Département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre

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Département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre
Louvre sphinx.jpg
Sphinx d'Amenemhat II.
Géographie
Partie de
Fonctionnement
Statut
Collection d'art (en), département de conservation du Louvre (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Le département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre conserve l'une des principales collections égyptologiques mondiales en dehors du territoire égyptien, avec le musée égyptologique de Turin et le British Museum et, en Égypte, le musée égyptien du Caire. Son histoire remonte à l'ordonnance royale de Charles X du .

Historique[modifier | modifier le code]

La création du musée[modifier | modifier le code]

En 1826, Charles X fait de Jean-François Champollion, déchiffreur des hiéroglyphes égyptiens, le premier conservateur de ce qui s'appelait alors le musée égyptien. Cette section du musée Charles X se situe au premier étage de la cour Carrée, dans l'aile Sud. Les quatre salles sont aménagées avec l'aide de l'architecte Pierre-François Léonard Fontaine. Les deux premières salles illustrent les coutumes funéraires, la troisième est la salle civile, la quatrième est la salle des dieux. Les peintures des plafonds sont dues à François-Édouard Picot (L'Étude et le Génie des arts dévoilant l'Égypte à la Grèce) et Abel de Pujol (L'Égypte sauvée par Joseph).

Les extensions[modifier | modifier le code]

À la mort de Champollion en mars 1832, trois grandes salles sont ajoutées au rez-de-chaussée pour le département.

Sous Philippe-Auguste Jeanron, le musée connait un ambitieux programme de réorganisation. Celui-ci affecte nécessairement le département égyptien, notamment avec l’adjonction d'une galerie monumentale pour les grands monuments de pierre (inaugurée en juin 1849) et avec la modification des salles du premier étage. On ouvre par exemple une cinquième salle, la salle historique.

La salle des Colonnes, au premier étage, est affectée au département égyptien en 1864. En 1895, c'est au tour de la galerie d'Alger, où sont placées les stèles. Suivra la galerie Henri IV.

En 1902, on a quatre grandes salles au premier étage complètement remaniées. Le palier du premier étage précède une première salle sur le mobilier funéraire. Viennent ensuite une salle des objets d’art industriel, une salle des monuments figurés, et une salle des bronzes et des bijoux.

Le 21 février 1905 sera inaugurée une annexe du département dans le pavillon des États. Ainsi, en 1905, par les enrichissements considérables que connait le département, les collections sont complètement éclatées à travers le musée.

Sous Henri Verne, avec le plan Verne élaboré en 1929, le département égyptien est particulièrement favorisé. De manière générale, il s'agit d'occuper des locaux disponibles ou mal attribués pour regrouper les sections dispersées. Ainsi, toutes les salles du rez-de-chaussée, entre le guichet des Arts et le pavillon du Midi, lui sont attribuées, ce qui fait doubler sa superficie. À cela s'ajoute le creusement de deux cryptes sous les guichets. On ouvre ainsi au public au premier étage un vestibule (où se trouve le mastaba d'Akhetetep) et six salles disposées chronologiquement. Le réaménagement est achevé en 1938.

En 1948 sont inaugurés des espaces supplémentaires, la salle Clarac et la salle des Colonnes.

Le 24 septembre 1981, avec l'affectation de l’aile Richelieu au musée, les antiquités égyptiennes occupent dorénavant toute l’aile est de la cour Carrée (rez-de-chaussée et premier étage).

Les conservateurs[modifier | modifier le code]

Différents conservateurs se sont succédé à la tête du département des antiquités égyptiennes :

En 1832, la section égyptienne perd son indépendance à la mort de Champollion et rejoint le département des Antiques.

Constitution des collections[modifier | modifier le code]

Tout au long du XIXe siècle, la collection a continué de s'enrichir.

En 1825, la première collection d'Edme Antoine Durand (1768–1835) vient former le noyau du musée Charles X. Concernant la partie égyptienne de cette collection (datant du Moyen et du Nouvel Empire et de l'époque ptolémaïque), « Les objets égyptiens sont tous de premier choix, et à peu près les plus beaux parmi tout ce qui a été envoyé à Paris » (Bulletin des sciences, 1825, p. 131-132). Cette collection est acquise le 2 mars 1825.

Le 23 février 1826 est acquise la seconde collection Salt.

Le 11 octobre 1827 est acquise la seconde collection Drovetti.

Entre 1852 et 1868 sont acquises de grandes collections : la collection Clot-Bey en 1853, la collection d'Anastasi en 1857, la collection du chevalier Palin en 1859, la collection d'Achille Fould en 1860, la collection du comte Tyszkiewicz en 1862, la collection Salemann en 1863, et la collection d'Alphonse Raifé en 1867.

Les produits du premier partage arrive en 1852-1853, à la suite des fouilles d'Auguste-Edouard Mariette au Sérapéum de Memphis. Ce sont plus de 6 000 objets. D'autres objets arrivent à partir de là de fouilles opérées par l'Institut français du Caire.

Lorsque George Bénédite est conservateur en chef du département, il effectue chaque année des missions d'achat en Égypte, ce qui enrichit considérablement les collections du musée.

En 1907, le département accueille une partie de la collection égyptienne du cabinet des Médailles.

Les produits des fouilles continuent d'enrichir les collections, par exemple avec les fouilles d'Abou Rawach.

En 1992, au décès de la veuve de Raymond Weill (lui-même décédé en 1950), les 1 500 objets du legs Weill rejoignent les collections du Louvre.

La collection aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, le département possède 78 000 œuvres. Il s'agit d'un des premiers musées pour le nombre d'œuvres exposées (6000) dans plus de trente salles et 5 700 m² d'expositions (British Museum : 4 000 m²).

Possessions des musées dans le monde
  1. Musée égyptien du Caire : 160 000 œuvres
  2. British Museum, Londres : 100 000 œuvres, 4 000 exposées
  3. Musée égyptien de Berlin : 80 000 œuvres
  4. Musée du Louvre : 78 000 œuvres, 6 500 exposées
  5. Musée des beaux-arts de Boston : 45 000 œuvres
  6. Musée égyptologique de Turin : 33 000 œuvres, 6 500 exposées
  7. Institut oriental de Chicago : 30 000 œuvres
  8. Metropolitan Museum of Art de New York, département des Arts égyptiens : 26 000 œuvres

Organisation actuelle[modifier | modifier le code]

Triade d'Osorkon II.

La collection couvre toutes les époques de la civilisation égyptienne antique, depuis l'époque de Nagada jusqu'à l'Égypte romaine et copte.

Actuellement, les Antiquités égyptiennes sont réparties sur trois étages de l'aile Sully du musée, sur une trentaine de salles au total : à l'entresol, on trouve l'Égypte romaine et l'Égypte copte ; au rez-de-chaussée et au premier étage, l'Égypte pharaonique.

Au rez-de-chaussée de l'aile Sully, dix-neuf salles constituent le parcours thématique. Au premier étage de l'aile Sully, onze salles constituent le parcours chronologique, avec un partage entre l'espace de mise en valeur des œuvres majeures et des galeries d'étude plus denses.

Les collections[modifier | modifier le code]

Parmi les plus célèbres pièces exposées on trouve pour l'époque de Nagada le couteau de Gebel el-Arak ainsi que la palette de la chasse. La pièce majeure illustrant l'art de l'époque thinite est la stèle du Roi Serpent.

L'art de l'Ancien Empire compte des pièces maîtresses telles que les trois statues de Sépa et sa femme Nesa datant de la IIIe dynastie, le célèbre scribe accroupi, datant probablement de la IVe dynastie tout comme la statuette en calcaire peint représentant Raherka et sa femme Merseânkh. La chapelle du mastaba d'Akhethétep, démontée de son site originel à Saqqarah et remontée dans l'une des salles du rez-de-chaussée, est un exemple d'architecture funéraire datant de la Ve dynastie.

Pour le Moyen Empire, on trouve la grande statue en bois représentant le chancelier Nakht ainsi que son sarcophage, une très belle porteuse d'offrandes en bois stuqué et peint, un grand linteau de porte en calcaire sculpté en relief dans le creux et provenant du temple de Montou à Médamoud, le sphinx d'Amenemhat II (œuvres datant toutes de la XIIe dynastie).

Pour le Nouvel Empire, on remarque le buste d'Akhenaton datant de la XVIIIe dynastie ainsi que la statuette polychrome le représentant lui et sa femme Néfertiti, œuvres illustrant les particularités de l'art amarnien ; on trouve également plusieurs œuvres majeures des XIXe et XXe dynasties (qui sont celles des Ramessides) avec notamment le relief peint représentant Hathor accueillant Séthi Ier et provenant de la tombe du pharaon dans la vallée des rois, la bague aux chevaux et la cuve du sarcophage de Ramsès III.

De la Basse époque et de l'époque ptolémaïque, le musée expose notamment le pendentif au nom d'Osorkon II, chef-d'œuvre de l'orfèvrerie antique, la statuette de Taharqa et du dieu Hémen (bronze, grauwacke et or), la statuette en bronze avec incrustations représentant la divine adoratrice d'Amon Karomama, une statue en bronze d'Horus, le célèbre zodiaque de Dendérah ainsi que plusieurs portraits du Fayoum d'époque romaine.

Parmi tous les sarcophages exposés, on trouve celui de Dioscoridês, un général grec durant le règne de Ptolémée VI qui a décidé de se faire enterrer selon les anciennes coutumes locales égyptiennes, choisissant de se faire réaliser un sarcophage.

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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