Environnement au Portugal

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L'environnement au Portugal est l'environnement (ensemble des éléments - biotiques ou abiotiques - qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins) du pays Portugal.

La biodiversité au Portugal[modifier | modifier le code]

Géographie du Portugal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Portugal.

Dans le nord du pays, le paysage est montagneux ; au centre et au sud s'étendent des plateaux propices à l'agriculture.

De Lisbonne jusqu'à l'Alentejo, le relief est plutôt caractérisé par des plaines[1]. Le Portugal est traversé par plusieurs fleuves, certains prenant leurs sources en Espagne comme le Douro, le Minho, Guadiana et le plus célèbre, le Tage. D'autres fleuves importants naissent, eux, au Portugal comme le Mondego, le Sado et Mira[2]. Le pays compte plusieurs écorégions dont la forêt sclérophylle et semi-caduque ibérique.

Le climat du Portugal est de type méditerranéen selon la classification de Köppen. D'après cette classification, le climat est caractérisé essentiellement par des étés chauds et secs et des hivers plus ou moins doux.

Habitat, faune et flore[modifier | modifier le code]

La rivière Guadiana à hauteur de Serpa, Alentejo.
Articles détaillés : Faune du Portugal, Flore du Portugal et Açores.

En ce qui concerne les forêts portugaises, le pin (plus particulièrement le Pinus pinaster et le Pinus pinea), le châtaignier, le chêne-liège, le chêne vert, le chêne du Portugal, et l'eucalyptus sont très répandus. L'eucalyptus, qui est souvent l'essence replantée après un incendie, alors même qu'elle est hautement inflammable, est en expansion. Il recouvrirait 9 % du territoire en 2017[3].

La position septentrionale de l’archipel des Açores, au milieu de l’Atlantique Nord, et les abondantes précipitations (pouvant dépasser 4 000 mm dans les zones les plus élevées) lui confèrent une végétation toute particulière, que l’on ne retrouve souvent pas dans les autres îles de la Macaronésie. On y trouve par exemple des milieux propres aux climats froids, tels que les tourbières, où abondent les sphaignes.

Le Portugal abrite près de 330 espèces d'oiseaux : Merle bleu, caille, perdrix rouge, aigle impérial, coucou, bécasse, cigogne noire, vautour d'Égypte, pie bleue... C'est une escale importante pour les oiseaux migrateurs, sur les sites du cap Saint-Vincent et de la Serra do Monchique, où des milliers d'oiseaux qui volent de l'Europe vers l'Afrique en automne ou sur la direction opposée peuvent être vus au printemps. Par ailleurs, la population de cigogne blanche a fortement augmenté en 30 ans, passant de 1 533 couples en 1984 à près de 12 000 couples en 2014[4].

Les eaux marines portugaises sont parmi les plus riches en biodiversité au niveau mondial. La mer des Açores héberge différentes espèces de cétacés, dont les plus fréquents sont les cachalots, les baleines à bec et les dauphins. On y trouve également quelques espèces de requins, allant du requin nain au requin-baleine, le sabre ou trichiurus, le thon, la bonite à ventre rayé (katsuwonus pelamis), le congre, la murène, le chinchard (« chicharro» en portugais). Les poulpes, les oursins, les étoiles de mer, les patelles (« lapas» en portugais), les thoracica (« cracas » en portugais) peuplent les zones côtières. Les lacs et rivières recèlent truites, perches, carpes et brochets. Dans les Açores, les sources hydrothermales, très profondes, constituent un habitat singulier, qui abrite des écosystèmes uniques, avec une forte densité d’espèces endémiques, comprenant des bactéries chimioautotrophes, des moules géantes, des polychètes, des crevettes, auxquels s’associent patelles, crabes et poissons abyssaux[5].

Le Portugal est également le domicile de grands mammifères comme des cerfs, des sangliers, des renards, des blaireaux, des martres et des genettes. En 2019, pour la 1re fois depuis 200 ans, un ours brun est observé dans le nord-est du Portugal. La population était stable au XVIIIème et jusqu'à la fin du XIXème siècle, ils se sont ensuite éteints[6].

L'écrevisse de Louisiane, espèce invasive, a été introduite dans les années 1970 et a proliféré[4].

Espaces protégés[modifier | modifier le code]

C'est la troisième plus grande zone exclusive de l'Union européenne et la onzième à l'échelle mondiale. Les régions protégées au Portugal incluent un parc national, 12 parcs naturels, 9 réserves naturelles, 5 monuments naturels et 7 paysages protégés, s'étendant du Parc National de Peneda-Gerês jusqu'au Parc delabite da Estrela et à la Réserve naturelle de Paul de Arzila.


Réseau européen Natura 2000[modifier | modifier le code]

Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent.

En décembre 2018, le Portugal comptait 166 sites dont :

La superficie totale est de 57 062 km2, ce qui représente 20,7 % de la surface terrestre et marine du territoire du Portugal[7].

Cartographie des sites Natura 2000 du Portugal[modifier | modifier le code]

Impacts sur les milieux naturels[modifier | modifier le code]

Activités humaines[modifier | modifier le code]

  • Utilisation de la terre :
    • terres cultivables : 26 % (23 000 km2)
    • terres cultivées : 6 300 km2
      • dont terre irriguée : 6 300 km2 (environ)
    • récoltes permanentes : 9 %
    • pâturages permanents : 9 %
    • forêts et région boisée : 36 %
    • autre : 20 % (artificialisation)

Agriculture et pêche[modifier | modifier le code]

Champ typique de l'Alentejo, région d'exploitation du chêne liège.

L'industrie de la pêche est importante.

Le Portugal est le premier producteur de liège.

Sur l'archipel des Açores, les forêts furent en grande partie abattues pour faire place aux pâturages nécessaires à l’élevage bovin.

Industrie[modifier | modifier le code]

L’industrie du papier et de la pâte à papier (alimentée pour l'essentiel par le bois d'eucalyptus), représente 1 % du PIB portugais malgré le peu d'emplois directs créés[3].

Infrastuctures et transports[modifier | modifier le code]

Article détaillé : transport au Portugal.

Le réseau haute tension s'est rapidement développé, avec 5 870 km de lignes en 1993 et 8 630 aujourd'hui[4]. 2 500 nids de cigognes sont installés en 2015 sur ces lignes[4].

Pression sur les ressources non renouvelables[modifier | modifier le code]

Pollutions[modifier | modifier le code]

Les émissions de gaz à effet de serre (GES)[modifier | modifier le code]

La pollution de l'air[modifier | modifier le code]

La pollution de l'eau[modifier | modifier le code]

La gestion des déchets[modifier | modifier le code]

Impacts de l'urbanisation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Villes du Portugal.

L'exposition aux risques[modifier | modifier le code]

Le Portugal est exposé à de multiples aléas naturels : inondations, tempêtes, incendies, glissements de terrain...

Feux de forêt[modifier | modifier le code]

Du fait des chaleurs et sécheresse, liées à la géographie du pays, les feux de forêt sont régulièrement importants sur le territoire. Des zones gigantesques ont par exemple brulé en 2003 et 2005, et l'île de Madère, notamment, a été durement touchée en 2016. En 2017, le Portugal connait le feu de forêt le plus meurtrier de son histoire récente : l'incendie de Pedrógão Grande, provoquant la mort de 64 personnes. Les plantations d'eucalyptus, essence hautement inflammable, sont montrées du doigt[3].

Politique environnementale au Portugal[modifier | modifier le code]

Traités internationaux[modifier | modifier le code]

Le Portugal a signé le protocole de Kyoto.

Dans le cadre de la COP 21, le Portugal s'est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % d'ici à 2030 par rapport au niveau de 1990, conformément à l'engagement de l'Union européenne[8].

Énergie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie au Portugal.

En 2015, les énergies renouvelables fournissent 48 % de l'électricité du pays. En mai 2016, le Portugal a fonctionné durant 4 jours consécutifs uniquement avec des énergies vertes[9].

Protection de la biodiversité[modifier | modifier le code]

Le Portugal mène une politique importante de préservation des cigognes.

Le nombre de gardes forestiers est par contre passé de 1 200 à 317[3] au début des années 2010.

Gestion des risques[modifier | modifier le code]

Depuis mars 2018, 18 500 chèvres participent à la lutte contre les feux de forêt au Portugal en défrichant les espaces délaissés, escarpés[10]...

Politiques locales[modifier | modifier le code]

Évaluation environnementale globale[modifier | modifier le code]

En 2015, l'organisation Global Footprint Network (GFN) indique que le Portugal a un déficit écologique. La biocapacité par personne s'élève à environ 1,51 hag (hectare global par habitant), l'empreinte écologique par personne à 3,34 hag. L'empreinte agricole et l'empreinte carbone sont environ deux fois plus importantes que la capacité agricole d'une part, forestière d'autre part[11].

Le jour du dépassement (date de l’année, calculée par l'ONG américaine Global Footprint Network, à partir de laquelle l’humanité est supposée avoir consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an) du pays[Note 1] est le 26 mai[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le jour du dépassement calculé par pays est le jour où le dépassement mondial se produirait si toute la population mondiale consommait comme la population du pays en question.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Plaines entre Lisbonne et l'Alentejo, page visitée le 8 octobre 2009.
  2. (pt) Fleuves portugais, page visitée le 8 octobre 2009.
  3. a b c et d Patricia Neves, « Incendies meurtriers au Portugal : le business de l'eucalyptus et l'austérité européenne accusés », Marianne,‎ (lire en ligne, consulté le 22 août 2019).
  4. a b c et d Jean-Jacques Fresko, « Bienvenue sur nos lignes », Terre sauvage, no 320,‎ , p. 53-60.
  5. (pt) « Geoparque Açores, Flora e Fauna », (consulté le 5 octobre 2014)
  6. « Un ours signalé au Portugal pour la première fois en près de 200 ans », sur France info, (consulté le 11 mai 2019).
  7. https://www.eea.europa.eu/data-and-maps/dashboards/natura-2000-barometer
  8. Pierre Le Hir, « Les engagements des États encore insuffisants pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 30 octobre 2015).
  9. « Le Portugal a fonctionné pendant 4 jours uniquement avec des énergies vertes », francetv info,‎ (lire en ligne, consulté le 22 mai 2016).
  10. Courrier international & The New York Times, « Le chiffre du jour.Au Portugal, des milliers de chèvres pour lutter contre les incendies », sur Courrier international, (consulté le 22 août 2019).
  11. Nicolas Enault, « CARTES. Cinq planisphères pour comprendre pourquoi l'humanité vit au-delà des capacités de la Terre », francetvinfo.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 7 octobre 2015).
  12. Frédéric Mouchon, « Jour du dépassement : quelles solutions pour la planète ? », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le 11 mai 2019).