné son feu vert à l'introduction de bouquetins ibériques dans le parc national des Pyrénées[4]. Les premiers individus relâchés en 2014 proviennent de Gredos et de Tortosa en Espagne. Il ne s'agit pas exactement d'une réintroduction car la sous-espèce n'est pas exactement la même.

Clonage[modifier | modifier le code]

La compagnie de biotechnologie Advanced Cell Technology (en) (ACT Inc.) a annoncé le 8 octobre 2000 que le gouvernement espagnol avait accepté leur offre d'utiliser la technologie de clonage par transfert nucléique en collaboration avec d'autres partenaires scientifiques afin de cloner le bouquetin des Pyrénées, à partir des tissus prélevés en 1999[citation nécessaire]. Les chercheurs pensaient que ce projet serait plus facile à réaliser que le clonage de l'espèce en danger Bos gaurus (le gaur), car la biologie de la reproduction des bouquetins est mieux connue et la période de gestation normale est seulement de cinq mois. ACT Inc. s'est entendu avec le gouvernement d'Aragon sur le fait que les bouquetins clonés seraient relâchés dans leur habitat naturel.

Le projet ne peut cependant avoir un réel intérêt pour la conservation de l'espèce que si plusieurs bouquetins peuvent être clonés afin d'obtenir un pool génétique suffisant pour pouvoir restaurer une population viable, et éviter les phénomènes de dérive génétique. Cloner un seul individu ne permettrait pas de sauver la sous-espèce.

Des tissus vivants, prélevés en 1999 sur la dernière femelle vivante, nommée Celia, avant sa mort, ont permis d'engager le processus de clonage. Néanmoins un problème majeur est apparu : s'il était possible de créer un clone de Celia, les seuls tissus en possession des chercheurs étaient des tissus femelles. Pour pouvoir espérer restaurer la sous-espèce, il est impératif de cloner également des mâles. Une solution envisageable pourrait être de croiser les clones de Celia avec des mâles d'autres sous-espèces, bien que la descendance ainsi engendrée ne soit pas de pure souche. Un plan plus ambitieux serait de remplacer un des chromosome X de l'ADN prélevé sur Celia et de le remplacer par un chromosome Y provenant d'une sous-espèce de bouquetin encore existante, afin de créer un mâle. Mais une telle technologie n'existe pas encore et il n'est pas possible de savoir si une telle expérience serait faisable sans endommager irrémédiablement la cellule.

Deux équipes de scientifiques espagnols et une équipe française sont impliquées dans ce projet de clonage[5]. Le projet est coordonné par le Service de recherche en agriculture et alimentation du gouvernement d'Aragon (en espagnol : Servicio de Investigación Agroalimentaria del Gobierno de Aragón) et par l'Institut national de recherche sur les technologies agraires et alimentaires (Instituto Nacional de Investigación y Tecnología Agraria y Alimentaria). L'Institut national de la recherche agronomique (INRA) français est également impliqué dans le projet.

Des cellules somatiques prélevées dans les tissus de Celia ont été fusionnées avec des ovocytes de chèvres dont les noyaux ont été préalablement enlevés. L'embryon obtenu a ensuite été transféré dans une chèvre domestique (Capra hircus). En 2003, il a été annoncé que la première tentative de cloner le bouquetin des Pyrénées avait échoué. Sur les 285 embryons créés, 54 ont été transférés à 12 chèvres, mais seulement deux ont survécu durant les deux premiers mois de gestation avant de mourir également[5], une première néanmoins encourageante selon le chercheur en chef responsable du projet, José Folch[6]. Les tentatives ultérieures ont conduit en 2009 à la naissance d’un clone qui est mort quelques minutes après la naissance à cause d’un défaut physique au niveau des poumons[7]. Le projet de clonage a été arrêté depuis, peut-être en raison des coûts et des problèmes éthiques associés[8].

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] Plan de restauration du Bouquetin (Capra pyrenaica) dans les Pyrénées Françaises 2012-2020, 9 novembre 2012, page 16
  2. Michel CLOUET, « Le Bouquetin d'Espagne », Le Courrier de la Nature, no 51,‎ , p. 227-232
  3. Carine Peyrières, « Peut-on ressusciter des espèces disparues ? », Science & Vie Junior, no 300 Bis,‎ , p. 7-11
  4. Virginie Bhat, « Le bouquetin revient dans les Pyrénées », sur Xoriburu, (consulté le 12 octobre 2014).
  5. a et b (es) « Fracasa la primera clonación de un animal extinto en España : Sólo dos meses de Gestación », sur El mundo, (consulté le 12 juin 2007).
  6. (es) J. Folch et al., « Produccion de embriones de bucardo (Capra pyrenaica pyrenaica) mediante clonacion por transferencia nuclear de fibroblastos a oocitos de cabra domestica (Capra hircus) », ITEA Informacion Tecnica Economica Agraria, vol. 24, no 1,‎ , p. 282-284 (ISSN 0212-2731)
  7. (en) J. Folch et al., « First birth of an animal from an extinct subspecies (Capra pyrenaica pyrenaica) by cloning », Theriogenology, vol. 71, no 6,‎ , p. 1026-1034 (ISSN 0093-691X, OCLC 317189169)
  8. (en) J. Lopez-Saucedo et al., « Revival of extinct species using nuclear transfer : hope for the mammoth, true for the Pyrenean ibex, but is it time for "conservation cloning" ? », Cloning and stem cells, vol. 11, no 3,‎ , p. 341-346 (ISSN 1536-2302, OCLC 436875294)