Abou Rawash

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Abou Rawash
Site d'Égypte antique
Image illustrative de l’article Abou Rawash
Carte d'Abou Rawash
Noms
en arabe أبو رواش
Localisation
Coordonnées 30° 02′ 00″ nord, 31° 04′ 00″ est

Géolocalisation sur la carte : Égypte

(Voir situation sur carte : Égypte)
City locator 4.svg
Abou Rawash

Abou Rawash (ou Abou Roash) أبو رواش est un site de l'Égypte antique situé à huit kilomètres au nord du Caire et occupé à deux périodes ; l'une datée de l'Ancien Empire, l'autre de l'époque romaine.

Le site abrite :

Les premières fouilles archéologiques sont conduites en 1901 par Émile Chassinat, directeur de l'Institut français d'archéologie orientale du Caire (IFAO)[1]. Des travaux archéologiques récents[2] menés par Michel Valloggia et entrepris par l'université de Genève (Suisse), l'IFAO et le Conseil suprême des Antiquités égyptiennes ont également mis au jour une nécropole de la IVe dynastie contemporaine de l'édification de la pyramide de Djédefrê et qui contient les mastabas de certains membres de la famille royale ainsi que ceux des dignitaires du règne éclairant davantage encore l'histoire de cette dynastie.

Géologie du site[modifier | modifier le code]

La succession des couches sédimentaires dans la région d'Abou Rawash s'étend du Crétacé tardif au Quaternaire, mais elle est ponctuée de plusieurs surfaces de discordance. Les étages géologiques Turonien et Coniacien représentent la succession sédimentaire de la formation d'Abou Rawash et se différenciaient en six unités (couches) du plus récent au plus ancien comme suit :

  • Couche clastique basal ;
  • Couche calcaire-marneux portant des rudistes ;
  • Couche en calcaire ;
  • Couche calcaire-marneux porteur d'actaeonella ;
  • Couche calcaire crayeux à paillettes ;
  • Couche calcaire-marneux porteur de clicatules.

Pyramide de Djédefrê[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pyramide de Djédefrê.
Vue de l'aménagement souterrain de la pyramide de Djédefrê.

C'est sur un rocher calcaire escarpé dominant les terres cultivés du delta du Nil que le pharaon Djédefrê[3], troisième roi de la IVe dynastie et successeur de Khéops, choisit d'ériger sa pyramide. Cette pyramide est la plus septentrionale de toutes les pyramides égyptiennes ayant subsisté jusqu'à nos jours. Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer le choix de ce site :

  • la volonté de marquer son attachement à la IIIe dynastie, dont une nécropole était déjà présente sur le site ;
  • la volonté de profiter de la situation dominante du plateau d'Abou Rawash pour dépasser la hauteur absolue de la pyramide de son prédécesseur, Khéops, avec une pyramide de soixante-huit mètres (pour une hauteur absolue de 256 m contre 206,7 m pour celle de Khéops)[4],[5],[6].

Pyramide n° 1 de Lepsius[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pyramide n° 1 de Lepsius.
Dessin des ruines de la pyramide n° 1 de Lepsius.

La pyramide n° 1 de Lepsius est une pyramide anonyme, sans doute inachevée, construite en briques crues et située au nord-est de la nécropole sud d'Abou Rawash et à deux kilomètres à l'est de la pyramide de Djédefrê. Elle doit ce nom énigmatique à son découvreur l'égyptologue Karl Richard Lepsius qui la place au premier rang dans sa liste des pyramides d'Égypte. La forme du monument est toujours sujette à débat puisque certains égyptologues comme Jean-Philippe Lauer y voit plutôt un mastaba. Sa base est de 215 m et les estimations de la hauteur de la pyramide, s'il s'agit bien d'une pyramide, varie de 107,5 m à plus de 150,5 m (soit plus haute que la Grande Pyramide de Khéops)[7].

Jusqu'à présent, le bâtiment n'a pas pu être ni daté exactement ni attribué sûrement à un pharaon. On n'a pas non plus trouvé d'inscriptions ou d'artefacts qui permettraient de tirer des conclusions sur le constructeur. Comme ses caractéristiques sont uniques parmi les pyramides égyptiennes, il n'est pas facile de la mettre en contexte. Ses dimensions immenses indiquent un bâtiment des IIIe et IVe dynasties, tandis que les briques crues ont été utilisées comme matériau de construction pour des pyramides uniquement pendant les XIIe et XIIIe dynasties. Certains ont attribué le monument à Houni sans plus de preuve[7].

L'achèvement est peu probable, tout comme l'inhumation dans la chambre funéraire, car plus de trente tombes en pierre datant des Ve et VIe dynasties ont été creusées dans le noyau rocheux, ce qui suggère que la pyramide était déjà un site funéraire abandonné à l'époque[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • « La Quatrième Pyramide de Guizeh » (The Lost Pyramid of Djedefrê) (Origine USA, 2017, History Channel) - Diffusé en France sur RMC Découverte le 13 mars 2018

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Egyptian Art in the Age of the Pyramids, Metropolitan Museum of Art, , p. 135
  2. 1995-2007, paru en 2011
  3. Nom écrit en hiéroglyphes Rêdjédef par antéposition honorifique.
  4. Nicolas Grimal, Histoire de l'Égypte ancienne [détail de l’édition]
  5. Michel Valloggia, Le complexe funéraire royal de Rêdjedef à Abou Rawash, vol. 1 Étude Historique et Architecturale, IFAO,
  6. Jean Vercoutter, L'Égypte et la vallée du Nil, , p. 280
  7. a et b N. Swelim, The brick pyramid at Abu Rawash Number "I" by Lepsius, Publications of the Archeological Society of Alexandria, 1987
  8. Miroslav Verner, Die Pyramiden. Vom Autor vollständig überarbeitete und erweiterte Ausgabe. Rowohlt, Reinbek bei Hamburg 1998, (ISBN 3-498-07062-2), S. 177 f. Die Pyramide (?) Lepsius Nr. I

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