Dix petits nègres

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Dix petits nègres
Auteur Agatha Christie
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Roman policier
Version originale
Langue Anglais
Titre Ten Little Niggers (1939, Royaume-Uni)
And Then There Were None
(1940, États-Unis)
Éditeur Collins Crime Club
Lieu de parution Londres
Date de parution
Version française
Traducteur Louis Postif
Éditeur Librairie des Champs-Élysées
Collection Le Masque no 299
Date de parution 1940
Nombre de pages 244 p.

Dix petits nègres est un roman policier d'Agatha Christie publié en au Royaume-Uni et en 1940 en France.

Dans le roman, dix personnages, dont chacun, dans le passé, a perpétré un homicide contre lequel la justice est impuissante, sont invités à se rendre sur une île et, bien qu'ils en soient alors les seuls résidents, sont mystérieusement assassinés l'un après l'autre, d'une façon qui rappelle inexorablement les dix couplets d'une comptine.

Avec plus de 100 millions d'exemplaires, ce livre est le plus vendu des romans d'Agatha Christie. C'est également, dans la liste des ouvrages les plus vendus au monde, le premier roman policier et le sixième livre tous genres confondus[1]. Il est 19e dans le classement des cent meilleurs romans policiers de tous les temps établi par la Crime Writers' Association en 1990, et 10e dans celui de la Mystery Writers of America en 1995. Il a été adapté plusieurs fois au théâtre, au cinéma, à la télévision et en jeu vidéo.

Toutes les éditions françaises portent le titre Dix petits nègres, quoique le roman soit connu, en anglais, sous trois titres différents :

  • Ten Little Niggers (version originale britannique, conforme au titre de la chanson de 1869[2]),
  • Ten Little Indians (version alternative américaine, calquée sur le titre de la chanson de 1868[3]),
  • And Then There Were None (version originale américaine, tirée du dernier vers de la chanson, et titre définitif).

Résumé[modifier | modifier le code]

Dix personnes n'ayant aucun point commun entre elles se retrouvent sur l'île du Nègre sous le prétexte d'invitations ou d'offres d'emplois : le général John Macarthur, Vera Claythorne, Emily Brent, le juge Lawrence Wargrave, Philip Lombard, le docteur Edward Armstrong, William Henry Blore, Anthony Marston, ainsi que le couple Thomas et Ethel Rogers. Isolés du continent, sous une tempête qui affecte l'île, leurs hôtes Mr et Mrs A. N. O'Nyme restant mystérieusement absents, les invités et domestiques se voient chacun accusés de meurtre par une voix enregistrée. Anthony Marston, qui prend les accusations à la légère s'étouffe en buvant son whisky. Les personnes sont alors tuées l'une après l'autre, d'une façon qui rappelle les couplets d'une comptine parlant de dix petits nègres et qui se trouve affichée dans chaque chambre. La dernière personne vivante, devenue folle, se pend.

L'affaire est dans les mains de la police.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Chapitres 1 et 2[modifier | modifier le code]

Dix personnes sont invitées sur l’île du Nègre par un certain Algernoon Norman O'Nyme, une certaine Alvina Nancy O'Nyme (A. N. O'Nyme) et une certaine lady Constance Culmington :

  • Le juge Lawrence John Wargrave
  • Vera Elizabeth Claythorne, une institutrice engagée comme secrétaire sur l'îlot
  • Philip Lombard
  • Emily Caroline Brent
  • Le Dr Edward George Armstrong, un docteur réputé qui est invité pour soigner Mme O'Nyme sur l'île
  • Anthony James Marston
  • William Henry Blore
  • Le général John Gordon Macarthur
  • Thomas et Ethel Rogers, deux domestiques.

À la gare d’Oakbridge, Lombard, Véra, Wargrave et Miss Brent sortent du premier train. Le général Macarthur sort du deuxième train. Ils se retrouvent tous au port, rejoints par Anthony qui arrive en voiture. Ils montent dans une barque conduite par M. Narracott pour rejoindre l’île du Nègre. Quand ils arrivent à la demeure des O'Nyme sur l'île, les hôtes sont absents. Le docteur Armstrong arrive le soir. Thomas et Ethel Rogers sont les domestiques arrivés un jour plus tôt. Les invités découvrent une mystérieuse comptine affichée dans chaque chambre parlant de dix petits nègres.

Chapitres 3 et 4[modifier | modifier le code]

Après le diner, les invités remarquent sur la table centrale du salon un plateau avec dix statuettes de porcelaine représentant des petits nègres.

Puis subitement les dix invités sont accusés de meurtres par une voix dans la demeure. Mme Rogers, la domestique, fait un malaise en entendant son accusation. Le Dr Armstrong lui donne une somnifère pour l'aider à dormir après l'avoir accompagné dans la chambre avec son mari. Tous les invités connaissaient les personnes qu’elles sont accusées d'avoir tuées. Par exemple la victime du juge Wargrave est Edward Seton qu'il a fait condamner à mort.

Anthony Marston meurt juste après avoir avalé une gorgée de whisky.

Chapitre 5 et 6[modifier | modifier le code]

Le Dr Armstrong trouve du cyanure dans le verre de la victime. Blore pense qu'Anthony Marston s’est suicidé en s'empoisonnant lui-même car il s'est servi lui-même le verre. La mort de Marston correspond au début de la comptine.

Les neuf invités vont ensuite se coucher, ils pensent à leurs victimes respectives.

Mme Rogers ne s’est pas réveillée au petit matin, elle est décédée pendant son sommeil. Miss Brent pense qu'elle est morte de remords et Blore pense que son mari l'a empoisonné. Le bateau ne vient pas pour le ravitaillement. Il ne reste que huit statuettes.

Chapitres 7 et 8[modifier | modifier le code]

Ensuite, Blore, Armstrong et Lombard visitent l’île à la recherche de ce M. O'Nyme. Mais ils n'en trouvent aucune trace. Le général Macarthur pense que tous les invités vont mourir. Blore et Armstrong trouvent le général mystérieux. Ne trouvant rien sur l’île, ils fouillent la maison, en vain.

Chapitres 9 et 10[modifier | modifier le code]

Blore pense maintenant que madame Rogers est morte à cause du docteur Armstrong, qui lui aurait donné trop de somnifères, ce que rejette totalement le médecin. Conseillé par Isaac Morris, l'homme engagé par M. O'Nyme pour organiser le séjour sur l'île, Philip Lombard a apporté un revolver. Ils se mettent à déjeuner, mais le général n’est pas là. Armstrong va le chercher, mais le retrouve mort. Il ne reste plus que sept statuettes. Après avoir examiné le corps, le médecin affirme qu’il est mort frappé à la nuque. Le juge Wargrave pense que M. O'Nyme fait partie des invités. Il cherche parmi tous les invités le coupable et déclare que pour le deuxième crime, personne ne peut être entièrement exempt de soupçon. Et il ne sait pas qui a tué le général Macarthur.

Philip Lombard pense que c’est le juge Wargrave le coupable, alors que Véra Claythorne pense plutôt au docteur Armstrong. Le rideau rouge de la salle de bain a été volé.

Chapitres 11 et 12[modifier | modifier le code]

Au matin, Rogers a disparu et sur la table, il ne reste que six statuettes. Rogers est retrouvé mort, alors qu’il coupait du bois. L’assassin l’a frappé à l'arrière de la tête avec une hache. Miss Brent est soupçonnée avant d'être retrouvée morte à son tour dans la salle à manger. Le médecin diagnostique une piqure par une seringue contenant du cyanure. Ils mettent toutes les drogues et armes dans un coffre-fort pour se préserver d’un nouveau meurtre, mais le revolver de Lombard a disparu.

Chapitres 13 et 14[modifier | modifier le code]

Le juge Wargrave est retrouvé mort à son tour d’un coup de revolver dans la tête, alors que les quatre autres étaient dans la chambre de Véra. La jeune femme eut la frayeur de sa vie à cause d'une algue visqueuse accrochée au plafond, lui faisant croire à une main qui l'étranglait, et ses hurlements ont alerté les hommes au salon.

La combine de l’assassin était de distraire les autres avec l'algue qui a fait peur à Véra, afin d’abattre entre-temps le vieux juge. Le revolver est revenu dans la chambre de Philip Lombard. Dans la nuit, Blore entend un bruit, quelqu'un se déplaçant dans la maison. Il va frapper à la porte de ses compagnons : Véra et Philip sont dans leur chambre, mais pas le docteur. Blore et Lombard partent à sa recherche mais Armstrong a disparu on ne sait où, et sur la table, il ne reste que trois petits nègres.

Chapitre 15[modifier | modifier le code]

À cause de la comptine qui parle d'un poisson d'avril, Véra pense qu’Armstrong a seulement feint sa mort, qu’il a enlevé une statuette et qu’il se cache sur l’île, car on n’a pas retrouvé son corps. Véra et Philip ne veulent plus rentrer dans la maison, afin de pouvoir voir l’assassin rôdant sur l'île. Blore part seul dans la maison pour manger. Quelque temps après Véra et Philip ressentent une secousse et un cri venant de la maison, ils s'y précipitent et retrouvent Blore mort le crane écrasé par une pendule en marbre tombée d'une fenêtre. Les deux survivants pensent donc qu'Armstrong se cache dans la maison. Mais quelques heures plus tard, ils retrouvent le cadavre du médecin rejeté par la mer.

Chapitre 16[modifier | modifier le code]

Il ne reste donc que deux survivants : Véra Claythorne et Philip Lombard. Chacun d'eux se dit que l'autre est le meurtrier. Grâce à une feinte, Véra réussit à subtiliser son revolver à Lombard. Philip meurt quelques instants plus tard, assassiné par Véra d’une balle en pleine poitrine. Véra se retrouve seule et soulagée, mais étrangement fatiguée. En rentrant dans la maison, elle casse deux des trois statuettes restantes et emporte la dernière avec elle. Elle va dans sa chambre, et voit alors un nœud coulant suspendu à un crochet, et une chaise en dessous. Véra réalise alors qu'elle vient de tuer un homme, et dans une sorte de délire, elle croit que son ancien amant, Hugo, désire qu'elle se suicide. Elle lâche la dernière statuette qui se brise sur le sol. Elle s’accroche à la corde, fait basculer la chaise et elle meurt, pendue. Les dix petits nègres sont tous morts.

Épilogue[modifier | modifier le code]

Un sous-chef de police et l’inspecteur Maine essaient de percer le mystère de la mort des dix petits nègres. Ils passent en revue chacun des invités, et voient la possibilité de chacun d'être le meurtrier. Malheureusement, en vue des indices découverts sur les lieux du crime, ils en déduisent qu'aucun d'eux n'aurait logiquement pu tuer tous les autres puis se suicider. La seule qui aurait pu le faire est Véra Claythorne : cependant, la police a découvert que la chaise qu'elle a renversée pour se suicider a été par la suite remise en place le long du mur, ce qui signifie que quelqu'un était encore en vie dans la maison après la mort de la jeune femme. Malgré tous les indices, les enquêteurs ne trouvent rien de plus, le crime reste donc, à leurs yeux, bien mystérieux et totalement insoluble.

Mais une bouteille à la mer est retrouvée, avec une confession signée du vrai meurtrier de l'île du Nègre : le juge Lawrence Wargrave. Il a tué stratégiquement tous ses compagnons, puis simulé sa propre mort, avec la complicité du docteur Armstrong, qui était trop naïf. Il a ensuite tué Armstrong et Blore, laissant le soin à Lombard et Véra de se suspecter et attendant que l'un tue l'autre. Véra, sous la peur, a ainsi tué Lombard. Puis, Wargrave a placé la mise en scène de la corde et de la chaise dans la chambre de la jeune femme, et a attendu qu'elle vienne, espérant que le choc psychologique associé au fait qu'elle venait de commettre un meurtre la pousse à se suicider, ce qui s'est effectivement passé. Ensuite, alors que tous les autres étaient morts, le juge s'est suicidé en dernier dans son lit, grâce à un habile stratagème faisant en sorte qu'il meure bel et bien d'une balle dans la tête tout en rejetant l’arme assez loin de son corps pour qu'on ne pense pas au suicide.

Personnages[modifier | modifier le code]

Edward George Armstrong
Armstrong est un éminent médecin soupçonné d’avoir tué une patiente, Louisa Mary Clees, en l'opérant d’une péritonite, opération pourtant relativement simple, alors qu’il était ivre. Il est plutôt naïf. Il meurt noyé après être défenestré.
William Henry Blore
Blore est un ancien officier de police qui dirige désormais une agence de détectives privés à Plymouth. À son arrivée sur l'île, il se fait passer pour un certain Mr Davis, mais son véritable nom est rapidement connu des autres invités présents sur l’île du Nègre (grâce à la mystérieuse voix pré-enregistrée qui les accuse tous de meurtre par leur véritable nom). Il est soupçonné de faux témoignage ayant mené à l'arrestation injustifiée d’un dénommé James Stephen Landor, condamné à trois ans de travaux forcés et mort un an après le début de sa peine. Malgré sa corpulence, Blore est capable de mouvements vifs et assez rapides. Il a une allure militaire, des yeux gris et rapprochés, une moustache et un visage sans aucune expression. Il meurt la tête fracassée par une pendule en marbre ayant la forme d'un ours.
Emily Caroline Brent
Miss Brent est âgée de soixante-cinq ans. Elle tricote souvent. Très attachée à la religion, elle est soupçonnée d’avoir poussé au suicide sa domestique enceinte nommée Béatrice Taylor en la renvoyant de chez elle en pleine nuit. Miss Brent est une femme pudique, puritaine et avec un tempérament assez froid et sévère. Elle meurt piquée par une seringue de cyanure.
Vera Elizabeth Claythorne
Miss Claythorne était la gouvernante de Cyril Ogilvie Hamilton, un enfant à la santé fragile. Elle devait se marier avec l'oncle de celui-ci, Hugo Hamilton, mais elle apprit que c'est l'enfant qui allait hériter d'une vraie fortune au lieu de son fiancé, qui lui n'a pas un sou et n'avait pas assez d'argent pour financer son mariage avec Vera. Il la soupçonne d'avoir volontairement laissé se noyer le petit garçon. C'est une femme forte et brillante, mais qui a des faiblesses par rapport à son passé. Elle se pend et meurt.
Philip Lombard
Lombard est un militaire (capitaine anglais) soupçonné de s’être emparé des vivres de ses vingt-et-un hommes appartenant à une tribu d'Afrique orientale, perdus dans la jungle et de les avoir laissés mourir de faim en les abandonnant à leur sort. Il a les traits d'un animal sauvage, en a la force et l'instinct de survie. C'est un homme perspicace et il aime utiliser la manière forte. Il est abattu d'une balle en plein cœur par Claythorne.
John Gordon Macarthur
Macarthur est un ancien général qui a combattu pendant la Grande Guerre. C’est un homme âgé, soupçonné d’avoir envoyé en reconnaissance Arthur Richmond, l’amant de sa femme, afin que celui-ci se fasse tuer par l’ennemi. Il a senti qu'après l'incident, sa femme s'est doutée de son plan, et lui en a voulu en silence jusqu'à sa mort. Macarthur en a développé une certaine amertume. Il meurt d'un coup porté à la nuque.
Anthony James Marston
Anthony Marston est un jeune homme charismatique qui aurait la beauté d'un dieu. C'est un dandy, mais également un chauffard. On lui a retiré son permis de conduire par deux fois, une fois notamment après qu'il eut mortellement renversé deux enfants, John et Lucy Combes, qui traversaient la rue. Il meurt par ingestion de cyanure.
Lawrence John Wargrave
Wargrave est en apparence un juge calme, réfléchi et honnête à qui l’on peut faire confiance. Secrètement, il semble trouver les femmes écervelées. Par le passé, le magistrat a conduit à la potence Edward Seton, un homme accusé d’avoir assassiné une vieille femme. Celui-ci avait convaincu le jury de son innocence et seul le juge l’estimait coupable. Le juge réussi à faire changer les jurés d'avis et Seton fut condamné à mort. Il simule sa mort et se suicide d'une balle dans la tête plus tard. Il est le meurtrier de tous les invités sauf Lombard.
Ethel Rogers
Mme Rogers est domestique, engagée depuis peu avec son mari par une certaine Mme A. N. O'Nyme (en français) ou Mrs U. N. Owen (en anglais) afin de servir dans une villa construite sur l'île du Nègre, où se déroule l'histoire. Mme Rogers est une femme très nerveuse et angoissée, se sentant apparemment coupable d'avoir laissé mourir son ancienne employeuse, Jennifer Brady, sous la pression de son mari. Elle meurt à cause d'une overdose de chloral.
Thomas Rogers
Également domestique, efficace et discret, Mr Rogers officie en compagnie de sa femme Ethel sur l’île du Nègre. Comme elle, il est accusé de négligence : ils ont laissé mourir madame Brady, la vieille dame chez qui ils étaient précédemment employés, car ils voulaient hériter de sa fortune. Il meurt le crâne fendu en deux à la hache.

La chanson[modifier | modifier le code]

Agatha Christie se basa, pour écrire son roman, sur Ten Little Niggers, une chanson écrite en 1869 par Frank Green, adaptation anglaise d'une autre chanson américaine écrite en 1868 par Septimus Winner, Ten Little Indians (en). Elle modifia simplement le dernier vers de la chanson pour les besoins de l'intrigue criminelle de son roman, tout en revenant aux paroles originales pour la version théâtrale.

Agatha Christie devait utiliser par la suite à plusieurs reprises les contraintes liées aux comptines dans ses romans : dès l'année suivante, dans le roman Un, deux, trois..., de manière assez libre et parfois humoristique, puis en 1942 dans le roman Cinq petits cochons, et dans quelques autres œuvres ultérieures.

Versions françaises[modifier | modifier le code]

Une version française Autre version française

Dix petits nègres s'en allèrent dîner.
L'un d'eux s'étouffa
et il n'en resta plus que Neuf.

Neuf petits nègres veillèrent très tard.
L'un d'eux oublia de se réveiller
et il n'en resta plus que Huit.

Huit petits nègres voyagèrent dans le Devon.
L'un d'eux voulut y demeurer
et il n'en resta plus que Sept.

Sept petits nègres coupèrent du bois avec une hachette.
L'un d'eux se coupa en deux
et il n'en resta plus que Six.

Six petits nègres jouèrent avec une ruche.
Une abeille a piqué l'un d'eux
et il n'en resta plus que Cinq.

Cinq petits nègres étudièrent le droit.
L'un d'eux devint avocat
il n'en resta plus que Quatre.

Quatre petits nègres s'en allèrent en mer.
Un hareng saur avala l'un d'eux
et il n'en resta plus que Trois.

Trois petits nègres se promenèrent au zoo.
Un gros ours en étouffa un
et il n'en resta plus que Deux.

Deux petits nègres s'assirent au soleil.
L'un d'eux fut grillé
et il n'en resta donc plus qu'Un.

Un petit nègre se trouva tout seul.
Il alla se pendre
et il n'en resta plus Aucun.

Dix petits nègres s'en furent dîner,
L'un d'eux but à s'en étrangler,
N'en resta plus que neuf.

Neuf petits nègres se couchèrent à minuit,
L'un d'eux à jamais s'endormit
N'en resta plus que huit.

Huit petits nègres dans le Devon étaient allés,
L'un d'eux voulut y demeurer
N'en resta plus que sept.

Sept petits nègres fendirent du petit bois,
En deux l'un se coupa ma foi
N'en resta plus que six.

Six petits nègres rêvassaient au rucher,
Une abeille l'un d'eux a piqué
N'en resta plus que cinq.

Cinq petits nègres étaient avocats à la cour,
L'un d'eux finit en haute cour
N'en resta plus que quatre.

Quatre petits nègres se baignèrent au matin,
Poisson d'avril goba l'un
N'en resta plus que trois.

Trois petits nègres s'en allèrent au zoo,
Un ours de l'un fit la peau
N'en resta plus que deux.

Deux petits nègres se dorèrent au soleil,
L'un d'eux devint vermeil
N'en resta plus qu'un.

Un petit nègre se retrouva tout esseulé
Se pendre il s'en est allé
N'en resta plus... du tout.

Versions anglaises[modifier | modifier le code]

Ten Little Niggers
(Frank Green)[2]
Ten Little Indians
(Septimus Winner)[3]
Ten little nigger boys went out to dine

One choked his little self, and then there were nine.

Nine little nigger boys sat up very late
One overslept himself, and then there were eight.

Eight little nigger boys traveling in Devon
One said he'd stay there, and then there were seven.

Seven little nigger boys chopping up sticks
One chopped himself in half, and then there were six.

Six little nigger boys playing with a hive
A bumble-bee stung one, and then there were five.

Five little nigger boys going in for law
One got in chancery, and then there were four.

Four little nigger boys going out to sea
A red herring swallowed one, and then there were three.

Three little nigger boys walking in the zoo
A big bear hugged one, and then there were two.

Two little nigger boys sitting in the sun
One got frizzled up, and then there was one.

One little nigger boys living all alone
He went and hanged himself and then there were none.

Ten little Injuns standin' in a line,

One toddled home and then there were nine;
Nine little Injuns swingin' on a gate,
One tumbled off and then there were eight.

Refrain :
One little, two little, three little, four little, five little Injuns boys,
Six little, seven little, eight little, nine little, ten little Injuns boys.

Eight little Injuns gayest under heav'n,
One went to sleep and then there were seven;
Seven little Injuns cutting up their tricks,
One broke his neck and then there were six.

Six little Injuns kickin' all alive,
One kick'd the bucket and then there were five;
Five little Injuns on a cellar door,
One tumbled in and then there were four.

Four little Injuns up on a spree,
One he got fuddled and then there were three;
Three little Injuns out in a canoe,
One tumbled overboard and then there were two.

Two little Injuns foolin' with a gun,
One shot t'other and then there was one;
One little Injuns livin' all alone,
He got married and then there were none.

Éditions[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

Dix petits nègres occupe la 19e place au classement des cent meilleurs romans policiers de tous les temps établi par la Crime Writers' Association en 1990.

Dix petits nègres occupe également la 10e place au classement des cent meilleurs livres policiers de tous les temps établi par l'association des Mystery Writers of America en 1995.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

De nombreux autres films se sont plus ou moins inspirés du scénario du roman sans pour autant en être des adaptations :

Télévision[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ed Grabianowski, « The 21 Best-selling Books of All Time », sur howstuffworks.com (consulté le 24 septembre 2014)
  2. a et b Ten Little Niggers, chanson écrite en 1869 par Frank Green, sur une musique de Mark Mason, pour le chanteur G.W. « Pony » Moore. Agatha Christie, pour les besoins de son roman, transforma l'histoire du dernier petit nègre « One little nigger boy left all alone / He went out and hanged himself and then there were none ».
  3. a et b Ten Little Indians, chanson de Septimus Winner, parolier américain résidant à Philadelphie, publiée en juillet 1868 à Londres.
  4. « Les dix petits nègres (1ère partie) », sur le site de France Culture, (consulté le 26 décembre 2016).
  5. « Les dix petits nègres (2ème partie) », sur le site de France Culture, (consulté le 26 décembre 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]